Généralement chez les vélotaffeurs, il existe trois catégories d’individus lorsqu’il s’agit de choisir sa tenue.
La première, c’est celle des normies, qui s’habillent de la même manière que s’ils se déplaçaient en transports en communs, à pied ou en voiture ; leur mode de transport n’entre pas en considération dans le choix de leur garde-robe.
La seconde, c’est celle de l’ingénieur Quechua, qui priorise totalement son moyen de transport dans la façon dont il s’habille ; résultat, on ne sait jamais trop s’il est vraiment venu bosser ou s’il s’apprête à rejoindre ses camarades retraités du club de randonnée.
La troisième, c’est celle des transformistes, qui s’habillent spécialement pour leur trajet et qui se changent lorsqu’ils arrivent au travail ; ça demande une certaine organisation.

Bike Commute

L’ingénieur Quechua, en s’équipant majoritairement de vêtements dits techniques ou fonctionnels, ce qu’il cherche, c’est de porter quelque chose de principalement utile : qui respire1, qui protêge des intempéries, qui ne gêne pas dans les mouvements, qui est résistant, confortable…
Le normie, il recherche plutôt l’aspect esthétique. Que ce soit la fashion victime qui reçoit trois colis Shein chaque semaine, le mascu en manque de confiance qui cherche à ressembler à un Peaky Blinder ou même celui qui a autre chose à faire et prend le premier truc à peu près à sa taille et en promo dans une boutique de la grande distribution.

Personnellement, après avoir longtemps été membre de la première et avoir expérimenté la seconde, j’ai finalement décidé d’en créer une quatrième qui emprunte les avantages de chacune, en se déchargeant au maximum de leurs inconvénients.

Je vais partager ici mes astuces, pour ceux qui cherchent des sources d’inspirations sur la question.

En reprenant le vocabulaire adapté, l’objectif est de fusionner le normcore avec le gorpcore.

L’intérêt du normcore c’est qu’il est à la fois intemporel, car non rattaché à une tendance particulière2, évite autant que possible de transformer le porteur du vêtement en panneau publicitaire pour la marque et se montre passe-partout, parce qu’il peut être porté dans presque tous les milieux professionnels et sociaux et ne peut pas constituer un marqueur différenciant significatif.
On pourra dire : “Tu sais, c’est la fille qui porte des vêtements fluo !” mais on ne pourra pas dire : “Tu sais, c’est le mec qui porte des jeans et des t-shirts neutres !”.

L’intérêt du gorpcore c’est qu’il s’intéresse à la technique : avoir des vêtements confortables pour pouvoir pédaler aisément, qui respirent pour ne pas être trempé de sueur, qui sèchent vite si l’on s’est pris une averse, qui sont résistants aux contraintes physiques des déplacements à vélo…

Devoir trimballer une seconde tenue, se changer, potentiellement prendre une douche… c’est chiant, ça prend du temps et ça fait de la lessive supplémentaire. Cependant, il est possible d’emprunter à cette catégorie le fait d’emporter un minimum de vêtements pour être paré à presque toute situation.

Alors comment on mixe ça ?

Voyons de haut en bas.

La tête

Cyclist Pink Helmet

Le casque

Oui, si l’on se déplace à vélo, porter un casque, c’est utile ; que ce soit pour se protéger des objets qui tombent du ciel ou se protéger en cas de chute.
Ça permet également d’y stocker ses petites affaires de manière localisée sur son bureau.
Accessoirement cela permet, en fonction du modèle et de son style, d’exprimer sa personnalité.
Guide du casque de vélo à venir ?

Le bonnet

En hiver, on glisse un bonnet sous le casque pour se protéger du froid. Simple.
Le reste de l’année, on peut mettre un sous-casque, aussi appelé Kippa ou slip de bain selon l’humour douteux de ses collègues.
Il permet d’éviter les cheveux qui se coinçent dans le casque et d’arriver tout décoiffé au travail.

Les lunettes

Que ce soit pour se protéger du soleil, des insectes, des poussières soulevées par les connards avec leurs souffleurs de feuilles, de la pluie ou de la neige, c’est un équipement de sécurité, car avoir une visibilité optimale est primordial à vélo pour éviter de finir au cimetière.
Je privilégie les verres photochromiques qui permettent d’utiliser une même paire toute l’année, peu importe s’il fait un ciel gris ou grand soleil.

Le tour de cou

Ou Buff, de la marque la plus connue sur ce secteur.
Que ce soit simplement autour du cou pour se protéger le système respiratoire de la fraîcheur, ou remonté au-dessus de la bouche et du nez pour se protéger du grand froid, des mauvaises odeurs ou… des poussières soulevées par les connards avec leurs souffleurs de feuilles.

Le haut du corps

Office Worker

La couche de base

Un tshirt ou un polo en mérinos. Icebreaker, Seagale, Joe Merino… J’en ai déjà parlé.
Les frileux pourront, au besoin, ajouter une sous-couche, en mérinos toujours.

La couche intermédiaire

C’est plutôt à utiliser sur place en fonction des températures, mais une doudoune sans manches en Primaloft permet de rajouter de la chaleur et se glisse facilement au fond d’un sac pour être toujours disponible en cas d’imprévu.
Attention, il ne s’agit pas des horreurs portées par les connards en startup.

La couche supérieure

Une softshell en mi-saison, une veste trois-en-un pour les périodes les plus froides et humides, et, évidemment, une veste imperméable qui se glisse également au fond d’un sac, toute l’année.

Les gants

Là encore, c’est avant tout un équipement de sécurité.
Pour se protéger en cas de chute, pour se protéger du climat, pour pouvoir toucher n’importe quelle partie de son vélo sans se pourrir les mains et, enfin, pour pouvoir toucher les poignées/interrupteurs sans se préoccuper de savoir si juste avant il n’y a pas quelqu’un de malade qui avait toussé dessus.
Ils couvrent la totalité de la main et des doigts.
Les mitaines, c’est un accessoire de mode pour les gothiques.

Le bas du corps

Office Worker

Le boxer

En mérinos. J’en ai déjà parlé.
Pour avoir le SIF au frais et au sec toute l’année.

Le pantalon

Un jeans ou quelque chose de plus habillé comme un chinos.
C’est clairement LE vêtement le plus important quand on parle vélotaff.
Après avoir tout testé en termes de jeans, que ce soit différents types de Levi’s, les produits jetables de la grande distribution, les selvedge bruts tellement épais que même après un an de vélotaff quotidien, la moitié de l’énergie que je dépensais servait à plier les fibres de coton plutôt que faire avancer le vélo, ou encore des tissus mélangés, prétendument plus souples et/ou plus durables ; j’ai toujours fini par me retrouver avec un superbe trou à l’entrejambe.
C’est ainsi que j’ai adopté Swrve pour leurs jeans, pantalons et shorts et Seagale pour leurs chinos.
C’est ultra souple, c’est respirant, ça sèche très rapidement, c’est (très) durable et niveau look, on y voit que du feu.

Les chaussettes

En mérinos. J’en ai déjà parlé.
Ça laisse les pieds respirer et sèche rapidement si on s’est pris une averse.

Les chaussures

Personnellement, je suis team sneakers.
Les semelles accrochent mieux aux pédales, ça craint moins les impacts cosmétiques et les intempéries que des chaussures de ville, ça nécessite un entretien quasi-nul et ça a tendance à être plus confortable.
Sur ce point, l’utilisation de no tie shoelaces en élastique permettront aux pieds de gonfler/dégonfler à leur aise et éviteront de perdre un temps inutile à faire/défaire ses lacets chaque jour.
Concernant les intempéries, j’ai expérimenté les chaussures imperméables… sans être totalement convaincu, car en cas de grosse pluie, l’eau glisse le long des jambes pour finir dans les chaussures et… c’est naze !
Sur une pluie moyenne, ça évite clairement les pieds moites.
Par contre, c’est compliqué de trouver un modèle qui ne donne pas l’impression qu’on s’apprête à participer à l’UTMB.


  1. Évacue la chaleur et l’humidité corporelle pour éviter de se retrouver trempé sous le vêtement ↩︎

  2. Mais selon le principe cyclique des tendances, il arrive toujours un moment où quelque-chose est tendance… ↩︎