Depuis que je suis assuré à mes propres frais, j’ai été victime de (trop) nombreux accrochages avec des conducteurs d’engins motorisés.

Si certains ont nécessité que j’aille me réfugier dans un endroit inaccessible aux véhicules que conduisaient des individus bien décidés à m’écraser, si d’autres se sont réglés via un dédommagement pécuniaire estimé au doigt mouillé, trois d’entre eux ont fait l’objet de la rédaction d’un constat à l’amiable et de la déclaration d’un sinistre auprès de nos assureurs respectifs.

Le premier, il s’agissait d’un conducteur de scooter 125cm³ qui m’a tout simplement coupé la route. M’envoyant voler quelques mètres plus loin, et créant des torsions irréparables sur le cadre de mon vélo, qui approchait de son premier anniversaire.
Si extérieurement, je n’avais pas subi beaucoup de dommages, les côtes fêlées, pour lesquelles le médecin urgentiste m’avait prescript deux boîtes de Paracetamol, fûrent une source de souffrances pendant plusieurs mois.
L’assureur se contenta de rembourser le prix neuf du vélo, soit 350€.
Avec cet argent, j’achetais sur LeBonCoin un vélo qui n’avait l’air de rien, mais qui changea le cours de ma vie, puisque c’est avec lui que je réalisais mes premières véritables aventures à bicyclette : premier 100km, premier aller-simple avec retour en train, première traversée de la frontière Belge…

Le second, une automobiliste décide de me dépasser alors que je m’engage dans la voie perpendiculaire sur la gauche, après avoir signalé mon intention pendant plusieurs secondes avec mon bras. J’ai le réflexe de basculer sur la droite lorsque je réalise que je vais me faire percuter et me retrouve à faire une glissade sur une dizaine de mètres.
Le vélo a subi quelques dommages très superficiels.
Tout comme moi.
Ce sont les vêtements qui ont tout pris.
L’assureur de l’automobiliste me versera 400€ au titre du Pretium doloris. Alors que physiquement, en dehors de quelques pizzas, je n’ai rien eu de comparable aux souffrances liées au précédent accident.
Pour le reste, mon assureur me dit d’aller me faire foutre.
Rien pour le vélo, rien pour les vêtements… même le billet de train pour rentrer chez moi ne m’a pas été remboursé.

Face à cette attitude, je décide de quitter cet assureur pour en rejoindre un autre, qui prétend être plus à l’écoute de ses assurés, puisqu’aussi mutualistes.

Arrive alors le troisième ; une automobiliste, téléphone sur l’oreille, grille un stop alors que je passe à sa hauteur. M’envoyant voler, une nouvelle fois, quelques mètres plus loin.
Le vélo a subi quelques dommages que je ne prends pas le temps d’estimer puisque l’automobiliste me déposera chez le vélociste situé 2km plus loin.
En dehors d’un jeans troué et d’un genou écorché, je n’ai rien à signaler.
Moins d’une semaine après, mon vélo est totalement réparé, 48h plus tard mon assureur m’a remboursé la totalité des 600€ plus un bonus pour mon jeans et mes gants.
Pour le Pretium doloris, je dois me montrer patient, d’autant plus qu’une pandémie vient bloquer le processus.
Mais approximativement trois ans après l’accident, je reçois un virement de près de 3000€ en compensation.
La différence est : flagrante.

Est alors venue une question cruciale : que faire de cette somme d’argent ?
C’est un montant non négligeable.
Son origine est négative, c’est un peu de l’argent sale.
Cependant, tout ça n’est plus qu’un lointain souvenir…

Quitte à ce que cet argent provienne d’une expérience négative à vélo IRL, autant l’investir dans ma pratique du vélo virtuel ; où aucun automobiliste ne viendra jamais attenter à ma vie.

C’est ainsi que j’ai fait l’acquisition de mon Kickr Bike.

Ce que je retiendrai de tout ça :

  • par défaut, la loi est favorable aux cyclistes victimes du comportement des conducteurs d’engins motorisés

Les victimes, hormis les conducteurs de véhicules terrestres à moteur, sont indemnisées des dommages résultant des atteintes à leur personne qu’elles ont subis, sans que puisse leur être opposée leur propre faute à l’exception de leur faute inexcusable si elle a été la cause exclusive de l’accident.
[Loi n° 85-677 du 5 juillet 1985 tendant à l’amélioration de la situation des victimes d’accidents de la circulation et à l’accélération des procédures d’indemnisation]

  • être assuré ne suffit pas ; avoir un bon assureur est crucial
  • toujours se battre pour faire valoir ses droits