Marche pour le cheeseburger

Imaginons un commerçant qui, en faisant ses comptes, réalise que s’il souhaite maintenir son activité qui lui permet de faire vivre sa famille et celle de ses employés, il doit augmenter son chiffre d’affaire mensuel de X€.

Il consulte alors divers experts qui lui proposent chacun des solutions complexes ou contraignantes : ouvrir le weekend, organiser des événements promotionnels, déménager, réaménager ses rayons, refaire la devanture…  
Individuellement, elles ne permettront que d’atteindre un faible pourcentage de l’objectif.
Pas convaincant.

Puis vient un jour où quelqu’un lui annonce qu’il sait comment faire augmenter son chiffre d’affaire de près de la moitié du montant visé. Avec un seul changement, simple et peu contraignant.

En effet, depuis des années le chef d’entreprise avait pris pour habitude de fumer dans sa boutique. Les mœurs évoluant, des clients avaient cessé de venir, incommodés par la fumée et l’odeur qu’elle laissait dans les rayons et sur les produits qu’ils ramenaient ensuite chez eux.

S’il s’avère sincère dans sa démarche, nul doute qu’il prendra la décision d’aller faire ses pauses nicotines à l’extérieur ?

Pas si sûr, si l’on observe le nombre de personnes qui se disent concernées par l’avenir de la planète, mais qui continuent à se nourrir de cadavres et d’autres dérivés d’animaux. 

Lorsqu’il s’agit de mettre sa bouteille d’Evian dans le bac à déchets recyclables ou pour installer des ampoules LED, il-y-a du monde. Mais pour remplacer le saucisson de l’apéritif par des cacahuètes ou des crudités (soyons fous !), là, le réchauffement climatique est loin. Probablement en Chine où le concept a été inventé, n’est-ce-pas ?

Pourtant les chiffres sont là.

The [greenhouse gas (GHG)] emissions in kilograms of carbon dioxide equivalents per day (kgCO2e/day) were 7.19 for high meat-eaters ( > = 100 g/d) […] 3.81 for vegetarians and 2.89 for vegans.
[Dietary greenhouse gas emissions of meat-eaters, fish-eaters, vegetarians and vegans in the UK sur ncbi.nlm.nih.gov]

Remplacer un régime omnivore moyen par un régime végétarien voir végétalien permet de réduire son empreinte carbone alimentaire d’au moins 47 à 59%.

Et l’impact va même plus loin.

Avoiding meat and dairy products is the single biggest way to reduce your environmental impact on the planet […] without meat and dairy consumption, global farmland use could be reduced by more than 75% […] and still feed the world. Loss of wild areas to agriculture is the leading cause of the current mass extinction of wildlife.

The new analysis shows that while meat and dairy provide just 18% of calories and 37% of protein, it uses the vast majority – 83% – of farmland and produces 60% of agriculture’s greenhouse gas emissions. […] The scientists also found that even the very lowest impact meat and dairy products still cause much more environmental harm than the least sustainable vegetable and cereal growing.
[…]
“A vegan diet is probably the single biggest way to reduce your impact on planet Earth, not just greenhouse gases, but global acidification, eutrophication, land use and water use,” said Joseph Poore […] who led the research. “It is far bigger than cutting down on your flights or buying an electric car,” he said, as these only cut greenhouse gas emissions.
[Avoiding meat and dairy is ‘single biggest way’ to reduce your impact on Earth sur TheGuardian.com]

Alors, on va fumer dehors ou on ferme boutique ?

Posté le 13 septembre 2018 par Jacques Danielle

Panem et circenses

L’avantage de vivre déconnecté, c’est que j’arrive à échapper à beaucoup de choses réellement déprimantes. Ça tombe bien, c’était le but à l’origine.

Parfois, ces éléments ont une portée telle qu’elles arrivent à passer mes filtres.

C’est ainsi que j’ai découvert ce weekend l’arrivée ce jour du Loto du patrimoine.

Inutile de revenir en détails sur qui sont les barbares à l’origine du projet. Que la France est toujours la première destination touristique au monde. Que la Française des Jeux n’a toujours été qu’une branche de la DGFiP destinée à récolter l’impôt le plus injuste qui soit. Que l’État avait déjà dans ses caisses tout l’argent nécessaire à soutenir le patrimoine.

Non, ça avait le goût et l’odeur d’une bonne grosse enfilade En Marche.

Mais il manquait certains détails pour réaliser l’ampleur de la chose :

Le loto du patrimoine […] a désormais ses tickets. Fabriqués dans un site ultrasécurisé à Détroit aux États-Unis, les 12 millions de tickets à gratter seront mis en vente le 3 septembre prochain dans un peu plus de 30.800 points de vente à travers l’Hexagone.
Ils seront vendus au prix de quinze euros, soit le ticket le plus cher de l’histoire du loto français.
[…]
Pour chaque «ticket patrimoine» acheté, 1,52 euro sera reversé à la Fondation du patrimoine.
[…]
Pour imprimer ces tickets, près de 600 km de papiers ont été nécessaires […] Ils traverseront l’Atlantique par bateau avant d’arriver en France trois semaines plus tard, pour être finalement stockés dans le plus grand secret.
[Loto du patrimoine : tout savoir sur les tickets à gratter sur LeFigaro.fr]

Nul doute que d’autres surprises du genre restent encore à découvrir. Et pour le pain, on repassera.

Posté le 3 septembre 2018 par Jacques Danielle

JDMAI #32

Au service de la France (Saison 2) : Humour très particulier mais quand on aime c’est vraiment drôle et extrêmement bien écrit !

Hannah Gadsby: Nanette : Je m’attendais à voir un spectacle comique, j’ai été quelque peu surpris. Je pense qu’il est nécessaire de le voir pour comprendre certains enjeux de la société d’aujourd’hui.

Last Chance U (Saison 3) : J’estimais que ce troisième volet serait inutile, pensant qu’il suivrait encore une fois EMCC. Erreur. Cette année c’est vers le Community College d’Independence que les caméras se sont braquées. Pour autant, on comprend vite qu’il ne se passera rien de nouveau. Les mêmes problèmes, les mêmes résultats. A cela, s’ajoute un choix fait de restreindre un peu plus le temps accordé aux personnages périphériques que sont les matchs, la communauté, les membres du staff… C’est concrètement une déception, même si la qualité est toujours présente. Preuve en est cette Part IV qui revient sur les deux premières années et permet de retrouver une narration propre aux séries. Peut-être est-il temps de s’arrêter là pour Last Chance U et de se consacrer à une autre série documentaire. Ce ne sont pas les sujets qui manquent.

Orphan Black (Saison 1, Épisodes 1 et 2) : C’est grossier. Aucune finesse. Et après deux épisodes, je n’arrive pas à m’intéresser au sujet. Autant arrêter là.

Secret City (Intégrale) : Bonne surprise. Ça tient clairement la route, avec une patte australienne qui se différencie bien des habituelles séries américaines. Complète et bien écrite.

Six (Saison 2) : Bien supérieure à la première. Le côté patriote bourrin est moins présent. On se concentre plus sur le ressenti de chaque personnage et de vrais sujets de fond sont abordés. En parallèle, de nombreuses maladresses empêchent de totalement apprécier l’ensemble. Dommage que ça s’arrête maintenant.

Irresponsable (Saison 1, Episode 1) : Gros malaise.

Homeland (Saison 7) : Inscrite de manière remarquable dans l’actualité tout en étant largement dépassée. Vraiment bien.

Autoportrait en chienne : Lecture aisée qui permet d’en apprendre plus sur la personne derrière Solange te parle et surtout sa chienne, Truite.

Martin Eden : Le livre révélation que j’attendais.

Le jour des morts : Style intéressant, histoire haletante. Bonne transition.

Objet trouvé : Premier roman tant attendu de l’auteur du meilleur blog ever. Avalé d’une traite. Tout est à garder. Vivement le prochain !

NCIS : Los Angeles (Saison 8) : Cette plaie. Non seulement ils mènent la vie dure à mes deux personnages préférés, mais en plus les intrigues sont au ras des pâquerettes et vraiment sans intérêt. Et rien n’est crédible, à commencer par leurs gilets par-balles qui sont en fait de simples gilets lestés pour Crossfit

Killing Eve (Saison 1) : Excellent. C’est bourré d’humour à tel point qu’on oublie que c’est censé être un drama à l’origine. Et c’est animé avec une magnifique BO.

Frank Haleton : We can do a deal. I have a lot of money.
Villanelle : So do I.
Frank Haleton : I have children.
Villanelle : I don’t want your children.
[01×05 – Killing Eve]

Posté le 1 septembre 2018 par Jacques Danielle

Va te faire enc’Hulot

Difficile de passer à côté de la principale actualité de la semaine en Macronie en dehors des frasques de Jupiter himself : Nicolas Hulot a décidé d’arrêter de marcher pour La République En Marche.

Initialement je n’y accordais aucune importance, tant j’attendais la nouvelle depuis le 17 mai 2017, jours de sa nomination au poste de Ministre d’État, Ministre de la Transition écologique et solidaire.

Sauf que Monsieur étant avant tout un habile communiquant, son intervention larmoyante sur les ondes de France Inter a semble-t-il produit son effet puisque nombre de gens ont pris sa défense et ont semble-t-il été touchés par ses paroles au point de… décider de changer de radicalement comportement vis à vis de leur empreinte écologique.

Nan, je déconne !

Précisons dès maintenant une chose : je n’ai pas regardé/écouté l’intervention dans sa totalité. Je me suis contenté de quelques extraits, de morceaux cités par les médias et, surtout et c’est essentiel, des réactions des gens et de ce qu’ils en retenaient.

En dehors de l’habituelle rengaine « si on continue comme ça on est dans la merde » (tip : on l’est déjà) ce qui est souvent revenu c’est quand il dit « je sais que seul, je n’y arriverai pas« .

C’est catastrophique, car au citoyen lambda à qui on dit que même un Ministre ne peut rien faire, il se dit ce n’est pas lui qui en triant ses poubelles va pouvoir changer quoi que ce soit.

Alors autant suivre l’exemple et… laisser tomber.

Le problème Hulot commence bien plus tôt, le jour de sa prise de fonctions. Quand après avoir refusé un poste équivalent à Chirac, Sarkozy puis Hollande, il décide d’offrir son image à Macron l’illusionniste.

Résultat, de nombreux gogos qui doutaient de la sincérité du programme LREM ont été convaincus et ont participé à l’élection de cette majorité absolue aux Législatives qui suivirent.

Si on fait le bilan de Nicolas Hulot au gouvernement, il n’aura non seulement rien fait pour l’environnement, mais il aura en plus accordé un surcroît de pouvoir à Macron qui n’a que faire de la planète bleue, lui préférant les billets verts. Avant, enfin, de se tirer comme un lâche en envoyant les mauvais signaux à ses enthousiastes.

Initialement je n’ai rien contre l’individu. Les tentatives d’attaques contre sa vie personnelle étaient ridicules. S’il fallait juger les personnes publiques selon leur vie privée, alors Hitler serait un bon gars puisqu’il aimait les chiens et était vraisemblablement végétarien. C’est à dire qu’il en faisait potentiellement plus pour l’environnement au quotidien que notre feu Ministre. Un comble.
Or donc, Nicolas Hulot était à mes yeux possiblement un gars gentil, un peu perdu mais qui savait se faire violence pour défendre ses convictions puisqu’il avait refusé trois fois ce poste.

Mais aujourd’hui, c’est totalement différent. Il a fait très mauvais usage de sa popularité dans un but qui m’échappe. Macron lui a-t-il simplement offert un meilleur salaire ?

Tout ce qui importe maintenant c’est qu’il arrête les frais, retourne vendre des gels douches et, surtout, qu’il ne vienne plus nous emmerder, qu’on crève en paix dans notre nuage de fumée à 40°C en hiver !

Au moins Manu a vite tourné la page.

Posté le 31 août 2018 par Jacques Danielle

Biowar

Courant juillet, l’INRA publiait dans Nature un article intitulé Evidence that organic farming promotes pest control et présentant les résultats d’une analyse de la littérature scientifique actuelle.

Un résumé un peu plus long y est consacré sur le site de l’institut

N’ayant pas lu l’article complet, je ne peux m’exprimer sur le sujet. Toutefois, à cette étape je note quelques incohérences.
Ainsi l’article de Nature parle de pest control, qui fait normalement référence à toutes les méthodes visant à protéger quelque chose (ici, les cultures) des animaux jugés nuisibles. Ce qui correspondrait en français à l’usage d’insecticides et (partiellement) de parasiticides. 
Mais dans l’article il est aussi question de weed infestation. De mauvaises herbes. Ce qui n’est pas la même chose et fait référence à l’usage d’herbicides.

Le résumé sur le site de l’INRA est encore plus large puisqu’il parle de bioagresseurs et exprime clairement les choses : adventices, plus communément appelées « mauvaises herbes »

Résultat, on ne sait pas trop de quoi parle l’étude car si elle indique que le Bio semblerait être plus efficace pour lutter contre les parasites et les agents pathogènes, elle l’est beaucoup moins concernant les mauvaises herbes. Et ce tout dernier point est important.

En effet, si cet article avait eu peu d’échos lors de sa publication, probablement éclipsé par l’affaire Benalla sortie quelques jours plus tard, il a eu droit à une plus grosse exposition récemment, après la condamnation de Monsanto à payer 289 millions de dollars à un jardinier américain qui aurait contracté un cancer suite à l’exposition répétée au glyphosate contenu dans des produits de la société.

C’était beaucoup trop tentant pour les journalistes : non seulement la justice américaine reconnaît que le glyphosate est mauvais pour la santé, mais en plus un établissement scientifique public français a annoncé quelques semaines plus tôt que le recours à ce type de produits est moins productif que l’agriculture biologique. 
Quel intérêt alors à se tuer la santé si en plus le résultat est moindre ?

Problème : le glyphosate est un herbicide, qui vise donc à supprimer les adventices pour favoriser le rendement des cultures. Et l’INRA affirme que les systèmes de culture AB montrent des niveaux d’infestation par les adventices plus élevés que les systèmes de culture AC.

En résumé, il n’y avait aucun lien à tirer entre la condamnation de Monsanto et l’article de l’INRA. Merci les journalistes.

Cependant, la véracité du contenu médiatique n’ayant plus aucune importance de nos jours, ces articles ont fait mauvaise presse aux maquisards de l’agriculture conventionnelle (AC) et il fallait répondre à ces accusations.

C’est ainsi que depuis quelques jours, je vois défiler de nombreuses affirmations visant à rabaisser l’agriculture biologique (AB). Et ce matin, je suis tombé sur ce tweet :

Ce qui m’a immédiatement attiré dans son message ce n’est pas l’usage d’un discours haineux habituel mais le choix très ciblé du blé tendre d’hiver.
Pourquoi choisir cette culture très précise ? 

J’ouvre alors son histogramme :

L’objectif ce celui-ci semble clair : démontrer que les rendements de blé tendre d’hiver sont inférieurs dans l’agriculture biologique que dans la conventionnelle.

Pourtant une chose me dérange : que représente l’ordonnée ? Comme disait un de mes professeurs de maths : « des patates ? des carottes ?« . J’imagine que non puisque l’on parle de blé tendre d’hiver.

Je fais défiler le tweet et arrive sur sa source, l’Académie de l’Agriculture de France. Connais pas, mais c’est pas grave. 

Là, on a droit au même histogramme, sans unités. Mais un petit texte l’accompagne en dessous, où l’auteur affirme entre autre que contrairement à l’opinion répandue, les rendements de l’AB ne sont pas de 20 à 30% inférieurs à ceux de l’AC, mais situé entre 52 et 68% !

Il source brièvement ses conclusions avant de fournir un lien vers un PDF.

Celui-ci ne contient toujours pas d’unité d’ordonnée mais au moins nous apprend la signification de la couleur. 
Le jaune représente l’ensemble des surfaces et le vert la production biologique

Et c’est à cet instant que j’ai décidé d’ouvrir mon éditeur WordPress.

D’un côté il est question de surfaces et de l’autre de production. 
Allô ? Nan mais allô quoi ! 
Ça revient à comparer des choux et des carottes alors que, pour rappel, c’est le blé tendre d’hiver qui nous intéresse. Sans que l’on sache toujours pourquoi d’ailleurs.

Mais passons.
Admettons que l’on compare bien des choses comparables et que, d’après les chiffres disponibles, l’ordonnée représente un rendement avec pour unité 100kg/ha. C’est après-tout ce qu’utilise l’AGRESTE sur le site du ministère de l’agriculture pour parler de la production végétale de 2017, avec des valeurs qui semblent correspondre.
Voilà.

Alors dans ce cas, le jaune, ensemble des surfaces, correspondrait au rendement de… l’ensemble des surfaces ? C’est à dire l’AB et l’AC combinées ? C’est bien ce que veut dire ensemble, non ?

Résultat, l’AAF affirme qu’en 2008 l’écart atteint 68%. 
Effectivement, 1-(23/72), ça fait bien 0.68. Mais c’est par rapport à l’ensemble des cultures, AB et AC mélangées, et non par rapport à l’AC uniquement.
Si 72 est la moyenne AB (=23) comprise, la moyenne de l’AC doit être encore supérieure à ce nombre.
Et donc l’écart entre AB et AC encore bien supérieur à 68%. Pourtant ce chiffre semble convenir à l’auteur.

Les données jaunes semblent basées sur ce fichier de l’Agreste. Et il n’est jamais fait référence à l’agriculture biologique. Même dans les définitions et concepts de la méthodologie appliquée pour produire la statistique agricole annuelle utilisée par l’AAF.

On notera au passage l’usage des doubles flèches pour bien expliquer au lecteur à quelles années correspondent chaque colonnes. Facilitant encore une fois la lecture du document dans le sens qu’on souhaitait lui donner.

Peut-être que les chiffres sont bons. Peut-être qu’ils sous-estiment l’AC. Ou l’AB.
Toujours est-il que l’histogramme utilisé pour décrédibiliser l’AB est loin d’être exemplaire et tout porte à croire qu’il vise à tromper étant donné les convictions des personnes qui s’en font le relais. 
Et surtout, le choix du blé tendre d’hiver n’est jamais explicité. Même si j’imagine que le fait qu’il soit, d’après les chiffres, la plus importante production française, est en certainement la raison.

Pour en revenir au tweet initial, en admettant que ces chiffres soient vrais, ils ne permettent toutefois pas de justifier que l’usage de produits tels que le glyphosate sont sanitaires et environnementaux.

Reste qu’il est plus que jamais important de rester critique envers ce que l’on nous diffuse. Surtout lorsque ça concerne un sujet qui semble anodin mais qui revêt d’une importance quasi-vitale pour certains. Que ce soit les journalistes ou les lobbyistes, volontaires ou non.  

Posté le 27 août 2018 par Jacques Danielle

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