~

Son astuce pour économiser 5000€ sur sa facture d’énergie : Total le déteste !

Découvrez comment avec une simple astuce, cet informaticien lillois économise jusqu’à 5000€ par an sur sa facture d’énergie et utilise ce surplus d’argent disponible pour se constituer une rente qui lui permettra de prendre sa retraite à 22 ans, au grand dam de la réforme de Macron !

Sous ce titre évidemment putaclic, je profite d’un léger redoux avant une nouvelle baisse des températures prévue la semaine prochaine pour partager ici quelques pistes. Non pas tant pour réduire sa facture (ça c’est une conséquence bienvenue) mais surtout de diminuer sa consommation énergétique et donc son impact environnemental.

Initialement, je ne chauffe tout simplement pas l’appartement. Pas vraiment un choix à la base car dans l’immeuble c’est un système un peu bâtard de chauffage collectif mais réinjecté à un niveau individuel. Cette réinjection se faisant par l’intermédiaire d’une pompe qui dysfonctionnait quand je me suis installé et qui n’a fonctionné que deux jours après avoir été remplacée; j’ai tout simplement lâché l’affaire. Les radiateurs situés dans chaque pièce ne reçoivent donc jamais d’eau chaude. Grâce aux voisins et surtout à la colonne d’eau chaude collective qui circule au milieu de l’appartement, c’est amplement suffisant pour maintenir une température saine, évitant une trop grande humidité l’hiver et permettant au linge de sécher en quelques heures seulement, n’importe quel jour de l’année.
Par contre lorsqu’il fait vraiment froid dehors ou que, trop absorbé par mes activités, j’oublie que j’avais ouvert une fenêtre pour aérer, on peut s’approcher des dix degrés et là ça devient compliqué, en particulier pour passer la journée à télétravailler à un bureau.

Dans ce cas, ma première technique pour ne pas avoir trop froid, c’est simplement d’utiliser mes muscles comme source de chauffage interne. Dit autrement : être suffisamment actif pour que le corps soit dans une situation où il cherche à diminuer sa température par excès d’émission de chaleur, plutôt que l’inverse.
Commencer la journée par une séance de vélo est parfait en ce sens. Que ce soit sur Zwift en télétravail, ou à vélotaff les jours en présentiel, c’est la garantie de passer les premières heures de la journée à une température plus que confortable. En plus 30mn sur le home-trainer fenêtre fermée permet de gagner environ 0.5°C dans la pièce, même s’il convient d’aérer après la séance pour chasser l’humidité et renouveler l’air vicié.
Par la suite, là c’est un peu plus compliqué en télétravail en fonction de la taille du logement que l’on occupe, mais marcher régulièrement, en particulier pendant les réunions, équipé d’un casque Bluetooth, permet là aussi de garder une température corporelle correcte.
En présentiel, c’est encore plus simple si le bâtiment est équipé d’étages : proscrire l’utilisation de l’ascenseur et prendre systématiquement les escaliers. Et faire cela volontairement. Par exemple, au lieu d’aller aux toilettes à son étage, aller à ceux deux ou trois étages au dessus/en dessous. Même chose au moment de la pause café.
Et pour les chantres du bureau debout : j’ai fait différentes expérimentations et ça n’a aucun impact puisque certes, on est debout et non plus assis, mais pour autant on reste immobile. Avoir le corps qui surchauffe uniquement en étant debout, ça doit être mauvais signe. Non, la clé, c’est le mouvement.
Le bonus c’est qu’en plus, pour ceux qui sont un peu trop sédentaires de base, ça leur évitera de crever d’un infarctus trop rapidement.

Mon autre technique était de simplement utiliser un chauffage électrique d’appoint installé à quelques centimètres de mon poste de travail pour chauffer uniquement là où c’est nécessaire. Ça permet au global de moins consommer puisque ça ne chauffe pas de pièces inutilisées, mais ça reste pas optimal.
En effet, je n’arrive plus à savoir qui avait prononcé cette phrase qui m’avait marqué il y a une quinzaine d’année (Bernard Werber ou mon prof de physique de lycée ?) mais c’était approximativement ceci : « c’est absurde de chauffer des pièces entières quand il ne faudrait chauffer que les humains« .
Et comment pourrait-on chauffer des humains plutôt que des pièces ? Simple : avec des vêtements chauffants !
C’est ainsi que je me suis équipé d’un gilet chauffant pour me procurer un surplus de chaleur les jours où la température descend en dessous des 17°C.
Diablement efficace pour se maintenir à une température confortable pour un coût énergétique totalement ridicule.
Je vais éviter de raconter d’énormes conneries en terme de conversions d’unités d’énergie/puissance, mais d’un côté on a le radiateur d’appoint qui tire entre 1000 et 2000W en permanence selon son réglage sur la prise; et de l’autre on a un gilet qui en tire 15 sur une batterie.
Une batterie de 10000mAh permet globalement de tenir une journée de travail de huit heures, même si je n’ai jamais fait l’expérience réelle puisque je ne l’utilise jamais pendant une journée complète. Et si besoin, il est tout à fait possible de se brancher directement à un adaptateur secteur pour ne pas user une batterie, mais ça limite forcément les mouvements; pour autant c’est rigolo d’être assis avec un câble électrique qui dépasse de la poche.
Pour ceux qui seraient tentés par l’aventure, avant d’arriver au modèle que j’ai linké plus haut, je suis passé par quelques échecs, tous pour une question de taille. Important à savoir…
Soit je n’ai pas compris comment les fabricants considèrent que ce genre de produit doit être utilisé, soit il y a des gros problèmes de sizing.
Mes teeshirt, sweats, gilets, vestes, manteaux… sont tous en taille S. C’est donc tout naturellement que je me suis tourné sur du S pour le gilet chauffant. Et systématiquement c’était au mieux trop lâche pour chauffer efficacement car il est important que le gilet colle au corps, au pire, trois fois trop grand, j’aurai pu enfiler le gilet par dessus mon plus gros manteau; absurde !
C’est finalement vers une des rares marques proposant du XS que j’ai du me tourner pour trouver le bon fit. Cela me permet de porter un maillot de corps, le gilet par dessus, et enfin un sweat pour emballer l’ensemble et apporter un maximum d’isolation, sans pour autant avoir l’air d’un bibendum.
Et aujourd’hui il existe aussi des chaussettes, semelles, gants, bonnets, pantalons, teeshirts… chauffants. Pour un usage intérieur le gilet me semble le plus pratique et efficace, mais libre à chacun d’expérimenter d’autres produits !

Enfin la dernière stratégie pour réduire ma consommation d’énergie c’est simplement de faire la vaisselle à l’eau froide. Finalement aussi efficace qu’à l’eau chaude quand on a les bons gestes et que l’on commence par la technique très simple qui consiste à laisser tremper la vaisselle sale pendant un bon quart d’heure pour que tout se décolle au premier coup d’éponge.

Voilà, désolé pour ceux qui ont été attirés par le titre, il est peu probable que ces astuces vous permettent d’économiser 5000€ mais au moins vous devriez pouvoir expérimenter avec ces quelques pistes.

~

JDMAI #85

This Place Rules (2022) : Très friand du travail d’Andrew sur Channel 5; je me demandais ce que ce format long et dans un média autre que sa propre chaîne allait donner. Ma plus grosse déception vient du fait que de trop nombreuses séquences ont été spoilées par la promotion du film. Sinon la construction est intéressante et contrairement à d’habitude, il explique bien plus en détails les faits pour que l’on puisse se positionner vis à vis de ce que racontent les personnes interviewées. Par contre j’ai peur que cela soit mal reçu car dans un soucis de rester impartial, la durée et l’intensité des paroles d’un camp semble bien supérieure à l’autre. En partie parce qu’il n’y avait qu’un camp le 6 janvier 2021, mais surtout parce que les camps sont en réalité mal compris de manière générale. Ce n’est pas Démocrates VS Républicains; Biden VS Trump; Antifa VS Proud Boys… Non, c’est la population générale VS une minorité manipulatrice. Et dans ces deux camps, on retrouve des Démocrates et des Républicains; des supporters de Biden et des supporters de Trump; des Antifa et des Proud Boys… C’est à mes yeux le message que ce film documentaire cherche à faire passer, mais d’une manière beaucoup trop floue pour être compris de tous. Surtout pour un tel sujet; car comme le dit si bien Alex Jones : the proletariat […] really likes dumbed-down stuff.

SAS: Rogue Heroes – Ben Macintyre : Le troisième livre de cet auteur, je ne devrai plus m’étonner de son style hautement addictif, mais pourtant je me suis fais une nouvelle fois surprendre. Une lecture très intéressante, encore plus en tant que français n’ayant eu que la version française édulcorée de cette tranche de l’histoire. Le moins que l’on puisse dire c’est que c’est très impressionnant comme récit et qu’au final, peu importe la détermination et les qualités intrinsèques de chacun; à la fin, le facteur chance a une influence énorme sur la façon dont un individu va traverser une guerre.

He was openly contemptuous of the mid-level military bureaucracy, which he referred to, variously, as ‘a freemasonry of mediocrity’ and ‘layer upon layer of fossilized shit’.
[…]
Not being a regular soldier, he is more interested in war than in the army.
[SAS: Rogue Heroes – Ben Macintyre]

South Park (Saison 23) : Regardé très sporadiquement sur plus d’un an, difficile de tirer une conclusion globale; surtout que j’avais l’impression d’avoir déjà vu certains épisodes. Cependant comme d’habitude c’est intéressant ce que cela amène comme réflexion.

South Park (Saison 24) : Seulement deux épisodes, dédiés à la pandémie. Sans surprise ça énerve une tranche de la population qui jusqu’à présent se sentait épargnée, ou pas suffisamment visée, par la série. Mais c’est un régal. Ils tirent tellement juste.

South Park : Post Covid (2021) : Que ce soit la durée ou le format, on a vraiment l’impression de retourner aux origines. Et là encore c’est un régal. Leur vision du futur est beaucoup trop juste.

South Park: Post COVID: The Return of COVID (2021) : C’est impressionnant la façon dont il arrivent à toujours aussi bien saisir l’évolution de la société et de s’en moquer plus ou moins subtilement à plusieurs niveaux. J’avais déjà un attachement personnel à Jimmy, mais alors là c’est tout simplement du génie ce qu’ils ont fait du personnage. Et Alexa. Incroyable.

Simple Sabotage Field Manual – Office of Strategic Services : A l’occasion de la grève du 19 janvier j’ai échangé sur la question avec différentes personnes et ai de nouveau donné mon avis sur la question, en indiquant que j’étais plus un partisan du sabotage. Me référant alors à ce célèbre guide que l’on m’avait suggéré il y a quelques années. L’occasion de le relire, tant c’est rapide et plein de bon sens. La partie sur les machines/moteurs/carburants/incendies est évidemment à prendre avec le recul des années et de ce qu’était la situation d’alors. Par contre ce qui concerne les organisations humaines, c’est toujours aussi juste. La version complète est disponible gratuitement sous divers formats sur le projet Gutenberg.

To lower morale and with it, production, be pleasant to inefficient workers; give them undeserved promotions. Discriminate against efficient workers; complain unjustly about their work.
[Simple Sabotage Field Manual – Office of Strategic Services]

Oryx and Crake – Margaret Atwood : Que c’est chiant… Ça enchaîne des scènes sans intérêt, mélangées avec des flashback encore plus ennuyeux et des réflexions assez simplistes. On se demande vraiment où ça va. Et puis, miracle, arrivent les dix derniers pourcents du livre et, enfin, ça décolle. Sauf que ça va bien trop vite, on saute des choses qu’on aimerait voir approfondies. Résultat ça se termine horriblement, ni une réelle conclusion, ni une ouverture sur une suite (qui existe, mais que je ne m’infligerai pas, merci). Le livre date de 2003 et déjà ça se ressent qu’il est daté. J’imagine que cela peut intéresser ceux qui n’ont jamais pris de recul sur notre civilisation et son avenir, mais en 2023 il y a déjà eu tellement de contenu, même grand public, que j’ai du mal à voir comment ça peut paraître intéressant tant c’est superficiel. Et le style, je n’arrive pas à identifier ce qui me dérange, mais il manque terriblement de fluidité.

He should have been pleased by his success with these verbal fabrications, but instead he was depressed by it. The memos that came from above telling him he’d done a good job meant nothing to him because they’d been dictated by semi-literates; all they proved was that no one at AnooYoo was capable of appreciating how clever he had been. He came to understand why serial killers sent helpful clues to the police.
[Oryx and Crake – Margaret Atwood]

Les trois frères (1995) : C’est le genre de film dont je connais tellement de répliques que je ne sais pas dire si je l’ai déjà vu ou simplement que trop de gens autour de moi utilisent des répliques de manière régulière. Au moins cette fois je suis fixé, c’est vu. Mais impossible pour autant de décider si je l’avais déjà vu. Bref. C’est rigolo et toujours aussi juste. Malheureusement.

~

Bilan 2022

J’ai réussi à encore plus traîner que l’année dernière pour faire ce bilan, mais pour une bonne raison. En effet, je voulais atteindre une série d’au moins 365 jours de lecture d’affilée sur Kindle.

Pour ceux qui ne seraient pas familiers du concept, cela veut simplement dire que depuis le 17 janvier 2022, j’ai lu au moins une page chaque jour sur ma Kindle. Le concept de page sur une liseuse étant très flou, l’important est de retenir que j’ai simplement lu chaque jour. Et ce sans m’y astreindre. De manière totalement naturelle. Nous y reviendrons.

Les chiffres

Fin 2022, on a été littéralement inondés de your year in review de la part de tous les services, résultat ça m’a clairement saoulé et je n’ai même pas fait de screenshots des données fournies.

Todoist n’en a pas proposé, Spotify fait partie de ceux que je n’ai pas extraits avant qu’ils disparaissent.

Niveau activité physique, un léger déclin avec 11h de moins de vélo qu’en 2021 pour 300km de moins.
Même chose côté marche.

Chez Trakt.tv, c’est la dégringolade : de 626 heures devant des séries TV en 2021 à… 162 heures en 2022. Même chose pour les films où l’on passe de 247 heures à… 61 !

Mais alors qu’est-ce que j’ai fait de tout ce temps libre en plus ? Comme l’introduction le laisse supposer, j’ai lu ! Ça se ressent également fortement dans les JDMAI.
53 livres en 2022 contre 12 en 2021 !

L’analyse

Si je devais résumer l’année 2022, je dirai que c’était une année de changements.

Le principal est le changement d’employeur et partiellement de métier. Mais j’ai également changé d’opérateur mobile, de fournisseur d’électricité, de banque, de home-trainer, de liseuse, de plaque de cuisson, de blender, d’écrans, d’OS, de fournisseur d’email, d’hébergeur web, de trackball, de literie, de permis de conduire, de carte d’identité, de portefeuille…

Et enfin, évidemment, j’ai changé la façon dont je consomme de la culture.
Pourquoi j’ai quasiment remplacé les films et séries TV par des livres ?

En partie par lassitude. Car s’il y a de plus en plus de contenu produit chaque année, rendant la sélection d’autant plus complexe, j’ai également le sentiment qu’il y a de moins en moins de contenu réellement original, qui se détache de la masse. Résultat aucun attrait particulier pour une série plus qu’une autre. Et face à l’incertitude des annulations, je n’ai pas envie de rentrer dans un univers pour être puni par une diffusion incomplète.

En partie par un changement de rythme. J’avais l’habitude de regarder du contenu au petit-déjeuner, au déjeuner, au dîner et jusqu’à l’heure d’aller me coucher. Je ne prends plus de petit-déjeuner; je déjeune moins chez moi et quand c’est le cas, c’est beaucoup plus court. Et enfin, le soir, une fois que j’ai fini mon repas, j’ai qu’une envie, c’est d’éteindre les écrans qui m’entourent (oui, une liseuse, techniquement, c’est un écran) et débrancher complètement, pour terminer la journée à mon rythme. Quand on regarde un film ou une série, on subit le rythme imposé, alors qu’un livre, on le vit au rythme auquel on lit. Enfin, passant plusieurs heures par semaine dans le TGV, la liseuse est bien plus pratique pour passer le temps que regarder son téléphone ou devoir sortir le Mac.

En partie pour continuer à progresser en anglais. Maintenant que je suis suffisamment à l’aise pour suivre n’importe quel contenu audio/vidéo sans sous-titres, le meilleur moyen de développer mon cerveau anglais, c’est la lecture. Pas les articles techniques ou l’actualité, dont le vocabulaire et le style sont relativement limités, mais la vraie littérature. Et le moins que l’on puisse dire c’est que ça fonctionne. A tel point qu’il m’arrive de plus en plus de devoir chercher mes mots lorsque je m’exprime en français alors que j’ai le mot anglais qui m’est venu naturellement: j’y reviendrai sûrement plus tard, quand j’aurai approfondi le sujet.

Si je devais n’en retenir qu’un de ces 53 livres, c’est évidemment Anna Karénine. Ça peut paraître cliché tant c’est un immense classique mais il faut bien croire qu’il tire ce statut de quelque-part. Et mon délire de lire en anglais tombe à l’eau car c’est un des rares que j’ai lu en français mébon.

La bonne nouvelle c’est que tous ces changements ont amené, au pire, de la neutralité, au mieux, du positif, parfois beaucoup ! Ce qui n’était pas donné après des premières semaines très compliquées.

Une petite note sur le vélo pour finir. Je n’avais aucun objectif particulier en début d’année, je n’ai donc rien fait de spéciale en dehors de ma première sortie IRL de plus de 200km. Mais je retiens surtout qu’en roulant comme je l’entendais, je ne me suis jamais senti contraint d’aller rouler pour préparer quelque chose; comme ça a pu être le cas d’autres années; tout comme je ne me suis pas senti nul de ne pas avoir roulé assez. Donc là aussi, j’en tire un bilan positif !

Voilà; on verra les surprises qu’apporte 2023; à dans un an !

~

JDMAI #84

The Quartet Murders – J.R. Ellis : Intrigue bien plus poussée que ce à quoi je m’attendais, vraiment bonne surprise. Le fil rouge est un peu trop focalisé sur l’ancien que les deux plus jeunes, mais sinon ça se tricote pas trop mal comme série.

Strange, thought Oldroyd, how music and theatre have become the new spirituality for many people as the churches decline. But who wouldn’t rather hear a string quartet than a bigoted old ranter going on about hell, damnation and the evils of drink?
[The Quartet Murders – J.R. Ellis]

Ali au pays des merveilles (1975) : La forme est intéressante, avec les montages, superpositions d’images, jeux de musique… Les images de Paris de l’époque sont très parlantes (les #SaccageParis en PLS). Par contre le fond n’est pas dingue. Des propos bruts mais qui ne présentent rien de neuf. Peut-être qu’à l’époque c’est quelque-chose dont peu de gens avaient conscience, mais aujourd’hui c’est différent. Heureusement ?

Atlanta (Saison 3) : Le fait que ce soit totalement décousu, au sein de chaque épisode et de la saison dans son ensemble rend le visionnage compliqué, raison pour laquelle cela m’a pris pas loin de six mois. Mais surtout, chaque épisode est tellement étrange, dans son écriture, son interprétation et sa réalisation qu’il faut vraiment s’accrocher pour ne pas être totalement perdu. Je pense d’ailleurs être passé à côté de 90% de ce qu’il y avait à voir et/ou comprendre. Mais rien que ces 10% sont terriblement efficaces. Finalement très différent des deux premières saisons, cette fois on sent que Donald Glover y est allé franchement et a laissé de côté le divertissement pour se focaliser sur ses idées. Difficile de rendre justice à son travail.

So British Ou Presque – Paul Taylor : J’avais vraiment accroché à son premier spectacle et j’avais continué à suivre son travail via sa chaîne YouTube et son Patreon. Je dois avouer que je reste sur ma faim sur celui-ci. Il y a des choses très drôles, mais globalement c’est un peu bordélique et ça ressemble plus à une compilation d’anecdotes qu’un vrai spectacle construit.

To Kill a Mockingbird – Harper Lee : Voilà un classique américain que j’ai apprécié ! Non seulement pour le style très accessible, mais surtout pour les thématiques abordées d’une manière honnête et crédible. C’était presque parfait à deux détails près : le côté surnaturel qui entoure le personnage de Boo Radley, même si ça peut s’expliquer par le regard porté par des enfants, ça dénote trop du reste, très encré dans la réalité; et également la façon dont la narratrice (qui a entre six et neuf ans au cours de l’histoire) s’exprime comme une adulte manque cruellement de crédibilité. La vision du monde par un enfant est parfaitement rendue et le texte ne sonne pas faux; mais à chaque fois que l’on nous rappelle l’âge de Scout, ça arrive comme un choc puisqu’on est persuadé de lire le récit fait par un adulte.

– “Well, most folks seem to think they’re right and you’re wrong. . . .”
– “They’re certainly entitled to think that, and they’re entitled to full respect for their opinions,” said Atticus, “but before I can live with other folks I’ve got to live with myself. The one thing that doesn’t abide by majority rule is a person’s conscience.”
[To Kill a Mockingbird – Harper Lee]

A Christmas Memory – Truman Capote : Pas forcément très client de ce genre d’histoire, je dirai que c’est suffisamment léger pour passer; uniquement dans le contexte actuel de fêtes de fin d’année.

If only I could, Buddy. It’s bad enough in life to do without something you want; but confound it, what gets my goat is not being able to give somebody something you want them to have.
[A Christmas Memory – Truman Capote]

The Lord of the Rings: The Rings of Power (Saison 1) : A chier. Non, je peux essayer de faire preuve de toute la bonne volonté du monde pour dire du positif de cette série; c’est impossible.
Les deux premiers épisodes semblaient attractifs quoi que lents, mais derrière rien ne progresse réellement. Pire, à partir du sixième épisode c’est l’enterrement complet. Absolument plus rien n’a de sens et les deux derniers épisodes ont été un véritable supplice à regarder.
Il n’y a absolument aucun personnage attachant. Même ceux envers lesquels j’étais resté neutre ont fini par devenir tout aussi insupportables que les autres. Alors que cinq minutes après l’arrivée de Gandalf dans la Comté dans La Communauté de l’Anneau; on a envie de devenirs meilleurs amis avec cette bande et de les rejoindre dans leurs aventures.
Ici ils sont tous atrocement vides, sans personnalité, sans émotions, rien…
Visuellement c’est correct mais tant les costumes que les décors (les bateaux censés transporter 100 hommes et leurs chevaux qui accueillent à peine vingt personnes sur le pont…) manquent de créativité et de précision.
La musique est correcte mais j’attendais bien mieux.
Et finalement l’écriture, une véritable catastrophe. L’histoire n’a aucune constance, ça part dans tous les sens, impossible de s’y intéresser. Et les dialogues sont d’un ridicule. Ça dégueule de clichés et de mièvrerie à chaque réplique. Les personnages n’hésitent pas à se contredire régulièrement, tant dans leurs paroles que leurs actes.
Les rares scènes de combat sont passables.
Les paysages très peu présents.
Au final ça ressemble à un pauvre drama sentimental Disney dans l’univers de Tolkien. Ils ont réussi à faire encore pire que le sequel de Star Wars. Chapeau.
J’avais réussi à ne pas me hyper face aux nombreuses campagnes de promotion et au budget monstre pour éviter une grosse déception. Mais ça n’aura pas suffi. C’est tellement nul bordel !

Little Women – Louisa May Alcott : Je savais que c’était un livre qui ne laissait pas indifférent. Soit on adhère, soit on déteste. Et après avoir lu les cinq premiers chapitres, il est clair que j’appartiens à la seconde catégorie. Raison pour laquelle je me suis arrêté là.
Les personnages sont fades au possible. Pour l’instant il ne s’est rien passé de concret. Mais chaque scène dégueule de mièvrerie et de bons sentiments. Au secours.

The Man Who Died Twice – Richard Osman : Après deux déceptions, ça fait du bien de retomber sur quelque chose de plaisant. Rien qu’au premier paragraphe on est happé. C’est très drôle et suffisamment prenant pour que sans m’en rendre compte, je le lise d’une traite pour occuper ce dernier jour de 2022.

‘Do you think a dog might be good company?’ asks Joyce. ‘I thought I might either get a dog or join Instagram.’
[The Man Who Died Twice – Richard Osman]

~

Le point Abitbol

Ces dernières années j’avais noté une recrudescence de l’usage d’une réplique sur Internet afin de faire du virtue signaling et/ou tenter de prouver l’infériorité des propos de son adversaire sans avoir à faire preuve d’une quelconque réflexion. Et c’est un commentaire posté sur la dernière chronique du Beauf de Benjamin Tranié qui me pousse à écrire ces quelques lignes.

Ce commentaire est intéressant car il illustre parfaitement la façon dont le mépris de classe est, à défaut d’être compris, désigné bien souvent à tort.
Ici l’objectif de l’auteur étant de rabaisser Benjamin Tranié et l’ensemble des personnes travaillant à France Inter; tout en s’élevant au dessus d’eux car, lui, bien sûr, il ne pratique pas le mépris de classe.
Problème, en faisant ça, il démontre juste qu’il est un immense tocard et que si quelqu’un fait du mépris de classe, c’est lui.

Pourquoi Benjamin ne fait pas de mépris de classe dans sa chronique ?

Car quand il interprète le personnage du Beauf, il ne dit rien de la classe sociale à laquelle il pourrait appartenir.
Par contre, et c’est sa réplique de fin depuis le début du personnage, même à l’époque de Nova, il rappelle : « Et n’oubliez-pas, on est tous le beauf de quelqu’un !« . Ce qui montre qu’il se considère lui-même comme un beauf.
Alors si ce personnage exprimait du mépris de la part de son auteur, cela signifierait qu’il se méprise lui-même.
Ça tient pas trop la route cette histoire.

Pourquoi Laurent Derrien fait du mépris de classe dans son commentaire ?

Car quand il affirme que caricaturer un beauf est du mépris de classe, il affirme que seuls les membres des classes sociales populaires peuvent être des beaufs. Ce qui est non seulement tout à fait faux, contraire aux propos de Benjamin mais, surtout, montre que dans l’esprit de Laurent, quelqu’un de « vulgaire, inculte et borné » est forcément un membre des classes sociales populaires et donc inférieures.
La définition même du mépris de classe. Bravo Laurent !

Petit aparté : on parle souvent de classe moyenne, classe supérieure, classe populaire… Dans les faits il n’y a que deux classes sociales. Celle des travailleurs et celle des profiteurs. Tout le reste est un enfumage destiné à diviser les travailleurs pour mieux les abuser.

Or donc, face à cette multiplication de l’usage de la réplique du mépris de classe, non seulement à tort, mais en plus dans un contexte qui montre que l’auteur de ces propos est celui qui fait réellement du mépris de classe, je propose, à la manière du Point Godwin, d’établir le Point Abitbol.
Pourquoi Abitbol ? Car Georges Abitbol est un personnage du film La Classe Américaine et dans le film il prononce une réplique devenue culte : « le train de tes injures roule sur le rail de mon indifférence » qui plus tard est devenue une expression qui s’est étendue et dont la version complète est « le train de tes injures roule sur le rail de mon indifférence et s’arrête à la gare de mon mépris« .
Mépris et classe; on est bons.

Ce point viendrait récompenser le travail de toute personne qui, dans une conversation, viendrait à invoquer le mépris de classe comme argument d’autorité morale, pour rabaisser son opposant tout en se drapant de vertu ostentatoire; mais échouant lourdement car l’employant de manière inappropriée et révélant en réalité le fond, très méprisant, de sa pensée.

C’est relativement simple : quelqu’un dit quelque chose de non positif, donc négatif ou neutre, sur une personne ou un groupe de personnes qui peuvent être identifiées comme n’étant pas riches mais n’étant pas identifiés de la sorte par l’auteur.
Il se voit accusé de mépris de classe par quelqu’un d’autre.
Cette autre personne reçoit alors un Point Abitbol car ce n’est pas du mépris de classe de la part de l’auteur initial, mais ça montre que la personne qui réagit considère que la personne ou le groupe de personnes visés sont pauvres et donc méprisables.

Quand je dis que c’est simple, ça l’est. Vraiment.
Un peu plus tôt j’ai dit qu’il y avait les travailleurs et les profiteurs.
Si en lisant profiteurs vous avez pensé uniquement aux riches rentiers, bravo, c’était bien eux dont il était question.
Si par contre vous avez aussi pensé aux retraités, chômeurs et autres allocataires des différentes aides de l’État, alors attention la prochaine fois que vous tenterez d’accuser quelqu’un de mépris de classe. Il est fort probable que vous soyez en réalité en train de lui attribuer un point de vue qui est le votre.