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Carrément rien à branler

Or donc, hier, la photo du trou noir Sagittarius A* était dévoilée au monde entier.

De base, tout ce qui concerne l’espace j’en ai carrément rien à branler. Pourtant, en voyant l’image en question, ça sentait tellement le troll que j’ai voulu en savoir plus. Oui, désolé mais pour moi ça ressemble à un effet explosion sous Photoshop sur lequel on aurait appliqué un bon gros flou gaussien. Pas de quoi s’exciter.

Mais en cherchant plus d’informations, il s’agit bien de la photo officiellement publiée. On peut même voir une animation vidéo ici.

Son visionnement m’ennuie profondément.

Tout l’inverse des commentateurs qui multiplient les superlatifs : « Magnifique ! », « incroyable », « fabuleux », « impressionnant », « fascinant », « passionnant », « émouvant »

Sérieusement ? Je passe à côté d’un truc ? Je suis complètement con ? On me montre un truc rouge/orange flou sur fond noir et une vieille animation sur une musique d’introduction de keynote TEDx et je suis censé m’émerveiller ?

J’ai compris que l’espace ne m’intéressait pas quand, enfant, mon cousin m’a demandé à combien j’estimais la distance séparant deux étoiles qu’on voyait au dessus de notre tête. Fort naïvement, je lui répondais : « heu… 10… 15 mètres ? » ce à quoi il ne tardait pas à réagir, en se moquant ouvertement de moi : « haha non, plutôt 5 à 10 années lumière !« . Années quoi ?!
Une dizaine d’années plus tard, en cours de physique, je me retrouvais obligé à utiliser de nouveau cette unité, toujours sans aucun intérêt de ma part mais au moins je comprenais comment le cousin en était arrivé à cette observation.

Je veux dire, même une vidéo ridicule d’influenceuse beauté, j’arrive à y trouver un intérêt car j’en apprends sur l’humain, la société et, à défaut, ça me permet de rire un peu en me foutant de son auteur. Mais là, non, vraiment, ça ne m’intéresse pas le moins du monde. Ça pourrait être du 100% images de synthèses inventées, ce serait strictement pareil. Je m’en branle.
27 000 années lumière ! Cinq années d’analyse et de traitement des données pour produire cette image floue ! Qu’est-ce qu’on va faire de ça concrètement ?

Ne s’y trompons pas; je ne suis pas de ceux qui disent que ces travaux n’ont aucun intérêt pour l’humanité. La recherche, quelle quelle soit, est par essence une opportunité de faire progresser les connaissances et donc, potentiellement, notre existence.

Mais est-ce que médiatiser tout cela et surtout passer du temps global à s’en émouvoir est une bonne chose ?
Concrètement, qu’est-ce que cette image floue apporte à l’humain moyen ?
En plus, ces découvertes ne sont généralement possibles que grâce à des progrès techniques, ce qui fait indirectement la promotion du solutionnisme technologique, un mal de plus en plus prégnant.
Chaque jour les catastrophes s’accumulent sur Terre, chaque jour on approche un peu plus de la disparition de notre espèce, alors qu’est-ce qu’on s’en cogne d’un trou noir situé à 27 000 années lumières ?

Tout cela m’inspire une chose, le besoin de rafraîchir un certain proverbe chinois : « Quand le sage montre le rapport du GIEC, l’idiot regarde Sagittarius A*« .

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BBC #3 : Le déodorant solide

Avec le printemps qui avance et l’été qui s’approche, le mercure grimpe et les besoins de régulation de la température corporelle augmentent.

Résultat, la période semble propice à parler des odeurs corporelles et de comment, en partie, les prévenir.

Historiquement j’ai testé quasiment tous les formats : en stick, en spray, à bille, anti-transpirant, efficacité 24-48-72h, spécial peaux sensibles, spécial odeur des enfers…

Évidemment, adolescent, j’étais pile dans la cible des campagnes de pub Axe ou alors je me tournais vers les produits censés mettre en avant ma virilité.

Une fois adulte, je réalisais l’ampleur de ma bêtise et me tournais vers des produits plus neutres et supposés moins agressifs; pour la peau comme pour les narines.

Pendant quelques années, je restais fidèle à un produit en particulier, sous forme de spray. Jusqu’à ce qu’au détour d’un grand nettoyage dans les coins les plus inaccessible de mon logement, je constatais que la poussière avait pris l’odeur du dit déodorant. Signe que, peut-être, ce n’était pas si neutre que prévu.

Je me mettais alors à tester différents produits vendus en magasin bio, sans jamais trouver celui qui me convenait. Que ce soit par son efficacité, son odeur, son format ou, aussi, son prix.
Je veux bien faire des efforts mais devoir souscrire un crédit à la consommation pour pouvoir acheter du déodorant, ça me semble quelque peu abusif.

Jusqu’à ce qu’au détour d’un article lu sur le web, je tombe sur le produit qui allait révolutionner (oui !) mon quotidien.

Avant d’aller plus loin, je dois préciser une chose. Pour quiconque souhaite réellement progresser dans la façon dont il gère ses odeurs corporelles, la première chose à faire est de se séparer des poils qui ont posé leur valises sous ses aisselles.
Oui. Rasage ou épilation; peu importe.
Mais c’est physique.
Les poils augmentent la température et donc la quantité de transpiration. Ils augmentent également l’espace sur lequel les bactéries à l’origine des odeurs peuvent se multiplier. Et ils compliquent enfin l’application du déodorant, transformant une surface lisse et facile d’accès en véritable capharnaüm.
Impossible donc de traiter efficacement les odeurs corporelles sans commencer par faire table aisselle rase.
Désolé, toi le mâle alpha, qui voit dans ta pilosité une preuve de ta supériorité vis à vis des femelles qui rêvent que tu les fécondes.
Désolé, toi la féministe des hashtags, qui voit dans ta pilosité une preuve de ton indépendance vis à vis du patriarcat des magasines pour greluches.
Libre à toi de faire ce que tu veux, mais ce qui suit ne te sera d’aucun intérêt si tu décides de ne pas suivre ce premier principe.
Et inutile de venir expliquer que les poils c’est naturel, qu’il ne faut surtout pas y toucher, blablabla. La sueur c’est naturel, sentir le chacal c’est naturel. Alors be my guest. Vis ta vie jusqu’au bout et transforme ta salle de bain en chambre de culture de champignons. Bisou.

Donc, ce déodorant magique, c’est quoi ?

C’est le dédorant solide de chez Pachamamaï. Plus précisément le Fresh Up en ce qui me concerne.

L’application est particulière et nécessite un peu de pratique pour réussir, mais ensuite ça se fait machinalement sans se poser de question : humidifier l’aisselle propre, humidifier le galet, le frotter délicatement sur l’aisselle humide pour appliquer une légère couche. Stocker le galet à l’air libre pour qu’il sèche.
Le plus important est de trouver la bonne quantité d’eau à mettre sur l’aisselle pour l’humidifier : pas trop pour éviter que ça coule et pour que cela sèche rapidement après application; pas trop peu sans quoi le galet risque d’accrocher et ne pas appliquer une couche de matière uniforme.

L’odeur est boisée (je crois que c’est ce qu’on dit) et légère : concrètement il faut mettre le nez dans l’aisselle pour la sentir, et cela dure la journée. Ça ne laisse pas une trainée odorante sur son passage comme d’autres produits bien connus.

C’est efficace pour contenir une transpiration modérée typique d’une journée de travail dans un climat raisonnable. Évidemment les jours de canicule ou d’activité physique intense, il faudra s’attendre à ressentir des gouttes de sueur couler le long du torse.
Et niveau odeur, quelle que soit la situation, cela me convient. Le soir venu, c’est toujours l’odeur du déodorant que je peux sentir, et non les émanations des bactéries ou de mon organe axillaire.
Je ne peux pas dire si les gens qui me côtoient constatent la même chose (absence de désagrément) car cela reste étonnamment un sujet sensible; mais je n’ai jamais eu de plaintes. Ce qui ne veut rien dire.

Le tarif peut sembler élevé par rapport à un produit conventionnel vendu le tiers ou la moitié du prix. Mais c’est sans compter sur sa durée de vie.
En usage quotidien (avant la crise sanitaire de 2020; j’avoue que pour faire des visio en télétravail, je ne mets pas de déodorant) un galet me tenait approximativement neuf mois. Oui, neuf mois !
A moins que ça ait radicalement changé, mais il me semble qu’un stick standard durait, au mieux, deux mois.
La question elle est vite répondue.

Le pack métal (aluminium) est là par où il faut commencer car la boîte permet de faire sécher, conserver et transporter le galet en toute sécurité. Mais par la suite, il suffit d’acheter des recharges, c’est à dire des galets simples contenus dans une minuscule boîte en carton et voilà. Pas de tube ou bille en plastique, pas de spray en aluminium qui termine à la poubelle. Que ce soit en terme de volume ou de masse, le gain est significatif par rapport à un déodorant conventionnel, et les gains ne font que s’accumuler mois après mois, année après année.

Évidemment, d’autres marques proposent également des déodorants solides sur le même principe. J’en ai testé certains, sans y trouver la même satisfaction qu’avec le Fresh Up de Pachamamaï. Raison pour laquelle j’en parle ici. Libre à vous, bien entendu, de faire vos recherches.

Pourquoi c’est bobo ?

C’est une vision diamétralement opposée aux produits vendus en grande surface; que ce soit par ses ingrédients naturels ou son packaging le plus minimaliste possible.

Pas de promesse incroyable d’efficacité sur plusieurs jours, pas de parfum étouffant. Un produit simplement efficace.

Labellisé Cosmébio.

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JDMAI #76

Mortimer & Whitehouse: Gone Fishing (Saison 1, Épisode 1) : Je trouvais l’idée intéressante, et ça a un bon potentiel, mais il y a un énorme mood boomers qui me rend l’expérience insupportable. Entendre des vieux raconter leur vie d’excès tout en se plaignant du résultat…

Bored to Death (Saison 3) : Voilà, c’est fini. Je persiste à dire qu’il y avait moyen que ça devienne une série vraiment réussie. Avec de vraies bonnes idées originales. Mais à côté ça part tellement dans tous les sens en restant superficiel que, malheureusement, c’est au mieux divertissant. Au pire, sans grand intérêt.

Where the Crawdads Sing – Delia Owens : Très compliqué de rentrer dans l’histoire avec ses personnages très étranges, son vocabulaire particulier et le dialecte quasi-incompréhensible utilisé dans les dialogues. Il m’aura par exemple fallu arriver au tiers pour être certain de la couleur de peau du personnage principal. Ça peut paraître un détail, mais compte-tenu du contexte historique et géographique, c’est important. Ensuite ça passe bien mieux et c’est prenant. Jusqu’au dernier quart que je n’ai pas pu lâcher, totalement absorbé.
Globalement partagé. Le côté nature est vraiment superbe, on sent la passion de l’auteure. Par contre pour l’histoire, j’ai l’impression qu’il y a trop de bienveillance pour essayer de contrer la violence qui peut apparaître ça et là. Ce qui retire un peu de crédibilité à l’ensemble. Et la chute, magnifiquement amenée, peut laisser un trop bon sentiment au lecteur.

At the bottom of the carton was a note. She unfolded it and looked at the words, written carefully in simple script that a child could read. Kya knew the time of the tides in her heart, could find her way home by the stars, knew every feather of an eagle, but even at fourteen, couldn’t read these words.
[Where the Crawdads Sing – Delia Owens]

Upload (Saison 2) : Rah, que c’est frustrant ! La première saison, de dix épisodes, était déjà trop courte; après plus de deux ans d’attente, la seconde arrive enfin et… elle ne fait que sept épisodes ! Et non seulement ça a à peine repris que ça se termine sur un gros twist, mais en plus il manque clairement un morceau dans l’histoire ! Pourquoi nous faire ça ?!
On retrouve toujours plein d’imperfections mais ça ajoute réellement au charme de la série. D’un côté il y a une attention incroyable aux détails, tant visuels que sonores; et de l’autre des légèretés scénaristiques qui paraissent étonnantes en comparaison. Mais j’adore ! J’adore !
Si je n’ai pas (encore ?) fini The Good Place c’est justement parce que ça semble forcé, trop travaillé, pas suffisamment naturel, alors que là, on voudrait que ça continue indéfiniment…
Par contre ce qui m’étonne c’est qu’une société comme Amazon produise cette série. Car l’un des messages est clairement de montrer comment les entreprises corrompent et utilisent la technologie pour enrichir une infime minorité tout en abusant ouvertement de la majorité de la population.
Soit ils se disent que les gens ne vont pas comprendre (et nombre d’avis laissent à croire cela), soit ils se disent que même s’ils comprennent, ils ne feront rien (et c’est vraisemblablement le cas). Ce qui est la partie la plus sombre de l’affaire.

The Catcher in the Rye – J.D. Salinger : Je ne vais pas me lancer dans une longue analyse de texte, il en existe déjà des centaines, qui s’accordent ou se contredisent, ce n’est pas le propos. J’ai tout simplement adoré chaque minute passée à lire ce livre. Le style, le rythme, le vocabulaire, le fond… Certains le qualifient de life-changing; je n’irai pas jusque là. Je ne pense pas qu’il va m’influencer aujourd’hui, à presque 32 ans, mais surtout je ne pense pas que l’avoir lu adolescent m’aurait influencé. Peut-être que je me trompe ?
C’est toutefois un ouvrage que j’aurai du mal à oublier tant je m’y suis reconnu par moments et que je serai tenté de relire car plus j’y repense, plus je réalise des choses qui m’avaient initialement échappées. A commencer par le titre qui est finalement une évidence.
Seul petit point noir, c’est que Holden est issu de la bourgeoisie et, forcément, ça a tendance à retirer un peu d’authenticité à l’ensemble.

‘Take cars,’ I said. I said it in this very quiet voice. ‘Take most people, they’re crazy about cars. They worry if they get a little scratch on them, and they’re always talking about how many miles they get to a gallon, and if they get a brand-new car already they start thinking about trading it in for one that’s even newer. I don’t even like old cars. I mean they don’t even interest me. I’d rather have a goddam horse. A horse is at least human, for God’s sake. […]‘
[The Catcher in the Rye – J.D. Salinger]

Drown Her Sorrows – Melinda Leigh : Contrairement à l’évolution des personnages récurrents, très (trop) lente, j’ai l’impression que l’intrigue est passée beaucoup (trop) rapidement. A peine le temps de l’installer que c’est déjà fini. Ca se lit toujours très bien, mais j’aurai aimé un peu plus de contenu…

Remember, the games are there whether you like them or not. The only choice you have is to try to beat them or let them win.
[Drown Her Sorrows – Melinda Leigh]

Ted Lasso (Saison 2) : Voir critique complète.

Veep (Saison 6) : Je n’en peux vraiment plus de Selina qui s’aggrave d’épisode en épisode, mais je comprends tout à fait que c’est volontaire, ce qui montre la qualité de la production et surtout que chacune de ses actions, chacune de ses répliques est finement pensée pour atteindre son objectif satirique sachant que derrière des flots de vulgarité, c’est très subtil et parfaitement délicieux.
Pour contrebalancer cela, les auteurs ont eu l’excellente idée de développer les personnages et intrigues secondaires qui, Richard Splett, sont absolument hilarants, nécessitant quasi-systématiquement de mettre en pause l’épisode pour reprendre sa respiration et ne pas manquer la suite.
Un régal !

I am pulling this creature from the jizz lagoon right off the New Hampshire congressional ballot and replacing him with his cousin, Ezra.
Ezra has more raw political talent in the tip of his rosy-head pecker than you have in this mangled abortion coat hanger you should be ashamed to call your body.
The people of New Hampshire are going to be so grateful to me I’m going to be like a disability check wrapped around a pack of no-filter cigarettes.
[Veep – 6×09]

After Life (Saison 3) : Difficile de ne pas être déçu par cette saison tant elle apporte peu à la série. C’est une sorte de conclusion sur six épisodes, où 75% du contenu aurait pu être laissé de côté pour le condenser en un seul épisode.
C’est beaucoup moins drôle, beaucoup moins incisif, beaucoup moins sentimental. Que ce soit dans l’écriture ou même dans la réalisation (avec la réutilisation étonnante de scènes complète d’un autre épisode), ça manque de neuf, d’évolution…
Ça donne l’impression d’avoir été tourné et monté en vitesse à la fin du confinement pour pouvoir tenir un agenda. Dommage.
Malgré tout, ça vient clore correctement la série.

#Playlist

Barry Louis Polisar – All I Want Is You : Tombé par hasard dessus via une playlist orientée sport, et donc dénotant totalement, plutôt que de zapper j’ai écouté jusqu’au bout et depuis c’est presque en boucle ! Elle a été utilisée dans la BO de Juno.

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#MacronDemission

Zéro inspiration pour le titre même si ça correspond un peu au contenu de l’article. Un peu.

Jusqu’à l’été 2020, j’avais un avis plutôt négatif sur les réductions d’impôt sur le revenu suite à des dons faits à des associations ou des organismes d’intérêt général.
En effet, si je décide de donner de l’argent à une association, c’est pas pour qu’on me rembourse, même partiellement, ce don par la suite.
Je sacrifie mon pouvoir d’achat pour une cause en laquelle je crois et c’est tout. On s’arrête là.
A côté je paye mes impôts car je perçois des revenus et c’est tout. On s’arrête là.
Simple. Basique.

Et puis, un soir d’août 2020, en rentrant de mes courses, je tombe, sur le palier de mon logement, face à face avec un jeune homme portant un k-way rouge aux couleurs de la Croix… Rouge !
Ayant travaillé plusieurs mois à proximité de la Gare Montparnasse, j’étais devenu ceinture noire dans l’esquive des recruteurs de donateurs en milieu ouvert. Mais là, dans un couloir d’immeuble, impossible de fuir !

Alors je l’écoute me faire son discours, en pensant aux produits frais dans mon sac qui sont pressés de rejoindre mon réfrigérateur. On est en août, même à Lille il fait chaud.
Vient alors le moment où il m’explique que les dons faits à la Croix-Rouge ouvrent droit à une réduction d’impôts de l’ordre de 75% du montant du don dans la limite de 1000€.
Ce à quoi je lui répond, espérant par là même clore notre échange, que ce n’est pas un argument recevable à mes yeux, que si je donne, je donne, c’est tout.
Et lui de me retourner à peu près ceci : « Certes, mais vous pouvez aussi voir les choses autrement. Dites vous que ce n’est pas une réduction ou un remboursement d’impôts dont vous profitez, mais plutôt que vous décidez directement de ce à quoi servent vos impôts ! ».
Intrigué, je lui demande de développer son propos et résumé on arrive à quelque chose comme ceci : si mes revenus font que je dois payer 2000€ d’impôts, et que je donne à la Croix-Rouge à hauteur de 1000€, cela signifie que je suis éligible à 750€ de réduction d’impôts. C’est à dire que je vais devoir payer 1250€ à la DGFIP. Mais plutôt que de voir ça comme une réduction, il faut voir ça comme un rééquilibrage.
C’est à dire que dans tous les cas je dois payer 2000€. J’en paie 1250€ à la DGFIP et 750€ à la Croix-Rouge. Donc plutôt que de devoir subir les choix de l’État sur les 2000€, je décide que 750€ vont à la Croix-Rouge et les laissent faire n’importe quoi avec les 1250€ restants. Tandis que mon sacrifice final est de 250€ que j’aurai finalement réellement déboursés pour soutenir la Croix-Rouge, de mes revenus nets.
Ainsi, plutôt que de dire « je ne suis prêt à me priver que de X€ pour cette cause », il faut plutôt se dire « je vais donner X/0.25€ à cette cause, où X seront de ma poche tandis que le reste sera un usage choisi des impôts que j’ai à payer dans tous les cas ».

C’est peut-être très mal expliqué ici mais la façon dont il me l’a expliqué a été comme une révélation et il a réussi son coup puisqu’après lui avoir demandé de m’accorder deux minutes pour ranger mes courses, on procédait à mon inscription au registre des donateurs récurrents de la Croix-Rouge française.

Pourquoi j’en reparle aujourd’hui ?

Pour la simple raison qu’au printemps 2021 j’avais complètement zappé cette histoire et oublié de faire la déclaration des dons. Il faut dire qu’en plus il n’était question que de quatre mois, c’est à dire pas une somme incroyable.
Mais hier, à quelques minutes de l’annonce de la réélection de #MacronDemission, je me suis connecté sur impots.gouv.fr, j’ai déclaré les dons effectués en 2021 et j’ai pu constater, avec un certain plaisir, que 75% de ce montant avait été déduit du calcul de mon impôt.

Quand je vois qu’aujourd’hui mes impôts servent à financer la destruction de mes concitoyens et de la planète, je me dis qu’il est d’autant plus important de leur choisir, autant que possible, un autre usage, plus aligné avec mes convictions. Et c’est pourquoi, suite à cela, j’ai ajusté le montant du prélèvement mensuel pour atteindre le plafond.
Simple. Basique.

Maintenant il faut que je me penche sur Kiva; car même si c’est une association basée en Californie, il semblerait qu’il soit possible de profiter de conditions similaires de réduction compte-tenu de l’objectif de la dite association.

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Ted Lassé

Je viens de terminer de regarder la deuxième saison de Ted Lasso et, comme le laisse supposer le titre de l’article, je n’irai pas plus loin.

Déjà parce que la partie foot est totalement laissée de côté. Il pourrait être question de n’importe quel autre sport collectif, ou même d’une banale entreprise de revente de papier, ça serait pareil. Et forcément, en abandonnant ses racines, on se perd.
C’est un détail que je n’avais pas remarqué initialement mais la majorité des acteurs qui interprètent des joueurs de foot n’ont absolument pas le physique adapté. Que ce soit leur capitaine en surpoids ou leurs défenseurs avec des jambes de marathoniens, c’est risible. Ça se voit également dans les trop rares scènes où ils jouent : ça respire l’amateurisme alors qu’ils sont censés être des joueurs professionnels de haut niveau. Seul Dani Rojas paraît crédible.

Ensuite parce que tout est fait pour jouer sur les sentiments du spectateur, dans l’unique but de le faire s’attacher à la série, quitte à n’avoir absolument aucune crédibilité. Que ce soit quand les joueurs décident de s’opposer à leur sponsor principal pour des raisons morales (même Harry Potter c’est plus crédible) ou encore quand un journaliste révèle sa source sans même que cela ne lui soit demandé, dans l’unique but de faciliter l’intrigue…
Chaque épisode chercher à tirer des larmes, en usant d’énormes ficelles, et ça marche. Ce qui est agaçant. Surtout que c’est vraiment sans aucun intérêt. Il n’y aucun message réel. Et l’humour a quasiment disparu. Ou alors n’est présent que sous des formes grotesques.
De (trop) nombreux sujets de société sont abordés au mieux de façon assez maladroite, au pire d’une manière complètement absurde.
Ici il n’est même plus question de bienveillance mais carrément de bisounoursance. Certes ils glissent quelques obstacles ça et là, mais globalement c’est navrant de niaiserie.

Enfin parce qu’à la manière des acteurs mal sélectionnés/préparés, de nombreuses incohérences viennent démontrer le manque de sérieux de la production. Dont un en particulier qui m’a forcément (trop) parlé.

Attention, gros spoilers à suivre.

Dans le premier épisode, un nouveau personnage fait son apparition et on peut apercevoir en arrière plan de son bureau qu’elle s’est rendue sur place avec un Brompton Raw Lacquer et une selle Brooks marron :

Dans le second épisode, elle est même vue roulant sur le vélo, équipée d’un casque gris argenté. On a même droit à un gros plan sur le Brompton et son casque :

Sur le gros plan on peut voir que le vélo ne possède pas de shifters (il n’a donc qu’une seule vitesse, suffisamment rare pour être noté) et que les rails de la selle sont en cuivre/couleur cuivre.

Plus de vélo ensuite jusqu’au huitième épisode où là, c’est la catastrophe !

Ainsi on la voit monter à vélo, puis enfiler des AirPods Pro (merci le placement produit Apple dans une série Apple).

Déjà là je ne suis pas hyper emballé car, tout comme la loi de nombreux pays, je suis contre le port d’écouteurs à vélo; j’y vois une distraction ainsi que réduction de l’ouïe qui est primordiale pour rester en vie dans la circulation.
Mais surtout, quelques secondes plus tard, on la voit engueuler un piéton car son chien (tenu en laisse) est en travers de son chemin alors qu’elle se déplace sur ce qui semble être un espace partagé sur lequel les piétons ont bien évidemment la priorité. Merci l’image de merde donnée aux cyclistes.
Et le pompon arrive quelques secondes plus tard où elle se fait tout simplement percuter par un automobiliste. Ce qui, sous-texte, ne serait pas arrivé si elle était plus attentive, ne portait pas d’écouteurs et était resté concentrée sur la circulation au lieu de fredonner l’air du morceau qui passait dans ses oreilles. Et le vélo c’est dangereux puisque c’est le seul accident de transport rencontré dans la série, alors que l’on voit régulièrement des gens se déplacer en voiture. Hinhin.

Ah, et bien sur, tout ceci se passe sur un vélo, pliant certes, mais qui n’a strictement rien à voir avec le Brompton du début. Où est-il passé ?

Ont-ils changé de vélo, pour ce qui semble être un modèle entré de gamme tout simple, car ils avaient besoin de le détruire pour la scène suivant l’accident ? Question de budget ?

En tout cas le casque, lui, est toujours le même et semble hors d’usage. Mais honnêtement, qui repartirait de l’hôpital avec son casque cassé ?

Finalement, Ted décide de lui offrir un nouveau vélo en remplacement et, sur le seul plan qui le laisse apparaître, on peut voir qu’il s’agit du cintre d’un Brompton sans shifters. Intéressant.

Il faudra alors attendre le onzième épisode pour revoir le personnage à vélo. Avec un nouveau casque, rouge cette fois, absolument inadapté à la tête de l’actrice. Puis quelques secondes plus tard, apercevoir Ted portant un Brompton Raw Lacquer avec une selle Brooks marron et des rails en cuivre/couleur cuivre.
C’est à dire exactement le même que dans les deux premiers épisodes.
Magique !

J’imagine que le Brompton est un placement de produit, ce qui explique le gros plan du second épisode. Par contre c’est un énorme raté narratif, de l’avoir faite rouler avec au début, de lui avoir fait changer de monture pour l’accident, puis d’avoir réintroduit le même Brompton ensuite en remplacement. Ils ont géré le casque (enfin presque) mais pour le vélo c’est ridicule.
Et le fait qu’ils aient en plus donné une terrible image des personnes se déplaçant à vélo, ne fait que renforcer mon agacement face à cette gestion désastreuse de l’objet dans la série.

A côté il y a tout de même quelques répliques particulièrement bien senties mais trop rares pour compenser tout le reste.

Dommage. Il y avait un certain potentiel.