Montre jamais ça à personne

Quand j’ai appris qu’un documentaire sur Orelsan allait sortir sur Amazon Prime Video, je n’étais pas très chaud car ça sentait le montage un peu fou-fou sur ses tournées, pour faire du fanservice en grattant des pièces tout en occupant l’espace médiatique en attendant le prochain album. Non seulement sans intérêt mais au contraire plutôt triste qu’il tombe dans ce genre de travers.

J’avais quand même marqué la date sur mon agenda, par respect et par curiosité.

Et six heures après avoir ouvert APV pour lancer le premier épisode, j’étais là, devant ma télé, perdu, encore sous le choc de ce que je venais de regarder d’une traite (je me suis quand même arrêté à mi-parcours pour faire une pause naturelle).

Avec Comment c’est loin, on avait eu une fiction (très) inspirée de faits réels, là on nous présente les vraies images de ce qu’il s’est réellement passé depuis l’enfance de l’artiste jusqu’à aujourd’hui. La quantité et la qualité des archives est bluffante. Le travail de montage totalement dingue. Et surtout l’histoire racontée est magique. Une histoire de famille et de potes filmée, réalisée et narrée par… le petit frère; dingue !

Dedans il y a (presque) tout, on en apprend énormément sur le personnage et son entourage, grâce à de très nombreux témoignages. Ils reviennent sur de nombreux évènements marquants, dont un en particulier : l’affaire Sale Pute.

Je m’en souviens à la fois bien et à la fois peu, car j’avais considéré, à tort, que c’était de l’histoire ancienne.

A l’époque, j’écoutais Perdu d’avance en boucle, si Changement annonçait quelque chose de vraiment cool, l’album m’avait totalement retourné la tête. En dehors de mon téléphone hébergeant les précieux fichiers MP3, les réactions étaient plus que mitigées : ceux qui aimaient le rap trouvaient ça ridicule, du « rap de blanc de province« , ceux qui n’aimaient pas le rap trouvaient ça ridicule car incompréhensible. Mais peu importe, j’avais trouvé un artiste qui me parlait comme jamais je n’avais pu le ressentir.
St-Valentin me faisait rire avec son clip superbement inspiré. Pour Sale Pute je reconnaissais la performance artistique même si ça ne me parlait pas vraiment et surtout musicalement ce n’est pas le genre de morceau que l’on peut écouter régulièrement.
A aucun moment je n’aurai pu imaginer ce qui suivrait. Principalement car le caractère fictif de la chanson était total; le fait que le personnage du clip ne ressemble aucunement à celui d’Orelsan que l’on voit dans tous les autres clips est un indice logiquement révélateur.
Mais c’est arrivé et, avec le recul, c’était finalement annonciateur d’un mouvement beaucoup plus radical et beaucoup plus pervers et toujours plus à côté de la plaque qui est parfois résumé par cancel culture.
Ce qui me paraissait clair à l’époque, c’est que ceux qui s’opposaient le plus à l’artiste étaient ceux qui n’avaient pas grand chose en commun avec l’artiste et qui ne comprenaient rien à son univers. Majoritairement des personnes d’une autre génération, qui n’avaient pas les codes, et qui plutôt que de chercher à comprendre voulaient faire disparaître ce qui les dérangeait. J’ai eu des discussions pour tenter de convaincre certaines de ces personnes (ma mère y compris), en leur faisant écouter d’autres morceaux, ceux qui, pour moi, montraient de manière évidente que quelqu’un ayant ce vécu et ce genre de pensées ne pouvait être le personnage décrit dans la chanson incriminée, mais rien à faire.
Finalement les choses se sont tassées, la justice a tranché et il a su rebondir et enfin rencontrer le succès tant mérité.
Cependant, voir les choses de l’intérieur grâce au documentaire remettent tout ça en perspective, à quel point ça a été une période difficile pour ses proches et lui, et surtout que ça aurait pu signer la fin de sa carrière.

En rédigeant cet article, j’ai découvert que des années après certains n’ont toujours pas compris et n’ont pas lâché le morceau. C’est triste surtout que ce sont parfois des personnes tout à fait respectables par ailleurs.

Merci les Chiennes de Garde pour le coup de pute !
[Orelsan – Raelsan]

A côté, il y a évidemment beaucoup d’autres choses bien plus positives, vraiment cette impression d’être avec une bande de potes qui s’amusent avec leur art. Et parfois, quand la musique se superpose aux images d’archive, on est encore plus pris aux tripes qu’avec la musique seule.

Je retiendrai également un court extrait de propos tenus par Jean-Paul Rouve, d’une justesse incroyable :

Pour vous dire, dans la chanson, pour moi, il y a eu Brassens, il y a eu Renaud, et il y a Orelsan aujourd’hui
[Jean-Paul Rouve sur France 2]

C’est exactement ce que j’ai toujours ressenti. Brassens pour la génération de nos grands-parents, Renaud pour nos parents et Orelsan pour la nôtre. Et en disant cela démontre qu’il est possible d’être de la mauvaise génération et pourtant de comprendre l’artiste qui la représente. Tant qu’on garde l’esprit ouvert, tout est possible.
D’autant plus que personnellement, ces trois artistes occupent la même place dans mon cœur, tout là-haut.

Voilà; Orelsan: Montre jamais ça à personne c’est génial, dans la lignée de ce que la bande est habituée à produire et c’est à voir pour tous ceux qui apprécient l’artiste… ou ceux qui n’apprécient pas mais seraient prêts à chercher à comprendre.

ComplOVH

Ce matin, à deux jours de l’entrée en bourse de la société OVHCloud, celle-ci a rencontré un incident qui a rendu indisponible pendant plusieurs heures l’ensemble de ses services et infrastructures. Impactant des millions d’individus et entreprises à travers le monde. Phénomène qui pouvait être suivi via #ovhdown.

A l’origine, le ticket de maintenance #53785 sur le data-center états-unien de Vint Hill.

L’incident a quant à lui été suivi dans le ticket #53798.

Un tweet supposé d’Octave Klaba laisse entendre qu’il s’agit purement et simplement d’une grossière erreur humaine (le tweet n’existant pas/plus, rien n’indique que ce n’est pas un montage) :

Au delà de l’origine même du problème, le fait qu’une seule fausse manipulation sur un routeur puisse faire tomber l’ensemble de l’infrastructure pose forcément question. L’erreur humaine ne viendrait pas plutôt de la façon dont est structuré le réseau OVH ? Avec une absence totale de résilience ?
Suite à l’incident rencontré par Facebook la semaine dernière, on peut tempérer la carte de l’incompétence.

La panne d’aujourd’hui fait suite à de nombreux autres incidents rencontrés par OVHCloud ces derniers mois. A commencer par l’incendie de SBG2 au mois de mars. Qui, là encore, avait laissé de nombreux clients sur le carreau.

Et s’il existait une explication toute trouvée pour expliquer ces mésaventures rencontrées par le (toujours ?) numéro un européen du cloud ?

Après tout, en France en particulier, mais plus généralement en Europe et même à l’international, OVHCloud est vue comme l’une des seules alternatives crédibles aux Amazon (AWS), Microsoft (Azure) et Google (Cloud Platform). Dit autrement, la solution pour échapper aux Patriot et Cloud Act.

L’entreprise roubaisienne apparaît alors comme un danger aux yeux des États-Unis et en particulier certaines de ses agences, puisque ce qui ne transite pas sur l’infrastructure des acteurs américains est forcément plus compliqué à intercepter.

Avec cela à l’esprit, ne pourrait-on pas imaginer qu’OVHCloud est victime d’un sabotage de la part d’agences américaines, afin de provoquer sa chute, en particulier à un moment crucial de son existence ?

Est-ce comme cela que naît une théorie du complot ?

Ce serait amusant qu’elle vienne à être utilisée !

(Grosses) Mythes et légendes

Carla, I can’t take this anymore. I mean, I’ve tried everything. I’ve stopped eating oysters. I’m taking cold showers. I even started stuffing ice in my pockets. I tell you, I’m not gonna make it.
[Cheers – 7×02 – Swear to God]

En entendant ces propos, tenus par Sam (Malone), j’ai particulièrement été amusé par cette histoire de douches froides.

Dans l’épisode, Sam (Malone, toujours), a promis à Dieu (oui…) de s’abstenir pendant trois mois si ce dernier interférait en faveur du premier.
Les propos cités ci-dessus sont tenus lorsque Sam (Malone, ça ne change pas) essaie de respecter sa promesse.

J’en ai déduit que d’après lui, prendre des douches froides, et plus généralement avoir les testicules au froid, permettrait de réduire la libido. Contrairement aux huitres, tenues pour aphrodisiaque car contenant une concentration élevée de zinc favorisant la production de testostérone.

A l’époque donc, en 1988, appliquer du froid sur les testicules était vraisemblablement considéré comme ayant un effet négatif sur la libido.

Pourtant, aujourd’hui, c’est plutôt l’inverse. De nombreuses sources (aussi fiables qu’une sitcom se déroulant dans un bar) indiquent que prendre des douches froides est bénéfique pour augmenter son taux de testostérone :

La question n’est pas trop de savoir si c’est réellement le cas ou non.
D’ailleurs les études qu’on trouve sur le sujet semblent dire que le froid a un effet négatif sur le taux de testostérone.
Potentiellement il s’agit avant tout d’une confusion entre la quantité et la qualité de spermatozoïdes produits (fertilité positivement affectée par des températures plutôt basses) et le taux de testostérone. Après tout, les cellules de Leydig sont situées dans les testicules.
Il faut aussi garder à l’esprit que lorsqu’il s’agît de parler virilité, la tendance est généralement à raconter n’importe quoi et à accorder du crédit à la stupidité : prendre une douche froide dans un monde où l’eau chaude courante est accessible au robinet, et alors que c’est très désagréable, c’est un truc de bonhomme avec des énormes couilles, forcément ça a un lien avec la testostérone, l’hormone des hommes virils.

Non, ce qui est intéressant ici c’est de voir le revirement complet sur la question de la douche froide : à une époque elle devait faire baisser la libido, aujourd’hui c’est l’inverse.

Dans les deux cas, on peut y voir un effet positif : prendre une douche froide implique une consommation énergétique moindre. Seulement si derrière la personne ne se met pas à chauffer son logement plus que de raison pour combler un thermogenèse déficiente…

Et l’autre partie amusante de la citation, c’est le choix des huitres comme aphrodisiaque. C’est peut-être purement culturel, aux États-Unis ou plus spécifiquement à Boston, ville maritime; mais je ne peux m’empêcher d’y voir une référence au restaurant Melville’s situé juste au dessus du bar Cheers et qui se décrit comme Fine Sea Food.

JDMAI #69

Mr. Robot (Saison 4) : Voilà, c’est fini. Le moins que l’on puisse dire c’est que c’est fidèle au reste de la série. D’un côté, on a droit a de superbes réflexions sur la société, le capitalisme, les relations humaines… enrobé dans une réalisation, parfois, excellente, qui n’est pas sans rappeler Breaking Bad. Mais à côté de ça, on est noyé de clichés et fan service pour pseudo-nerds (l’exemple le plus flagrant est le nommage des épisodes, avec l’emploi des codes d’erreur client HTTP pour cette quatrième saison), des intrigues et des scènes complètes, sans intérêt, viennent meubler, pour être abandonnées dès qu’elles ont trouvé des remplaçantes; et, surtout, ce qui se pressentait depuis le départ s’avère être tout simplement vrai. Les déceptions sont multiples. Ça aurait pu être l’une des plus grandes séries de ces dernières années (malheureusement le côté technique l’empêcherait d’être intemporelle) mais finalement ça ressemble plus à un délire de geek qu’autre chose. Dommage; vraiment. Je retiendrait quand même le positif, même s’il faut vraiment s’accrocher pour le garder à l’esprit. Ah, et même si on a droit à une vraie fin, utiliser Outro de M83 ça devrait être interdit. J’adore ce morceau, vraiment, mais c’est du vu, revu et archi-revu. Encore plus claqué qu’une danse des canards lors d’une soirée dans une salle des fêtes de la campagne française. Pitié, faites preuve d’originalité.

Trois couleurs: Bleu : Le summum de la pornographie pseudo-intellectuelle bourgeoise. Techniquement c’est superbe; les plans, le montage, la musique… Mais à côté de ça, le scénario est totalement risible, digne d’un enfant de 6 ans. Et surtout, les dialogues sont d’un vide abyssal. Les acteurs sont français, parlent français, mais on a le sentiment d’entendre un doublage fait par des personnes venant d’apprendre la langue. C’est catastrophique. C’en est presque insultant tellement c’est creux. Et les acteurs sont au mieux très moyens, ou pire, comme Juliette Binoche, affreusement gênants d’inauthenticité. Le pire dans tout cela est que si le film ne contenait aucun dialogue, son intérêt en serait immédiatement décuplé, tant la communication non verbale est maîtrisée. J’espère vraiment que les deux autres films sont différents.

Trois couleurs: Blanc : Tout n’est pas perdu ! Même si ça conserve quelques relents de pornographie pseudo-intellectuelle bourgeoise (oui, je me répète), c’est tout de suite bien plus intéressant. Est-ce le côté comique omniprésent ? Est-ce les dialogues majoritairement en polonais ou en français non maîtrisé par des polonais ? Je ne saurai dire. Mais ce film m’a bien plus parlé et (presque) tous les personnages sont réussis, crédibles et attachants. Bien que parfois simple et usant de raccourcis, c’est une réussite. Et c’est drôle, vraiment !

Trois couleurs: Rouge : Et allez… Le retour de la pornographie pseudo-intellectuelle bourgeoise (oui oui, je je me me répète répète). Le scénario général en soit est intéressant, tout comme le final qui sert de final à la trilogie (mais alerte grosse orgie bourgeoise), mais dans le détail c’est vraiment risible et outrageusement grossier. Et ces dialogues absolument consternants (voir citation ci-dessous), totalement creux, avec toujours cette intonation de collégien qui récite une pièce de théâtre apprise quelques minutes plus tôt dans le couloir… S’il y a quelques éléments techniques intéressants, c’est également bourré d’erreurs, avec par exemple une voiture stationnée qui change totalement de sens ou du mobilier qui se déplace pendant une scène… D’ailleurs question automobile, avec deux accidents et de nombreuses infractions, il semblerait que la relation du réalisateur avec ce moyen de transport s’avère assez nocive. S’il fallait classer les trois films, ce serait simple : Blanc très au dessus, Rouge passable et Bleu horrible.

Le juge : Je ne veux rien.
Valentine : Vous n’avez qu’à arrêter de respirer.
Le juge : C’est une bonne idée.
[Trois couleurs: Rouge]

Neon Genesis Evangelion (Saison 1, Épisodes 1 à 6) : Après divers échecs par le passé, j’ai voulu de nouveau tenter de regarder un manga/anime. Cette fois je suis parti sur ce que beaucoup considèrent comme l’œuvre majeure du genre. Et j’avais vraiment envie de l’apprécier tant je suis fan de l’esthétisme et que cette culture semble avoir énormément à offrir. Mais six épisodes et trois heures dedans, force est de constater que ça ne prend toujours pas sur moi. Le rythme global déjà. Sur un épisode de 25 minutes, si on retire les deux génériques, l’aperçu du prochain épisode, les titres et autres transitions, on doit à peine atteindre les 15 minutes de contenu réel. A cela s’ajoutent les scènes de transition dans lesquelles il ne se passe pour ainsi dire rien; et on arrive à un résultat où tout est bâclé, les sujets et personnages sont survolés et… tout se répète en boucle.
A côté de cela, l’univers semble intéressant mais là encore, il n’est pas suffisamment approfondi pour que l’on puisse s’y accrocher.
Enfin les personnages et leurs relations, bien trop simplistes, très dans l’esprit shōnen avec un adolescent qui se cherche et qui ne sait ni qui il est, ni ce qu’il ressent, ni comment le décrire. Et cette espèce de morale moisie qu’on essaye d’instiguer pour dire que la vie est dure mais qu’il faut être fort et se battre. Pour soit et pour ceux qu’on aime. C’est vraiment gênant et grossier.
Peut-être est-ce la même raison pour laquelle je déteste le genre super-héro ? Car le but des créateurs c’est de prendre leurs personnages pour des modèles ? Alors que si j’apprécie le fait de m’identifier à des personnages de fictions, c’est uniquement pour expérimenter autre chose le temps que je consomme l’œuvre, et non pour qu’ils viennent influencer qui je suis dans la vraie vie. C’est peut-être un tort, mais c’est quelque chose pour lequel je n’ai jamais ressenti le besoin et surtout dont l’idée même me dérange.
Bref, je retenterai peut-être l’aventure mange/anime dans le futur, mais en faisant attention à bien prendre quelque-chose orienté adultes type seinen/seijin ?

Three Days of the Condor : L’histoire, assez simpliste finalement par rapport à ce que l’on a pu voir depuis, fait l’affaire, mais tout l’intérêt du film réside dans le caractère si particulier de l’époque. Pas d’effets spéciaux, pas d’explosions dans tous les sens… ce qui permet d’obtenir un résultat finalement bien plus crédible, même si les quelques scènes de combat manquent un peu de fluidité. Et technologiquement c’est génial car 45 ans plus tard ça ne semble si périmé que l’on pourrait le croire. L’écran qui affiche une carte type IGN en live pour localiser un appel, c’est génial ! Enfin, la morale du film est plus d’actualité que jamais, très juste.
Et comme une coïncidence, alors que je regardais le film dans la nuit du 10 au 11 septembre, beaucoup de plans se concentrent sur les deux tours du World Trade Center.

Peepoodo (Saison 2) : Wow ! Toujours plus drôle et plus trash, mais à côté ils arrivent à développer une véritable histoire avec tout un univers bourré de références et bien construit. Et niveau technique ça a fait un bond en avant impressionnant, passant de la simple série d’animation à une super-production. Vraiment top.
Encore une coïncidence, mais parmi les références il est à un moment question d’un « A.T. Shield » qui rappelle logiquement les « A.T. Field » de… Neon Genesis Evangelion !

The Sixth Sense : Le genre de film tellement ancré dans la culture populaire que je n’arrivais plus à savoir si je l’avais déjà vu ou non. Je peux maintenant affirmer que c’est bien la première fois que je le voyais. Et certainement la dernière. Oui, il y a quelques éléments intéressants dans l’intrigue. Oui, le twist est parfaitement amené. Mais en dehors de ça, on s’emmerde quand même pas mal…

The Help : Vu le sujet et le casting, je m’attendais vraiment à quelque chose de gnangnan et destiné à suffisamment révolter le spectateur pour qu’il se déclare ému, tout en le rassurant suffisamment sur la nature humaine pour ne pas qu’il décide de mettre sur le dos du film ce qu’il ne supporte pas d’admettre concernant cette même nature humaine. Bref, un truc pour bobo bienpensant. Le titre français, La Couleur des sentiments (aled) est probablement ce que l’on peut fait de pire. Et clairement, on est en plein dedans… Mais ! Mais les acteurs font suffisamment bien leur job pour que ça ne dégueule pas, que ça reste crédible et intéressant. En digressant parfois et surtout en allant régulièrement vers l’humour. C’est pas incroyable, très prévisible, mais globalement, ça passe.

Le scaphandre et le papillon : J’espérais que malgré une histoire et un casting français, le réalisateur américain allait éviter de sombrer dans les clichés du drama bourgeois à la française. Malheureusement ce n’est pas le cas. C’est majoritairement très chiant, très sur-et-mal-joué, et se repose beaucoup trop sur le caractère inspiré de faits réels pour convaincre le spectateur. Fort heureusement il y a malgré tout beaucoup de positif ce qui permet de tenir jusqu’au bout, sans quoi le calvaire aurait été total. Le fait que ça se passe à Berck et qu’il y ait pas mal d’humour disséminé tout le long font que je ne vais pas dire que c’était mauvais, mais plutôt dispensable.

Prisoners : Très bon. L’histoire est intéressante, le jeu d’acteurs de qualité et le montage très intéressant. Une morale peut-être un peu trop subtile. Un poil long mais ça passe.

Fa yeung nin wah (In the Mood for Love) : Une merveille.

Roman Holiday : Superbe.

Festen/The Celebration : D’accord… Je suis assez déçu car c’est à la fois trop et pas assez. Trop le bordel pour avoir une histoire qui tient la route et qui permet d’amener de la réflexion. Pas assez trash pour que l’on soit réellement bousculé devant l’écran. Résultat ça ressemble plus à de la provocation de la part d’un artiste cherchant à se faire voir, qu’une réelle création allant au bout des pensées les plus dérangées de l’artiste. Vraiment dommage.
Au moins maintenant je peux mieux comprendre les paroles des Fatals Picards.

Même la fin de Festen, c’était plus bucolique
[Les Fatals Picards – Au mariage de Kevin et ma sœur]

The Big Sleep : Clairement l’intérêt du film ne réside pas dans son intrigue qui se perd rapidement pour devenir totalement incompréhensible; mais plutôt dans les performances de Humphrey Bogart et surtout Lauren Bacall, magnifique !

Barry Lyndon : Le synopsis, l’époque, les thématiques abordées et surtout les 3h annonçaient une vraie purge. Certes il y a quelques longueurs, mais c’est un film d’une richesse impressionnante. En 2021 l’intrigue semble être du déjà-vu, ce qui n’empêche pas d’apprécier tout le reste. A commencer par la photographie. Avec en tête cette scène incroyable où Barry & Lady Lyndon se trouvent en voiture, image souvent utilisée pour illustrer le film mais qui ne présente sa réelle intensité qu’en mouvement. Bluffant !

Infernal Affairs : Très correct mais rien d’incroyable non plus.

Underground : Un beau bordel ! Un film d’une grande qualité technique, d’une immense créativité artistique et très riche puisqu’il doit contenir l’équivalent de dix films normaux. Rien que le travail avec les animaux est fou. Et tout le long, je n’arrêtais pas de me dire que le voir au cinéma doit rendre l’expérience encore plus magique !

Ip Man : Plutôt convenu et prévisible.

Elite Squad: The Enemy Within : J’ai eu énormément à rentrer dedans à cause de Wagner Pablo Escobar Moura qui était incroyable dans Narcos. Mais sinon c’est un bon film.

: J’apprécie la qualité technique, la créativité et le caractère certainement très avant-gardiste pour l’époque, mais clairement ce genre de délire meta ce n’est pas pour moi.

Incendies : Jusqu’à présent j’avais ressenti des émotions; ici c’est probablement la première fois qu’une œuvre audiovisuelle provoque des sensations en moi, et clairement pas des sensations agréables. Entre la nausée et la désorientation. Sacrément perturbant ! Tout repose majoritairement sur le scénario, la mise en image est correcte mais empêche de qualifier le film en tant que tel de chef d’œuvre.

In the Name of The Father : L’histoire (inspirée de faits réels) est intéressante, mais ce qui fait le charme de ce film c’est l’ambiance de l’époque. Un régal.

The Sum of All Fears : Sympa. Étrangement il y a une scène que je suis persuadé d’avoir déjà vue, mais le reste me semblait totalement inédit.

#Playlist

RFL – Les Kassos : Son issu de l’épisode 73 de la série, la parodie de PNL était tellement réussie, et bien supérieure à l’original, que de nombreux fans ont réclamé sa mise à disposition en tant que morceau. Ce qui a été fait cette semaine (13-19/09) puisqu’on peut maintenant l’écouter, en boucle évidemment, sur toutes les plateformes de streaming légales.

Booba – Variant : Bon, il-y-a quelques trucs borderline dans le texte, ou tout du moins suffisamment obscurs pour que des interprétations diamétralement opposées puissent en être faites, mais entendre de nouveau Booba faire du vrai rap, sans faire le caïd et en exprimant des idées intéressantes, le tout sur une bonne musique, ça fait plaisir !

I.N.C.H Beats feat Hugo TSR – Voisin d’en haut : On est devant une véritable histoire magnifiquement illustrée et qui rend totalement inutile la réalisation d’un clip. Au contraire, ça gâcherait le plaisir que l’on éprouve en s’imaginant les scènes à l’écoute des paroles.

My mind is made up!

En France, on connaît Guillaume Meurice et son Moment Meurice pour accéder aux pensées non-conventionnelles* de nos concitoyens.

Mais le format choisit fait que ça paraît un peu facile : il répond de plus en plus à ses interlocuteurs de manière désynchronisée, une fois qu’il présente son montage à l’antenne. Son temps de parole devient presque majoritaire, alors qu’à la base l’intérêt ce sont les propos tenus par les interviewés. Et c’est sans compter le ton bien-pensant de l’émission dans laquelle il intervient qui est clairement agaçant à force.

De l’autre côté de l’Atlantique, ils ont Jordan Klepper et son Fingers The Pulse.

Son dernier reportage sur les antivax et anti-passeport vaccinal est une excellente introduction à son travail.

Cependant, pour bien apprécier ce qu’il fait, rien ne vaut cette compilation d’interviews de supporters de Trump, réalisées depuis la campagne de 2016 jusqu’aux manifestations ayant suivi les résultats de 2020.

C’est à la fois particulièrement drôle de constater la bêtise de certains, la facilité avec laquelle il les ridiculise tout en leur faisant croire qu’il les soutient; et c’est aussi totalement terrifiant de voir que ce sont des adultes ayant le droit de vote qui tiennent ces propos et qu’ils sont suffisamment nombreux pour pouvoir amener au pouvoir un individu qui, le pensent-ils, défend leurs intérêts.

L’intégralité du travail de Jordan Klepper est disponible via #jordanklepper.

* Malheureusement c’est bien souvent tout sauf non-conventionnel, simplement que ces des propos qui sont peut relayés.