JDMAI #63

Doctor Who (2005) (Saison 1) : Après avoir vu David Tennant dans Staged, j’ai voulu découvrir le travail pour lequel il est le plus connu. Pas de chance, c’est à partir de la saison deux qu’il est le Docteur. Assez compliqué de se positionner sur cette première saison. Le fond est vraiment bien, avec des réflexions profondes sur un nombre important de sujets. En voyant les deux derniers épisodes, on a d’ailleurs du mal à ne pas se dire qu’ils ont inspiré les créateurs de Black Mirror.
Par contre la forme c’est… problématique. Tout l’univers de science-fiction semble avoir été créé par des enfants tant c’est grossier et superficiel. Et ce n’est pas un problème de budget/compétences j’ai l’impression, mais vraiment un choix de production, avec lequel j’ai beaucoup de difficultés à accrocher et qui m’a empêché d’apprécier ce que je regardais.
A côté, l’ambiance culture populaire du début des années 2000 est bien rendue, c’est plutôt cool.
Je vais regarder au moins la seconde saison pour voir David Tennant en Docteur, et j’aviserai. Mais pour l’instant, je ne suis pas convaincu.

Fauda (Saison 1, Épisodes 1, 2, 3, 4, 5) : Déjà l’histoire n’est pas dingue, c’est du vu et archi-vu. Soit. Mais alors le reste c’est tellement mauvais… Des raccourcis gigantesques pris en permanence pour faciliter le récit, des agents professionnels qui agissent comme une bande d’amateurs de paintball (là encore pour faciliter le récit), du faux drama sans le moindre intérêt pour remplir les minutes, des relations entre personnages (en particulier entre hommes et femmes) sans aucune once de crédibilité, et les personnages se comportent tous d’une manière plus absurde les uns que les autres. Vraiment l’impression d’être devant une série réalisée par des amateurs complets mais avec un budget assez conséquent.
Non merci.

Trailer Park Boys (Saison 12) : Voilà; c’est fini. Ils auront réussi à surprendre jusqu’au bout, doublement, avec la vraie fin de la série et la superbe ouverture sur la série animée qui prend le relais. Au revoir Mr Lahey et à bientôt les autres !

Quiz (Saison 1) : Je n’avais aucune idée de l’intérêt que pouvait avoir une telle série compte-tenu de son objet, mais trois épisodes de 50mn, des retours positifs et Michael Sheen (de nouveau, rappel vers Staged). Le risque était limité. Et c’est une grande réussite. Le découpage est parfait (#1 présentation du jeu et du contexte de l’affaire, #2 tournage de l’épisode en question, #3 procès) et si les deux premiers épisodes m’ont mis en confiance et semblaient bien documentés et mis en scène, le dernier m’a totalement retourné la tête, mais de façon tout à fait subtile.
Beaucoup critiques le fait que la série prend d’énormes libertés vis à vis de l’affaire réelle. En réalité je pense que ça n’a aucune importance, ce n’est pas vendu comme un documentaire mais bien comme une fiction adaptée de faits réels. Surtout, je pense que l’affaire n’est qu’un prétexte au fantastique exercice auquel se sont livrés les créateurs de la série.
Du bon boulot !

Berlin Station (Saison 1) : Oui ! C’est pas un chef d’œuvre, ça tire de grosses ficelles dans tous les sens, c’est (volontairement ?) bourré de clichés, mais en parallèle c’est très fluide, bien mieux écrit que ce que l’on pourrait croire, plus profond également; c’est un bon drama et surtout l’aspect espionnage international est génial. J’ai été pas mal perturbé pendant les premiers épisodes par la forte ressemblance entre Richard « Daniel Miller » Armitage et Costa « Oleg Burov » Ronin de The Americans.

Berlin Station (Saison 2) : Allez, on continue. Superbe évolution de la série et de ses personnages. Encore une fois quelques grosses ficelles et raccourcis mais sinon ça passe. Et surtout, enfin une série d’espionnage qui s’intéresse à autre choses qu’aux musulmans ou aux russes !

Berlin Station (Saison 3) : Quel gâchis ! Finalement on y a droit à nos méchants russes. Et aussi à un gros n’importe-quoi technologique. Incompréhensible un tel décalage par rapport aux deux premiers volets. L’écriture est horriblement faible, pleine d’incohérences et essaye de s’appuyer sur le passé pour inventer des intrigues non nécessaires. Heureusement, la série ayant été annulée (je comprends pourquoi maintenant) il n’y aura pas de saison supplémentaire, et comme celle-ci offre une fin satisfaisante, c’est tant mieux. Je ne garderai en mémoire que les deux premières saisons d’une série de qualité, relativement inédite et surtout qui arrive relativement bien à se montrer progressiste sans tomber dans le woke obscène comme c’est de plus en plus le cas chez Netflix et autres.
L’écriture va au delà du simple divertissement, et c’est très plaisant.

Paradise PD (Saison 1, Épisode 1) : Que c’est mauvais… Des personnages irréels et sans le moindre intérêt, qui vivent des aventures d’une simplicité absurde, pour raconter des histoires navrantes, le tout bombardé à chaque seconde de vulgarité obscène qui plonge le spectateur dans un malaise très, très désagréable. Ah, si, ils balancent bien quelques piques sur des sujets un peu sérieux, mais c’est tellement grossier et sans réflexion que ça ne fait que rajouter une couche à la gêne.
Non merci.

The Lost Pirate Kingdom (Saison 1, Épisode 1) : Annoncée comme série documentaire, je ne m’attendais absolument pas à tomber sur ce genre de contenu, mi-documentaire, mi-drama. Je déteste ça. Et parler de vraie histoire des pirates, avec un truc gonflé d’effets spéciaux et de paillettes, c’est ridicule. Next.

Under Suspicion: Uncovering the Wesphael Case (Saison 1) : Rassuré ! Après deux grosses déceptions sur des productions originales Netflix, je craignais ne plus faire partie de leurs cibles. Ne connaissant rien à l’affaire, j’ai découvert au fur et à mesure des épisodes. Si à l’origine ça semblait relativement banal, la brillante narration démontre que ce n’est pas le cas et à chaque fois on se retrouve chamboulé dans les timides convictions que l’on pensait s’être faites. Il y a vraiment des choses folles (…) qui se sont produites dans cette affaire et les personnes venant témoigner semblent soit l’être également, soit ne pas réaliser. Encore une belle série-documentaire passionnante. Et les réalisateurs ont fait le bon choix d’aller à l’essentiel plutôt que de traîner en longueur comme ça a pu être le cas dans d’autres créations de ce type. Une bonne chose.

Barry (Saison 2) : Ça se regarde facilement, et il y a des choses de grande qualité, vraiment bien senties et hilarantes. Mais à côté, toute la partie drama avec Sally et les leçons de comédie sont de trop et parfaitement agaçants. On va essayer de retenir la performance de Anthony « NoHo Hank » Carrigan, absolument géniale !

Homo Deus : Une brève histoire de l’avenir – Yuval Noah Harari : Visiblement je n’avais pas pris le risque de poster une critique de Sapiens : Une brève histoire de l’humanité du même auteur. Pourtant je l’ai bien lu. Avec les oreilles. Comme cette suite. Forcément c’est un exercice périlleux tant les sujets abordés sont vastes et complexes. Néanmoins, que l’on soit ou non d’accord avec les propos de l’auteur, ce sont clairement des ouvrages à lire, ne serait-ce que pour secouer ses convictions, son confort, et partir dans de nouvelles recherches et remises en question. Car oui, même si ses détracteurs semblent y voir le discours d’un gourou, ce n’est pas le cas et c’est exprimé clairement : ce ne sont que des théories.
Il y a plein de choses très pertinentes à retenir, à mes yeux, dans les deux livres; mais l’une des principales est que ce qui fait de Sapiens une espèce à part est sa capacité à collaborer à grande échelle. Si de part notre organisation nous la limitons, ou si nous développons une technologie plus efficace, alors c’est game over. Cela peut sembler simpliste au premier abord, mais les implications, qu’il développe plus ou moins directement, sont multiples et omniprésentes.

Bonne nuit Blanche (2019) : C’est pour le moins spécial. Clairement on ne se tord pas de rire, ce n’est pas trop le but. C’est plutôt une grosse réflexion sur la société et parsemée de quelques anecdotes et traits d’humour. Ça se ressent d’ailleurs dans les réactions des spectateurs, qui en plus semblent parfois coupées au montage. Étrange. Malgré tout c’est intéressant et distrayant. Dommage que les principaux sketchs aient déjà été diffusés librement sur YouTube avant, réduisant plus globalement le scope de la découverte.

Un parfum de jitterbug – Tom Robbins : A l’origine, si ce livre a atterri sur ma liseuse c’est par un heureux hasard, suite à une recherche en anglais sur… la betterave (le meilleur légume). Je n’avais par conséquent absolument aucune idée de ce sur quoi je m’engageais. Et une fois de plus la surprise fut excellente.
Au premier abord ça parait totalement déroutant car on ne voit pas du tout où l’auteur veut nous emmener. Des personnages sans lien apparent, dont certains ne vivant pas à la même époque… puis au fur et à mesure des pages, tout s’assemble en une histoire passionnante.
Non seulement la narration est parfaitement maîtrisée, et le texte propose des réflexions très pertinentes sur la vie, mais c’est surtout extrêmement drôle et à chaque fois inattendu, toujours surprenant.
Il faut d’ailleurs noter le travail de traduction de François Happe qui y est pour beaucoup puisque certains passages ne doivent pas avoir d’équivalent dans le texte original.

Se sentir malheureux, c’est la forme ultime de l’autocomplaisance.
[…]
Il s’éclaircit la gorge, tapota sur son bandeau avec un doigt parfumé à la foufoune, puis se mit à lui conter une histoire de betterave qui navet ni queue ni tête.
[Un parfum de jitterbug – Tom Robbins]

Inside No. 9 (Saison 2) : Toujours un régal. Un peu déséquilibré entre chaque épisodes (totalement indépendants) mais globalement très bon à tout simplement brillant !

Doctor Who (Saison 2, Episode 1 & 2) : Non, même avec David Tennant, cette série n’est définitivement pas faite pour moi.

Archer (Saison 6) : Terminé à l’arrache, après une coupure de plus de trois ans entre le début de la saison et la fin. Difficile de se prononcer, mais c’est toujours amusant.

Posté le 1 avril 2021 par Jacques Danielle

La paille et la poutre

La semaine dernière, Arte diffusait un reportage intitulé La fabrique de l’ignorance (disponible jusqu’au 20/04 sur Arte.tv ou YouTube).
Ils y expliquent, exemples célèbres à l’appui, comment des individus, des groupements d’individus et des organisations, ont appris à utiliser la méthode scientifique à l’insu du progrès scientifique, dans l’unique but de protéger des intérêts économiques et/ou idéologiques.

Que ce soit en finançant des études servant de leurre, des études basées sur une méthodologie garantissant un résultat en leur faveur, des études sans objectif autre que de noyer la communauté scientifique sous les connaissances… ou de manière moins subtile, en s’offrant simplement l’âme de scientifiques, pour leur faire dire ce qu’ils souhaitent diffuser.

En faisant cela, ils arrivent ainsi à empêcher ou retarder la formation d’un consensus scientifique qui serait contraire à leurs intérêts, tout en jouant sur les connaissances et croyances de l’opinion publique. Permettant ainsi à leurs affaires ou leurs idées de prospérer.
Parfois, coup de chance, cela fait réellement progresser la science; mais ce n’était pas l’objectif initial.

S’il fallait essayer de tirer une conclusion de ce reportage, c’est que plus que jamais, la vérité est attaquée, il ne faut avoir une confiance aveugle en personne, surtout pas la communauté scientifique, et qu’il est primordial de toujours conserver un des principes fondateurs de la science : le doute.

Bien évidemment, il n’a pas été diffusé en ce moment par hasard, et la situation sanitaire que nous connaissons depuis maintenant un an explique globalement le succès exceptionnel de la vidéo sur YouTube (1.8 millions de vue à la rédaction de ces lignes) par rapport au reste du contenu publié sur la chaîne (en une semaine la vidéo est déjà la 12ème la plus regardée). Et d’ailleurs Arte ne s’y trompe pas puisque le sujet est brièvement abordé en fin de reportage.
Mais alors, est-ce que cela va réussir à éclairer les masses et convaincre certains que les idées qu’ils pensent avoir développées ne sont que le fruit de graines plantées dans leurs esprits par d’autres ?
Visiblement non.

Le problème avec ceux qui sont parfois qualifiés de complotistes, et qui se retrouvent potentiellement confortés dans leurs idées à la suite de ce reportage, est que contrairement à ce qu’ils affirment (…), ils ne doutent pas : ils sont persuadés de détenir la vérité; qui se trouve être opposée à celle plus ou moins admise par la majorité.
Et ça se voit également dans le reportage, quand est abordé le sujet du dérèglement climatique qui serait causé par l’activité humaine. Ceux qui n’adhèrent pas à cette théorie sont nommés climatosceptiques. Mais ce terme est clairement inadapté. Dans la majorité des cas les individus concernés ne mettent pas en doute la théorie globalement admise, ils la réfutent totalement.
Affirmer qu’une chose est fausse, ce n’est pas la remettre en cause, c’est la contredire. Le doute n’existe pas. J’ai raison, tu as tort.

Posté le 7 mars 2021 par Jacques Danielle

JDMAI #62

Six-deux méfie-te !

Éloge de la folie – Érasme : Le fond est pertinent, évidement, sinon cet ouvrage aurait rapidement disparu. Mais la forme est géniale. Un régal !

I Know This Much Is True (Saison 1) : Non. C’est beaucoup trop flagrant qu’on assiste à un délire artistique de la part du réalisateur, qui cherche à prendre le spectateur aux tripes afin de s’attirer sa reconnaissance. Et je n’ai pas trop de doutes sur le fait que la série va recevoir des récompenses. Mais c’est bien trop académique pour être intéressant. Surtout que j’ai été dans l’impossibilité d’avoir de l’empathie pour le personnage principal car il est totalement abject, sous prétexte d’avoir eu une vie difficile. Et encore. Si je met ses soucis en parallèle de ceux des personnage de Petit Pays, j’ai d’autant plus de mal à compatir.
Surtout, derrière ce gros travail sur la forme, je n’arrive pas à saisir le fond. Qu’est-ce qu’on essaie de nous raconter, de nous dire ? L’histoire de deux frères ? Pas vraiment, tant Dominick accapare la majorité de l’intrigue. Et leur père vient voler la vedette en grande partie dans le dernier épisode. Une réflexion sur la maladie mentale ? Absolument pas, c’est limite un détail ici. Sur la famille alors ? Puisque l’on passe du temps à s’intéresser au grand-père, au beau-père, à la recherche des origines, à la mère, aux enfants… Oui. C’est sûrement ça. Mais alors quel est le message ? Car le final ridicule où tout le monde se transforme complètement pour devenir des gens corrects, ça n’a aucun sens, ça sonne terriblement faux.
A côté, les acteurs offrent une performance de qualité, en particulier Rosie O’Donnell. Et si le mois dernier je me plaignais du manque de sérieux dans la reconstitution pour OVNI(s), ici le soucis du détail est appréciable : le personnage principal, peintre en bâtiment, a systématiquement des restes de peinture sur les ongles après une journée de travail, même s’il se retrouve dans un environnement totalement différent.

Kaamelott (BD 1, 2, 3, 4) : De manière générale je ne suis pas grand fan des créations dérivées d’une œuvre, à moins qu’elles apportent quelque-chose de concret (préquel…). Et ici force est de constater que si l’on retrouve bien l’esprit Kaamelott avec des dialogues et répliques correspondant tellement à ceux de la série qu’on les lit avec la voix des acteurs, ça n’apporte pour ainsi dire rien, à part un ersatz de contenu supplémentaire pour les fans. L’humour original repose fortement sur l’excellent jeu des acteurs, et là, sur le papier ça marche nettement moins bien.
Les histoires ont toutes en commun d’ajouter un fort caractère fantastique que l’on ne trouvait pas dans la série, probablement faute de budget ?
Alors je ne sais pas. Je vais très certainement lire les autres tomes si j’en ai l’occasion. Mais ça m’inquiète un peu concernant le film que l’on attend depuis si longtemps…

Letterkenny (Saison 1) : Absurde au premier abord, on réalise ensuite rapidement à quel point c’est brillant. Tout est simple et sert à mettre en mouvement des dialogues comiques d’une rare qualité. Entre le débit et le vocabulaire assez localisé, je ne dois comprendre qu’au mieux 5% de ce qu’ils racontent, mais ça me suffit à apprécier alors j’hésite à refaire les épisodes (6x25mn) avec une analyse de texte complète.

Tehran (Saison 1) : Les deux premiers tiers de l’épisode un (ouch) sont d’un tel niveau que j’ai cru qu’on tenait la nouvelle grande série d’espionnage, qui allait totalement faire disparaître Homeland des esprits. Malheureusement ça retombe aussi vite que c’est monté et si on entrevoit quelques signes intéressants au fil des épisodes, ça reste malgré tout très moyen. Sans parler évidemment du final, qui a le mérite d’être du jamais vu mais qui est plus une insulte envers le spectateur qu’autre chose. Raison pour laquelle je ne prendrai pas le temps de regarder la suite, si suite il y a.
A côté, j’avais peur d’être devant de la propagande sioniste et ce n’est absolument pas le cas. Au contraire ça donne, je trouve, une très bonne image de l’Iran. C’est plus une critique des religieux, qu’ils soient juifs ou musulmans. Alors on va essayer de retenir cette bonne note. Mais ça ne sera pas suffisant.

Crime Scene: The Vanishing at the Cecil Hotel (Intégrale) : Quelle énorme perte de temps ! C’est présenté comme un énorme mystère et on crée de toute pièce des intrigues sur du vide absolu car dans les dernières minutes on apprend exactement ce qu’il s’est passé, rien d’incroyable, c’est même plutôt triste et à mon avis il aurait été bien plus pertinent de passer quatre heures à expliquer comment cela a pu se produire et réfléchir à ce que la société pourrait faire pour ne pas que cela se reproduise.
Non, à la place on passe quatre heures à nous présenter les délires conspirationnistes de youtubeurs égocentriques et cherchant à se faire bien voir sur le dos d’une personne décédée, quitte à créer des victimes totalement innocentes au passage. Comme dans Don’t F**k with Cats.
Au final on en apprend plus sur l’histoire du Cecil Hotel que sur l’affaire en question.

It’s Always Sunny in Philadelphia (Saison 12) : Toujours aussi plaisant. C’est impressionnant comme ils arrivent à se renouveler pour rester pertinents au fur et à mesure des années, tout en conservant leur identité. Beaucoup ont essayé, peu ont réussi.

Gangs of London (Saison 1) : Un bon délire. J’avais pu lire des critiques qui parlaient de chef d’œuvre et autres superlatifs. Alors c’est très qualitatif, tant sur l’écriture que la réalisation, avec un superbe travail sur les scènes d’action/bagarre. Mais ça reste du divertissement. Trop de simplicité/raccourcis pour aller au-delà.
Mention spéciale au casting composé d’acteurs vraiment géniaux qui permettent de masquer une partie des faiblesses. Beau travail.

Shetland (Saison 1) : Une série simple, avec des acteurs bruts et une histoire correcte. Ça fait téléfilm policier France Télévision, mais avec le côté exotique des îles Shetland et local.

No Activity (Saison 2) : Exceptionnel. Tellement simple et tellement drôle. Magnifique maîtrise de l’écriture comique. Génial.

Staged (Saison 2) : Le niveau de Meta de la première saison était déjà particulier, là on atteint des sommets. S’il était question de jouer un rôle consistant à prétendre être soi-même en train de vivre son quotidien à répéter une pièce de théâtre, cette-fois il s’agit de prétendre travailler sur un remake de la saison une, qui est donc reconnue comme œuvre de fiction et non comme réalité. WOW. Sachant qu’en plus à côté chaque épisode reçoit sont paquet de guest stars qui parfois jouent leur propre rôle et parfois interprètent un personnage fictif.
Et à côté ça reste très drôle.
Un excellent exercice d’écriture/réalisation qui n’est pas nécessairement très abordable mais qui est un plaisir à analyser.

Barry (Saison 1) : Désolé, impossible de ne pas faire de comparaison avec Dexter puisque les deux personnages se ressemblent énormément, tant dans leur comportement que dans leur façon de se tenir et de s’habiller.
En dehors de ça, il n’y a pas grand rapport entre les deux puisqu’ici il s’agit d’une comédie. Et c’est… rigolo. Léger. Du divertissement sans prétention avec un côté feel-good évident qui fait que ça se laisse regarder. Huit épisodes de trente minutes ça passe vite.
Mais ce n’est vraiment pas quelque chose de remarquable, l’humour est tout sauf subtil, les intrigues tout aussi simplistes. Et les personnages plutôt attachants.
Le genre de série fait pour se reposer l’esprit entre deux œuvres plus épaisses.

Posté le 1 mars 2021 par Jacques Danielle

JDMAI #61

Fargo (Saison 4) : Les deux premiers épisodes sont un régal, le WTF habituel de la série, avec un casting dingue, une esthétique au cordeau… Puis derrière on change de réalisateur pour chaque épisode, résultat c’est très inégal, avec parfois du très banal qui se regarde mais sans cette touche savoureuse habituelle. Ça se termine plutôt correctement.

Fargo (1996) : Le film dont est tirée la série. Après quatre saisons, il était temps de le voir. C’est un excellent film et aucun doute qu’à l’époque ça devait être quelque chose de totalement inédit. Maintenant, on peut voir que la série est allée beaucoup plus loin dans le concept et on reste sur sa faim.

DES (Saison 1) : Propre.

Perry Mason (Saison 1) : Un grand n’importe quoi qui se regarde mais qui ne vaut pas la peine de s’y attarder. Ça mélange des heures de contemplation sur des personnages sans grand intérêt, avec d’énormes raccourcis illogiques pour faire avancer l’histoire comme voulu. Ça mélange une banale intrigue policière, à une tentative de reconstitution historique, à une tentative de réflexion globale, à de l’étonnant politiquement correct. Le tout passant de décors et costumes très travaillés, à des éléments beaucoup plus bâclés avec en tête la BO digne d’un film pornographique à budget restreint. Et c’est du HBO. Dommage. A côté le casting est plutôt convaincant.

Mystery Road (Saison 1) : Ça marche bien, avec une narration prenante, une photographie qui dépayse, et une intrigue plutôt correcte. Seule ombre au tableau, Judy Davis, qui n’est absolument pas adaptée au rôle qu’elle interprète, bien trop précieuse dans son uniforme de policière rude de la campagne, trois fois trop grand pour elle. Merci Arte pour la diffusion.

Don’t F**k with Cats: Hunting an Internet Killer (Saison 1) : En me basant purement sur le titre, je ne m’attendais pas à ça… Sacrée histoire que je n’avais pas vraiment suivie à l’époque. Et plus généralement à peu près toutes les personnes qui interviennent dans le documentaire ont des troubles psychologiques au même titre que le principal accusé. La question de la pertinence de ce documentaire se pose, forcément. Mais ne serait-ce que pour alerter la population de ce que peut signifier le comportement de certaines personnes de leur entourage; oui; c’est nécessaire.

Death to 2020 (2020) : Quitte à faire le bilan de 2020, autant être drôle pour ne pas perdre le téléspectateur. Et c’est réussi. Un choix d’acteur au cordeau, un montage bien ficelé et des dialogues particulièrement bien sentis. Ça ne plaira pas à tout le monde, mais si on adhère, on adore !

Staged (Saison 1) : C’est très particulier et le premier épisode est difficile à appréhender mais une fois qu’on a compris ce qu’on regarde, c’est simple, drôle et divertissant. Entourage en période de confinement.

Unsolved Mysteries (Saison 1, Épisode 1) : Suite au visionnage du reboot Netflix, j’ai été tenté de regarder l’originale. Comment dire. Ça a globalement très mal vieilli, la mise en scène et les reconstitutions font vraiment émission ringarde de la TNT. J’ai du me faire violence pour terminer ce premier épisode. Je ne pourrai m’en infliger plus.

Inside the World’s Toughest Prisons (Saison 1, Épisode 1) : Pas très inspiré à la base, j’ai décidé de regarder car on m’en a dis du bien. La réalisation façon Man VS Wild avec le présentateur qui parle à la caméra est tout simplement insupportable et absolument pas crédible. Non.

Inside No. 9 (Saison 1) : Un régal. La crème de l’humour anglais.

Zasada przyjemnosci (Saison 1, Épisode 1) : Je trouvais l’idée d’une enquête impliquant des policiers de trois pays différents intéressante. Et question dépaysement c’était parfait : Ukraine, Pologne et République Tchèque. Le résultat est plus que décevant. Malgré des moyens, une réalisation majoritairement réussie et une intrigue qui donne envie d’en savoir plus, les personnages et le jeu des acteurs viennent tout gâcher. C’est simple, parmi tous les policiers impliqués, il n’y en a pas un qui ne soit pas un semi-dépressif avec le poids du monde sur les épaules, apathique et se comportant comme un connard fini avec tout le monde. La palme revenant à Maria Sokolowska dont l’actrice dénote totalement avec le personnage et qui est une vulgaire copie absurde de Saga Norén dans Bron (ça alors, une série avec des policiers de deux pays !) avec même le délire de la conduite sportive poussée à l’extrême sans aucune raison. Vraiment déçu car ça semblait prometteur. Mais, non. Stop.

Night Stalker: The Hunt for a Serial Killer (Saison 1) : Assez particulier. Déjà parce que l’histoire racontée est suffisamment terrifiante et décrite avec tellement de détails narratifs et visuels qu’il est difficile de ne pas ressentir une terreur, même légère au fil des épisodes. Mais aussi parce que finalement on ne sait pas bien ce qui est documenté ici. Avant tout c’est l’enquête qui est racontée du point de vue des deux policiers de Los Angeles, en s’attardant longuement sur des détails personnels de leur vie personnelle et de leur carrière. Pour finalement découvrir qu’ils ne sont en rien responsables de l’arrestation du tueur. Non seulement les indices qui ont causé sa perte ont été recueillis par la police de San Francisco (j’ai d’ailleurs été particulièrement choqué par la façon dont le policier explique, sourire aux lèvres, la façon dont il a violenté un témoin pour obtenir l’identité du tueur; rien ne l’obligeait à révéler ces détails, encore moins sous cette forme…) mais en plus ce sont des civils qui ont coincé le suspect avant d’appeler la police. Tout ça pour ça ?
En parallèle, le montage est très bon, avec une superbe recréation de l’ambiance d’époque, une documentation très poussée et une part importante accordée aux victimes ou proches de victimes grâce à de nombreuses interviews.
Partagé, même si au global c’est positif.

Les voies parallèles – Alexis Le Rossignol : Quand on apprécie le travail d’une personne dans un domaine, il y a toujours la crainte de voir ce qu’elle peut faire ailleurs. Auditeur attentif de ses chroniques sur France Inter et adorateur de sa série Roue Libre, je ne savais pas à quoi m’attendre avec ce premier roman. Un peu de moins de quatre heures après avoir ouvert la Kindle, je la referme satisfait.
Ici il n’est pas question de faire rire, mais simplement de raconter des histoires et des gens, comme il peut le faire habituellement, mais cette fois en allant bien plus loin, avec une précision et un réalisme qui poussent à continuer la lecture.
On retrouve ça et là des réflexions et observations à la fois absurdes et pertinentes dont il a le secret.
Tout ça avec une écriture claire, concise et sans prétentions.
Mon seul regret ? Le titre.

Mandy (Saison 1) : A la base j’ai commencé la série pour l’accent de Diane Morgan, que l’on n’entend que trop peu dans After Life ou Death to 2020. Le résultat est génial. Complètement barré, drôle, gênant, absurde. En six épisodes de 15mn, impossible de construire des personnages très profonds, malgré cela Diane Morgan arrive à développer sa caricature réussie. Le tout accompagné d’une BO aux petits oignons (ou bananes ?).

Bir Baskadir (Saison 1) : Voir critique complète.

OVNI(s) (Saison 1) : Dernière création Canal+, les critiques étaient majoritairement positives. 12 épisodes de 30 minutes. Mon ressenti est majoritairement négatif.
L’histoire en soit est intéressante sans être particulièrement marquante. L’aspect comique est bien trop léger, en dehors de quelques superbes blagues, plus ou moins subtiles, réparties ça et là. Le jeu des acteurs est soit particulièrement mauvais, soit voulu et dans ce cas ça ajoute une couche terriblement oppressante à cette ambiance franchouillarde qui dégueule de chaque scène.
Heureusement, la bande originale vient sauver les meubles, grâce au travail de Thylacine, en particulier sur le superbe générique (9 chances sur 10 que Canal fasse striker la vidéo incessamment sous peu).
Mais le plus gros reproche que j’ai à faire à la série, c’est cette impression permanente d’amateurisme qu’elle renvoie, essentiellement sur l’aspect reconstitution historique totalement loupé. Cela commence dès la première scène, avec un enfant qui joue au milieu d’une rue d’un quartier pavillonnaire, avec en bas à droite l’inscription France, 1978, qui cherche à bien contextualiser les choses pour le spectateur. La route en assemblage de pavés, les bouts de murs oranges, l’absence de voitures, la teinte jaunie de l’image… Oui, ça peut paraître crédible pour une scène de la vie quotidienne de la fin des années 1970. Sauf qu’à quelques mètres à peine de l’enfant, à gauche de l’image, il est difficile de ne pas voir cette armoire fibre optique, plus volumineuse que le personnage, et qui n’a fait son apparition dans les rues de France que tout récemment. Est-ce que cela coutait trop cher de la déguiser en boîte aux lettres ou de la faire disparaître en post-production ?
Bien plus grave encore, alors que l’histoire est censée se dérouler en 1978 comme indiqué dès la première scène et rappelé via divers documents apparaissant à l’image; on peut voir dans l’épisode sept un personnage se lancer dans une reprise de la chanson Laissez-moi danser de Dalida sortie en… 1979.
Sur les séries historiques je n’ai pas pour habitude d’être particulièrement pointilleux (je me souviens avoir lu des thread sur Reddit parlant des modèles de photocopieuses dans Narcos qui m’apparaissaient délirants) mais là c’est beaucoup trop flagrant.
Au final ça aurait fait un excellent clip, mais 6h de comédie, non.

No Activity (AU) (Saison 1) : C’est simple, c’est drôle. C’est oui.

Spycraft (Saison 1, Épisode 1) : Confiant dans Netflix et son algorithme de recommandations j’ai foncé dans cette nouvelle production maison. Rarement été aussi déçu.
On n’y apprend rien de concret, ça assène des banalités à un rythme effréné, le tout entrecoupé de quelques exemples célèbres mais absolument pas approfondis et illustré en majorité avec des extraits issus de banques de vidéos, répétées plusieurs fois dans le même épisode.
La construction n’a aucun sens.
Le narrateur emploie un ton insupportable qui cherche à faire peur sans la moindre raison.
Les personnes interviewées racontent elles aussi des banalités assommantes.
Et tout ça pour balancer de la propagande américaine en mettant en avant les agences locales, tout en critiquant les actions des ennemis que sont la Russie, la Chine…
Aucun intérêt.

Remorques – Roger Vercel : N’étant absolument pas influençable, c’est donc par pur hasard que j’ai décidé de lire des romans de marins alors que la mode des sea shanty lancée par TikTok en ce début d’année fait rage sur Internet.
Au global c’est exactement ce que je cherchais alors je suis content et n’ai eu aucun mal à enchaîner les dix chapitres. A la réserve près que la fin se concentre sur des sentiments et des aventures un peu trop terriennes à mon goût.
Petite inquiétude à la fin du roman, il semblerait que Remorques soit considéré comme le meilleur ouvrage de son auteur et a même fait l’objet d’une adaptation cinématographique. J’espère que le reste arrivera à garder un intérêt décent. Ce serait dommage.

Fortitude (Saison 1) : Un début de saison totalement décousu (mais toutes les réponses seront fournies d’ici la fin; un choix narratif dont je ne suis pas fan mais soit) qui arrive malgré tout à parfaitement construire une ambiance de communauté isolée du monde. Des personnages tous plus étranges les uns que les autres, mais très prometteur.
Puis lentement, ça dégénère, tant du point de vue des évènements que de la façon dont ils sont racontés, avant d’exploser dans un feu d’artifice d’absurdité dans le dernier épisode (étonnamment de nombreuses sources n’attribuent que 11 épisodes à la série ?).
C’est vraiment dommage car ils avaient réussi à construire un vrai univers avec des personnages attachants, puis ils détruisent tout ça dans un délire horreur/fantastique qui voit mourir la moitié du casting.
La fin laisse une légère ouverture pour une seconde saison (il y en a trois) mais en soit cette saison est complète et ça ne m’intéresse absolument pas de continuer.

Petit Pays – Gaël Faye : Sur le fond, pas grand chose à dire. C’est une histoire globalement bien amenée et narrée.
Sur la forme c’est beaucoup plus compliqué. D’abord partiellement autobiographique, ça veut dire quoi ? Car l’un des moments les plus marquants pour le narrateur, bien qu’amené avec quantité de détails sur l’environnement et son ressenti, est quasi-immédiatement balayé dès l’acte commis. Aucune analyse postérieure. Alors, est-ce que l’auteur a écrit tout cela pour confesser un crime; ou est-ce pure fiction ? Dans les deux cas ça n’a pas beaucoup de sens.
Et la narration faite à la première personne du singulier par un enfant de dix ans manque cruellement de crédibilité tant le vocabulaire, les tournures de phrase et les réflexions sont en désaccord complet avec un être si jeune, même surdoué, alors qu’une grande partie de la valeur de l’ouvrage repose sur cette caractéristique du narrateur.
Et ce besoin permanent de décrire et nommer la végétation qui l’entoure, à moins d’être passionné par le sujet, seul un botaniste pourrait tenir ce genre de discours. Ça paraîtrait même extrême.
Finalement c’est beaucoup trop convenu et par rapport aux prix remportés et aux catégories de personnes qui encensent l’auteur et son œuvre, ça ne correspond que trop parfaitement à ce à quoi je m’attendais. Sans surprise. Dommage.

Posté le 1 février 2021 par Jacques Danielle

Bir Baskadir

Pour quelle raison j’ai décidé de regarder cette série ? Bonne question. Surtout que l’affiche présente sur Netflix, qui montre une femme voilée qui n’a pas l’air jouasse, ça puait à plein nez la série bien-pensante comme la plateforme s’en est fait une spécialité depuis quelques années.

Bien m’en a pris de ne pas m’arrêter là.

Ethos (le nom occidental ? de la série) c’est tout sauf du prosélytisme woke.

Si ça parle religion, c’est parce-que les circonstances l’imposent mais ce n’est pas dans le but de vouloir convertir le spectateur à quoi que ce soit.

L’idée de départ : dresser un portrait de la Turquie du 21ème siècle à travers différents personnages représentant chacun une facette du pays et les interactions entre ceux-ci.

Le résultat dépasse toute frontière, même celle du corps, et vient directement parler à l’humain au plus profond de soit.

L’écriture est magistrale, avec un récit superbement construit au sein de chaque épisode, dans l’enchaînement de ceux-ci et sur l’ensemble de l’œuvre. Car oui, Bir Baskadir ce n’est plus du divertissement, ici Netflix propos de l’art.
Des critiques faisaient référence à HBO et c’est tout à fait ça. C’est le (très)haut du panier, ce qui se fait de mieux question série.

La réalisation est à la hauteur, soignée, contemplative et surtout avec sa propre personnalité, ce qui rend l’ensemble d’autant plus unique. Certains plans sont totalement déstabilisants.

La bande originale, même tarif, avec un choix totalement assumé de rendre hommage aux grands artistes du pays. Récents comme moins.

Le casting vient enfin parachever le tout avec un Yasin incroyablement détestable, et Meryem (personnage principal et fille de l’affiche) qui provoque une explosion des nerfs optiques lorsqu’elle apparaît pour la première fois sans son voile à l’image.

Je pourrai continuer longtemps comme ça à faire l’éloge de ce chef d’œuvre mais il est probablement temps de s’arrêter là et de simplement recommander vraiment beaucoup de se faire un cadeau et de le voir au plus vite.

Petite note négative mais ce n’est pas lié à la série en soit : les sous-titres français sont désastreux et font à mon avis perdre une grande partie de l’intérêt des dialogues. Non seulement ils contiennent une quantité impressionnante de fautes de français, mais en plus ils sont parfois tellement incohérents qu’il est impossible qu’ils soient fidèles à ce qu’exprimaient les personnages. Honte à Netflix de saborder le travail des autres de cette façon.

Posté le 21 janvier 2021 par Jacques Danielle

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