En tant qu’utilisateur de la voie publique via différents modes de transport, j’ai pu, comme tout le monde, constater le développement de la part des trottinettes, et me constituer une expérience vis à vis de leurs usagers.

À Lille, j’ai pu observer trois catégories principales :

  • les enfants/adolescents, qui, en majorité, font n’importe quoi… mais c’est normal. Ça peut être frustrant lorsque l’on n’a pas eu le temps de les identifier ; cependant ça reste bien la responsabilité des adultes d’adopter un comportement pour éviter que leurs bêtises ne se transforment en catastrophe.
  • les adultes attardés, qui, en majorité, font n’importe quoi… Transporter leurs enfants sur la trottinette, rouler à grande vitesse sur les trottoirs/espaces piétons, vapoter en roulant… À part leur mettre du plomb dans le cerveau, pas beaucoup de solutions.
  • les adultes civilisés, qui, en majorité, se comportent avec respect envers leur propre sécurité et celle des autres usagers. La façon la plus simple de les distinguer des précédents, c’est qu’ils portent systématiquement un casque, voire d’autres EPI.

À Paris, il existait une quatrième catégorie, probablement la pire de toutes : les touristes en trottinette en libre-service.
Non seulement ils avaient le comportement d’adolescents, mais en plus, ils avaient l’agressivité d’adultes attardés.
Leur spécialité étant de faire les saumons sur les aménagements cyclables, tout en usant de leur sonnette pour que les utilisateurs légitimes leur laissent le passage libre.

Fort heureusement, les parisiens ont décidé de mettre un terme à ce calvaire, là où, à Lille, la main invisible s’en est chargé bien plus rapidement.

Mon comportement au quotidien est donc, comme pour tous les autres usagers et moyens de transports, d’essayer de dresser au plus vite le profil de l’usager pour le mettre dans une de mes catégories et adopter l’attitude appropriée.
Je n’ai ainsi pas de préjugé global sur les trottinettes ou leurs utilisateurs.

La seule petite chose qui me trigger concernant certains, c’est leur posture très verticale, qui rappelle un empereur romain paradant sur son char.

Chariot and electric scooter

Cela vient en partie du fait que, plutôt que de garder une souplesse dans leur corps pour amortir les chocs, ils préfèrent adopter une position totalement rigide, comptant sur l’amortissement de leur engin… et l’usure prématurée de leurs tendons.

Dans la population générale, il y a cependant une critique assez répandue vis à vis des personnes se déplaçant en trottinette : elles seraient paresseuses.

En effet, d’après leurs détracteurs, utiliser un EDPM, plutôt que de marcher/courir/pédaler, serait un signe de décadence.
J’avais observé le même genre de critique envers les usagers de vélos électriques.

Illustration récente en commentaire de la vidéo Les trottinettes électriques de plus en plus impliquées dans des accidents (bien joué le titre éclaté qui ne s’intéresse pas aux évolutions d’usage) :

Trottinette paresseux YouTube

Évidemment, sans connaître la nature du trajet effectué, difficile d’établir une telle critique.
Après tout, même si c’est pour ne faire que 500m, pourquoi reprocher à une personne d’employer une solution qui est jusqu’à quatre fois plus rapide ?

Le problème dans ces critiques, c’est qu’elles proviennent systématiquement d’individus qui se déplacent en priorité en voiture.
C’est là toute l’absurdité de la chose.
Que les personnes qui utilisent le moyen de transport individuel avec la plus grosse empreinte physique, sonore et environnementale, reprochent à des personnes utilisant un moyen de transport avec une empreinte quasi-nulle, d’être paresseux, ça m’échappe.

Enfin, pas tout à fait…
C’est la même attitude d’entitlement qu’on retrouve systématiquement chez ceux qui étaient là avant, vis à vis des nouveaux venus.
La route appartient aux automobilistes ; tous ceux qui souhaitent en faire un usage différent sont en tort.
Le monde appartient aux boomers ; tous ceux qui souhaitent en faire un usage différent sont en tort.