Haroun - Seuls : Mitigé.
Quelques sketchs ou blagues bien senties, mais aussi pas mal de divagations et de sujets un peu faciles.
Pour autant, il arrive à maintenir plusieurs gags fil rouge qui sont particulièrement réussis.
Mitigé, donc.

One Day, Everyone Will Have Always Been Against This - Omar El Akkad : Oui ?
La très bonne réception du livre se justifie par ses qualités, tant dans sa construction que dans la façon dont son auteur arrive à faire passer ses messages.
C’est d’autant plus réussi que, bien que l’on comprenne immédiatement de quoi il veut parler avec le titre ; ce n’est en réalité qu’un prétexte pour faire une analyse approfondie de la société Occidentale.
Cependant, ça n’a pas eu de réel impact sur moi car, même si nos vies respectives sont totalement différentes, nous faisons les mêmes observations et arrivons aux mêmes conclusions.
Naturellement, j’ai tendance à être mal à l’aise quand je lis un texte politique dans lequel je me retrouve complètement.

Whatever late capitalism is, it seems to be careening into this embrace of growth by negation. Through that prism, it’s hard not to see the advances in something like artificial intelligence less driven by technological breakthroughs as by a society that has, over years, over decades, become normalized to a greater and greater magnitude of both loneliness and theft, such that a sputtering algorithm badly trained on the stolen work of real human beings might be celebrated with a straight face as something approximating humanness. Under this ordering, it is not some corporation’s increasing capacity for better that drives the extractive world, but everyone else’s increasing tolerance for worse.
[…]
Maybe this is the truly weightless time, after the front page loses interest but before the history books arrive.
[One Day, Everyone Will Have Always Been Against This - Omar El Akkad]

Homicide: Life on the Street (Saison 5) : Meh…
Ça commence très mal avec deux épisodes ridicules et un Pembleton absolument insupportable.
Ensuite, on retrouve un peu de normalité, mais le côté Homicide n’est plus qu’un détail, pour se concentrer (trop) longtemps sur les errements de chaque personnage.
À tel point que ça en devient frustrant à force, car on ne sait plus trop ce qu’on regarde et pourquoi.
Une chose est certaine : on voit clairement comment la série a permis à David Simon de créer The Wire, en particulier avec Luther Mahoney qui n’est autre que le brouillon de Stringer Bell.

Landscapers (Saison 1, Episode 1) : Non.
Ça partait plutôt bien, avec une intrigue intéressante et une orientation typique de l’humour british.
Malheureusement, ça part dans tous les sens, avec des délires artistiques incompréhensibles qui empêchent d’entrer pleinement dans l’intrigue.
D’autant plus que c’est difficilement authentique : ils sont censés vivre à Lille, mais pourtant absolument aucun plan n’a été tourné sur place, et même, en France.
Observation identique concernant l’Eurostar qu’ils sont censés emprunter pour se rendre à Londres.
Il y avait un fort potentiel, mais les choix artistiques ne sont pas pour moi.
Dommage.

My So-Called Life (Saison 1, Episodes 1&2) : Non…
Tout dans la série m’inspire un profond malaise.
La sensation d’être un intrus dans les pensées d’une adolescente.
Les situations constamment gênantes.
L’aspect particulièrement daté.
Voir Claire Danes à 15 ans, après l’avoir suivie avec passion en tant que Carrie Mathison, dix-sept années plus tard.
Pas de raison de m’imposer tout ça.

A Beautiful Mind : Non.
Je comprends pourquoi ça plaît, mais c’est vraiment pas mon délire.
Beaucoup trop cliché avec de trop grosses ficelles.
La seule chose qui m’a réellement intrigué sur ces 2h, c’est l’espèce de générateur de codes OTP qu’ils lui implantent dans l’avant-bras, et qui serait basé sur la demi-vie d’un isotope radioactif.
Brillant !

The Thick of It (Saison 3) : Fuck, yes!
L’arrivée du personnage de Nicola change complètement la donne, car contrairement à son prédécesseur, elle a du répondant.
C’est un régal.
Et en tant que documentaire politique, c’est extrêmement fidèle.
La saison datant de ~2009, ils utilisent principalement des Blackberry, et ça me rappelle à quel point, en tant qu’objet, ces téléphones étaient incroyables.

John Wick : Hmm…
Du pur divertissement d’action à l’américaine.
Esthétiquement et musicalement, c’est plutôt réussi.
Par contre, moralement, c’est quand même pas fou, voir complètement problématique.
On est totalement dans le Non sens que dénonçait Sinsemilia…

It’s Always Sunny in Philadelphia (Saison 17) : Oui… ?
Si j’ai commencé à regarder Abbott Elementary, c’est parce que je savais que la dernière saison de IASIP contenait un cross over ; que je voulais pouvoir apprécier.
Pas de regret : sans ça, le premier épisode aurait été un échec complet et je n’aurais pas apprécié de voir les personnages d’Abbot sous un autre jour.
Le reste est également bourré de références que je n’ai pas toutes.
Ce qui ne m’a pas empêché d’apprécier certains épisodes qui rejoignent les meilleurs moments de la série, tandis que d’autres sont très moyens et où le décalage entre les acteurs trop embourgeoisés (je soulignais déjà leur usage de chirurgie esthétique l’an dernier) et leurs personnages, est flagrant.
Ils lâchent quand même quelques messages politiques qui, malheureusement, ne seront pas compris par ceux à qui ils étaient destinés.

Kaamelott - Deuxième volet: Partie 1 : Quel naufrage !
J’ai alterné tout le long entre l’ennui et le malaise.
L’ennui, car je n’arrivais pas à m’intéresser aux trente intrigues inintéressantes qui se suivent en parallèle.
Le malaise, car c’était tout simplement mauvais.
D’un côté, les acteurs historiques qui ont pris quasiment vingt ans dans la tronche et à qui on demande de jouer exactement les mêmes personnages.
Ça donne l’impression de voir une bande de vieux essayer d’imiter des jeunes.
De l’autre, de nouveaux acteurs qui jouent des personnages totalement inutiles et qui de surcroît jouent horriblement mal.
D’autant plus qu’une partie de ces jeunes sont joués par ses propres enfants. Trkl le népotisme ?
L’exploit du film, c’est qu’il est tellement mauvais que le seul personnage qui a presque réussi à me faire esquisser un sourire, c’est celui interprété par Christian Clavier.
Alors que s’il y a bien un acteur que je trouve particulièrement gênant, c’est lui.
Et toute cette magie crachée régulièrement à base d’effets spéciaux et qui créent un terrible mélange des genres.
Non, vraiment, c’est consternant de nullité.
Cependant, je n’arrive pas à être déçu, car pour moi ça n’a rien à voir avec le Kaamelott que je connais et que j’aime tant.
J’ai plus l’impression d’avoir vu une sombre bouse générée par une IA gratuite.
En parlant d’IA ; dans le doute, j’ai demandé à DeepSeek d’imaginer un sketch entre Karadoc et Perceval qui parleraient des TikTok de cuisine.
Le premier résultat est plus que convaincant, et, surtout, même si imparfait, bien plus drôle que l’ensemble du film.
Comme je m’emmerdais sévère, j’ai essayé de trouver une explication à ça.
J’en suis arrivé à trois pistes :

  • écrasé par son égo démesuré, le talent qu’Alexandre Astier avait démontré avec la série est mort
  • poussé par son égo démesuré, Alexandre Astier a décidé de faire une expérimentation sur ses fans pour démontrer que ces personnes sont tellement stupides qu’il peut sortir une immense bouse, ils crieront quand même au génie
  • grosse inspiration de copium c’est une allégorie de sa vie personnelle et professionnelle. Le succès de Kaamelott lui a apporté une responsabilité qu’il n’a jamais voulue. Il doit constamment lutter, entre ses démons qui veulent tout détruire et son envie de faire plaisir aux autres. Après avoir totalement abandonné, il sait qu’il ne sera pas à la hauteur des attentes des autres, alors pour éviter de totalement les décevoir, il utilise son pouvoir pour les lancer dans leurs propres quêtes du bonheur. Et pour aller jusqu’au bout du cope : l’absence de Franck Pitiot au casting serait en réalité une décision (téléguidée) d’Astier, pour lui épargner cet enfer, puisque Perceval a toujours eu la préférence et la bienveillance d’Arthur.

La réalité, c’est probablement un mélange des deux premiers, et Franck Pitiot, en plus d’avoir porté la série, est le seul acteur lucide de la bande.
Bref, c’est de la merde.