Lolita - Vladimir Nabokov : Non.
Je me suis forcé à tenir jusqu’au premier quart.
Sur le papier, l’intérêt de ce livre serait que, grâce à un style sans pareil, l’auteur arrive à emmener le lecteur dans les horreurs d’un esprit malade.
La réalité, me concernant, c’est qu’en dehors de quelques rares exceptions, le style d’écriture est indigeste, ce qui rend l’expérience d’autant plus désagréable.
Pour un pur anglophone, voir du français glissé toutes les trois phrases, ça peut faire chic. Pour un francophone, par contre, ça devient très vite lassant.
L’intrigue, enfin.
Le journal de bord d’un pédophile.
Pourquoi pas.
Mais, en fait, non.
Artistiquement, pour son auteur, c’était très certainement un exercice intéressant.
Tenter de naviguer entre ses propres désirs et ceux, imaginés, de son personnage.
Pour le lecteur, c’est sans intérêt.
Je ne parle même pas du caractère problématique des désirs du personnage, mais simplement de ce qu’il est censé se passer.
C’est chiant, vraiment.
L’impression de regarder des corps se décomposer.
À l’échelle de notre civilisation, et des développements de ces dernières années, je comprends cependant la popularité du livre.
D’une part, c’est subversif, de l’autre, il apparaît que de très nombreux humains ne peuvent s’empêcher d’être attirés, tels des papillons de nuit, par ce qui est dangereux pour eux.
L’ampoule sur laquelle ils vont se brûler s’ils s’approchent trop, c’est exactement Humbert Humbert.
I gave her to hold in her awkward fist the scepter of my passion.
[Lolita - Vladimir Nabokov]
Curb Your Enthusiasm (Saison 12) : Voilà, c’est fini !
Dernière saison globalement décevante.
On tourne en rond, il n’y a rien de réellement nouveau et de particulièrement pertinent.
Beaucoup des guests qui n’apportent rien.
Seul le dernier épisode, qui offre une conclusion honnête à une série qui existe depuis 24 ans (!!!), sous forme de gentil fan-service de CYE et de Seinfeld, permet de se quitter le cœur apaisé.
Still Life - Louise Penny : Frustrant !
Sur le papier, ça a un vrai potentiel.
Dans les faits, ça part dans tous les sens, ça mélange un peu tout, ça en devient indigeste.
Vouloir jouer sur la carte des deux langues, certes, mais les quelques mots de français, toujours en italique, ressemblent plus à une volonté de faire classe, qu’un véritable mélange culturel ; d’autant plus que les fautes sont nombreuses.
Par exemple, la chaîne MétéoMédia devient “Méteo Media” ?! Probablement un anticyclone qui s’est chargé des deux accents manquants ?
C’est censé être du policier, mais c’est aussi, surtout, du drama.
Le casting de personnages est quelque-peu précurseur de ce qui deviendra la norme quelques années plus tard ; avec les traits de certains qui ne semblent être là que pour cocher des cases.
Il-y-a ce qui doit être des tentatives d’humour ? Sinon ce sont des propos totalement dénués de sens ?
Et ça essaye trop lourdement de faire dans la philosophie.
À chaque fois, cependant, on effleure la surface du sujet, sans aller plus loin ; ce qui devient rapidement la source de frustrations.
D’autant plus que l’intrigue principale est relativement banale et, malheureusement, prévisible par les indices donnés au fur et à mesure.
Ah, et qui arrive à se casser deux doigts avec un piège à souris ?!
Life is change. If you aren’t growing and evolving you’re standing still, and the rest of the world is surging ahead. Most of these people are very immature. They lead “still” lives, waiting.
[Still Life - Louise Penny]