Cette semaine, la Métropole Européenne de Lille, a publié un article sur son compte LinkedIn pour faire la promotion de la fin des travaux sur la place Philippe Lebon.
En guise d’illustration, un montage vidéo présentant la nouvelle place sous divers angles.
Dès le second plan, une scène vient illustrer parfaitement deux choses :
- le concept de ligne de désir
- l’incompétence totale des décideurs de la MEL à prendre ce phénomène en considération
En haut à droite de l’image, on voit deux cyclistes arriver depuis la rue Nicolas Leblanc.
Ceux-ci souhaitent aller en face, ce qui, selon les experts de l’aménagement urbain, voudrait dire suivre ce parcours.
Sauf que quiconque s’étant déplacé autrement que dans une cage en métal, et ayant une capacité intellectuelle supérieure à celle d’une limace écrasée, sait parfaitement que ça n’a aucun sens de suivre ce couloir contraint.
Non seulement celà oblige à maneuver bien plus que nécessaire (le chemin le plus court entre deux points est la ligne droite), mais surtout, cela expose à des conflits avec les autres usagers.
Partir à droite pour rejoindre le passage cycliste perpendiculaire, ça veut dire circuler en sens inverse cyclistes venant de la droite.
Puis devoir leur couper la route pour s’engager sur le passage cycliste.
Ce passage cycliste sur la chaussée, bien que signalé par des peintures rouges et priorisé via des pointillés (qui signifient aux automobilistes qu’ils doivent céder le passage aux cyclistes qui traversent), la réalité du terrain veut que si une voiture arrive à ce moment-là, il faut considérer que son conducteur est dans la moyenne et ne respectera pas la priorité.
Une fois la chaussée traversée, encore un problème : pour rejoindre l’itinéraire en face (non encore balisé), il faut à nouveau couper la route de cyclistes qui viennent par la droite.
Et enfin, être potentiellement accueilli par des utilisateurs circulants en sens inverse et ne respectant pas nécessairement le sens de circulation prévu.
Bref, c’est une galère.
L’alternative, que vont employer les deux cyclistes, c’est que si la voie est libre, alors on tire tout droit pour s’éviter autant de problèmes que possible.
Simple.
Ça peut sembler anecdotique, mais en tant qu’utilisateur quotidien des nouveaux aménagements de la MEL, je trouve ça particulièrement frustrant.
Qu’ils investissent pour redonner de la place aux humains est une excellente chose. Malheureusement, nombre de leurs créations s’avèrent être moins pratique et/ou plus dangereuse que ce qu’elles visent à remplacer.
Des mois de travaux, des centaines de milliers d’euros, des décideurs qui s’auto-congratulent, mais un résultat vraiment mauvais.
C’est pareil rue du Molinel.
Avant, lorsque je devais me rendre à Lille-Flandres en journée, je préférais tirer jusqu’à République pour emprûnter la rue du Molinel qui était plus sécurisante que rue Nationale (puis la Grand’Place…).
Suite à sa reconstruction complète, avec la suppression d’une voie automobile, la création d’une piste cyclable à double sens, l’élargissement des trottoirs, la création d’une noue… ça devait être le paradis !
La réalité est bien différente.
Il est devenu particulièrement difficile de circuler, car des voitures viennent couper la circulation par la droite ou par la gauche, les piétons marchent bien trop souvent sur la piste cyclable, son tracé fait que les cyclistes ne respectent pas nécessairement le sens de circulation…
Soit, on roule très doucement, soit c’est dangereux pour tout le monde.
En parallèle, avec les contraintes ajoutées à la circulation automobile, la rue Nationale est devenue bien moins dangereuse et avec la future piétonisation de la Grand’Place, résultat, j’ai totalement abandonné Molinel pour retourner sur Nationale.
Une absurdité, vraiment.
Et je pourrais faire cet exercice pour des dizaines d’autres aménagements mis en place ces dix dernières années.
Ceux pour lesquels j’ai constaté un impact positif, ils existent, certes, mais sont bien plus anecdotiques.
D’autant plus que ça n’impacte pas que les aménagements cyclables. Je constate la même chose pour les piétons.