Quelque-peu intéressé par la question, et surpris par un certain nombre de réactions, j’ai quelque peu suivi la polémique qui entoure le Dry January1 2023.

Précision avant d’aller plus loin : cela fait plus de 15 ans que ma consommation d’alcool est quasi-inexistante.
Ayant été témoin des dégâts que sa consommation peut causer, que ce soit les dégradations physiques et mentales, mais surtout la violence qu’elle peut engendrer, j’ai tendance à placer le curseur assez bas lorsqu’il s’agit de qualifier les comportements vis à vis de cette substance.
Pour cette raison, je considère qu’une personne consommant plus de 12 doses d’alcool par an comme étant alcoolique2, c’est-à-dire ayant une relation dangereuse avec cette substance.

Pour ceux qui seraient passés à côté, cette vidéo de Blast résume bien la chose.

D’un côté, des professionnels de santé, qui réclament des actions pour inciter les citoyens à réfléchir à leur relation à l’alcool, dans l’espoir de préserver leur santé et réduire la pression économique sur notre système de santé.

De l’autre, des responsables politiques, qui font la sourde oreille et préfèrent jouer de pirouettes pour défendre les intérêts économiques de quelques lobbys amis.

La séquence du ministre de l’agriculture, Marc Fesneau3, qui semble sous influence de l’alcool, et qui tient un discours totalement incohérent pour justifier son opposition au soutien du gouvernement au Dry January et qui tente d’expliquer qu’il essaie de consommer avec modération, est très éclairant sur le décalage qui peut exister entre ces personnes et la réalité des intérêts de santé publique.

De la même manière, Emmanuel Macron qui dit qu’il ne veut pas contraindre les gens à réduire leur consommation d’alcool, mais qui n’a aucun mal à stigmatiser les chômeurs4.

Ou alors quand un autre explique qu’il ne faut pas culpabiliser les gens vis à vis de leur consommation d’alcool, mais qu’ensuite, on n’hésite pas à faire du chantage à l’emploi5 dans l’industrie viticole.

Inciter les citoyens à réfléchir à leur consommation, ou augmenter les taxes pour pouvoir financer les coûts engendrés par celle-ci ? Privation de libertés !

Ils sont très fiers de leurs vignobles
Leurs “Côtes-du-Rhône” et leurs “Bordeaux”
[…]
C’est leur seule gloire à ces tarés
[Renaud - Hexagone]

Cependant, tout ça n’est pas nouveau, mais ce qui est particulièrement intéressant dans la vidéo est le parallèle qui est fait avec l’écologie.

Après tout, on retrouve exactement les mêmes mécanismes :

  1. La sur-consommation engendre un problème global
  2. Les scientifiques alertent sur le besoin de prendre des mesures pour réduire la consommation
  3. Les lobbys font pression (héhé6) pour bloquer toute initiative risquant de mettre en péril leurs profits
  4. Les (sur-) consommateurs brandissent la carte de l’atteinte aux libertés individuelles
  5. Rien ne bouge

Et parler de sobriété uniquement pour la consommation d’alcool, serait effectivement trop limité. Surtout que fondamentalement, la consommation d’alcool, substance totalement nocive pour l’organisme7, et donc absolument dispensable à une vie en bonne santé, est un vrai problème écologique8.

Il y a aussi l’argument (non recevable) de la tradition pour justifier le statu quo, que certains vont même jusqu’à pousser beaucoup trop loin, en accusant les musulmans :

Musulmans Dry January

Dans le monde moderne et sobre, le mois de janvier, c’est aussi Veganuary9.
Mais déjà qu’on n’arrive pas à convaincre les gens de changer leurs habitudes pour leur propre santé, alors leur demander d’arrêter temporairement de participer au massacre de milliards d’animaux10, c’est peine perdue.