Depuis que les vélos à assistance électrique ont gagné en popularité, un grand débat fait rage sur comment appeler l’inverse.

En effet, puisqu’à l’origine un vélo n’avait pas de moteur, il a été naturel de simplement rajouter électrique derrière pour différencier.

De la même manière, mais bien plus subtile de par le contexte historique, on parle d’agriculture biologique et, pour bien insister sur l’autre, on la qualifie d’agriculture conventionnelle.
Pourtant, c’est bien l’agriculture biologique qui a été la seule employée pendant des siècles, avant l’invention de sa version conventionnelle.

Bref.

Quand on veut pouvoir communiquer facilement, il faut avoir des termes clairs et précis.

Et donc, si on veut parler des deux types de bicyclettes qui existent, comment parler de chaque avec un terme clair et précis ?

Techniquement, vélo correspond bien au vélo historique, sans moteur. Mais il est aussi adapté aux vélos électriques puisque ce sont, par essence (non, pas celle-ci !), des vélos.

Raison pour laquelle certains ont décidé de se focaliser sur le mode de propulsion, et d’utiliser vélo électrique d’un côté, et vélo musculaire de l’autre.

Personnellement, je n’aime pas du tout car, non seulement c’est moche, mais en plus ça sous-entend qu’il n’est pas nécessaire de pédaler pour se mouvoir avec un vélo électrique, alors que c’est faux puisque, légalement, c’est un vélo à assistance électrique ; s’il n’y a pas un minimum d’effort musculaire appliqué sur les pédales, le moteur ne se déclenche pas.

Dire classique, standard ou, pire, normal, est péjoratif pour les utilisateurs de vélos électriques, alors c’est non également.
Une personne qui se déplace à vélo ne se déplace pas en voiture, et tout le monde y gagne. Peu importe de quel type de vélo il s’agît.

L’autre terme utilisé par certains, c’est vélo acoustique, en référence à la guitare acoustique, elle-aussi se partageant les pratiquants avec sa cousine électrique.
Personnellement, j’aime beaucoup, car c’est un million de fois plus poétique que musculaire.
D’autant plus que ça crèe une confusion chez ceux qui entendent ce terme pour la première fois, qui sont ensuite très amusés une fois l’explication fournie.

Voilà.

Un vélo acoustique, ou un vélo électrique.

Mais qu’en est-il des vélos pliants ?
Ou plutôt des non-pliants.

Même problème.
On a créé un terme pour une évolution de l’objet de base.
Mais alors comment s’assurer de savoir de quoi on parle ?

Personnellement, j’ai tendance à dire vélo en 700, en référence à l’une des “"normes”"" de classification des roues, mais comme c’est un gros bordel incompréhensible et que la majorité des gens normaux n’a aucune idée de ce que ça signifie, ce n’est ni clair, ni précis.

Il m’arrive aussi d’utiliser grand ou normal, mais c’est nul.
Certains disent rigide, mais c’est moche. Et c’est déjà un terme utilisé chez les montagnards pour différencier les configurations de leurs montures.
Pour la blague, je dis parfois vélo d’adulte, en référence à ceux qui cherchent à se moquer de mon beau vélo.
C’est drôle, mais toujours pas clair, toujours pas précis.

Alors, je cherche encore.

Cependant, quitte à aborder le sujet des vélos pliants, il y a une chose sur laquelle je suis intransigeant.
Le Brompton est un vélo pliant, car il a été étudié pour être plié. C’est sa nature première.
Il le fait à merveille, en quelques secondes, des milliers de fois, sans rien altérer à ses qualités.
À l’inverse, d’autres marques proposent des vélos pliables, bien moins chers, où le budget a été la priorité principale. Le fait que l’on puisse les plier n’arrive qu’ensuite. Et ça se sent très rapidement à l’usage. Ce n’est pas pratique, complexe, et après quelques pliages, tout se desserre et la bicylette commence à partir en morceaux.

Au final, le contraire d’un vélo pliant électrique, c’est un vélo […] acoustique ?