Lorsque j’étais en Première, pour préparer mon oral du Bac Français, j’avais lu et étudié la pièce de théâtre Rhinocéros de Eugène Ionesco.

C’était, dans la liste des livres au programme, celui que j’avais le moins apprécié, et également celui que j’avais décidé de choisir comme sujet; j’ai toujours été plus à l’aise pour discuter de ce qui me déplaît plutôt que de ce que j’aime.

Or donc, dans Rhinocéros, on suit le développement d’une épidémie de rhinocérite dans la population. Et si j’en viens à parler de cela, c’est parce que depuis plusieurs semaines, j’ai l’impression d’être le témoin d’une épidémie de ecigérite.

Cela a commencé par une personne croisée dans un bar qui mettait un tube en plastique dans sa bouche avant de recracher de la fumée.

Puis un collègue qui faisait la même chose devant les portes du bâtiment dans lequel je travaille.

Puis un homme, sur un trottoir au milieu de nulle part.

Puis un autre collègue, puis d’autres passants, puis de nombreux articles dans la presse, puis des tweets, des publications sur Facebook, des articles de blog, puis des réactions politiques.

A mon retour d’une petit semaine de congés, c’étaient quatre nouveaux collègues qui étaient convertis.

Est-ce cette si soudaine propagation, ou est-ce cette sorte de honte arborée par chaque consommateur, je ne sais pas, mais quoi qu’il en soit, je trouve cela inquiétant. Sans oublier le fait que pour l’instant, nous n’avons aucune véritable information concernant la toxicité ou non de la chose.