Allons directement à l’essentiel ; il existe deux façons de faire du savon :

  • via la saponification à froid (SAF)
  • en chauffant

La première est qualifiée de plus naturelle, car elle ne nécessite pas d’apport énergétique externe. La contrepartie, c’est qu’elle est beaucoup plus longue : des semaines voir des mois contre des dizaines de minutes.
Raison pour laquelle, malgré le coût de la chauffe, la totalité des savons industriels sont produits selon la seconde méthode.

Ici, je n’aborderai que la première.

Savon Poudre Tulsi

Pour ceux qui n’auraient pas suivi les cours de chimie sur la saponification ou qui les auraient oubliés, rappel express : une base + un corps gras = du savon.

La base, c’est généralement de la soude caustique, en vente dans tous les magasins de bricolage.

Le corps gras, ce sont des huiles végétales (olive, coco…) ou animales (saindoux…). Chaque corps gras a ses propriétés une fois saponifié et nécessite une quantité différente de base pour être saponifié.
C’est pour cela qu’il existe des calculateurs de saponification, comme SoapCalc, qui permettent de connaître les proportions à utiliser ainsi qu’avoir une idée de ce que donnera le produit fini, en termes de dureté, de volume de mousse, de capacité à nourrir la peau…
Les possibilités sont quasi-infinies.

Même si c’est une réaction chimique complète, à des fins de sécurité (la soude sur la peau, c’est pas ouf) et pour garder une peau saine, on procède bien souvent à un surgraissage. C’est-à-dire que là où pour un équilibre il faudrait par exemple 1 part de corps gras pour 1 part de soude, on va mettre 1.05 part de corps gras pour 1 part de soude. Ce qui fait qu’il ne pourra pas rester de soude non saponifiée, tandis qu’il restera toujours une partie de corps gras non saponifié qui viendra nourrir la peau.

Si cela fait quelques années maintenant que je produis mon propre savon pour me laver le corps et les mains, j’ai un peu expérimenté sur les ingrédients, mais à chaque fois le résultat a été pour le moins décevant.

Résultat maintenant, je joue la carte de la sécurité et utilise strictement une recette inspirée de Douceur d’Amande d’Amélie Boué sur laquelle je laisse ma créativité s’exprimer uniquement avec les poudres pour la couleur et huiles essentielles pour l’odeur ; le tout sourcé principalement chez Aroma Zone.

Ingrédients

  • 750g d’huile d’olive
  • 200g d’huile de noix de coco vierge
  • 50g d’huile d’amande douce
  • 133g de soude
  • 330g d’eau
  • Poudres et huiles essentielles au choix

Note de sécurité : La soude est une matière dangereuse, pour la peau, les yeux, les poumons et certaines matières. Il est important de porter des équipements de protection individuelle (blouse, gants, lunettes), de travailler dans un lieu aéré et de privilégier les ustensiles en inox et dédiés à la préparation de savon. Certains plastiques et le bois étant à proscrire totalement.

Étapes

  1. Chauffer l’huile d’olive et de noix de coco à ~40°C
  2. Verser la soude dans l’eau (et pas l’inverse !), remuer régulièrement pour faciliter la dissolution et attendre que la température descende à ~40°C
  3. Mélanger les deux solutions quand elles sont à ~40°C
  4. Ajouter l’huile d’amande douce
  5. Ajouter éventuellement les poudres et huiles essentielles en quantités raisonnables
  6. Mixer jusqu’à la trace
  7. Mettre en moule
  8. Réserver pendant 72h dans un lieu aéré
  9. Démouler et couper
  10. Laisser curer pendant au moins un mois dans un lieu aéré avant d’utiliser les savons (mais plus on attend, plus le savon durera longtemps à l’usage)
En moule Après la découpe
Moules Savon Coupe Savon

En plus de pouvoir l’utiliser pour soi, on peut également l’offrir.
Tout le monde utilise du savon et c’est quand même plus stylé comme cadeau qu’un collier de pâtes ou la vérole.

Avertissement pour les entrepreneurs en herbe : le savon étant un cosmétique, pour pouvoir le commercialiser, il convient de faire toutes les déclarations de rigueur et d’afficher sur le produit la liste des ingrédients INCI.

Enfin, pour ceux qui souhaiteraient voir le processus complet et éventuellement trouver une source d’inspiration, je ne peux que recommander la chaîne d’Ariane Arsenault.

Pourquoi c’est bobo ?

Car c’est une méthode de production qui va à l’encontre du modèle industriel mainstream.

Car c’est du DIY pour prendre soin de soi et des autres.

Potentiellement, car son impact environnemental et social est moins négatif, puisque l’on peut choisir ce que l’on met dedans en utilisant des matières premières avec un meilleur impact.
Cependant, il ne faut pas se leurrer, la côté artisanal de la production fait que le ratio entre quantité de produit fini et consommations annexes (eau, ustensiles, emballages des matières premières…) est bien inférieur à ce que permet la mutualisation à échelle industrielle.

Et pour ceux qui tiennent absolument à ne rien gâcher, il est même possible de conserver les petits bouts de savon usé et de les réinjecter dans un nouveau pain.

Savon Patchwork Recyclé