Cette semaine, j’ai reçu un email intitulé Evitez de devenir une crevette et qui m’annonce que mon abonnement à Next est arrivé à échéance.

Next, c’est en réalité Next INpact, ou plutôt PC INpact.

Je viens de vérifier, mon compte existe depuis 2009.

Je me souviens parfaitement quand, à cette époque, depuis ma chambre du CROUS, connecté via un abonnement instable Wifirst, j’accédais au site pour échanger sur des sujets tech.

Je me souviens également quand j’avais gagné un tee-shirt aux couleurs du site.

Tee-shirt INpactien Certified

Depuis, j’ai changé, le site aussi, et sa communauté également.

Cet email qui m’incite à me réabonner, je savais qu’il allait arriver.

Je savais également que je n’allais pas suivre ses conseils.

Je viens de vérifier, impossible d’accéder à mes factures.

Après une recherche dans mes emails, j’étais abonné depuis au moins 2011.

Soit plus de 12 ans de fidélité.

De loin l’abonnement à un média le plus long de mon existence.

Le second étant certainement La pêche et les poissons.

L’absence d’historique de factures, tout comme la disparition d’articles passés, illustre bien la vie mouvementée du site.

Je ne vais pas refaire l’historique, car ce n’est pas ce qui a amené ma décision de ne plus participer financièrement à la vie du site.

Ce que j’ai vu, c’est qu’un site qui abordait avec un ton léger et neutre l’actualité de la tech, a voulu tenter l’expérience d’un financement par les lecteurs, ce que j’ai évidemment soutenu.

Avec l’affaire HADOPI, la tech s’est fortement politisée, et PCI a été à l’avant-garde de la couverture très détaillée du sujet.

Puis, ils ont persisté en ce sens, polarisant leur contenu comme leur communauté.

Depuis quelques années, dans les commentaires des articles ; qui représentaient, à l’époque, une formidable source d’échanges et de découverte ; ne se retrouvaient plus qu’une petite minorité de très bruyants qui, tels des disques rayés, répétaient en boucle les mêmes propos “nous les gentils petits contre les gros méchants politiques/entreprises…” ou bien donner leur opinion d’expert, tel le fameux cliché dépeint par CommitStrip.

Experts CommitStrip

J’ai bien essayé d’avoir des échanges constructifs, comme c’était le cas quotidiennement avant, en cherchant à être le plus ouvert possible, mais rien à faire.
“T’es un abruti, car tu n’as pas la même opinion que moi, même si tu me donnes toutes les preuves qui démontrent que je me trompe”.
Plus je gagnais en expertise dans mon métier, plus je réalisais les énormités rabâchées par certains.

On ajoute à cela les changements réguliers de ligne éditoriale et de ton.
Par exemple, l’humour employé dans l’e-mail m’annonçant la fin de mon abonnement, ça ne me parle absolument pas.

Les multiples refontes hasardeuses de l’interface, qui ont amené à la disparition de contenu, mais, surtout, à rendre l’expérience de lecture et de participation de moins en moins agréable.

Je viens de consulter la version courante et : c’est catastrophique !

Enfin, quand je me suis inscrit en 2009, je sortais du lycée avec le niveau d’anglais typique du bachelier français.
Je n’avais donc d’autre choix que de consommer français.
Aujourd’hui, la majorité du contenu que je consomme, et la moitié de ce que je produis, est en anglais.
Et en dehors des articles purement dédiés à la France, ce qui est publié sur PCI l’a été avant, dans la langue de Shakespeare.

Résultat, tout ça fait que, non seulement, j’ai progressivement arrêté de consulter et de participer à PCI, mais j’ai également perdu toute envie et intérêt d’y mettre une quelconque part de mon budget.

J’avais continué à renouveler mon abonnement, pour soutenir un média indépendant auquel j’étais attaché, et parce que je profitais d’un tarif préférentiel lié à ma fidélité, et qui a vraisemblablement cessé d’exister avec la dernière mouture, mais maintenant qu’il est arrivé à échéance, c’est terminé.

J’en garderai de bons souvenirs, comme la création du Mode Incognito.
Signe du problème des pertes d’information, sur mon article les captures sont toujours visibles, tandis que sur PCI, les images ont disparu.

De manière amusante, pendant la rédaction de cet article, j’ai reçu un e-mail m’informant que mon abonnement à Fakir avait bien été renouvellé.
Comme quoi ce n’est pas la notion d’engagement politique qui me dérange dans un média.