Dans un contexte professionnel, j’entends souvent des chefs de projet parler du Bus factor à mon égard ; en partie, car je me retrouve régulièrement à travailler seul sur des sujets complexes sans avoir le temps d’embarquer d’autres personnes (la faute à une mauvaise gestion de projet, peut-être ?) mais plus spécialement comme tu te déplaces à vélo…
Forcément ça m’agace, puisque cela sous-entend que j’aurai un mode de vie à risque, et par extension, le ferai porter sur les projets pour lesquels je travaille.
Je pourrais expliquer que jusqu’à présent, je n’ai manqué qu’un seul jour de travail à cause de mon mode de déplacement, après m’être fait renverser par une automobiliste.
Je pourrais expliquer que les automobilistes ont certainement connu plus de jours d’absence à cause de leur sédentarité ; même chose concernant les utilisateurs des microbes transports en communs.
Mais si je porte déjà un trop gros risque pour le projet, je n’ai clairement pas de temps et d’énergie à perdre avec ça.
Cependant, ce qui m’agace le plus dans cette expression, c’est le choix du bus.
Encore une fois ça eclipse totalement la réalité de l’impact de l’automobile sur notre société.
Certes, se faire renverser par un (chauffeur de) bus augmente bien plus le risque de conséquences graves, voire de décès ; que de se faire percuter par un (conducteur d’) automobile de taille standard.
Malheureusement, avec l’avènement des SUV de merde, le risque est devenu presque similaire.
Le plus important, surtout, c’est que le risque d’accident est bien plus élevé avec un véhicule léger.
Déjà parce qu’ils sont bien plus nombreux en circulation et également puisque les conducteurs des bus sont bien mieux formés et adoptent généralement une attitude bien plus respectueuse envers les autres usagers.
À titre personnel, je n’ai souvenir que de deux incidents impliquant un bus, tandis qu’avec les automobilistes, c’est hebdomadaire.
Les statistiques de la Sécurité Routière sont d’ailleurs très parlantes :
Les présumés responsables selon le mode de transport : 57 % se déplaçaient en véhicule de tourisme, contre 17 % en deux-roues motorisés, 13 % en véhicule lourd, 5 % à pied, 4 % en vélo et 1 % en EDPm.
[Bilan définitif de l’accidentalité routière en 2023]
Bref, arrêtez de parler de Bus factor et adoptez plutôt le SUV factor ou le Josianne factor !
#TWOC