Jusqu’en 2018, quand on me parlait de chicorée, ça m’inspirait surtout deux choses :

J’avais probablement déjà goûté ce produit, mais ça ne m’avait pas marqué, en bien ou en mal, et j’en avais l’image d’un produit rustique et bas de gamme, sans grand intérêt en dehors de la nostalgie de certains pour des temps anciens difficiles. Un peu comme les topinambour.

Et puis on m’a offert une tasse de Caro. Un mélange de céréales et chicorée torréfiées. Agréablement surpris, je décidais d’enquêter du côté de la chicorée car, des céréales, je trouve que j’en consomme déjà suffisamment sans en plus en mettre dans mes boissons chaudes.

Chicorée Leroux

C’est ainsi que je découvrais que même le petit Carrefour Market dans lequel j’ai mes habitudes, était relativement bien fourni en la matière. En proposant la plupart des produits de la gamme Leroux, ainsi que de la marque distributeur et la marque Lutun.

Plutôt circonspect devant tant de choix, je repartais avec un pot de chicorée soluble Leroux avant de me lancer dans une dégustation couronnée de succès.

De l’eau chaude, deux cuillères de poudre, on touille, et voilà. Au départ cela peut sembler amer mais rapidement on s’y fait et on en redemande. C’est fin, ça se mange boit sans fin.

En dehors de la forme soluble (atomisée comme le café façon Nescafé) dont on peut voir le process de fabrication ici, elle est aussi vendue sous forme liquide concentrée (à utiliser pour la cuisine : pour faire une vinaigrette, parfumer un gâteau…) et en grains (à moudre comme pour les trve amateurs prétentieux de café).

A la manière du thé et du café, ça se consomme chaud ou froid, mais tiède c’est infâme.

Dans l’esprit de certains, chicorée rime également avec (ce putain d’ami) Ricoré, et c’est juste car de la chicorée entre dans sa composition, mais c’est avant tout du café soluble. Donc pas le même délire. Le but étant de se passer de celui-ci.

Autre incompréhension possible : chicorée (la boisson), chicorée (la salade) et chicons appartiennent au même genre mais ce sont des variétés différentes, cultivées différemment et dont on utilise différentes parties. Les feuilles pour la salade et les endives, la racine pour la boisson.
Et ça n’est pas non plus de la laitue sauvage.

Champ Chicorée

La légende raconte que c’est suite au blocus continental de 1806 que le principe de la torréfaction de la racine de chicorée a été découvert pour remplacer le café (certains parlent de succédané de café) qui ne pouvait plus être importé.

Pourquoi c’est bobo ?

Même si c’est finalement disponible partout et facilement, ça reste une boisson très minoritaire face au café et au thé. Parfait pour se distinguer de la masse.

C’est (prétendument) une alternative healthy aux deux autres boissons car ça ne contient pas de caféine (la théine c’est de la caféine), ne risquant pas de dérégler les cycles du sommeil et n’ayant pas les autres effets négatifs de cette molécule. De plus, elle est très riche en fibres que nombre de personnes ne consomment pas de manière suffisante pour leur assurer un transit de qualité.

C’est local. Pour Leroux, elle est cultivée dans les Hauts-de-France à proximité de leur usine d’Orchies. Pour les autres marques, c’est cultivé en France ou en Europe. Oui, car apparemment consommer du quinoa importé d’Amérique du Sud c’est une aberration écologique, par contre le café ça pousserait directement dans les rayons de supermarché ?

Enfin, certains ont senti le filon car ils en ont fait un produit de luxe. Un emballage chiadé, de belles photos et on passe de 35€/kg à 84€/kg !