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Télé-Débilité

En décembre dernier […] Gérard Louvin, producteur ayant beaucoup œuvré pour la télé-réalité, envoyait une bonne taloche à cette dernière en déclarant : « Moi, j’ai des potes dont le job est casteur de cons, si vous voulez, je peux vous en présenter… » Depuis Loft Story (douze ans déjà, snif !), la real TV est devenue un incontournable du Paf, et ses déclinaisons colonisent les grilles […] Des émissions qu’on regarde en cachette et qui suscitent toujours la même interrogation : « Mais où sont-ils allé chercher des énergumènes pareils ? » Nous avons posé la question à ces fameux « casteurs de cons ». Sympas (mais sous couvert d’anonymat), ils nous ont révélé les ficelles de leur métier et leurs filons pour la pêche au couillon.
[…] étape obligée : les « lancements ». Une technique qui, dans le jargon TV, consiste à disposer des petites annonces aux quatre coins du pays dans des lieux stratégiques : salles de sport, ongleries, solariums, centres commerciaux, salons de coiffure… (la bibliothèque municipale a été odieusement oubliée de la liste). Ne reste ensuite qu’à voir si ça mord. Plus de cinq mille personnes ont ainsi postulé à la quatrième saison des Ch’tis ! Vous avez bien lu, cinq mille.
[…]
Rien ne remplace cependant le casting sauvage. « Pour Les Ch’tis, on a trouvé le gros du casting en partant en virée dans les clubs ringards de Lille et sa région, explique Fabienne. Un bon candidat, c’est d’abord quelqu’un d’extrêmement caricatural. Si je vois une cagole, les sourcils épilés, le décolleté affriolant et qui mâche très fort son chewing-gum, je sais que c’est bon. Si, en plus, elle a un accent à couper au couteau et qu’elle massacre le français, c’est que du bonus ! »
[…]
On ne s’improvise pas casteur. Contre toute attente, une tête pleine est requise. Les jeunes diplômés d’écoles de communication, de journalisme, voire de Sciences Po (les effets de la crise ?) constituent le gros des rangs. On trouve aussi des reconvertis du théâtre, de la finance, de la pub ou de la nuit… Le salaire va de 2 000 à 4 000 euros selon l’ancienneté. […] mais « il ne faut pas traîner des années casteur sur son CV. Le but est d’évoluer rapidement et devenir directeur de casting ou “journaliste”, ceux qui construisent les émissions. »
[PROFESSION : CASTEUR DE CONS POUR ÉMISSIONS DE TÉLÉ-RÉALITÉ sur Grazia.fr]

Encore une fois, la belle image de Lille et du Nord. Mais heureusement, il n’est pas question de Roms !