Est-ce que ce monde est sérieux ?

En réécoutant la chanson de Cabrel (interprétée par Tryo), je me rappelais l’opinion que j’avais à une certaine époque sur la corrida et également le fait que j’avais abordé ici la question de la consommation de viande par les humains.

Une petite recherche et je retrouvais cet article de mars 2016 intitulé Veganisme et anatomie dans lequel j’exprimais mon désaccord avec l’argumentaire anatomique pour expliquer pourquoi il ne fallait pas manger de viande.

Je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus virulent car je sais qu’à une période j’étais limite dans l’extrême opposée du véganisme. Convaincu que la clé de la bonne santé était d’avaler autant de viande que possible. Mais aussi et surtout en gros manque de confiance en moi et en ma virilité. La consommation de produits carnés étant alors un moyen de me rassurer sur ma place dans le règne animal et la société.

Quelques années plus tard, tout cela a heureusement bien changé et l’affirmation de ma nature d’Homme (Homo sapiens) est devenue une plus grande préoccupation que celle de ma nature d’homme (avec un pénis entre les jambes). Aidé en cela que concernant la santé et la virilité, j’ai parfaitement conscience que mon moi de 30 ans est une bien meilleure version physique que mon moi de 20 ans.

Pour en revenir à l’article de mars 2016, ce qui est amusant c’est de savoir que huit mois plus tard, après avoir regardé Cowspiracy: The Sustainability Secret et avoir subit une énorme prise de conscience devant une illustration très parlante, je mangeais de la viande pour la dernière fois.

Représentation du besoin en terres cultivables pour un individu en fonction de son régime alimentaire :

Pour autant, je ne changeais pas d’avis sur la corrida et plus globalement sur la question de la cruauté envers les animaux. Ce n’est que plus tard que la réflexion s’est approfondie et pourquoi aujourd’hui la chanson de Cabrel me parle.

Toujours dans l’article de mars 2016, j’évoquais trois raisons de renoncer à la consommation de viande :

– le respect envers les animaux
– une vie en meilleure santé
– l’homme n’est pas un omnivore mais un herbivore par nature
[Veganisme et anatomie sur elauhel.fr]

La question écologique, celle qui m’a fait basculer, y est étrangement absente.
Le premier point, je le justifiais par le fait que puisqu’il était nécessaire de manger des animaux pour être en bonne santé, ce qu’il advenait des individus destinés à nourrir l’Homme était un mal nécessaire.
Le second point, je le balayais d’un revers de la main puisque non seulement j’étais convaincu de la nécessité de manger des animaux pour être en bonne santé (oui, je me répète) mais je n’étais pas persuadé qu’un régime végétalien voire végétarien soit viable.
Le dernier point est l’objet même de l’article en question.

Convaincu à 0/3.

Il fallait donc un autre argument, bien plus encré dans mes convictions, pour me faire changer d’avis et introduire d’autres transitions.

Sur la santé tout d’abord. J’ai constaté des changements indéniables qui m’ont démontré qu’à titre personnel, je n’ai pas besoin de viande pour être en bonne santé. A contraire. Pour autant, je ne considère pas qu’il existe un régime alimentaire supérieur à tous les autres. Mais il est certain qu’ils en existe des moins bons que d’autres.
Sur l’anatomie, je suis d’accord avec le moi de 2016. C’est un faux argument non pertinent.
Reste la question de la souffrance animale.

Comment, en sachant qu’il n’est pas nécessaire de consommer de la chair animale pour être en bonne santé, justifier l’abattage quotidien de centaines de milliers d’animaux, qu’il soit industriel, rituel ou spectaculaire ?

Je n’ai pas la réponse. Pour l’industrie, je me questionne toujours. Pour la corrida par contre, aucun doute; absolument rien ne justifie cette cruauté.

Et je ne suis pas le seul à partager cet avis sur ce point, d’où le succès de la chanson de Cabrel et sa reprise récente.

Mais alors dans ce cas, comment expliquer que des gens qui sont convaincus de la nature abominable de ces pratiques continuent à consommer de la viande ?

Dans un domaine différent, en cherchant dans les archives du blog je suis également tombé sur cet article où j’aborde le sujet des AMAP. Étrangement prémonitoire sur la date de distribution hebdomadaire. Mais faux sur la quantité de pommes de terre, puisque je n’en ai jamais eu plus d’1.5kg dans un panier.

Posté le 22 février 2020 par Jacques Danielle

Le point blockchain

Sur Internet on connaît parfaitement le Point Godwin dérivé de la Loi de Godwin qui dit ceci :

Plus une discussion en ligne dure, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Adolf Hitler s’approche de 1.
[Loi de Godwin sur fr.wikipedia.org]

Par la suite est arrivé le Point Staline, « Point Godwin des gens de droite ».

Ces dernières années un autre phénomène similaire est apparu lié à la médiatisation de la bulle Bitcoin que l’on pourrait résumer ainsi :

Plus une discussion à propos d’un système numérique d’échanges de données dure, plus la probabilité d’y trouver une proposition de se baser sur une blockchain s’approche de 1.

La nuance ici est que cela est aussi valable IRL puisque régulièrement on voit surgir des articles parlant de grandes entreprises ayant décidé de lancer leur blockchain avec derrière une justification à la hauteur de l’idée.

Le dernier exemple en date a eu lieu cette semaine sur Twitter, où un internaute a suggéré à Jimmy Wales, co-fondateur de Wikipedia, de migrer la base de données de l’encyclopédie dans une blockchain :

It would be so cheap to record enough information about all @Wikipediainteractions on the $BSV blockchain that you could probably eliminate all possible child porn distribution on it for very low fees. Think of the savings!
[Daniel Krawisz sur twitter.com]

XKCD s’est déjà saisi du sujet.

En anglais ils parlent généralement de Godwin’s law, alors pour le cas présent Nakamoto‘s law est peut-être adapté ? Ou plus simplement blockchain’s law ?

Posté le 16 février 2020 par Jacques Danielle

Manger bouger

Via un e-mail de Strava, j’ai récemment appris qu’en 2019 j’avais passé un peu plus de 450 heures à pédaler sur un vélo.

Il est recommandé de faire au moins 30 min d’activités physiques dynamiques par jour.
[Adopter un mode de vie actif sur mangerbouger.fr]

En 365 jours, cela fait environ 1h de vélo par jour. Soit le double des recommandations.

Qu’est-ce que l’on gagne ? Cela ouvre-t-il le droit à une réduction d’impôts ou une prime à l’acquisition d’un nouveau vélo ? Rien de tout cela ? Dommage.

Posté le 15 février 2020 par Jacques Danielle

JDMAI #49

Pride and Prejudice (Intégrale) : Sentiment partagé. L’histoire n’est pas folle (bien que l’on comprenne où elle veut en venir), les acteurs sont majoritairement mauvais et pourtant, j’ai enchaîné les épisodes sans sourciller. Un classique de plus sur ma liste. Mais je n’en garderai pas un souvenir mémorable.

South Park (Saison 20) : Un peu longuet cette thématique tout du long mais étrangement cela semble volontaire car dans le dernier épisode, Kyle se plaint lui-même de cela. Ça reste drôle et divertissant.

Bosch (Saison 3) : Petite déception. La série reste d’une grande qualité, mais je ne sais pas; tant dans la réalisation qui s’est dégradée, que dans la narration qui part dans tous les sens, j’ai moins apprécié.

Les Kassos (Saison 4) : Alterne le pur génie avec le très moyen. Sentiment mitigé. Jusqu’à présent chaque épisode touchait sa cible. Ce n’est plus le cas.

Messiah (Saison 1) : L’idée est géniale et elle permet de renouveler un peu le genre gentils américains vs méchants arabes. Malheureusement la réalisation (c’est quoi cette optique tordue et floue ?) et la narration viennent gâcher le plaisir. Et Michelle Monaghan et Tomer Sisley, au secours !

Gomorrah (Saison 4) : Enfin les choses bougent ! Beaucoup trop de morts et de tentatives d’assassinat bêtement échouées. Le reste est pertinent et intéressant à suivre.

South Park (Saison 21) : Ça y est; on retourne à du plus classique et plus incisif.

American Crime (Saison 1) : On est plus dans le domaine du docu-fiction que dans la fiction pure. C’est brut, bien écrit, imprévisible, authentique, prenant… En plus il-y-a Lili Tailor ! Dommage tout de même pour la censure de certains mots dans les dialogues, totalement incompréhensible en comparaison des images et des idées que véhicule la série, mais là encore c’est une belle démonstration des contradictions américaines.

Better to be judged by twelve than carried by six.
[American Crime S01E08]

Les Rivières Pourpres (Saison 1, Épisodes 1/2/3) : Les intrigues c’est du Grangé alors j’ai tendance à accrocher. Par contre le reste. Quelle infamie. Le policier bougon qui insulte tout le monde, ne respecte rien, conduit comme un connard… C’est du trop vu et ça n’apporte strictement rien. Pareil pour l’espèce d’histoire qu’ils essaient d’établir entre sa collègue et lui. Zéro intérêt. Collègue qui est tout aussi absurde dans son comportement, qui ne va pas hésiter à s’attaquer physiquement à un homme plus grand quelle mais qui plus tard va se mettre à pleurer après avoir été effrayée par des enfants. Incompréhensible. Et cette manie de faire fumer en permanence les principaux protagonistes. Ça ressemble plus à une provocation de la réalisation envers les bien-pensants qu’à un choix scénaristique. Et cette impression d’être devant une très longue pub pour bagnole, avec de superbes plans sur les véhicules parfaitement identifiables que l’on ne retrouve même pas dans une vraie publicité. Et cette similarité troublante partagée par tous les locaux qui se montrent tout sauf accueillants envers l’invité, expression probable d’un complexe de parisien vis à vis des provinciaux. Et j’en passe. Tout ça cumulé fait qu’il est impossible de se concentrer sur le fond. Un beau gâchis. Ça m’apprendra à me lancer dans une série France TV sans regarder les retours avant.

South Park (Saison 22) : Oui, oui, oui !

Sex Education (Saison 1) : Bof… Mélange des genres entre la série comique anglaise et le teen movie américain. L’étrange construction où tout est ancré dans les années 80/90 (vêtements, mobilier, véhicules…) mais où le smartphone dernier cri est dans la main de chaque personnage. L’idée de départ est bonne, mais à trop rester dans le pseudo drama habituel ça se disperse et perd vite de son intérêt. Et la ressemblance entre Maeve Willey et Britta Perry est très perturbante. A côté de ça il y a quelques passages très drôles.

Top of the Lake (Saison 2, Episodes 1/2/3/4) : Qu’est-ce que c’est que cette merde ?! De base l’enquête policière est au mieux simplette, au pire sans le moindre intérêt. Mais ce n’est qu’une très légère toile de fond pour faire jouer des personnages totalement absurdes, qui agissent sans la moindre logique avec une volonté constante de se faire mal et faire mal aux autres. Les dialogues sont déconstruits à tel point qu’il n’existe aucun lien entre le début et la fin de certains répliques. Le seul personnage qui semble normal est finalement tout aussi dérangé que les autres puisqu’il continue à se comporter normalement malgré tout ce que peuvent lui infliger les autres. Typiquement un cas de masturbation intellectuelle pour personnes névrosées. Next.

Silicon Valley (Saison 4) : Quelques blagues bien senties, le reste tourne surtout autour d’un pseudo-drama classique qui tourne clairement en rond. Ça devient lassant.

Posté le 1 février 2020 par Jacques Danielle

JDMAI #48

It’s Always Sunny in Philadelphia (Season 11) : Oui !

South Park (Saison 19) : Première fois, de mémoire, qu’une intrigue se déroule sur une saison entière. C’est toujours parfaitement écrit et très, très juste.

The Walking Dead (Saison 8) : Énorme purge toute la saison, tout simplement insupportable. Et énorme retournement de situation sur le dernier épisode pour faire plaisir aux spectateurs et donner envie de poursuivre. Mais non. Stop. Je vais m’arrêter là. Ça m’offre une conclusion pas trop mauvaise et surtout permet de partir sur une note plutôt positive. Et certes j’ai forcément un avis biaisé sur la question car c’est un sujet auquel j’accorde de l’importance, mais voir tout le monde circuler en voiture comme-ci les états finançaient encore des guerres pour importer des milliers de barils de pétrole chaque jour, alors que ça fait huit ans qu’ils n’existent plus, c’est particulièrement ridicule. Surtout que les routes restent miraculeusement le seul équipement qui semble ne jamais se dégrader. Je ne serai pas surpris d’apprendre que la production est en partie financée par des constructeurs automobiles.

Pierre-Emmanuel Barré – Nouveau spectacle : Après la bonne surprise de le retrouver brièvement sur France Inter, direction son site pour regarder son spectacle en libre participation. 1h40 c’est différent des chroniques de 4 minutes et parfois c’est dur à suivre, mais le résultat est globalement très bon.

Godfather of Harlem (Saison 1) : Visuellement c’est parfait. La bande son est magique. Le casting est incroyable. Giancarlo « Gus » Esposito est bluffant. Le reste, un peu moins. Tout laisse à croire que la série porte sur la vie d’un gangster comme l’était The Sopranos. Mais une grande partie du temps est consacrée à aborder les différents mouvements qui agissaient à l’époque pour tenter d’améliorer les conditions de vie des noirs américains. Ce n’est pas un mal, bien au contraire car un sujet bien trop peu abordé. Le problème étant qu’en ne se concentrant réellement sur aucun des deux sujets, ils paraissent bâclés et il est difficile d’y trouver un réel intérêt.

#Playlist

Nouveauté dans les JDMAI, une section où je posterai quelques découvertes musicales faites au cours du mois.

Bleu Jeans Bleu – Coton ouaté : Le clip comme la chanson valent réellement le détour.
Carla – Bim Bam toi : De la soupe commerciale qui reste dans la tête…

Posté le 1 janvier 2020 par Jacques Danielle

« Page précédentePage suivante »