Mauvaise idée

Ce matin, en pleine semaine de congés, je recevais un e-mail de la part de Chevereto annonçant le futur (prometteur) de l’outil, avec différentes informations concernant la version courante (3) et la future (4). A la lecture de cela, je décidais de vérifier rapidement la version de mon installation.
Ce faisant, j’étais notifié de la disponibilité d’une mise à jour, que je décidais d’appliquer puisque ça ne mange pas de pain et que jusqu’à présent, le processus d’upgrade avait toujours fonctionné sans le moindre problème.

Jusqu’à présent.

Cette fois, ça coince.

A partir de là, une vraie galère à jongler entre les versions de MariaDB, Debian, PHP…

Heureusement, il a plu toute la journée donc pas trop de regrets d’avoir passé du temps les mains dans le clavier.

Tout semble être rentré dans l’ordre, mais ce genre de galère me fait fortement remettre en question la pertinence d’avoir un serveur dédié pour héberger ce genre de contenu.

Fred et les mascottes

Depuis de nombreuses années maintenant, le terme footix est communément utilisé pour désigner une personne exprimant un avis au sujet du football, sans avoir les connaissances nécessaires pour que celui-ci soit pertinent. C’est particulièrement le cas de ces individus qui ne s’intéressent absolument pas à ce sport au quotidien, voire dénigrent ceux qui le font; mais, lorsque l’Équipe de France arrive en quarts de finale d’un Euro ou d’une Coupe du Monde, deviennent du jour au lendemain les plus fervents supporters qui soient. Même s’ils ne savent toujours pas ce qu’est un hors-jeux, se demandent pourquoi l’arbitre va regarder la télé pendant un match, et, surtout, ne connaissent strictement aucun joueur. Bref. Vous voyez le tableau.
L’origine de l’expression est bien évidemment Footix, la mascotte de la Coupe du Monde 1998.

Dans le monde du cyclisme, c’est le terme cyclix qui avait naturellement émergé.

Mais il avait un double sens : le même que le footix, celui qui n’y connaît rien, devient un expert en Juillet si un français s’en sort pas trop mal sur le Tour de France, et, histoire du cyclisme oblige, sait détecter les dopés comme personne; mais également celui qui pratique le vélo n’importe comment : fait de la route avec un VTC, ne porte pas de cuissard ou, pire, porte un caleçon sous son cuissard, roule sous-gonflé… les anglophones utilisent le terme Fred pour désigner ces personnes.

Et alors que le Tour de France 2021 est lancé depuis maintenant une semaine, et qu’il dépasse absolument toutes les attentes, chaque étape étant plus incroyable que la précédente, il serait temps de clarifier les choses.

En effet, cette année chez ASO (Amaury Sport Organisation, la société qui organise, entre autres, le Tour de France), ils ont eu la géniale idée de créer une mascotte pour représenter la plus grande course du monde : Maxoo.

Alors sans grande surprise, c’est totalement catastrophique, le personnage est ridicule, habillé comme un motard pour faire du vélo, et sa monture, un singlespeed premier prix (avec des catadioptres dans les rayons !) est à la hauteur de l’échec. Sans oublier ces éclairs électriques, collés partout et dont le sens m’échappe totalement. Puisque son vélo n’est vraisemblablement pas équipé d’assistance électrique et que vu son équipement, il doit pas rouler bien vite le pauvre.

Voici ce qu’ils en disent dans l’album Panini :

Maxoo Panini Tour de France 2021

Pour résoudre le problème du double sens, voici ce que je propose :

  • Maxoo pour désigner l’équivalent cycliste des footix; ceux qui n’y connaissent rien mais ne peuvent s’empêcher de s’ériger en experts dès qu’un coureur français montre des signes de réussite (avant de s’écrouler en troisième semaine, FFL oblige)
  • Cyclix pour désigner ceux qui pratiquent le cyclisme de manière non-conformiste

Cela aura le mérite de clarifier les choses.

En parlant de clarification : il n’est aucunement question de dénigrer qui que ce soit ici. Peu importe comment les gens font du vélo; plus il y en a, mieux c’est (enfin pas tout à fait), surtout si le vélo est utilisé pour remplacer une automobile. Et s’intéresser aux compétitions c’est très bien également, ça fait de l’audience et assure l’avenir de ce sport; même s’il faut avouer qu’ils cassent bien les couilles les maxoo…

JDMAI #66

Homicide: Life on the Street (Saison 1) : What ?! La série, débutée en 1993 (et uniquement disponible sous forme de vieux DVDRIP 4:3 absolument affreux), est issue du livre Homicide d’un certain David Simon, essentiellement connu aujourd’hui pour être l’auteur de The Wire, globalement admise comme étant la meilleure série de l’histoire. C’est donc en quelque sorte sa grande sœur. Et ça se ressent car tout. Tout.
Certes la narration est moins bonne, chaque épisode semble avoir été écrit indépendamment des autres malgré un fil rouge. Mais c’est justement peut-être ce qui rajoute de l’intérêt à la série, avec différentes expérimentations menées dans chaque épisode. Avec le cinquième en tête : Three men and Adena.
La profondeur des dialogues, qui peuvent paraître anodins en première écoute mais qui s’avèrent être millimétrés et qui trente ans plus tard sembleraient avant-gardistes.
C’est d’ailleurs un sentiment que je ressens quasiment à chaque fois que je me plonge dans les archives artistiques : tout a déjà été dit, tout a déjà été fait. Ici c’est flagrant. Avec des personnages qui tiennent des propos d’une clairvoyance absolue. Et la série pose globalement les bases de toutes les séries d’investigations, bonnes et moins bonnes, qui seront produites par la suite.
Mais peut-être qu’il en existe une encore plus ancienne qui faisait déjà tout ça ? Qui sait ?
En attendant je me régale par avance des six saisons qu’il me reste à regarder.
Et quand on voit le casting et la carrière qu’ont eu de nombreux acteurs par la suite, il ne fait aucun doute que tous les éléments étaient réunis pour que ça soit une réussite.

L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche (Tome 2) – Miguel de Cervantès : Well… Non seulement ce second volume est nettement moins drôle que le précédent, mais en plus on a clairement l’impression de tourner en rond. Alors, quelle interprétation ? Quand je lis les quelques citées sur Wikipédia, je me dis que soit ces personnes consomment des drogues dures en grande quantité (souvenirs de cours de français au lycée), soit je suis beaucoup trop limité intellectuellement. Partons pour la seconde option. Certes, certaines histoires annexes apparaissent comme tout à fait justes et pertinentes. Mais don Quichotte, ça reste un fou qui provoque beaucoup de dégâts sur le chemin de ses illusions, qui porte atteinte à un nombre non négligeable d’individus, qui se fait manipuler par des personnes bien mal intentionnées et qui ne doit son salut qu’à la bienveillance de quelques-uns de ses proches. J’ai bien du mal à voir là-dedans quelqu’un qui tenterait d’aller à contre-courant de la société pour faire un monde meilleur. Quitte à vouloir s’identifier à un personnage du roman, autant choisir Sansón CARRASCO. M’enfin… Je retiendrai surtout le premier tome, une vraie bonne surprise, très drôle. La suite, tant la fictive décrite dans l’ouvrage que l’œuvre elle-même sont totalement dispensables.

Le Magasin des suicides – Jean Teulé : Amusant.

La très jeune fille hésite entre les chewing-gums, Mistral perdants emballés d’un papier, et les Roudoudous de Thanatos
[Le Magasin des suicides par Jean Teulé]

Mare of Easttown (Saison 1) : Masterpiece. Tout est là, tout est maîtrisé. La performance magistrale de Kate Winslet, soutenue par un casting tout aussi bon, l’histoire creusée de chaque personnage, la trame de fond parfaitement narrée, la musique, la photographie, le montage… Tout y est. Tout.

The Least Expected Day: Inside the Movistar Team 2019 (Saison 2) : Bon, problème de titre maintenant visiblement. Ils n’avaient peut-être pas envisagé le succès. Passons. Ce second volet est à l’image de la saison de l’équipe : sans grand intérêt. Équipe en perte de repères après d’importants départs, avec la pandémie qui a tout chamboulé… Les résultats ne sont pas tout à fait là et en dehors du premier épisode qui magnifie les galères, le reste est plutôt mou. Même les individus semblent se comporter différemment vis à vis de la caméra, maintenant qu’ils ont l’expérience de la première saison. Malgré tout ça se regarde, six fois vingt-cinq minutes ça passe bien plus vite qu’une étape de plaine en juillet. Et surtout, j’ai bon espoir de pouvoir apprécier une suite, tant l’équipe a déjà su rebondir cette année !

L’amour, c’est surcoté – Mourad Winter : Découvert par hasard via une petite citation sur Twitter, la surprise fut : énorme. Le style est moderne (comprendre : c’est écrit comme ça se parle), ça balance des punchlines à pleurer de rire (histoire vraie) à chaque paragraphe, c’est truffé de références particulièrement bien senties… et à côté de ça, sont abordées avec brio des problématiques bien réelles : l’amour, l’identité, le racisme… Mais sans, à aucun moment, tomber dans la lourdeur habituelle des choses où l’auteur apparaît plus prétentieux qu’autre chose. Là c’est simple et naturel. Pas de prise de tête et les messages passent.
Je trouve que c’est une excellente nouvelle de voir ce genre de livre écrit, publié et supporté par un acteur assez important du monde de l’édition car au delà de soutenir le travail de nouveaux artistes, ça va très certainement convertir un nouveau public à la lecture, tout en faisant découvrir une nouvelle culture à un autre public. win-win-win-win.
Par le passé on a déjà vu des auteurs différents être publiés, mais leur différence c’était uniquement leur tête et leur patronyme. Derrière ce qu’ils produisaient c’était soit de la littérature chiante traditionnelle, soit de la diarrhée sans intérêt.
Et Mourad, ce n’est pas parce qu’il ponctue son texte de « mdr » et autres « wallah », que c’est un illettré. Bien au contraire.

Elle veut me faire comprendre quelque chose, mais la dernière fois que j’ai lu entre les lignes c’était la pancarte d’un Syrien au changement de la 8 et de la 5 à République.
[L’amour, c’est surcoté par Mourad Winter]

The Sinner (Saison 3) : Quelle purge ! Au départ ça semble intéressant, avec une tentative de pousser la réflexion plus loin qu’une nouvelle enquête, mais finalement les personnages sont survolés, tout change dès que ça peut arranger l’intrigue, Harry Ambrose est insupportable du début à la fin, ça brode, ça brode, ça brode et ça s’écroule complètement à la fin.

Bo Burnham: Inside : Difficile à décrire, mais vaut absolument la peine d’être vu, pour la performance technique et artistique !

Pro Cycling on $10 a Day: From Fat Kid to Euro Pro – Phil Gaimon : Oui. Exactement ce que j’espérais, avec une plongée autobiographique dans le parcours d’un jeune cycliste américain vers le monde professionnel en Europe. Le tout parsemé de très nombreuses anecdotes et de l’humour de Phil.

Most important, how could I possibly stop being a pessimistic asshole if I was never wrong?
[Pro Cycling on $10 a Day: From Fat Kid to Euro Pro par Phil Gaimon]

Curb Your Enthusiasm (Saison 10) : Ça reste toujours très drôle, c’est bien renouvelé tout en restant fidèle à ce qui en fait sa particularité. Surtout, cette saisons a la particularité de constituer un tout, où chaque épisode précédent vient servir ce dernier épisode absolument génial. Pretty, Pretty, Pretty Good !

Line of Duty (Saison 4) : Superbe. Très bien écrit, très bien narré, très bien réalisé, très imprévisible. Top. Et ce qui est encore plus appréciable c’est que c’est particulièrement réaliste car il n’y a pas de héro. Tous les personnages ont des défauts plus ou moins importants et sont tous plus ou moins détestables. Comme dans la vraie vie !

Ragnarok (Saison 2) : J’allais commencer à écrire quelques mots quand je suis allé voir ce que j’avais dit sur la première saison et… c’est exactement pareil. Après deux saisons, on est arrivé à ce qui aurait du être le premier tiers de la première saison. Il est sûrement temps de lâcher l’affaire, ça n’ira nulle part à ce rythme.

#Playlist

Michel – Nekete : Il a fallu en choisir un mais globalement toute sa chaîne YouTube vaut le détour. Ses morceaux s’écoutent seuls, mais ce qui fait tout l’intérêt de son travail c’est qu’il est global : le personnage, les textes, la musique et surtout les clips.

Les bons outils font les bons ouvriers

Depuis la semaine dernière, Google déploie une mise à jour de la page d’accueil pour les appareils fonctionnant sous Android TV. Et cela s’applique également à la géniale nVidia Shield TV dans ses différentes versions.

Problème, non seulement cette mise à jour ajoute de la publicité dont strictement personne ne veut, surtout sur un appareil payé plein tarif, mais dans mon cas, elle a provoqué une chute vertigineuse de ma Shield TV Pro 2015.
J’avais déjà remarqué une accumulation de petits incidents au cours des derniers mois, mais cette fois elle était devenu tout simplement inutilisable, avec la nécessité d’attendre plusieurs dizaines (!!!) de secondes entre chaque action. Pratique quand on veut mettre en pause une vidéo pour prendre un appel mais que le programme continue pendant presque une minute après avoir appuyé sur le bouton…

Après quelques recherches, il apparaît que je ne suis pas le seul dans cette situation, et la source du problème serait, en partie, le disque dur qui aurait pris un coup dans l’aile.
Effectivement, après plus de quatre années d’usage intensif, ça se tient.
Si j’avais pris la version Pro à l’époque, ce n’était pas pour les 500Go de stockage via un disque dur (plutôt que 16Go de mémoire flash sur la version standard) mais parce que c’était celle qui était dotée d’un capteur infrarouge, la rendant pilotable avec une télécommande type Harmony.
Seul le système, la petite dizaine d’applications et leur cache étaient stockés sur le disque, mais ça veut dire qu’il était utilisé en permanence, même si le contenu venait d’ailleurs.

Une nouvelle recherche et il semblerait que l’opération consistant à remplacer le disque dur par un SSD (tant qu’à faire…) soit relativement simple et rapide. Le tutoriel que je décide de suivre suggère même d’en profiter pour nettoyer le système de refroidissement et de changer la pâte thermique. Pas bête !

La vraie subtilité de l’opération, c’est que du Android TV, ça ne s’installe pas sur un support comme un Windows ou un Debian. Surtout, dans le cas de la Shield, une partie de son tarif vient de licences payées par nVidia pour rendre accessible certains contenus. Faire une installation de zéro reviendrait à perdre les clés enregistrées en usine. Il faut donc cloner purement et simplement l’ancien support de stockage sur le nouveau. Et… qui dit clone, dit que si on prend comme source un support de 500Go, il faut une destination… d’au moins 500Go !
J’allais partir sur un SSD plus petit à l’origine, puisque je n’ai pas besoin de 500Go, mais ça aurait été plus complexe (nécessité de réduire l’image disque, un bordel risqué dans lequel je n’avais pas envie de m’empêtrer) et au prix des SSD aujourd’hui, ça n’en valait pas la peine.

Une fois le SSD reçu, il n’y a plus qu’à !

Et c’est là que le titre prend son sens : à une certaine époque, j’aurai considéré que l’appareil m’avait suffisamment accompagné et m’en serai débarrassé d’une façon ou d’une autre, avant de le remplacer par la dernière version. Pourquoi ? Parce que j’avais la quasi certitude de tout casser, rendant la box totalement inutilisable, alors qu’en l’état elle pouvait encore servir à quelqu’un.
Mais depuis, j’ai appris. Non pas à mieux travailler, mais surtout que le plus important, c’est d’avoir les bons outils.
Et ça tombe bien, car quelques mois plus tôt je m’étais fait offrir un kit de réparation d’appareils électroniques de chez iFixit.

Ouvrir un appareil électronique avec une carte bancaire, ça peut le faire, mais c’est risquer d’abimer l’appareil, la carte, ou encore mieux, les deux à la fois. Dans le kit, il y a « Jimmy » qui transforme cette opération en un véritable jeu d’enfant.
Débrancher une nappe à la main ou avec une pince à épiler, ça peut le faire, mais c’est risquer de glisser et/ou d’abimer quelque chose. Dans le kit, il y a une pince prévue pour, c’est tout de suite plus simple.
Dévisser des vis Torx 6 avec un tournevis standard, ça peut le faire, mais c’est risquer d’exploser la tête de vis et de rendre toute nouvelle opération une vraie galère. Dans le kit, il y a tous les embouts Torx dont on peut avoir besoin.
Dépoussiérer un ventilateur avec une brosse, ça peut le faire, mais avec un compresseur d’air, c’est tout de suite plus simple.

Au final, ce qui aura pris le plus de temps aura été le clonage du disque dur sur le SSD. Environ 3h. Le reste a vraiment été d’une simplicité incroyable et le sentiment d’avoir sauvé un appareil (et éviter de devoir lâcher 200€ dans son remplaçant) est un plus indéniable !

Avant
Après

L’exemple ici est avec de l’électronique, mais me concernant, l’importance des outils, je la constate surtout avec le vélo. En m’équipant avec de bons outils, non seulement j’ai pu faire des opérations relativement basiques que j’avais peur de faire ou que je faisais très mal avant, mais en plus cela m’a permis de prendre confiance, me poussant à en réaliser de plus en plus complexes, et à m’équiper pour cela. Et c’est clairement un cercle vertueux : réussir une opération encourage à acheter de nouveaux outils, les nouveaux outils encouragent à tenter de nouvelles opérations…

La satisfaction est multiple : que ce soit la réussite d’une intervention ou l’acquisition d’un nouvel outil de qualité; on y trouve toujours du plaisir !

Et en plus c’est souvent rentable très rapidement, même en mettant le prix de la qualité dans les outils ! Même en prenant en compte les 55€ du SSD, le kit iFixit est déjà remboursé puisqu’à 25€ c’est quatre fois moins cher qu’une nVidia Shield TV 2019 !

Bref, les bons outils c’est la vie ! Acheter du premier prix, comme j’ai pu le faire par le passé, sous prétexte d’un usage très occasionnel, n’est pas viable à moyen et long terme puisque cela amènera à des échecs et un refus de les utiliser.

P.S. : pour ceux qui tomberaient ici par le hasard des mots clés, voici en bref comment changer le disque dur d’une nVidia Shield TV Pro 2015 pour le remplacer par un SSD. Se procurer :
* un SSD de 500Go (pas moins !)
* un tournevis Torx 6
* de la pâte thermique (facultatif)
* un compresseur d’air ou une bombe d’air sec (recommandé)
* de quoi connecter deux disques à son ordinateur (câbles SATA, boîtier dédié…)
* le logiciel (freeware) HDDRawCopy
Puis suivre ce tutoriel (inutile de comprendre l’anglais, les images se suffisent à elles-même) : https://www.youtube.com/watch?v=hpvIJBIzv8A

Les vieux et Youki

Au hasard des recommandations YouTube, pendant le troisième (?) confinement ayant commencé fin mars/début avril 2021, nous avons découvert la chaîne Country Life Vlog, ou Kənd Həyatı en Azéri.

Le concept est simple : un couple de paysans (les vieux) sont filmés dans leurs activités du quotidien au cours duquel ils travaillent la terre, s’occupent de leurs animaux et préparent à manger.

Au premier abord ça semble inintéressant au possible, mais rapidement, après m’être abonné et avoir parcouru sommairement leurs archives, je me suis retrouvé à attendre avec hâte leurs nouvelles vidéos et à prendre grand plaisir à regarder chacune d’elles.

Pourquoi ?

Techniquement déjà, c’est vraiment très propre (de ce que j’ai cru comprendre, c’est leur fils qui est derrière la caméra), les images sont superbes, l’audio est parfaite (on n’entend pour ainsi dire jamais les humains parler, mais on profite de chaque bruit de la nature, des animaux ou des activités humaines, en particulier quand la dame coupe des aliments), le montage sert habilement la narration, au cours d’une vidéo ou au fil des vidéos, et quelques explications sont fournies, via de rares inserts texte en anglais pour faciliter la compréhension.

Ensuite le contexte, avec ces personnes qui vivent dans un village d’Azerbaïdjan avec leur chien Puzik (au départ ils n’avaient pas indiqué son nom alors j’étais parti sur Youki) et maintenant un chat; sur un terrain sur lequel ils cultivent différentes sortes de végétaux principalement à des fins alimentaires, élèvent plusieurs espèces d’animaux et habitent une maison digne de La Comté. Même s’ils reçoivent de temps en temps la visite de leurs petits enfants ou d’amis, ils vivent majoritairement seuls au milieu de la nature.

Enfin, la narration. Chaque vidéo est quasiment organisée de la même façon : on les voit travailler la terre, puis la femme se met à préparer à manger pendant que l’homme l’assiste et prépare une infusion, avant qu’ils ne se mettent à table en ayant servi trois assiettes et trois verres. Au fur et à mesure des vidéos, on peut voir l’évolution de leurs activités, au rythme de la nature : la préparation de la terre, les semis, l’entretien des cultures, la récolte, l’hivernage…
Et tout ça est suffisamment mystérieux pour que l’on ait envie de voir jusqu’au bout et de regarder les prochaines vidéos.
L’absence de dialogue. Comme ils ne parlent pas, on ne sait pas ce qu’ils font/vont faire. On émet des hypothèses et on regarde comment ça se passe finalement. Les choux qu’ils ont semé il y a trois semaines, ils en sont où ? Les cerises qu’ils ont mis en bocaux, ils vont en faire quoi une fois la saison passée ? Les canards, ils ont grandi depuis ? L’infusion du papy, elle sera de quelle couleur cette fois ? Ils avaient un autre chien fut un temps; qu’est-il devenu ? La mamie utilise des tomates mais ce n’est pas du tout la saison, elles viennent d’où ? Et ce nouveau plat ?
Ce service pour trois alors qu’ils ne sont que deux, à qui est destinée la troisième assiette ? Au caméraman ? Au spectateur ?

Et visiblement ça plaît car ils ont presque deux millions d’abonnés et leurs vidéos tournent entre un et dix millions de vues à chaque fois. D’après les commentaires, c’est universel également, on voit passer toutes les langues et tous les pays. Il semblerait donc que leur contenu fasse appel à quelque chose de très humain, plus qu’une simple tendance culturelle.

Après tout n’est pas tout à fait clair ni n’est totalement rose dans leur vie. Sur certains plans, on peut voir qu’ils ne sont pas tant isolés que cela, avec l’arrivée de nouveaux habitants, la construction de nouvelles maisons, l’urbanisation gagne du terrain. Leur maison d’été semble bien trop petite pour les loger et accueillir leur matériel. Où vivent-ils réellement ? En hiver il semblerait que c’est une autre maison, plus grande, qu’ils occupent. Et même si leur mode de vie peut sembler traditionnel, ils ont accès au monde moderne, à commencer par YouTube, et s’équipent aussi en Chine, comme tout le monde.

Mais ça n’enlève rien à l’intérêt de la chaîne !