Antisocial, tu prends l’ascenseur

Trust – Antisocial

Depuis plusieurs un mois maintenant, l’ascenseur de l’immeuble dans lequel j’habite est en panne. L’un des moteurs de porte a rendu l’âme, il est nécessaire de le remplacer mais n’étant pas en stock, il faut en produire un nouveau ce qui, joie de la délocalisation, va également ajouter un délai important pour le faire venir de son lieu de fabrication.

Si personnellement je ne prend l’ascenseur que lorsque je suis très chargé ou que je dois rejoindre le parking sous-terrain; c’est vraisemblablement les autres occupants qui ont du revoir de façon importante leur façon de circuler.

Résultat, depuis que l’ascenseur a été condamné, je découvre chaque semaine de nouveaux visages au hasard des étages de l’escalier commun.

En un peu plus de deux ans, je m’étonnais de croiser toujours les mêmes personnes, environ une douzaine d’individus, malgré la soixantaine de logements que compte l’immeuble.

L’ascenseur serait-il une autre invention technologique qui éloignerait les gens ?

Posté le 16 août 2020 par Jacques Danielle

Histoire de sel

Non, on ne va pas parler vélo, mais bien chlorure de sodium.

Si dans mon alimentation, surtout en cette période de canicule, j’utilise du Sel de Guérande, j’ai aussi dans ma liste de course du simple sel de table pour ma Rhino Horn – produit génial au passage; article à venir ?

C’est ainsi que depuis plusieurs années j’ai pour habitude d’acheter des boîtes de Sel fin iodé de 500g de la marque Cérébos.

En ouvrant la dernière boîte achetée, j’aperçois en bas de celle-ci une écriture bleu-verte avec laquelle mon cerveau ne semble pas être familier. Je peux ainsi lire Équilibre -33% de sodium* Tout le bon goût du sel. Intrigué, je regarde les ingrédients et constate qu’en plus du sel, du chlorure de potassium a été ajouté.

Étrange. Auraient-ils cherché à commercialiser du sel allégé, façon aspartame ?

Je goûte. Forcément c’est différent car je suis habitué au goût du Sel de Guérande. Finalement je procède à mon nettoyage nasal juste après avoir ajouté sel NORMAL dans ma liste de courses.

Fast forward quelques jours plus tard où je me rend dans mon Carrefour local, rayon sel. Avec l’indication NORMAL, je suis cette fois très attentif et décide d’investiguer.
Je retrouve bien le sel fin iodé que j’achète habituellement, mais celui-ci est collé au sel équilibre que j’ai pris par erreur la fois précédente.
Plus intriguant, les boîtes ont exactement la même taille et en dehors de la différence de couleur (bleu contre bleu-vert) il est quasiment impossible de les distinguer sans faire particulièrement attention.
C’est alors que je regarde les étiquettes de prix :

[Captures issues de lebondrive.fr pour le magasin en question]

Oui. Il n’y a pas d’erreur. Même si les boîtes font exactement le même volume, l’une contient 500g de produit quand l’autre n’en contient que 350g. Ce qui n’empêche pas la seconde d’être vendue 319% plus cher. Faisant une différence au prix au kilo de près de 500% !
Tout ça pour… -33% de sodium.

Mais alors, pourquoi ?

Si j’étais déjà bien renseigné sur la question de l’influence de la consommation de sodium sur la pression artérielle pour avoir mené quelques expérimentations personnelles sur le sujet, ce que je savais moins était le rôle qu’a le potassium dans ce marqueur physiologique.

Il semblerait donc qu’en soit ce sel équilibre soit un produit intéressant car non seulement à volume équivalent de poudre (dans la main) il permet de réduire la quantité de sodium ingérée, tout en apportant un apport supplémentaire en potassium, ce qui en théorie devrait amener à faire baisser la pression artérielle des consommateurs. Parfait, non ?

Pas tout à fait…

Tout d’abord car les emballages sont totalement trompeurs. J’estime être un consommateur attentif, je n’ai pas l’habitude de mettre n’importe quoi dans mon panier, j’analyse systématiquement les rayons pour savoir ce qui est nouveau, ce qui n’est plus là, ce qui a été déplacé… et pourtant j’ai fait l’erreur de prendre le mauvais produit. Alors les personnes faisant leurs courses de manière plus distraite tomberont forcément dans le panneau.
Et cela peut devenir problématique car, comme c’est indiqué sur la boîte, le sel équilibre est déconseillé aux personnes suivant un régime pauvre en potassium et dans le même temps il n’a pas été iodé. Non seulement il peut créer un excès nocif mais il peut aussi favoriser une carence.
Enfin il y a vraisemblablement une volonté d’arnaquer le consommateur avec un choix de contenants quasi-identiques pour des contenus totalement différents. Le chlorure de sodium a une masse volumique de 2,17 g·cm-3 quand le chlorure de potassium en a une de 1,98 g·cm-3. En sachant que le second est présent à 33% dans le sel équilibre, une différence de masse volumique de 8,8% ne peut pas expliquer une différence de contenu de 30%. Et encore moins une différence de tarif de 500% quand le chlorure de potassium de qualité alimentaire peut se trouver au détail à moins de 10€/kg.

Moralité, quand on achète du sel, il faut le prendre with a pinch of salt.

Posté le 15 août 2020 par Jacques Danielle

JDMAI #55

Home Game (Saison 1) : L’idée de départ est bonne, c’est un sujet intéressant de découvrir d’autres cultures par le sport. Par contre non seulement les sports ne sont pas homogènes en terme de singularité, mais en plus leur traitement n’est pas équitable. Commencer par le Calcio florentin est une bonne idée car ça donne envie de voir la suite, mais une mauvaise car tout le reste paraît fade derrière.

Cheers (Saison 3) : Grosse coupure à cause du confinement (c’est la série que je regarde le matin avant de partir travailler), j’ai trouvé ça majoritairement répétitif et chiant. Dernière chance avec la saison 4 ?

Mindhunter (Saison 2) : Très propre, très qualitatif, l’ambiance, les personnages, la photographie… Top. Mais la narration pour le moins bordélique vient tout gâcher. Les deux derniers épisodes sont d’un ennui…

The Plot Against America (Saison 1) : Reconstitution au poil, il n’y a débat. Et on comprend une partie du message. Mais c’est d’une horrible lenteur, avec une mise en place interminable pour finalement survoler le cœur du sujet sur le dernier épisode qui en plus ne se conclue pas réellement. Globalement déçu. Et surtout la forme est trop pompeuse pour que l’avertissement soit reçu.

Metanol (Saison 1) : L’histoire est intéressante, la façon dont c’est raconté tout autant. Une bonne introduction aux productions tchèques. Dommage pour les sous titres pas au niveau (Amazon Prime Video…). Concernant ce qu’il s’est passé, je ne sais pas si c’est ce que je devais en retenir, mais j’ai remarqué la forte ressemblance avec la crise que nous traversons actuellement : les gens savent que de l’alcool frelaté est en libre circulation partout dans le pays mais continuent à s’en procurer par tous les moyens malgré les interdictions mises en place par les autorités pour éviter de nouveaux cas. Et la légère contradiction des personnes qui refusent de payer des taxes sur l’alcool qu’elles consomment, mais réclament leur prise en charge médicale et l’intervention de la police quand les choses tournent mal. Mais c’est sûrement ma vision pro-sobriété qui s’exprime.

L’Institut – Stephen King : Premier livre audio de fiction en français écouté en entier. Et premier Stephen King. Je ne saurai dire si ça vient du narrateur ou de l’histoire, mais j’ai trouvé l’ensemble vaguement intéressant, avec trop de temps passé sur des détails inutiles. Et j’ai globalement du mal avec ce format pour de la fiction.

Baron Noir (Saison 2) : Impressionné ! L’écriture, la réalisation, la majorité des acteurs et surtout l’encrage extrêmement prégnant dans le réel, on s’approche plus du documentaire que de la pure fiction. Faire appel aux vrais médias en dehors du groupe Canal ajoute tellement de réalisme, c’est une excellente idée. Même chose pour les lieux. Vraiment bien. S’il fallait trouver quelques défauts, je dirai qu’à mi-saison l’intrigue patine un peu avant de reprendre la bonne voie. Et en tant que lillois, je n’ai pu m’empêcher de constater que beaucoup de scènes supposées se passer à Paris ont été tournées à Lille. Un détail mais c’est perturbant de voir le personnage dans le métro parisien et deux secondes après dans une chambre à Euralille…

Baron Noir (Saison 3) : Peut-être une erreur d’avoir enchaîné deux saisons. Ici c’est encore plus réaliste qu’avant, sur ce point c’est très propre, bravo. Par contre un sentiment de lassitude s’installe, avec toujours les mêmes guerres qui se reproduisent, avec une fin tellement attendue et des raccourcis trop gros. Et une brève note sur le personnage insupportable de Salomé Rickwaert, non seulement elle n’a qu’une utilité très limitée dans l’histoire, mais en plus son comportement et son absence totale de personnalité la rendent détestable au possible. Heureusement elle n’est pas trop présente ce qui la laisse tout de même derrière Skyler White.

Fear City: New York vs The Mafia (Intégrale) : « Mini-série » ça n’était pas un mensonge car il n’y a que trois épisodes de 50 minutes. Dommage car ça aurait pu durer des heures j’aurai enchaîné sans soucis. L’ambiance dans laquelle on plonge avec les images d’archive est incroyable, impossible de ne pas être happé. Les enregistrements audio d’époque sont saisissants. Avoir le témoignage d’anciens acteurs des deux camps et en particulier des méchants est ce qui porte la série. Reste que ces témoignages sont vraiment très mal filmés et voir des gens pensifs face à une fenêtre tous les 45 secondes ça devient lassant. Visiblement ils manquaient vraiment de contenu ce qui est dommage car c’était un sujet qu’on aimerait beaucoup voir approfondi. Et surtout il serait intéressant de creuser les causes et les conséquences. D’un côté c’est l’ultralibéralisme qui leur a par exemple permis de devenir les rois du ramassage des ordures. De l’autre on voit deux personnes apparaître dans la série : Donald Trump, aujourd’hui président des États-Unis et Rudy Giuliani qui fut élu maire de New-York suite à cette affaire et qui est aujourd’hui conseiller de Trump. Les cartes ont été redistribuées mais il semblerait qu’une mafia soit toujours aux affaires.

Paul Taylor – #Franglais : Artiste et spectacle découverts au hasard des suggestions YouTube. Grosse surprise. Absolument pas prétentieux, honnête, vivant et vraiment drôle. Et derrière il y a une chaîne avec plusieurs années d’archives qui semblent tout aussi intéressantes. A suivre !

Norsemen (Saison 3) : Un peu perdu niveau narration car ça semble se dérouler avant les deux premières saisons. C’est relativement décousu et dur à suivre. L’humour est toujours très présent, à la façon de Norsemen. Par contre ça tourne autour du trou de balle un peu trop à mon goût. Ont-ils choisi la facilité ? C’était un peu plus subtil avant. Six fois trente minutes ça passe vite.

#Playlist

Johan Papaconstantino – Lundi : Pas fan du clip, la musique est incroyable.

Posté le 1 août 2020 par Jacques Danielle

Traîtresse de vieillesse

La semaine dernière, Renaud sortait une nouvelle chanson sobrement (!) intitulée Corona song.

J’ai tout d’abord cru à une blague, puis j’ai ressenti de la consternation avant une grande tristesse.

Pour citer un auteur plus jeune mais tout aussi talentueux Où sont passées les stars de ma jeunesse ? Morts ou devenus des parodies d’eux-mêmes.

Rien que le titre, avez zéro originalité, était déjà annonciateur du désastre. Et le refrain Coronavirus, connard de virus, soit le combo rime/jeu de mot le plus éclaté au sol de cette année vient faire s’envoler tout doute.
Mais ce n’est pas tout.

Si on s’attarde un peu plus sur les paroles, on a :

Pour ce qui est du clip ce n’est guère mieux.
Avec le célèbre bandana rouge utilisé comme masque de protection mais mal porté la majorité du temps puisqu’il ne couvre pas le nez.
Une scène complètement absurde où on le voit brandir un vieux fusil.
Et plus généralement les plans où il est dans les bois avec quelques individus dans son style, entourés de vieux engins agricoles l’ensemble donne vraiment une impression de redneck.
Là encore en contradiction avec ses propos sur Trump puisque ce genre d’individus fait partie de son électorat.

Bref, l’absence d’originalité et le fait que tout ça ne ressemble pas du tout à ce qu’était Renaud est dur à voir quand on a tant d’estime pour son travail passé.

Posté le 18 juillet 2020 par Jacques Danielle

JDMAI #54

The Wire (Saison 2) : Que ça passe vite ! J’avais en mémoire une histoire très complexe mêlant une quantité impressionnante de personnages (c’est le cas) et finalement une fois que toutes les pièces sont en place, c’est déjà l’avant-dernier épisode. Ça aurait pu durer cinquante, cent épisodes, je prenais immédiatement !

Dunkirk (2017) : Visuellement impeccable. Le choix de ne jamais (ou presque) montrer l’ennemi sous forme humaine est bien vu. La narration un peu chaotique est raccord avec l’histoire. Pour autant, il manque un petit quelque-chose pour rendre le film totalement marquant. Et avoir mis de grands noms au casting n’était vraiment pas indispensable.

The Wire (Saison 3) : En cette période particulière, la saison résonne différemment et on réalise un peu plus à quel point l’écriture est d’une incroyable justesse.

Marcella (Saison 3) : Wow ! La première moitié de l’épisode initial est un bordel incompréhensible jusqu’à ce que l’on ait enfin droit à des explications. La suite est un pur plaisir, avec un mélange d’accents tirés au couteau, de cassosseries délicieuses, d’intrigues rocambolesques et de psychoses gênantes. Avant de terminer sur un final grandiose et complètement délirant, d’un niveau supérieur à ce qu’on pouvait attendre. Tout cela avec une fluidité relativement étonnante. C’est vraiment pas fait pour tout le monde, il suffit de voir les critiques, mais si on apprécie le genre c’est top.

The Wire (Saison 4) : De loin la saison qui prend le plus le spectateur par les sentiments. Que ce soit la joie ou la tristesse. Un régal.

Balle Perdue (2020) : Ça casse peut-être quatre murs de béton, mais pas trois pattes à un canard… Écriture très simpliste et bancale. Mais puisque c’est un film d’action, n’y prêtons pas attention. C’est plus un délire entre potes, et le plaisir qu’ils ont pris à tourner le film ressort assez clairement ce qui permet de passer un bon moment.

Brooklyn 99 (Saison 4) : Rigolo.

The Wire (Saison 5) : Et voilà, c’est (déjà) fini. Encore une saison bien différente des précédentes, avec une intrigue incroyable et de grosses évolutions de personnages. Le dernier épisode est un cran au dessus encore. Comme-ci cela était possible. Enchaîner les saisons était nécessaire car cela permet de réaliser à quel point elles réalisent un ensemble tout à fait cohérent, avec les dernières minutes qui rebouclent à la perfection les premières minutes. Une invitation à regarder de nouveau ce chef d’œuvre. Et quelle galerie de personnages. Impossible d’en choisir un.

Zoey’s Extraordinary Playlist (Saison 1, Épisode 1) : Après The Wire, je voulais calmer le jeu en passant à quelque chose de plus léger et ceci semblait tout à fait adapté. Finalement c’était peut-être trop léger. Le surjeu permanent, les dialogues totalement creux, les clichés constants, l’incohérence omniprésente… Et le pire c’est que j’espérais découvrir quelques perles musicales, comme avec High Fidelity, mais non, ce ne sont que des classiques archi-connus. Suivant.

Parlement (Saison 1) : Excellente surprise. Je m’attendais à un truc niais/bien-pensant visant à donner une belle image de l’Europe. La réalité est tout autre. C’est une critique comique documentée, bien écrite et vraiment très drôle de l’institution et de ses membres. En plus c’est disponible en libre accès sur le site de France TV, alors aucune raison de se priver.

Dark (Saison 3) : Deux solutions. Soit la saison est extrêmement pauvre mais les scénaristes se sont employés à complexifier à l’extrême la narration afin de focaliser l’attention du spectateur sur celle-ci, l’empêchant de réaliser la supercherie façon bonneteau, tout en offrant une explication finale sur un plateau d’argent pour flatter son intellect : bravo, tu as réussi à démêler ce sac de nœuds, tu dois être très intelligent ! Soit je ne suis tout simplement pas client de ce genre de production, ou trop con pour comprendre; le problème c’est moi. Dur de choisir… Une chose est sûre, Dark est vendue comme une série de science-fiction mais c’est faux. C’est au mieux une série fantastique. L’embrouille vient peut-être de là. L’histoire n’a rien de rationnelle. Il ne suffit pas de parler de voyage dans le temps et de balancer quelques théories scientifiques pour être de la SF. Non. En s’affranchissant de tout cadre et de toute contrainte au fur et à mesure de ce qui arrange les auteurs, Dark n’est au final qu’une série sentimentale fantastique. C’est à dire une perte de temps pour ceux qui, comme moi, pensaient être devant une pépite SF suite à la première saison. Heureusement c’est terminé.

Curb Your Enthusiasm (Saison 9) : J’avais oublié à quel point c’était si particulier et si drôle. Dévoré les 10 épisodes.

#Playlist

Hoshi – SQY : Right in the feels. Rarement été autant pris par une chanson nostalgique. Boule au ventre à chaque écoute. Le reste de l’album est tout aussi juste.

Posté le 1 juillet 2020 par Jacques Danielle

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