L’ennemi du bien

le mieux est l’ennemi du bien : On peut gâter une bonne chose en voulant la rendre meilleure.
[wiktionary.org]

Cette semaine sur mon fil Twitter j’ai vu passer cette infographie de l’ADEME :

Rien que le titre m’a agacé et devant l’absence de sources, j’ai décidé d’aller plus loin comme suggéré.

De base j’ai confondu l’ADEME avec le CEREMA alors forcément je ne voyais pas trop pourquoi ils venaient donner leur avis sur le télétravail. Renseignements pris, ce genre de contenu semble plus logique venant de l’ADEME.

Suite à une recherche web j’arrive sur une page du site de l’agence intitulée 10 bons gestes numériques en télétravail.

Si ça commence bien « Le télétravail évite de nombreux déplacements, réduit nos émissions de gaz à effet de serre et améliore la qualité de l’air » ça se gâte immédiatement « Mais les pratiques numériques ont aussi des impacts. Alors comment adopter les bons gestes ?« .

De base c’est absurde d’établir qu’une pratique est plus vertueuse qu’une autre pour immédiatement assener que changer de paradigme n’est pas suffisant, il est encore nécessaire de faire des efforts personnels pour faire encore mieux.
De plus on parle de télétravail. Travail. Une activité à laquelle des milliards d’individus sont contraints quotidiennement. Et cette communication vient donc demander à chacun de prendre leurs propres responsabilités dans l’intérêt commun. Il n’est pas ici question de parler des gestes du quotidien que l’on fait sur notre temps personnel mais bien sur notre temps professionnel. Tu es forcé d’aller bosser, maintenant c’est à toi de t’assurer que tu bosses vert, sinon t’es une sacrée ordure.
Enfin, dans le cadre de la crise sanitaire que l’on traverse, oser venir demander aux particuliers de prendre le temps de faire des petits gestes pour la planète me semble lunaire. Comme-ci les gens n’avaient pas suffisamment de problèmes à gérer chaque jour entre l’adaptation nécessaire à cette nouvelle organisation du travail, tant pour la communication avec les collègues que l’organisation personnelle suite à l’invasion soudaine de l’espace privé par le travail, la potentielle surcharge d’activité, les craintes liées à l’avenir économique personnel et national et surtout l’inquiétude pour sa santé et celle de ses proches. Non vraiment, c’est le bon moment pour demander aux gens de ne pas oublier d’éteindre leur box avant d’aller dormir. Clairement.

« Les échanges numériques se multiplient avec les nombreux salariés en télétravail. Les réseaux sont très sollicités et des risques de saturation peuvent exister. » Quel est donc le rapport entre l’environnement (les émissions de gaz à effet de serre) et la saturation des réseaux de communication ? Certes il en existe un indirect, mais les besoins en énergie des infrastructures de communication numérique et la saturation de celles-ci sont deux choses bien distinctes. Ne confondons pas tout.

« Des experts affirment qu’aujourd’hui le numérique est responsable de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Et, au rythme actuel, ce chiffre pourrait doubler d’ici 2025. » Qui sont ces experts exactement ? Où sont les sources* ? Et surtout utiliser une valeur relative (4% des émissions globales) ça n’a aucun sens. Si effectivement on passe à 8% d’ici 2025 mais que dans le même temps les émissions globales ont été divisées par 10, cela signifie que les émissions liées au numérique auront été divisées par 5. Effectivement c’est un sacré problème ! Et toujours sur le principe des valeurs relatives, si d’ici 2025 nombre d’échanges physiques (travailleur qui prend sa voiture pour aller travailler) sont remplacés par des échanges numériques (travailleur qui reste chez lui pour travailler), au final le bilan écologique n’est-il pas positif ? Oui, ça fait augmenter la part relative du numérique dans les émissions globales, mais est-ce une mauvaise chose ?

« Le nombre d’objets connectés ne cesse de croître dans le monde. Difficile de nos jours de se passer d’un ordinateur et d’un smartphone et d’autres objets comme des montres connectées par exemple. …
La fabrication de tout ce matériel réclame des ressources dont l’extraction pose de graves problèmes environnementaux et sociaux.
 » Là encore on mélange tout. Il faut limiter l’usage de l’infrastructure numérique ou limiter la production du matériel constituant celle-ci ? J’ai du mal à suivre. Quel rapport entre télétravail et montre connectée ?

Passons aux bons gestes.

« 1. Mettre les adresses web fréquemment consultées en favoris
2. Penser à fermer les pages internet une fois votre recherche aboutie
« 
S’il fallait résumer c’est : arrêtez d’utiliser votre navigateur web. Allez acheter le journal, allez à la bibliothèque. Rechercher de l’information sur le web c’est caca. Et bien entendu, le fait que les pages web aujourd’hui pèsent extrêmement lourd, ce n’est absolument pas la faute des sites bourrés de pub. Tout comme les pages qui se rechargent automatiquement de manière régulière, ce n’est pas absolument pas la faute des sites bourrés de pub. Non. Le problème c’est la personne en télétravail qui ne pense pas à la planète car elle fait des recherches sur le web et ouvre plusieurs onglets à la fois.

« 3. Alléger les échanges sur messagerie
4. Faire le ménage dans sa boîte mail
« 
Là ils font preuve d’une belle ignorance du sujet. Avec entre autres la croyance qu’envoyer un fichier via une messagerie instantanée serait moins consommateur de ressources que de le faire par e-mail. A croire qu’ils imaginent que la messagerie instantanée est aux e-mails ce qu’une discussion de vive voix est au courrier postal. Ou encore ils s’imaginent qu’en envoyant une pièce jointe à dix personnes d’une même entreprise, ce fichier sera automatiquement stocké onze fois sur l’infrastructure.

« 6. Faire le ménage dans le Cloud »
Le grand méchant CLAUDE ! En soit c’est purement un conseil de bon sens; ne serait-ce que parce qu’en faisant un nettoyage régulier, ça aide à s’y retrouver. Mais là encore, comme on est dans un contexte professionnel, c’est différent. Ne serait-ce que parce que légalement il est nécessaire de conserver très longtemps (voire indéfiniment) des documents, il apparaît logique de ne pas vouloir supprimer systématiquement ce qui concerne le passé. Et puis il y a les consignes de la hiérarchie. Si le N+1 demande à ce que tout soit conservé dans le CLAUDE, selon l’ADEME c’est le salarié en télétravail qui est en tort ? Enfin c’est discutable mais aujourd’hui beaucoup d’entreprises se reposent sur des services de stockage dans le nuage pour leur politique de sauvegarde. Passer par ces services permet de garantir la pérennité des données. Là où un simple stockage sur le poste de l’employé n’est absolument pas suffisant. Résultat c’est bien souvent le salarié qui subit les choix de son employeur. Alors ce n’est pas à lui de corriger cela depuis chez lui.

« 7. Modérer le streaming vidéo« 
Quel rapport avec le télétravail ? Si une personne regarde des vidéos dans le cadre de son activité, c’est que c’est lié à son activité. Il faut donc qu’elle limite son activité ? Et si ce n’est pas en lien avec son activité, ça entre dans le cadre personnel et dans ce cas ça ne concerne pas le télétravail. Hors-sujet (attention, c’est un lien vers YouTube, plateforme de streaming vidéo, ne pas cliquer si vous êtes en situation de télétravail).

« 8. Utiliser le Wifi plutôt que la 4G sur les téléphones portables« 
Oui enfin ça semble être simplement du bon sens, ne serait-ce que parce que c’est souvent plus stable (et qui permet d’avoir une meilleur autonomie), le débit est généralement supérieur et surtout ça ne tape pas dans le forfait data. Rien à voir avec des question écologiques mais pourquoi pas.

« 9. Désactiver les transferts automatiques de données des téléphones portables« 
Je ne vois pas trop pourquoi spécifiquement les téléphones portables. A mon avis ça doit s’appliquer à tous les appareils.
Par contre quand ils disent « Désactivez … les mises à jour automatiques des applications mobiles » cela vient en contradiction directe de la recommandation donnée dans leur PDF La Face Cachée du Numérique disponible en bas de page : « Entretenez-les et installez des protections contre les virus et les malwares: vous éviterez des pannes et ferez des économies. » En terme de sécurité numérique, se maintenir le plus à jour possible au niveau des systèmes et des logiciels est l’une des précautions qui revient le plus. Laisser ces mises à jour se faire automatiquement semble le meilleur moyen d’avoir un système à jour, le plus sécurisé possible et donc le plus durable. A moins qu’ils estiment que c’est au télétravailleur de vérifier chaque demi-journée si des mises à jours ne sont pas disponibles ?

« 10. Et si vous aimez travailler en musique…« 
La plaisir de la découverte en écoutant la radio. Mais ils prennent vraiment les gens pour des abrutis ? Entre avoir le choix entre une dizaine de playlist majoritairement entrecoupées de dizaines de minutes de publicité, et une bibliothèque en libre accès de plus de 50 millions de titres, la découverte se fera à la radio ? Et quitte à jouer à l’idiot, devoir acheter un poste radio ça fait des ressources supplémentaires, pas bon pour la planète. Et il faut l’alimenter ce poste, alors que l’ordinateur tourne déjà. Alors ?
En soit c’est évident qu’écouter de la musique en streaming consomme plus de ressources qu’écouter la radio, mais l’argument fourni est pathétique et surtout je ne suis pas convaincu que forcer les gens à écouter RMC va en faire de bons citoyens respectueux de la planète. Et puis si on n’a même pas le droit de s’accorder ce petit plaisir d’écouter la musique de son choix pendant qu’on travaille, surtout si c’est pour s’isoler et garder sa concentration, autant faire une Xavier Dupont de Ligonnès tout de suite.

Au final on remarque que ces bons gestes n’ont rien de spécifique au télétravail mais s’appliquent tout simplement aux personnes dont l’activité nécessite l’usage régulier de ressources numériques. Hors-sujet global : 0/20.

Si vous avez bien suivi, j’ai sauté le cinquième point « 5. Limiter le poids des réunions en ligne » pour la simple et bonne raison qu’un bref passage sur leur compte Twitter permet de constater que s’ils demandent aux télétravailleurs de faire preuve de sobriété en terme de pratique de visioconférences, eux n’hésitent pas à en organiser à tour de bras.

Dans le fond je suis d’accord avec eux sur le fait qu’il est nécessaire de ne pas foncer vers la surconsommation de services numériques car le virtuel repose malgré tout sur une infrastructure et des ressources bien réelles et donc limitées. Pour autant je trouve leur communication très malvenue puisqu’elle fait porter sur le travailleur des charges qui ne sont pas les siennes et surtout faire cela en cette période de crise où rajouter de la culpabilité sur des sujets annexes n’est absolument pas la chose à faire. Surtout que tout ceci semble être basé sur des croyances personnelles plus que sur la réalité.

* Les données proviennent vraisemblablement d’un rapport de The Shift Project. Et la plupart des informations disponibles sur le sujet se réfèrent à ce dernier. Cela dit d’autres sources semblent tirer des conclusions bien différentes. En attendant d’en savoir plus, comme toujours, il est nécessaire de douter.

Posté le 15 mai 2020 par Jacques Danielle

JDMAI #52

Ozark (Saison 3) : De mieux en mieux. Les intrigues s’accumulent, de nombreux personnages, des évolutions pertinentes, c’est vraiment très bien.

Unorthodox (Saison 1) : Sujet intéressant, réalisation soignée.

The Valhalla Murders (Saison 1, Épisodes 1 à 5) : Ce que j’aime dans les séries type « polar scandinave » ce sont les personnages, les intrigues et le dépaysement qui les rendent totalement différentes de ce que l’on peut voir par ailleurs. En soit la série est pile dans la cible. Mais justement, elle l’est beaucoup trop ce qui fait qu’elle n’a au final strictement rien d’original. Tout est déjà vu, revu et archi revu. J’ai réussi à me forcer mais la fin du cinquième épisode a été la goute d’eau. Et quel dommage d’aller faire une série en Islande pour passer son temps dans des voitures ou des maisons luxueuses. Super. On a ça chez nous aussi. Grosse déception.

Tiger King: Murder, Mayhem and Madness (Saison 1) : Dans un contexte différent, j’aurai peut-être trouvé cela divertissant. Avec ce qu’il s’y passe actuellement, la série documentaire est assez représentative du pouvoir pris par les idiots aux USA, et sûrement trop annonciatrice des changements à venir partout ailleurs. Dire qu’à la base j’avais lancé le premier épisode pour rigoler devant des rednecks qui s’insultaient.

NCIS (Saison 14) : Plaisir coupable.

After Life (Saison 2) : Nettement moins drôle que la première saison mais beaucoup plus triste. Toujours géniale.

Posté le 1 mai 2020 par Jacques Danielle

Inutile donc indispensable

Le tribunal judiciaire de Nanterre a ordonné mardi 14 avril à Amazon France […] de restreindre […] son activité aux seuls produits essentiels. Cette restriction s’applique « dans les 24 heures » et pour un mois.

La juridiction […] l’enjoint de restreindre son activité « aux seules activités de réception des marchandises, de préparation et d’expédition des commandes de produits alimentaires, d’hygiène et médicaux, sous astreinte d’un million d’euros par jour de retard et par infraction constatée ».
[Coronavirus : Amazon obligé de limiter son activité aux produits essentiels et d’évaluer les risques pour les salariés sur FranceTVInfo.fr]

Quelle drôle de posture à adopter que de croire que l’on peut décider, sans recul, de ce qui est essentiel ou non.

D’après les critères fournis, un masque de plongée n’est pas essentiel. Du matériel de couture n’est pas essentiel. Et que dire du filament ABS pour imprimantes 3D, complètement inutile !

Cela ressemble plus à une demi-mesure afin de faire mal au méchant Amazon tout en essayant de passer pour les gentils puisque les produits essentiels seront toujours livrables.

Malheureusement chez Amazon, jouer au plus malin c’est une pratique quotidienne :

C’est une première : Amazon va fermer l’ensemble de ses entrepôts français pendant 5 jours
[…]
L’arrêt des entrepôts aura lieu jeudi 16 avril après la matinée de travail, une fois les commandes restantes honorées, et jusqu’au lundi 20 avril inclus. Pour les salariés, cet arrêt de l’activité se fera sans pertes de salaire ni congés payés forcés. Pour compenser cette situation, Amazon envisage de demander à l’État à bénéficier du dispositif national de chômage partiel, à savoir le remboursement de 70% des rémunérations versées.
[Amazon va fermer ses entrepôts français pendant 5 jours sur Capital.fr]

On se dirige tout droit vers une belle réussite avec des clients privés de biens jugés non essentiels et le salaire des employés d’Amazon partiellement payé par les impôts.

Heureusement à la place on pourra aller se régaler d’un bon Menu Maxi Best Of, essentiel à notre survie à n’en pas douter.

Posté le 15 avril 2020 par Jacques Danielle

JDMAI #51

The Honourable Woman (Saison 1) : La partie géopolitique/espionnage est d’un niveau rarement vu. C’est très subtil, les relations entre les personnages complexes, humaines et pertinentes. La narration, bien que parfois trop simpliste, vient ajouter de l’intérêt. Malheureusement cela est masqué pour le personnage principal, Nessa Stein, complètement instable, qui alterne en permanence entre sang-froid, neutralité et hystérie. Lassant et dérangeant puisque n’apporte ses frasques n’apportent finalement rien de concret à l’ensemble.

High Fidelity (Saison 1) : La bande originale est vraiment cool. Heureusement vu le titre (à double sens). Le reste est correct mais très convenu, sans aucune originalité et finalement rarement drôle.

The Crown (Saison 3) : Changement de casting pour suivre le vieillissement des personnages. C’était risqué et c’est une grande réussite. La série se concentre plus que jamais sur l’humain et passé les titres et les courbettes, tout le monde peut se retrouver dans les personnages. Et c’est probablement tout l’intérêt : plutôt que de faire un énième drama sur des gens ordinaires, montrer l’envers du décor des gens extraordinaires permet de relativiser sur la vision que l’on a généralement de la chose et surtout de voir que l’humain est humain. Une belle réussite.

The least expected day: Inside the Movistar Team 2019 (Saison 1) : En cette période compliquée avec aucune course à suivre à la télé, on se contente de ce qu’on a. Et cette série documentaire, très superficielle, fait l’affaire. J’en attendais beaucoup plus, surtout de la part de Netflix. Dommage. On y découvre quand même quelques explications sur le fonctionnement si particulier de cette équipe et du coureur incroyable qu’est Alejandro Valverde. Et on a quand même droit à des belles images de cyclisme.

Twin Peaks (Saison 3) : Magnifique. Du pur génie. La photographie est sublime. Les personnages sont tous plus incroyables les uns que les autres. A la base je pensais que c’était un énième reboot comme c’est la mode depuis quelques années. Rien du tout. Ça a été construit depuis le départ pour avoir ce troisième volet 25 (27) ans plus tard. Malheureusement période oblige je n’étais pas à fond dedans et j’ai compris environ 1% de ce que j’ai vu. Sans compter que depuis que j’avais vu les deux premières saisons, j’avais évidemment tout oublié. Alors c’est décidé, je vais tout recommencer à zéro, film compris. Cette œuvre magistrale le mérite amplement.

Posté le 1 avril 2020 par Jacques Danielle

JDMAI #50

L’Effondrement (Saison 1) : Techniquement c’est une dinguerie puisque chaque épisode est tourné en simili-plan-séquence. Niveau acteurs comme niveau narratif, c’est très déséquilibré. Le plus problématique concerne surtout le réalisme des scénarios proposés et de l’histoire au global. L’épisode à la centrale nucléaire en particulier, on est limite dans de la pure science fiction. Comme le dernier, qui accumule les clichés et sonne très faux, en essayant d’être critique et source d’optimisme à la fois. Et cette même manie de ne limiter les personnages qu’à deux moyens de transport : la voiture ou la marche. C’est pratique, ça offre un épisode complet dans une station service (avec deux ados qui passent à vélo), mais pour les autres ça donne des situations absurdes où les protagonistes marchent des heures sur les routes avec une capacité d’emport très réduite dans leurs sacs. La fin du monde arrivera certainement avant que je trouve un œuvre correcte sur le sujet.

Silicon Valley (Saison 5) : Enfin; ça redevient intéressant, pertinent et drôle. En route pour la sixième et dernière saison !

Cheers (Saison 1) : Si on regarde le spin-off d’une série avant la série, peut-on dire que la série originelle devient le prequel du spin-off ? Tout cela pour dire que trois mois après avoir terminé Frasier, j’ai décidé d’entamer Cheers. Pour l’instant il n’existe absolument aucun lien entre les deux séries. C’est léger, ça correspond exactement à ce à quoi je m’attendais; alors continuons.

Strike (Saison 1) : Propre.

Silicon Valley (Saison 6) : Nice ! Après quelques saisons laborieuses, on retrouve une série de qualité avec de l’humour bien senti. Et un double épisode final grandiose arrosé de la meilleure blague possible sur la série.
Réduite à trois ou quatre saisons, ça aurait été parfait. Silicon Valley est exactement la série de geeks que j’attendais. Contrairement à The Big Bang Theory qui n’est qu’un ramassis de clichés grotesques jetés dans des situations ridicules, ici l’écriture est beaucoup plus fine et l’humour subtil et construit, avec une véritable histoire. Évidemment, ce n’est pas la meilleur qui connaît le plus grand succès.

ER (Saison 2) : J’aime bien.

Narcos : Mexico (Saison 2) : Pas fou, mais ça se laisse regarder. C’est vraiment propre et la BO est top.

Ragnarok (Saison 1) : Très étrange. Ça commence comme un teen movie américain avant de vite devenir un mélange entre True Blood et Smallville. Seulement six épisodes c’est bien trop peu, obligeant à prendre de trop nombreux raccourcis, bâcler des intrigues intéressantes et se focaliser sur le superficiel. Certaines choses sont bien senties, d’autres beaucoup moins. Certains acteurs sont excellents, d’autres beaucoup moins. Le partenariat Spar/Volvo est bien trop visible qu’on se demande si ce n’est pas une grande publicité. La musique est extrêmement mal utilisée et pas du tout adaptée. L’ambiance particulière d’un village Norvégien dans un fjord est totalement survolée; en dehors de quelques plans, ça pourrait se passer dans n’importe quel pays occidental. De trop nombreux sujets sont abordés sans être creusés, laissant un sentiment de contrariété permanent. Je suis persuadé qu’il était possible de faire quelque chose de vraiment bien avec. Malheureusement tout est superficiel. Dommage.

Cheers (Saison 2) : Still no Frasier. Bilan mitigé. Certains personnages sont attachants et drôles (Sam, Carla, Coach…) et d’autres sont des connards finis vraiment insupportables (Diane et Norm). Beaucoup trop de drama.

For All Mankind (Saison 1) : On frôle la perfection ! Première série Apple TV+ et ça commence très fort. J’avais été globalement déçu par The First car la série s’attardait sur des choses inutiles, ici c’est tout l’inverse. On est presque face à un docu-fiction extrêmement prenant, les scènes dans l’espace sont bluffantes de réalisme, je n’avait jamais ressenti de telles sensations jusqu’à présent. Ce qui se passe sur Terre est tout aussi pertinent. La série arrive à raconter tellement de choses à la foi, tout en restant accessible. Pas de temps perdu à introduire de la violence ou de la romance sans intérêt. Tout est calculé, maîtrisé, dilué comme il faut. Et le casting est impeccable, personne ne dénote. Tout simplement géniale.
En voyant les notes (basses à mon goût) après, j’ai jeté un œil aux critiques et c’est très triste car les avis négatifs proviennent de personnes (des hommes) qui se sentent blessées dans leur fragile patriotisme ou masculinité. Ou comment passer totalement à côté d’un chef d’œuvre à cause d’un esprit fermé.

Posté le 1 mars 2020 par Jacques Danielle

« Page précédentePage suivante »