Le cocher et Henry Ford

Germany’s biggest news publisher Axel Springer has scrapped a move to block Google from running snippets of articles from its newspapers, saying that the experiment had caused traffic to its sites to plunge.

Springer said a two-week-old experiment to restrict access by Google to some of its publications had caused web traffic to plunge for these sites, leading it to row back and let Google once again showcase Springer news stories in its search results.

Chief Executive Mathias Doepfner said on Wednesday that his company would have « shot ourselves out of the market » if it had continued with its demands for the U.S. firm to pay licensing fees.

[…]

Publishers in countries from Germany and France to Spain have pushed to pass new national copyright laws that force Google and other web aggregators to pay licensing fees – dubbed the Google Tax – when they publish snippets of their news articles.

Under German legislation that came into effect last year, publishers can prohibit search engines and similar services from using their news articles beyond headlines.

[…]

Seeking to capitalize on the German law, two weeks ago VG Media – a consortium of around 200 German publishers, including Springer – said that Google could no longer publish snippets of text and images from their publications.

Google complied and ran only headlines of articles to limit their liability. It requires publishers who want their content to continue to show up in Google search results to give it explicit permission to do so and freedom from any liability for licensing fees under such laws.

[…]

Springer said traffic flowing from clicks on Google search results had fallen by 40 percent and traffic delivered via Google News had plummeted by 80 percent in the past two weeks.

Doepfner said the resulting dramatic drop in traffic to his company’s publications was proof of Google’s overwhelming power in the search market. He said he hoped lawmakers, courts and competition regulators would take action to curb its powers.

« Others will have to pick up the ball now, » the Springer boss told reporters on a conference call following the publication of the Berlin-based company’s quarterly results.

[Germany’s top publisher bows to Google in news licensing row sur Reuters.com]

On a du mal à y croire, mais c’est bien vrai.

D’un côté, ces vieux gâteux s’en vont pleurer auprès des politiques pour se plaindre d’un système qui leur fournit un lectorat gratuitement, réclamant eux-même d’être payés pour autoriser ce système de leur fournir des clients. Avant de faire un incroyable retour arrière après avoir obtenu ce qu’ils souhaitaient, se rendant compte de l’incroyable connerie qu’est le fait de se priver de clients gratuits, signe de l’absence de respect pour eux-mêmes.

De l’autre, non contents de faire des caprices envers des systèmes créés de toutes pièces par des éléments totalement externes et visant à les servir, ils réclament maintenant que d’autres systèmes, plus favorables, soient créés, là encore sans qu’ils aient besoin de mettre la main à la pâte.

En soit la démarche initiale n’a rien de farfelue et est même tout à fait sensée. Les médias étant des entreprises produisant du contenu qu’elles doivent monétiser afin de se financer (ne parlons même pas de bénéfices ici). Et pour pouvoir monétiser ce contenu, nul doute que sa diffusion doit être contrôlée.

Avant l’Internet et le Web, les médias avaient pour eux la presse écrite, la radio et la télévision.

Rapportons la situation présente à la presse écrite (papier); car c’est surtout d’elle dont il s’agit.

Le journal avait pour tâche de faire rédiger des articles par ses journalistes, qui étaient agrégés dans une publication papier, imprimée puis distribuée via divers canaux dont des commerces physiques qui en faisaient plus ou moins leur activité principale. Est-ce que les maisons de la presse qui souhaitaient proposer à la vente tel journal dans leurs rayons devaient verser une contribution à ce journal ? Non. C’est d’ailleurs l’inverse, puisque le commerce touchait une petite commission sur chaque vente. Et n’est-ce pas les différents journaux qui ont permis la création de ce réseau de distribution au client en s’associant entre eux pour faciliter la répartition sur le territoire ?

Aujourd’hui, un journal sur le Web a également pour tâche de faire rédiger des articles par ses journalistes. L’ensemble de ceux-ci publiés par journée constituent l’équivalent d’une publication, qui est alors mise à disposition via des serveurs connectés à l’Internet. Google News est ce qui ressemble le plus aux maisons de la presse. Et dans ce contexte, pourquoi Google devrait payer un journal pour pouvoir relayer ses articles afin de rediriger l’internaute sur son site ? Et pourquoi ce serait à un acteur externe comme Google de devoir développer une solution permettant une diffusion du contenu du journal au client ?

Là où avant le journal devait imprimer puis distribuer sa publication, ces personnes estiment que dorénavant ils peuvent s’arrêter à l’impression. Les journaux sont là, posés sur le pas de la porte, à la disposition du lecteur, mais hors de question d’en assurer la distribution. Et gare à celui qui oserait vouloir le faire gracieusement; ce travail devrait être assuré contre dédommagement.

Comment peut-on prétendre diffuser une information de qualité lorsque l’on vit dans le passé et que l’on n’a aucune notion du monde dans lequel on vit ?

Qu’ils crèvent, et vite. D’autres prendront leur place avec plaisir.

Posté le 8 novembre 2014 par Jacques Danielle