La Voix du Nord, les rois du lulz

En Janvier dernier, La Voix du Nord, et plus globalement le groupe La Voix, annonçait sa nouvelle stratégie. En particulier, concernant le Web :

Le premier groupe de presse au nord de Paris a organisé ce jeudi matin en son siège de la Grand Place de Lille une conférence de presse pour expliquer sa « médiamorphose », une nouvelle stratégie de développement qui tient compte de l’importance désormais acquise par l’information numérique dans les différents médias (presse écrite, audiovisuel).

« Nous devons maintenir nos positions en diffusion papier tout en enrichissant notre offre éditoriale sur Internet », explique Jean-Michel Bretonnier, rédacteur en chef de La Voix du Nord.
[…]
Plus de six millions d’euros ont été engagés dans la création et le développement d’une nouvelle plateforme éditoriale permettant de publier tout types de contenus dans tout types de médias
[…]
L’information en temps réel et le bouclage permanent deviennent la norme, l’offre de contenus sera de plus en plus segmentée sur Internet avec une évolution vers un mode payant de l’information à partir d’un certain nombre d’articles vus sur le web.
[Le groupe La Voix présente sa nouvelle stratégie (VIDÉOS) sur LaVoixDuNord.fr]

Et les changement promis pour la version Web commencent à arriver. Depuis quelques semaines déjà, voici ce que l’on peut avoir la chance d’observer quand on tente d’accéder à un des articles du site :

lavoixdufail

Et lorsque l’on clique pour fermer la popin, on se retrouve avec ceci :

lavoixdufail2

Mince alors. Cinq articles par mois ? Ça fait peu…

Mais sur quoi peut bien être basé ce compteur ? Comment sait-il que j’ai déjà lu cinq articles ce mois-ci ?

Via un cookie, bien entendu :

lavoixdufailcookie

Et c’est là que ça devient totalement ridicule.

Parce que comme tout bon cookie :

– il me suffit de le supprimer pour pouvoir lire de nouveau cinq articles (puis recommencer…)
– il n’est absolument pas personnel, n’a aucune valeur
– il ne fonctionne donc que pour les gens qui n’y connaissent rien

Après tout, même celui qui n’y connait rien, il suffit qu’il ait un ordinateur personnel, un smartphone, et un ordinateur sur son lieu de travail pour pouvoir consulter au moins quinze articles, voire plus si il utilise, sans s’en rendre compte, plusieurs navigateurs. Donc adieu la simple limite de cinq articles.

Mais au delà de ça, je ne comprends vraiment pas l’intérêt d’agir de la sorte. Introduire des limitations pour un utilisateur identifié a du sens, car derrière cela il y a un email qui, en majorité, sera personnel. Mais faire cela en se basant sur un cookie, en 2013 ? Sérieusement ?

Je ne sais pas combien leur a coûté l’idée puis sa réalisation, mais c’est clairement de l’argent perdu. Surtout que la Loi évoluant, il y a de fortes chances pour que l’Europe oblige à obtenir l’autorisation de l’Internaute pour stocker des cookies. Et là, ils l’auront dans l’os, car même les moins chevronnés pourront leur faire un joli doigt d’honneur.

Posté le 11 mai 2013 par Jacques Danielle