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JDMAI #83

De helaasheid der dingen (2009) : En français le titre est La merditude des choses. Des cas sociaux et des vélos; que demander de plus ? Malgré son côté brut, c’est assez équilibré et suffisamment authentique pour que depuis son salon propre et aéré, on sente le mélange de tabac, bière tiède, sueur, vomi et crasse. Les stickers collés sur les meubles et les fenêtres, le genre de détail qui ne trompe pas. Et visuellement c’est superbe et d’autant plus surprenant pour le contexte.

Remorques (1941) : Adaptation du roman que j’avais lu en début d’année (ah non en fait c’était début 2021, à l’aide !); je dois avouer que je suis bien déçu. Le gros du livre est tourné vers l’univers maritime, raison pour laquelle je l’avais lu; avec de la romance en fond. Le film, lui, se focalise sur la romance et se fend de quelques scènes maritimes histoire de justifier le titre. Et vu l’époque, c’est visuellement une catastrophe. La maquette utilisée pour simuler le bateau dans la tempête est grillée à des kilomètres, malgré la très mauvaise qualité d’image. Et sur la plupart des images réelles on peut apercevoir la côte alors qu’ils sont censés être en pleine mer.
Résultat les scènes extrêmement bien écrites et détaillées sont bâclées, si ce n’est simplement oubliées; et celles sur la terre ferme qui n’ont droit qu’à quelques paragraphes maximum occupent des dizaines de minutes à l’écran.
Bref, c’est chiant.

Anna Karénine – Léon Tolstoï : Pour moi ce livre illustre parfaitement ce qu’est un chef d’œuvre : ça se consomme simplement, naturellement; ce n’est pas bourré de fioritures et gorgé de prétention; et ce n’est qu’une fois qu’on se pose pour prendre du recul que l’on réalise à quel point maîtrisé.
J’ai eu un peu de mal à rentrer dedans à cause des nombreux personnages, de leurs relations croisées et surtout de leurs noms, compliqués et multiples.
Mais ensuite, c’était dur de s’arrêter. La septième partie, justement centrée sur Anna, m’a amené plus de confusion qu’autre chose, certainement parce que le thème ne me parle pas.
Et finalement, ça se termine sur des évènements qui ne résonnent que trop familièrement aujourd’hui.
A titre personnel, je n’ai pu m’empêcher de me retrouver en partie dans le héros du livre, ce qui n’a pu que m’aider à apprécier l’ensemble. Le fait qu’il ait justement 32 ans au début de l’histoire est d’ailleurs un heureuse coïncidence.
Accessoirement, avec environ 1200 pages selon l’édition, c’est le plus long livre que j’ai lu jusqu’à présent, ce qui explique le peu de variété de mois-ci.
Je pourrai citer des dizaines de passages, mais je vais me limiter à trois.

[…] je suis simplement partisan de la division du travail. Ceux qui ne sont propres à rien sont bons pour propager l’espèce. Les autres doivent contribuer au développement intellectuel, au bonheur de leurs semblables. Voilà mon opinion. Je sais qu’il y a une foule de gens disposés à confondre ces deux branches de travail ; mais je ne suis pas du nombre.
[Anna Karénine – Léon Tolstoï]

J’ai ici un but d’activité qui m’intéresse, dont je suis fier ; ce n’est pas un pis-aller, bien au contraire, mais pour travailler avec conviction il faut travailler pour d’autres que pour soi, et je ne puis avoir de successeurs !
[Anna Karénine – Léon Tolstoï]

Comment admettre le droit que s’arrogeait une poignée d’hommes, son frère parmi eux, de représenter avec les journaux la volonté de la nation, alors que cette volonté exprimait vengeance et assassinat, et lorsque toute leur certitude s’appuyait sur les récits suspects de quelques centaines de mauvais sujets en quête d’aventures ? Rien ne confirmait pour lui ces assertions ; jamais le peuple ne considérerait la guerre comme un bienfait, quelque but qu’on se proposât. Si l’opinion publique passait pour infaillible, pourquoi la Révolution et la Commune ne deviendraient-elles pas aussi légitimes que la guerre au profit des Slaves ?
[Anna Karénine – Léon Tolstoï]

#Playlist

Bobo Playground – Alexis HK : La musique est entraînante, le clip simple mais propre. Les paroles, une pure régalade du début à la fin.

Bienvenue à Rouen – Andrei : Bien écrit et entraînant, mais ce que je trouve fascinant c’est comme chaque ville de province française semble exactement la même d’après ce qu’en racontent leurs habitants.

Bien Cordialement – The Toxic Avenger : Au départ j’ai cru que Spotify s’était mis à me balancer une pub, puis j’ai prêté l’oreille et j’ai peu à peu pris conscience de l’incroyable délire qu’est ce morceau. La musique électro qu’on aime, les paroles délicieuses et ce titre tellement parfait…

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