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JDMAI #77

The Silkworm – Robert Galbraith : Un peu bordélique. Comme j’avais déjà été confronté à l’intrigue via l’adaptation télé, que j’avais l’impression de connaître la solution sans exactement avoir tous les détails, ça m’a pas mal gâché la chose. Dommage. Malgré tout, rien que pour la relation entre Cormoran et Robin, je continue !

Strike had always marvelled at the strange sanctity conferred upon celebrities by the public, even while the newspapers denigrated, hunted or hounded them. No matter how many famous people were convicted of rape or murder, still the belief persisted, almost pagan in its intensity: not him. It couldn’t be him. He’s famous.
[The Silkworm – Robert Galbraith]

The Secret Life of Walter Mitty – James Thurber : Je suis probablement passé complètement à côté de la chose car si je vois l’intérêt de la chose, je ne comprends pas ce qui peut le rendre culte. C’est à la fois trop court pour un livre correctement développé et trop long pour ce qui aurait eu beaucoup plus d’impact dans une chanson à mes yeux. M’enfin.

Ozark (Saison 4) : Voilà, c’est fini. Sans larmes, mais dans la bonne humeur. Honnêtement impressionné par la qualité du travail qu’ils ont réussi à maintenir jusqu’au bout. Quand on sait ce qu’il advient des séries Netflix depuis quelques années, et d’où ça partait, j’étais vraiment inquiet.
De nombreux sujets sont abordés (dont la nécessité de rejoindre #TheWarOnCars) mais si je dois n’en retenir qu’un sur cette série, c’est à quel point les auteurs ont réussi à mettre en scène de nombreux personnages féminins forts de manière totalement naturelle. A tel point que ce n’est qu’en faisant le bilan et en analysant le casting que j’ai réalisé qu’en fait, les vrais personnages principaux sont des femmes.
A la tête de cette galerie de personnages, il y a évidemment Ruth Langmore interprétée magistralement par Julia Garner. Du début à la fin c’était parfait.

Ruth Langmore : God’s a motherfucker. Isn’t he? Built me smart enough to know how fucked up my life is. But not quite smart enough to haul my ass out of it.
[Ozark – 4×04]

The Midnight Library – Matt Haig : Je trouve l’idée très intéressante et plutôt bien développée; avec une écriture bien rythmée et un humour léger. Par contre la dernière partie, qui transforme l’ouvrage en guide de prévention du suicide avec des phrases à rallonge à la limite du cringe, ça gâche tout, clairement. On avait compris l’objectif dès le départ, je ne comprends pas ce besoin de tout expliciter comme ça. Dommage.

Like I still want to die. I have wanted to die for quite a while. I have carefully calculated that the pain of me living as the bloody disaster that is myself is greater than the pain anyone else will feel if I were to die. In fact, I’m sure it would be a relief. I’m not useful to anyone. I was bad at work. I have disappointed everyone. I am a waste of a carbon footprint, to be honest.
[The Midnight Library – Matt Haig]

Hotel du Lac – Anita Brookner : Pas convaincu. Assez lent à se mettre en place, une fois dedans c’est prenant, étonnamment drôle; mais pour une raison toujours inconnue on part sur un flashback qui dure des plombes sans rien apporter de concret avant du finir sur quelque chose de tellement prévisible qu’il est difficile de ne pas être déçu devant le manque d’imagination.

‘And what is the most potent myth of all? […] The tortoise and the hare,’ she pronounced. ‘[…] The tortoise wins every time. This is a lie, of course,’ she said, […] ‘In real life, of course, it is the hare who wins. Every time. Look around you. And in any case it is my contention that Aesop was writing for the tortoise market. Axiomatically,’ she cried, her voice rising with enthusiasm. ‘Hares have no time to read. They are too busy winning the game. The propaganda goes all the other way, but only because it is the tortoise who is in need of consolation.‘
[Hotel du Lac – Anita Brookner]

Parlement (Saison 2) : Beaucoup trop drôle et réaliste ! C’est impressionnant la façon dont ils arrivent à aborder des sujets importants (et graves) avec légèreté et subtilité. Une superbe réussite. Toujours disponible en libre accès chez France TV.

King Kong Théorie – Virginie Despentes : Pas convaincu. D’un côté, beaucoup d’idées et réflexions intéressantes, basées sur des expériences concrètes et avec un style plaisant. De l’autre, tout un tas d’affirmations farfelues sorties de nulle part, appuyées par rien et dans un style intello barbant.
Quand elle affirme que toutes les prostituées ne sont pas des victimes, qu’elles ne sont pas toutes contraintes de pratiquer cette activité, je n’ai aucun mal à la croire. Son expérience est là pour appuyer son propos et, la diversité, c’est le propre du vivant ! Mais quand plus tard elle dit que « les hommes […] ce dont ils ont vraiment envie, c’est de baiser les uns avec les autres. Les hommes aiment les hommes« ; elle tient ça d’où exactement ? Comment elle démontre cette uniformité ? Elle ne fait même pas l’effort d’une petite anecdote pour tenter d’illustrer le propos, non. C’est tout, catégorique. C’est comme ça. Étrange…
Plus généralement, sa posture fait que quiconque émet un avis, positif ou négatif, sur ses écrits a automatiquement perdu et vient démontrer ses affirmations. Puisque l’on est soit un larbin utile du système, soit un rouage actif et coupable. Pile je gagne, face tu perds !
Finalement, force est de reconnaître que c’est réussi car difficile de rester indifférent face à cet essai. Well done!

Échanger un service sexuel contre de l’argent, même dans de bonnes conditions, même de son plein gré, est une atteinte à la dignité de la femme. Preuve en est : si elles avaient le choix, les prostituées ne le feraient pas. Tu parles d’une rhétorique… comme si l’épileuse de chez Yves Rocher étalait de la cire ou perçait des points noirs par pure vocation esthétique. La plupart des gens qui travaillent s’en passeraient s’ils le pouvaient, quelle blague !
[King Kong Théorie – Virginie Despentes]

Louie (Saison 4) : On a clairement quitté la comédie; d’ailleurs on ne voit quasiment plus d’extraits de stand-up. A la place il construit d’excellentes histoires humaines et ça prend. Vraiment. Et à y regarder de plus près je trouve que c’est également la série qui met le mieux en image la vie dans une grande ville. D’habitude la ville est un simple décors alors qu’ici c’est vraiment un personnage à part entière et c’est plaisant à voir.

Les Kassos (Saison 6) : De manière évidente, ils ont été contraints de réduire la voilure sur le contenu trash et ça se ressent. Ils compensent, je trouve, en creusant beaucoup plus dans la créativité des textes; moins percutants mais plus réfléchis. Ça me plaît. A côté, par manque de références, je suis passé à côté de certaines scènes.

Career of Evil – Robert Galbraith : Comme le précédent, c’est assez bordélique et l’intrigue n’est pas si intéressante que cela. Ça aurait pu être plié sans problème en moitié moins de pages. Le véritable intérêt de la série c’est vraiment la relation entre Cormoran et Robin. Et l’auteure l’a parfaitement compris étant donné le contenu du tout dernier paragraphe. Vite, la suite !

She had the look of a Bruegel peasant, with her rounded cheeks, prominent chin and wide nose. Eyebrows as thick and bushy as tiger moth caterpillars overhung her puffy eyes.
[Career of Evil – Robert Galbraith]

Woke: A Guide to Social Justice – Titania McGrath : Certains passages sont particulièrement drôles et bien trouvés. D’autres sont terrifiants de réalisme. D’autres encore amènent une réflexion intéressante. Enfin, certains sonnent creux, gratuits, réchauffés et donnent le sentiment d’être du pur fan-service à destination des anti-woke, exactement à l’image des écrits que le titre est censé parodier. Un livre entier, si court soit-il, était peut-être trop ambitieux.

Let’s be very clear about this. Any form of segregation of the sexes, in sports, in schools, in toilet facilities – anywhere at all – is a reprehensible form of gender apartheid. Except when it comes to mosques, in which case it’s empowering.
[Woke: A Guide to Social Justice – Titania McGrath]

Cop Land : En dehors de l’ambiance 90’s, c’est pas terrible terrible. L’intrigue est vraiment très simpliste.

Cast Away : Une pub de 2h30 pour un transporteur et un fabriquant d’équipement sportif ? Ou alors je suis passé à côté de quelque-chose ?

Arizona Dream : Le genre de délire artistique auquel j’arrive à adhérer. Superbe. Et je me rends compte aujourd’hui que j’ai été bercé dans mon enfance par l’écoute de l’OST.

The Travelling Cat Chronicles – Hiro Arikawa : A la lecture du résumé et de quelques avis, je craignais que ça ne tourne trop autour du pathos et du kawaii. Ce n’est pas le cas. La première partie est surtout très drôle. Le dernier tiers, beaucoup moins, évidemment. Mais c’est écrit de manière subtile, presque avec pudeur. On n’a pas l’impression d’être contraint à la tristesse. Au final c’est une très belle histoire de relations humaines mais aussi, et surtout, du lien fort qui peut exister entre un humain et un animal de compagnie; et les conséquences que cela peut avoir sur la vie d’autres humains et animaux.

Feeling the weight of a cat’s paws pressing into your shoulders in the middle of the night – not much beats that.
[The Travelling Cat Chronicles – Hiro Arikawa]

#Playlist

Seth Gueko – Mange tes morts : Un bon son de barlou bien débile avec un refrain délicieux.

The Interrupters – She Got Arrested : La première fois que j’ai entendu ce morceau j’étais persuadé d’entendre un morceau enregistré par un groupe anglais il y a au moins trente ans. Quelle ne fut pas ma surprise en apprenant qu’il date des années 2010 et provient d’un groupe californien. Je mets celui-ci car c’est le premier que j’ai entendu mais tous les autres sont au moins aussi biens. Je ne décroche plus. Cette reprise de Bad Guy !!!

Casiopea – Midnight Rendezvous : Même chose que pour The Interrupters, premier morceau découvert du groupe mais tout ce qu’il ont fait est absolument fou ! Et cette fois, ça sent les années 80 et ça tombe bien car ça vient (approximativement) de cette époque.