JDMAI #66

Homicide: Life on the Street (Saison 1) : What ?! La série, débutée en 1993 (et uniquement disponible sous forme de vieux DVDRIP 4:3 absolument affreux), est issue du livre Homicide d’un certain David Simon, essentiellement connu aujourd’hui pour être l’auteur de The Wire, globalement admise comme étant la meilleure série de l’histoire. C’est donc en quelque sorte sa grande sœur. Et ça se ressent car tout. Tout.
Certes la narration est moins bonne, chaque épisode semble avoir été écrit indépendamment des autres malgré un fil rouge. Mais c’est justement peut-être ce qui rajoute de l’intérêt à la série, avec différentes expérimentations menées dans chaque épisode. Avec le cinquième en tête : Three men and Adena.
La profondeur des dialogues, qui peuvent paraître anodins en première écoute mais qui s’avèrent être millimétrés et qui trente ans plus tard sembleraient avant-gardistes.
C’est d’ailleurs un sentiment que je ressens quasiment à chaque fois que je me plonge dans les archives artistiques : tout a déjà été dit, tout a déjà été fait. Ici c’est flagrant. Avec des personnages qui tiennent des propos d’une clairvoyance absolue. Et la série pose globalement les bases de toutes les séries d’investigations, bonnes et moins bonnes, qui seront produites par la suite.
Mais peut-être qu’il en existe une encore plus ancienne qui faisait déjà tout ça ? Qui sait ?
En attendant je me régale par avance des six saisons qu’il me reste à regarder.
Et quand on voit le casting et la carrière qu’ont eu de nombreux acteurs par la suite, il ne fait aucun doute que tous les éléments étaient réunis pour que ça soit une réussite.

L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche (Tome 2) – Miguel de Cervantès : Well… Non seulement ce second volume est nettement moins drôle que le précédent, mais en plus on a clairement l’impression de tourner en rond. Alors, quelle interprétation ? Quand je lis les quelques citées sur Wikipédia, je me dis que soit ces personnes consomment des drogues dures en grande quantité (souvenirs de cours de français au lycée), soit je suis beaucoup trop limité intellectuellement. Partons pour la seconde option. Certes, certaines histoires annexes apparaissent comme tout à fait justes et pertinentes. Mais don Quichotte, ça reste un fou qui provoque beaucoup de dégâts sur le chemin de ses illusions, qui porte atteinte à un nombre non négligeable d’individus, qui se fait manipuler par des personnes bien mal intentionnées et qui ne doit son salut qu’à la bienveillance de quelques-uns de ses proches. J’ai bien du mal à voir là-dedans quelqu’un qui tenterait d’aller à contre-courant de la société pour faire un monde meilleur. Quitte à vouloir s’identifier à un personnage du roman, autant choisir Sansón CARRASCO. M’enfin… Je retiendrai surtout le premier tome, une vraie bonne surprise, très drôle. La suite, tant la fictive décrite dans l’ouvrage que l’œuvre elle-même sont totalement dispensables.

Le Magasin des suicides – Jean Teulé : Amusant.

La très jeune fille hésite entre les chewing-gums, Mistral perdants emballés d’un papier, et les Roudoudous de Thanatos
[Le Magasin des suicides par Jean Teulé]

Mare of Easttown (Saison 1) : Masterpiece. Tout est là, tout est maîtrisé. La performance magistrale de Kate Winslet, soutenue par un casting tout aussi bon, l’histoire creusée de chaque personnage, la trame de fond parfaitement narrée, la musique, la photographie, le montage… Tout y est. Tout.

The Least Expected Day: Inside the Movistar Team 2019 (Saison 2) : Bon, problème de titre maintenant visiblement. Ils n’avaient peut-être pas envisagé le succès. Passons. Ce second volet est à l’image de la saison de l’équipe : sans grand intérêt. Équipe en perte de repères après d’importants départs, avec la pandémie qui a tout chamboulé… Les résultats ne sont pas tout à fait là et en dehors du premier épisode qui magnifie les galères, le reste est plutôt mou. Même les individus semblent se comporter différemment vis à vis de la caméra, maintenant qu’ils ont l’expérience de la première saison. Malgré tout ça se regarde, six fois vingt-cinq minutes ça passe bien plus vite qu’une étape de plaine en juillet. Et surtout, j’ai bon espoir de pouvoir apprécier une suite, tant l’équipe a déjà su rebondir cette année !

L’amour, c’est surcoté – Mourad Winter : Découvert par hasard via une petite citation sur Twitter, la surprise fut : énorme. Le style est moderne (comprendre : c’est écrit comme ça se parle), ça balance des punchlines à pleurer de rire (histoire vraie) à chaque paragraphe, c’est truffé de références particulièrement bien senties… et à côté de ça, sont abordées avec brio des problématiques bien réelles : l’amour, l’identité, le racisme… Mais sans, à aucun moment, tomber dans la lourdeur habituelle des choses où l’auteur apparaît plus prétentieux qu’autre chose. Là c’est simple et naturel. Pas de prise de tête et les messages passent.
Je trouve que c’est une excellente nouvelle de voir ce genre de livre écrit, publié et supporté par un acteur assez important du monde de l’édition car au delà de soutenir le travail de nouveaux artistes, ça va très certainement convertir un nouveau public à la lecture, tout en faisant découvrir une nouvelle culture à un autre public. win-win-win-win.
Par le passé on a déjà vu des auteurs différents être publiés, mais leur différence c’était uniquement leur tête et leur patronyme. Derrière ce qu’ils produisaient c’était soit de la littérature chiante traditionnelle, soit de la diarrhée sans intérêt.
Et Mourad, ce n’est pas parce qu’il ponctue son texte de « mdr » et autres « wallah », que c’est un illettré. Bien au contraire.

Elle veut me faire comprendre quelque chose, mais la dernière fois que j’ai lu entre les lignes c’était la pancarte d’un Syrien au changement de la 8 et de la 5 à République.
[L’amour, c’est surcoté par Mourad Winter]

The Sinner (Saison 3) : Quelle purge ! Au départ ça semble intéressant, avec une tentative de pousser la réflexion plus loin qu’une nouvelle enquête, mais finalement les personnages sont survolés, tout change dès que ça peut arranger l’intrigue, Harry Ambrose est insupportable du début à la fin, ça brode, ça brode, ça brode et ça s’écroule complètement à la fin.

Bo Burnham: Inside : Difficile à décrire, mais vaut absolument la peine d’être vu, pour la performance technique et artistique !

Pro Cycling on $10 a Day: From Fat Kid to Euro Pro – Phil Gaimon : Oui. Exactement ce que j’espérais, avec une plongée autobiographique dans le parcours d’un jeune cycliste américain vers le monde professionnel en Europe. Le tout parsemé de très nombreuses anecdotes et de l’humour de Phil.

Most important, how could I possibly stop being a pessimistic asshole if I was never wrong?
[Pro Cycling on $10 a Day: From Fat Kid to Euro Pro par Phil Gaimon]

Curb Your Enthusiasm (Saison 10) : Ça reste toujours très drôle, c’est bien renouvelé tout en restant fidèle à ce qui en fait sa particularité. Surtout, cette saisons a la particularité de constituer un tout, où chaque épisode précédent vient servir ce dernier épisode absolument génial. Pretty, Pretty, Pretty Good !

Line of Duty (Saison 4) : Superbe. Très bien écrit, très bien narré, très bien réalisé, très imprévisible. Top. Et ce qui est encore plus appréciable c’est que c’est particulièrement réaliste car il n’y a pas de héro. Tous les personnages ont des défauts plus ou moins importants et sont tous plus ou moins détestables. Comme dans la vraie vie !

Ragnarok (Saison 2) : J’allais commencer à écrire quelques mots quand je suis allé voir ce que j’avais dit sur la première saison et… c’est exactement pareil. Après deux saisons, on est arrivé à ce qui aurait du être le premier tiers de la première saison. Il est sûrement temps de lâcher l’affaire, ça n’ira nulle part à ce rythme.

#Playlist

Michel – Nekete : Il a fallu en choisir un mais globalement toute sa chaîne YouTube vaut le détour. Ses morceaux s’écoutent seuls, mais ce qui fait tout l’intérêt de son travail c’est qu’il est global : le personnage, les textes, la musique et surtout les clips.