Et pourtant l’obscurité règne

Il-y-a deux semaines, je lisais cet article dans lequel cinq expertes expliquaient que, non, nous n’avons pas besoin de dormir huit heures par nuit.

Etant en pleine lecture d’un ouvrage sur le sommeil, ces cinq non catégoriques m’ont fortement étonné.

En regardant leurs explications, une chose revient pour quatre des spécialistes : il faut dormir entre sept et neuf heures par nuit.
Alors je n’ai pas de doctorat sur le sujet mais j’ai suivi une scolarité normale jusqu’au Bac, et pour moi « entre sept et neuf« … ça fait huit.
La dernière interviewée indiquant « certaines personnes ont besoin de plus de huit heures et d’autres de moins« ; là encore, on constate que en moyenne, il faut dormir… huit heures.

Et le problème en indiquant que non, nous n’avons pas besoin de dormir huit heures par nuit car c’est une moyenne c’est que les gens ne retiennent pas que c’est une moyenne mais que dormir huit heures par nuit n’est pas nécessaire. Point.

L’humain étant faible par nature, il se dira donc que sept heures à sept heures trente de sommeil représentent la quantité parfaite de sommeil. Ce qui dans les faits se traduira par des nuits de six heures trente à sept heures puisque par définition la perfection n’est pas atteignable.

Résultat très négatif car cela conduira une majorité de personnes à dormir bien moins que leurs besoins réels.

C’est surprenant qu’une marge d’erreur ne soit pas appliquée ici comme on peut le retrouver par exemple avec la fameuse date limite de consommation présente sur certaines denrées périssables.

Quand la date indiquée est le 15/03, cela ne veut pas dire que le produit est consommable jusqu’au 14/03 23h59 et à minuit il devient immédiatement un danger. Non. En réalité dans la plupart des cas le produit peut être consommé sans aucun risque quelques jours après la DLC.
Mais la date choisie l’est après avoir déterminé la durée moyenne de conservation saine d’un produit, à laquelle on rajoute une marge de sécurité qui permet de garantir les qualités du produit jusqu’à cette date voire un peu plus.

Pour le sommeil en indiquant que huit heures minimum sont l’objectif, cela permet d’ajouter une marge et en visant cela les gens s’approcheraient plus de leurs réels besoin qu’ils ne s’en éloigneraient comme cela est le cas quand il est expliqué que sept heures sont admissibles.

L’autre point inquiétant dans les différents paragraphes concerne les fameuses personnes qui n’ont besoin que de six heures de sommeil par nuit, qualifiées de « rares ». La réalité semble être toute autre : extrêmement rare.
Malheureusement là encore l’humain est faible et s’imagine toujours exceptionnel, alors nécessairement il pense faire partie de cette élite du sommeil et a 99.9% de se tromper lourdement.

Ça c’était fin février.

Et hier l’agence Santé Publique France publiait les résultats d’une étude sur le sommeil avec comme observation :

Pour la première fois depuis que le sommeil est observé sur le plan épidémiologique en France, le temps de sommeil moyen nocturne est inférieur à 7 heures, en incluant les jours de repos (6h45 minutes). Le temps de sommeil par 24 heures est aussi inférieur à 7 heures (y compris le temps de sieste) : 6h55 minutes.
[Le temps de sommeil, la dette de sommeil, la restriction de sommeil et l’insomnie chronique des 18-75 ans : résultats du Baromètre de Santé publique France 2017 sur SantePubliqueFrance.fr]

Etonnant.

Le titre.

Posté le 13 mars 2019 par Jacques Danielle