JDMAI #61

Fargo (Saison 4) : Les deux premiers épisodes sont un régal, le WTF habituel de la série, avec un casting dingue, une esthétique au cordeau… Puis derrière on change de réalisateur pour chaque épisode, résultat c’est très inégal, avec parfois du très banal qui se regarde mais sans cette touche savoureuse habituelle. Ça se termine plutôt correctement.

Fargo (1996) : Le film dont est tirée la série. Après quatre saisons, il était temps de le voir. C’est un excellent film et aucun doute qu’à l’époque ça devait être quelque chose de totalement inédit. Maintenant, on peut voir que la série est allée beaucoup plus loin dans le concept et on reste sur sa faim.

DES (Saison 1) : Propre.

Perry Mason (Saison 1) : Un grand n’importe quoi qui se regarde mais qui ne vaut pas la peine de s’y attarder. Ça mélange des heures de contemplation sur des personnages sans grand intérêt, avec d’énormes raccourcis illogiques pour faire avancer l’histoire comme voulu. Ça mélange une banale intrigue policière, à une tentative de reconstitution historique, à une tentative de réflexion globale, à de l’étonnant politiquement correct. Le tout passant de décors et costumes très travaillés, à des éléments beaucoup plus bâclés avec en tête la BO digne d’un film pornographique à budget restreint. Et c’est du HBO. Dommage. A côté le casting est plutôt convaincant.

Mystery Road (Saison 1) : Ça marche bien, avec une narration prenante, une photographie qui dépayse, et une intrigue plutôt correcte. Seule ombre au tableau, Judy Davis, qui n’est absolument pas adaptée au rôle qu’elle interprète, bien trop précieuse dans son uniforme de policière rude de la campagne, trois fois trop grand pour elle. Merci Arte pour la diffusion.

Don’t F**k with Cats: Hunting an Internet Killer (Saison 1) : En me basant purement sur le titre, je ne m’attendais pas à ça… Sacrée histoire que je n’avais pas vraiment suivie à l’époque. Et plus généralement à peu près toutes les personnes qui interviennent dans le documentaire ont des troubles psychologiques au même titre que le principal accusé. La question de la pertinence de ce documentaire se pose, forcément. Mais ne serait-ce que pour alerter la population de ce que peut signifier le comportement de certaines personnes de leur entourage; oui; c’est nécessaire.

Death to 2020 (2020) : Quitte à faire le bilan de 2020, autant être drôle pour ne pas perdre le téléspectateur. Et c’est réussi. Un choix d’acteur au cordeau, un montage bien ficelé et des dialogues particulièrement bien sentis. Ça ne plaira pas à tout le monde, mais si on adhère, on adore !

Staged (Saison 1) : C’est très particulier et le premier épisode est difficile à appréhender mais une fois qu’on a compris ce qu’on regarde, c’est simple, drôle et divertissant. Entourage en période de confinement.

Unsolved Mysteries (Saison 1, Épisode 1) : Suite au visionnage du reboot Netflix, j’ai été tenté de regarder l’originale. Comment dire. Ça a globalement très mal vieilli, la mise en scène et les reconstitutions font vraiment émission ringarde de la TNT. J’ai du me faire violence pour terminer ce premier épisode. Je ne pourrai m’en infliger plus.

Inside the World’s Toughest Prisons (Saison 1, Épisode 1) : Pas très inspiré à la base, j’ai décidé de regarder car on m’en a dis du bien. La réalisation façon Man VS Wild avec le présentateur qui parle à la caméra est tout simplement insupportable et absolument pas crédible. Non.

Inside No. 9 (Saison 1) : Un régal. La crème de l’humour anglais.

Zasada przyjemnosci (Saison 1, Épisode 1) : Je trouvais l’idée d’une enquête impliquant des policiers de trois pays différents intéressante. Et question dépaysement c’était parfait : Ukraine, Pologne et République Tchèque. Le résultat est plus que décevant. Malgré des moyens, une réalisation majoritairement réussie et une intrigue qui donne envie d’en savoir plus, les personnages et le jeu des acteurs viennent tout gâcher. C’est simple, parmi tous les policiers impliqués, il n’y en a pas un qui ne soit pas un semi-dépressif avec le poids du monde sur les épaules, apathique et se comportant comme un connard fini avec tout le monde. La palme revenant à Maria Sokolowska dont l’actrice dénote totalement avec le personnage et qui est une vulgaire copie absurde de Saga Norén dans Bron (ça alors, une série avec des policiers de deux pays !) avec même le délire de la conduite sportive poussée à l’extrême sans aucune raison. Vraiment déçu car ça semblait prometteur. Mais, non. Stop.

Night Stalker: The Hunt for a Serial Killer (Saison 1) : Assez particulier. Déjà parce que l’histoire racontée est suffisamment terrifiante et décrite avec tellement de détails narratifs et visuels qu’il est difficile de ne pas ressentir une terreur, même légère au fil des épisodes. Mais aussi parce que finalement on ne sait pas bien ce qui est documenté ici. Avant tout c’est l’enquête qui est racontée du point de vue des deux policiers de Los Angeles, en s’attardant longuement sur des détails personnels de leur vie personnelle et de leur carrière. Pour finalement découvrir qu’ils ne sont en rien responsables de l’arrestation du tueur. Non seulement les indices qui ont causé sa perte ont été recueillis par la police de San Francisco (j’ai d’ailleurs été particulièrement choqué par la façon dont le policier explique, sourire aux lèvres, la façon dont il a violenté un témoin pour obtenir l’identité du tueur; rien ne l’obligeait à révéler ces détails, encore moins sous cette forme…) mais en plus ce sont des civils qui ont coincé le suspect avant d’appeler la police. Tout ça pour ça ?
En parallèle, le montage est très bon, avec une superbe recréation de l’ambiance d’époque, une documentation très poussée et une part importante accordée aux victimes ou proches de victimes grâce à de nombreuses interviews.
Partagé, même si au global c’est positif.

Les voies parallèles – Alexis Le Rossignol : Quand on apprécie le travail d’une personne dans un domaine, il y a toujours la crainte de voir ce qu’elle peut faire ailleurs. Auditeur attentif de ses chroniques sur France Inter et adorateur de sa série Roue Libre, je ne savais pas à quoi m’attendre avec ce premier roman. Un peu de moins de quatre heures après avoir ouvert la Kindle, je la referme satisfait.
Ici il n’est pas question de faire rire, mais simplement de raconter des histoires et des gens, comme il peut le faire habituellement, mais cette fois en allant bien plus loin, avec une précision et un réalisme qui poussent à continuer la lecture.
On retrouve ça et là des réflexions et observations à la fois absurdes et pertinentes dont il a le secret.
Tout ça avec une écriture claire, concise et sans prétentions.
Mon seul regret ? Le titre.

Mandy (Saison 1) : A la base j’ai commencé la série pour l’accent de Diane Morgan, que l’on n’entend que trop peu dans After Life ou Death to 2020. Le résultat est génial. Complètement barré, drôle, gênant, absurde. En six épisodes de 15mn, impossible de construire des personnages très profonds, malgré cela Diane Morgan arrive à développer sa caricature réussie. Le tout accompagné d’une BO aux petits oignons (ou bananes ?).

Bir Baskadir (Saison 1) : Voir critique complète.

OVNI(s) (Saison 1) : Dernière création Canal+, les critiques étaient majoritairement positives. 12 épisodes de 30 minutes. Mon ressenti est majoritairement négatif.
L’histoire en soit est intéressante sans être particulièrement marquante. L’aspect comique est bien trop léger, en dehors de quelques superbes blagues, plus ou moins subtiles, réparties ça et là. Le jeu des acteurs est soit particulièrement mauvais, soit voulu et dans ce cas ça ajoute une couche terriblement oppressante à cette ambiance franchouillarde qui dégueule de chaque scène.
Heureusement, la bande originale vient sauver les meubles, grâce au travail de Thylacine, en particulier sur le superbe générique (9 chances sur 10 que Canal fasse striker la vidéo incessamment sous peu).
Mais le plus gros reproche que j’ai à faire à la série, c’est cette impression permanente d’amateurisme qu’elle renvoie, essentiellement sur l’aspect reconstitution historique totalement loupé. Cela commence dès la première scène, avec un enfant qui joue au milieu d’une rue d’un quartier pavillonnaire, avec en bas à droite l’inscription France, 1978, qui cherche à bien contextualiser les choses pour le spectateur. La route en assemblage de pavés, les bouts de murs oranges, l’absence de voitures, la teinte jaunie de l’image… Oui, ça peut paraître crédible pour une scène de la vie quotidienne de la fin des années 1970. Sauf qu’à quelques mètres à peine de l’enfant, à gauche de l’image, il est difficile de ne pas voir cette armoire fibre optique, plus volumineuse que le personnage, et qui n’a fait son apparition dans les rues de France que tout récemment. Est-ce que cela coutait trop cher de la déguiser en boîte aux lettres ou de la faire disparaître en post-production ?
Bien plus grave encore, alors que l’histoire est censée se dérouler en 1978 comme indiqué dès la première scène et rappelé via divers documents apparaissant à l’image; on peut voir dans l’épisode sept un personnage se lancer dans une reprise de la chanson Laissez-moi danser de Dalida sortie en… 1979.
Sur les séries historiques je n’ai pas pour habitude d’être particulièrement pointilleux (je me souviens avoir lu des thread sur Reddit parlant des modèles de photocopieuses dans Narcos qui m’apparaissaient délirants) mais là c’est beaucoup trop flagrant.
Au final ça aurait fait un excellent clip, mais 6h de comédie, non.

No Activity (AU) (Saison 1) : C’est simple, c’est drôle. C’est oui.

Spycraft (Saison 1, Épisode 1) : Confiant dans Netflix et son algorithme de recommandations j’ai foncé dans cette nouvelle production maison. Rarement été aussi déçu.
On n’y apprend rien de concret, ça assène des banalités à un rythme effréné, le tout entrecoupé de quelques exemples célèbres mais absolument pas approfondis et illustré en majorité avec des extraits issus de banques de vidéos, répétées plusieurs fois dans le même épisode.
La construction n’a aucun sens.
Le narrateur emploie un ton insupportable qui cherche à faire peur sans la moindre raison.
Les personnes interviewées racontent elles aussi des banalités assommantes.
Et tout ça pour balancer de la propagande américaine en mettant en avant les agences locales, tout en critiquant les actions des ennemis que sont la Russie, la Chine…
Aucun intérêt.

Remorques – Roger Vercel : N’étant absolument pas influençable, c’est donc par pur hasard que j’ai décidé de lire des romans de marins alors que la mode des sea shanty lancée par TikTok en ce début d’année fait rage sur Internet.
Au global c’est exactement ce que je cherchais alors je suis content et n’ai eu aucun mal à enchaîner les dix chapitres. A la réserve près que la fin se concentre sur des sentiments et des aventures un peu trop terriennes à mon goût.
Petite inquiétude à la fin du roman, il semblerait que Remorques soit considéré comme le meilleur ouvrage de son auteur et a même fait l’objet d’une adaptation cinématographique. J’espère que le reste arrivera à garder un intérêt décent. Ce serait dommage.

Fortitude (Saison 1) : Un début de saison totalement décousu (mais toutes les réponses seront fournies d’ici la fin; un choix narratif dont je ne suis pas fan mais soit) qui arrive malgré tout à parfaitement construire une ambiance de communauté isolée du monde. Des personnages tous plus étranges les uns que les autres, mais très prometteur.
Puis lentement, ça dégénère, tant du point de vue des évènements que de la façon dont ils sont racontés, avant d’exploser dans un feu d’artifice d’absurdité dans le dernier épisode (étonnamment de nombreuses sources n’attribuent que 11 épisodes à la série ?).
C’est vraiment dommage car ils avaient réussi à construire un vrai univers avec des personnages attachants, puis ils détruisent tout ça dans un délire horreur/fantastique qui voit mourir la moitié du casting.
La fin laisse une légère ouverture pour une seconde saison (il y en a trois) mais en soit cette saison est complète et ça ne m’intéresse absolument pas de continuer.

Petit Pays – Gaël Faye : Sur le fond, pas grand chose à dire. C’est une histoire globalement bien amenée et narrée.
Sur la forme c’est beaucoup plus compliqué. D’abord partiellement autobiographique, ça veut dire quoi ? Car l’un des moments les plus marquants pour le narrateur, bien qu’amené avec quantité de détails sur l’environnement et son ressenti, est quasi-immédiatement balayé dès l’acte commis. Aucune analyse postérieure. Alors, est-ce que l’auteur a écrit tout cela pour confesser un crime; ou est-ce pure fiction ? Dans les deux cas ça n’a pas beaucoup de sens.
Et la narration faite à la première personne du singulier par un enfant de dix ans manque cruellement de crédibilité tant le vocabulaire, les tournures de phrase et les réflexions sont en désaccord complet avec un être si jeune, même surdoué, alors qu’une grande partie de la valeur de l’ouvrage repose sur cette caractéristique du narrateur.
Et ce besoin permanent de décrire et nommer la végétation qui l’entoure, à moins d’être passionné par le sujet, seul un botaniste pourrait tenir ce genre de discours. Ça paraîtrait même extrême.
Finalement c’est beaucoup trop convenu et par rapport aux prix remportés et aux catégories de personnes qui encensent l’auteur et son œuvre, ça ne correspond que trop parfaitement à ce à quoi je m’attendais. Sans surprise. Dommage.