Sous la couette

Undercover ou parfois en français Pod Prikritie.

Le pitch n’est pas fou et n’a rien d’original : l’infiltration d’un policier dans la mafia bulgare.

Mafia, Bulgarie, infiltration…

Sur Netflix la série est avantageusement proposée en VOSTFR et c’est la raison pour laquelle j’ai décidé de m’y pencher. Pouvoir regarder ma première série bulgare dans de vraies conditions. Le manque d’originalité permettant alors de me rattacher à ce que je connais.

Les personnages d’abord. En grande majorité ils ont tous des têtes de mafieux de l’est. Impossible de déterminer pour un œil nourri aux clichés qui sont les gentils, qui sont les méchants. Jusqu’à preuve du contraire, ils sont tous méchants. Et ils sont aussi tous normaux. Là où dans les séries américaines mêmes les moches sont beaux, ici il n’y a que des gens que l’on pourrait croiser dans la rue. Sauf peut-être Martin Hristov, le personnage principal interprété par Ivaylo Zahariev qui non seulement fait beaucoup plus ouest-européen que les autres, mais surtout ressemble énormément à Orelsan à tel point que ça en est extrêmement perturbant :

Le scénario de son côté est très inégal. On alterne entre le classique, le trop classique et le relativement original pour un résultat plutôt moyen malheureusement. L’utilisation de raccourcis scénaristiques apporte également quelques déceptions.

La réalisation est exactement à l’image du scénario. Elle suit majoritairement les codes du genre, s’aventure parfois dans des expérimentations intéressantes et s’égare aussi dans des clichés dépassés.

La série souffre aussi d’un probable manque de budget qui l’oblige à avoir recours à des placements produits beaucoup trop évidents et qui donnent un goût amer d’amateurisme. Pendant le générique de fin, il y a des remerciements pour les différents partenaires avec entre autres : Audi, KFC et Mr.Bricolage. Ça dresse déjà le tableau. Au cours des épisodes, on les retrouve comme tels :
– les mafieux qui ne se déplacent qu’en Audi neuves de différents modèles
– les personnages qui se retrouvent régulièrement chez Mr.Bricolage et surtout sur son parking avec l’enseigne en arrière plan
– le héros qui se rend au KFC et oriente son gobelet comme il faut pour bien faire apparaître la marque

Un dernier point qui m’a moins sauté aux yeux mais qui est encore moins discret, semble être le fait que le club qui sert de QG au groupe que l’on suit existe bel et bien à Sofia et est donc lui aussi partenaire de la série.

Un bilan plutôt négatif sur cette première saison que j’ai eu quelques difficultés à terminer. Je ne sais d’ailleurs pas encore si je vais poursuivre l’expérience, mais je suis content d’avoir essayé

JDMAI #13

Black Mirror (White Christmas & Saison 3) : On monte encore d’un niveau par rapport aux deux saisons précédentes. A mes yeux l’épisode le plus marquant est San Junipero, dont je ne suis toujours pas remis. Et toute cette tristesse revient instantanément dès les premières notes de la musique de fin. Je n’ai pas souvenir d’avoir déjà ressenti autant d’émotions devant un écran. Vraiment exceptionnel.

Designated Survivor (Saison 1 Part 1) : Amusant de voir Jack Bauer de l’autre côté du Oval Office. Ça reste du nawak à la 24, mais c’est plaisant. A voir la suite.

Quarry (Saison 1) : Globalement une déception. Alors qu’elle avait tout pour plaire, avec une réalisation de qualité, une photographie magnifique et une BO délicieuse, le scénario pauvre et brouillon vient tout gâcher. Seul point positif : cette saison se suffit à elle même. Je n’ai donc aucun regret de m’arrêter là.

Better Things (Saison 1) : Sous couvert d’une comédie vraiment drôle, de vrais sujets sont abordés avec une finesse certaine. Un exemple de l’humour avec une pub. Et un exemple de la justesse avec cette citation :

I used to think the scary part about getting older was dying, and it turns out that the scary part of getting older is young people.
It’s like we’re the Indians, and they’re the white settlers, and they keep coming and they take all our resources, and all we’re left with is diseased blankets.
[Sam Fox (Pamela Adlon) in Better Things – 01×06]

The Leftovers (Saison 2) : Si la première saison était particulière, j’avais globalement compris ce que j’avais vu. Cette fois c’est très différent. Je n’ai absolument rien compris. Ou presque. Si j’ai compris une chose, c’est que les personnages eux-même ne comprenaient rien. C’est toujours bien réalisé, très beau, et on a envie de voir la suite. Mais c’est incompréhensible. Très perturbant.

Easy (Saison 1) : Une série simple (!) qui fait du bien quand on la regarde, puisque c’est amusant, touchant et surtout ça se termine bien à chaque fois. On s’amusera aussi à trouver les interconnexions entre les différents personnages. Ni trop long, ni trop court. Bien bien bien !

Line Of Duty (Saison 3) : J’avais bien accroché aux deux premières saisons, celle-ci est beaucoup plus brouillonne.

StartUp (Saison 1) : Mélange grossier de clichés. La bonne réalisation permet d’aller jusqu’au bout. (Ma première expérience avec Amazon Prime Video)

Real Detective (Saison 1) : L’idée de départ de mélanger une reconstitution au témoignage d’un enquêter est vraiment intéressante, le choix des enquêtes est réussi, la réalisation des reconstitutions excellente. Terrible. Tout comme les histoires relatées.

The Crown (Saison 1) : Série la plus chère produite par Netflix à ce jour. Ça saute aux yeux. C’est magnifique. Claire Foy aussi. Malheureusement les personnages masculins (Philip Mountbatten et Winston Churchill) sont tellement abjects qu’il m’était parfois vraiment difficile de continuer. Et les choix narratifs avec flash-back et sa conséquence sur le présent ensuite, des morceaux choisis racontés… Quitte à faire une série biographique, autant aller jusqu’au bout, plutôt que de mélanger un tutoriel avec une série documentaire fictionnelle.

Glitch (Saison 1) : Particulier. J’ai bien aimais cette ambiance australienne, j’aurai apprécié prolonger l’expérience, mais si possible sans cet aspect fantastique à l’origine de la série.

Poldark (Saison 1 & Saison 2) : Merci Netflix pour cette recommandation foireuse. A la croisée entre Wuthering Heights (les seuls moments sans vent sont les scènes d’intérieur !) et Downton Abbey. J’aurai pu apprécier. Mais c’est trop prévisible, trop cliché, trop redondant, trop propre, trop lisse… Lassant.

The Investigator: A British Crime Story (Saison 1) : Je n’ai pas tenu jusqu’à la fin. A force de qualité, j’avais oublié qu’une série documentaire n’était pas forcément un gage de qualité. L’histoire était porteuse, mais la narration vraiment ratée.