Les vieux et Youki

Au hasard des recommandations YouTube, pendant le troisième (?) confinement ayant commencé fin mars/début avril 2021, nous avons découvert la chaîne Country Life Vlog, ou Kənd Həyatı en Azéri.

Le concept est simple : un couple de paysans (les vieux) sont filmés dans leurs activités du quotidien au cours duquel ils travaillent la terre, s’occupent de leurs animaux et préparent à manger.

Au premier abord ça semble inintéressant au possible, mais rapidement, après m’être abonné et avoir parcouru sommairement leurs archives, je me suis retrouvé à attendre avec hâte leurs nouvelles vidéos et à prendre grand plaisir à regarder chacune d’elles.

Pourquoi ?

Techniquement déjà, c’est vraiment très propre (de ce que j’ai cru comprendre, c’est leur fils qui est derrière la caméra), les images sont superbes, l’audio est parfaite (on n’entend pour ainsi dire jamais les humains parler, mais on profite de chaque bruit de la nature, des animaux ou des activités humaines, en particulier quand la dame coupe des aliments), le montage sert habilement la narration, au cours d’une vidéo ou au fil des vidéos, et quelques explications sont fournies, via de rares inserts texte en anglais pour faciliter la compréhension.

Ensuite le contexte, avec ces personnes qui vivent dans un village d’Azerbaïdjan avec leur chien Puzik (au départ ils n’avaient pas indiqué son nom alors j’étais parti sur Youki) et maintenant un chat; sur un terrain sur lequel ils cultivent différentes sortes de végétaux principalement à des fins alimentaires, élèvent plusieurs espèces d’animaux et habitent une maison digne de La Comté. Même s’ils reçoivent de temps en temps la visite de leurs petits enfants ou d’amis, ils vivent majoritairement seuls au milieu de la nature.

Enfin, la narration. Chaque vidéo est quasiment organisée de la même façon : on les voit travailler la terre, puis la femme se met à préparer à manger pendant que l’homme l’assiste et prépare une infusion, avant qu’ils ne se mettent à table en ayant servi trois assiettes et trois verres. Au fur et à mesure des vidéos, on peut voir l’évolution de leurs activités, au rythme de la nature : la préparation de la terre, les semis, l’entretien des cultures, la récolte, l’hivernage…
Et tout ça est suffisamment mystérieux pour que l’on ait envie de voir jusqu’au bout et de regarder les prochaines vidéos.
L’absence de dialogue. Comme ils ne parlent pas, on ne sait pas ce qu’ils font/vont faire. On émet des hypothèses et on regarde comment ça se passe finalement. Les choux qu’ils ont semé il y a trois semaines, ils en sont où ? Les cerises qu’ils ont mis en bocaux, ils vont en faire quoi une fois la saison passée ? Les canards, ils ont grandi depuis ? L’infusion du papy, elle sera de quelle couleur cette fois ? Ils avaient un autre chien fut un temps; qu’est-il devenu ? La mamie utilise des tomates mais ce n’est pas du tout la saison, elles viennent d’où ? Et ce nouveau plat ?
Ce service pour trois alors qu’ils ne sont que deux, à qui est destinée la troisième assiette ? Au caméraman ? Au spectateur ?

Et visiblement ça plaît car ils ont presque deux millions d’abonnés et leurs vidéos tournent entre un et dix millions de vues à chaque fois. D’après les commentaires, c’est universel également, on voit passer toutes les langues et tous les pays. Il semblerait donc que leur contenu fasse appel à quelque chose de très humain, plus qu’une simple tendance culturelle.

Après tout n’est pas tout à fait clair ni n’est totalement rose dans leur vie. Sur certains plans, on peut voir qu’ils ne sont pas tant isolés que cela, avec l’arrivée de nouveaux habitants, la construction de nouvelles maisons, l’urbanisation gagne du terrain. Leur maison d’été semble bien trop petite pour les loger et accueillir leur matériel. Où vivent-ils réellement ? En hiver il semblerait que c’est une autre maison, plus grande, qu’ils occupent. Et même si leur mode de vie peut sembler traditionnel, ils ont accès au monde moderne, à commencer par YouTube, et s’équipent aussi en Chine, comme tout le monde.

Mais ça n’enlève rien à l’intérêt de la chaîne !

Je me sens moins conne

Faubourg Simone, c’est une webradio de bobos parisiens financée avec l’argent de la mairie #HidalgoDemission #SaccageParis

En soit ceci est totalement vrai (sauf les hashtags), mais les apparences peuvent être trompeuses.

On y entend que de la bonne musique, et vraiment que de la musique. Pas de pub (merci les impôts des parisiens !), pas d’actualités/informations (sauf sur la culture de temps en temps), seulement des jingles, sous forme d’extraits musicaux un peu ringards ou d’extraits de films.

On y entend un peu de tout, peu importe l’époque, c’est plaisant, bien renouvelé et, je ne sais pas si je l’ai déjà dit, mais c’est gratuit.

Quelques créneaux particuliers programmés pendant la semaine, mais en dehors de ça ce n’est vraiment que de la musique en mode random.

Quand je ne sais pas quoi écouter de particulier et que je n’ai pas envie de me battre avec les suggestions personnalisées Spotify, c’est ma solution de replis. Jamais déçu.

Con comme une brosse à chiottes

En décembre 2017, lorsque je me rendais dans le Ikea le plus proche de mon nouveau domicile pour y faire l’acquisition, entre autres choses, d’une brosse pour WC, je me souviens de deux choses dans le rayon en question : il y avait une installation qui reproduisait le trône de Game of Thrones avec des brosses à la place des épées, et en dehors de l’aspect esthétique, je choisissais ma nouvelle brosse pour son côté durable; de l’acier pour le bac et le couvercle, mais surtout une brosse remplaçable.

Pourquoi tout jeter lorsque les poils de la brosse sont en fin de service si le reste est encore en parfaite condition ?

Trois ans et demi plus tard, l’inévitable est arrivé et il est grand temps de faire ses adieux à la brosse et d’acquérir une remplaçante.
Je me dirige alors sur le site de la marque pour vérifier que la référence existe toujours* et, situation sanitaire oblige, passer commande en click&collect.

Attiré par la note relativement basse (3.5 étoiles sur 5 pour 57 avis) du produit (Des gens notes des brosses à chiottes sur Internet ? Comment peuvent-ils être déçus par des recharges ? S’ils n’aimaient pas le produit à la base pourquoi acheter des recharges ?) je décide de lire les commentaires et la bêtise humaine se présente une nouvelle fois à nu devant mes yeux :

Je n’arrive pas à comprendre comment quiconque pourrait acheter ce produit sans réaliser qu’il ne s’agit pas d’un ensemble fonctionnel complet mais uniquement de pièces de rechange.
Sur le site, c’est parfaitement visible, et la description du produit indique clairement Brosse de rechange. En magasin, avec l’objet en main, impossible de se tromper, non ?

En plus d’avoir fait une erreur grossière, ces personnes sont tellement dénuées de toute humilité qu’elles considèrent que la faute repose totalement sur le commerçant; à tel point qu’il leur apparaît nécessaire de faire la démarche de partager cette critique au monde entier en postant un commentaire sur la page produit.

Incroyable. Vraiment.

En conséquence, si l’on connaissait déjà con comme un balai, je propose d’introduire cette nouvelle expression, à la fois plus sale et plus précise.

* Malheureusement, il semblerait que tant la brosse pour WC que les brosses de rechange ne soient plus produites et que la marque écoule actuellement son stock. Triste nouvelle pour le côté durable. Cependant, ayant fait l’acquisition d’un lot de deux brosses de rechange (le remplacement a été fait avec succès !), et à raison de quarante deux mois d’usage par brosse, cela signifie que je devrais quoi qu’il arrive pouvoir entretenir mes toilettes sans devoir racheter de brosse complète jusqu’en… 2028. Des bouleversements divers ont le temps de se produire d’ici là !

L’ennemi du bien

le mieux est l’ennemi du bien : On peut gâter une bonne chose en voulant la rendre meilleure.
[wiktionary.org]

Cette semaine sur mon fil Twitter j’ai vu passer cette infographie de l’ADEME :

Rien que le titre m’a agacé et devant l’absence de sources, j’ai décidé d’aller plus loin comme suggéré.

De base j’ai confondu l’ADEME avec le CEREMA alors forcément je ne voyais pas trop pourquoi ils venaient donner leur avis sur le télétravail. Renseignements pris, ce genre de contenu semble plus logique venant de l’ADEME.

Suite à une recherche web j’arrive sur une page du site de l’agence intitulée 10 bons gestes numériques en télétravail.

Si ça commence bien « Le télétravail évite de nombreux déplacements, réduit nos émissions de gaz à effet de serre et améliore la qualité de l’air » ça se gâte immédiatement « Mais les pratiques numériques ont aussi des impacts. Alors comment adopter les bons gestes ?« .

De base c’est absurde d’établir qu’une pratique est plus vertueuse qu’une autre pour immédiatement assener que changer de paradigme n’est pas suffisant, il est encore nécessaire de faire des efforts personnels pour faire encore mieux.
De plus on parle de télétravail. Travail. Une activité à laquelle des milliards d’individus sont contraints quotidiennement. Et cette communication vient donc demander à chacun de prendre leurs propres responsabilités dans l’intérêt commun. Il n’est pas ici question de parler des gestes du quotidien que l’on fait sur notre temps personnel mais bien sur notre temps professionnel. Tu es forcé d’aller bosser, maintenant c’est à toi de t’assurer que tu bosses vert, sinon t’es une sacrée ordure.
Enfin, dans le cadre de la crise sanitaire que l’on traverse, oser venir demander aux particuliers de prendre le temps de faire des petits gestes pour la planète me semble lunaire. Comme-ci les gens n’avaient pas suffisamment de problèmes à gérer chaque jour entre l’adaptation nécessaire à cette nouvelle organisation du travail, tant pour la communication avec les collègues que l’organisation personnelle suite à l’invasion soudaine de l’espace privé par le travail, la potentielle surcharge d’activité, les craintes liées à l’avenir économique personnel et national et surtout l’inquiétude pour sa santé et celle de ses proches. Non vraiment, c’est le bon moment pour demander aux gens de ne pas oublier d’éteindre leur box avant d’aller dormir. Clairement.

« Les échanges numériques se multiplient avec les nombreux salariés en télétravail. Les réseaux sont très sollicités et des risques de saturation peuvent exister. » Quel est donc le rapport entre l’environnement (les émissions de gaz à effet de serre) et la saturation des réseaux de communication ? Certes il en existe un indirect, mais les besoins en énergie des infrastructures de communication numérique et la saturation de celles-ci sont deux choses bien distinctes. Ne confondons pas tout.

« Des experts affirment qu’aujourd’hui le numérique est responsable de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Et, au rythme actuel, ce chiffre pourrait doubler d’ici 2025. » Qui sont ces experts exactement ? Où sont les sources* ? Et surtout utiliser une valeur relative (4% des émissions globales) ça n’a aucun sens. Si effectivement on passe à 8% d’ici 2025 mais que dans le même temps les émissions globales ont été divisées par 10, cela signifie que les émissions liées au numérique auront été divisées par 5. Effectivement c’est un sacré problème ! Et toujours sur le principe des valeurs relatives, si d’ici 2025 nombre d’échanges physiques (travailleur qui prend sa voiture pour aller travailler) sont remplacés par des échanges numériques (travailleur qui reste chez lui pour travailler), au final le bilan écologique n’est-il pas positif ? Oui, ça fait augmenter la part relative du numérique dans les émissions globales, mais est-ce une mauvaise chose ?

« Le nombre d’objets connectés ne cesse de croître dans le monde. Difficile de nos jours de se passer d’un ordinateur et d’un smartphone et d’autres objets comme des montres connectées par exemple. …
La fabrication de tout ce matériel réclame des ressources dont l’extraction pose de graves problèmes environnementaux et sociaux.
 » Là encore on mélange tout. Il faut limiter l’usage de l’infrastructure numérique ou limiter la production du matériel constituant celle-ci ? J’ai du mal à suivre. Quel rapport entre télétravail et montre connectée ?

Passons aux bons gestes.

« 1. Mettre les adresses web fréquemment consultées en favoris
2. Penser à fermer les pages internet une fois votre recherche aboutie
« 
S’il fallait résumer c’est : arrêtez d’utiliser votre navigateur web. Allez acheter le journal, allez à la bibliothèque. Rechercher de l’information sur le web c’est caca. Et bien entendu, le fait que les pages web aujourd’hui pèsent extrêmement lourd, ce n’est absolument pas la faute des sites bourrés de pub. Tout comme les pages qui se rechargent automatiquement de manière régulière, ce n’est pas absolument pas la faute des sites bourrés de pub. Non. Le problème c’est la personne en télétravail qui ne pense pas à la planète car elle fait des recherches sur le web et ouvre plusieurs onglets à la fois.

« 3. Alléger les échanges sur messagerie
4. Faire le ménage dans sa boîte mail
« 
Là ils font preuve d’une belle ignorance du sujet. Avec entre autres la croyance qu’envoyer un fichier via une messagerie instantanée serait moins consommateur de ressources que de le faire par e-mail. A croire qu’ils imaginent que la messagerie instantanée est aux e-mails ce qu’une discussion de vive voix est au courrier postal. Ou encore ils s’imaginent qu’en envoyant une pièce jointe à dix personnes d’une même entreprise, ce fichier sera automatiquement stocké onze fois sur l’infrastructure.

« 6. Faire le ménage dans le Cloud »
Le grand méchant CLAUDE ! En soit c’est purement un conseil de bon sens; ne serait-ce que parce qu’en faisant un nettoyage régulier, ça aide à s’y retrouver. Mais là encore, comme on est dans un contexte professionnel, c’est différent. Ne serait-ce que parce que légalement il est nécessaire de conserver très longtemps (voire indéfiniment) des documents, il apparaît logique de ne pas vouloir supprimer systématiquement ce qui concerne le passé. Et puis il y a les consignes de la hiérarchie. Si le N+1 demande à ce que tout soit conservé dans le CLAUDE, selon l’ADEME c’est le salarié en télétravail qui est en tort ? Enfin c’est discutable mais aujourd’hui beaucoup d’entreprises se reposent sur des services de stockage dans le nuage pour leur politique de sauvegarde. Passer par ces services permet de garantir la pérennité des données. Là où un simple stockage sur le poste de l’employé n’est absolument pas suffisant. Résultat c’est bien souvent le salarié qui subit les choix de son employeur. Alors ce n’est pas à lui de corriger cela depuis chez lui.

« 7. Modérer le streaming vidéo« 
Quel rapport avec le télétravail ? Si une personne regarde des vidéos dans le cadre de son activité, c’est que c’est lié à son activité. Il faut donc qu’elle limite son activité ? Et si ce n’est pas en lien avec son activité, ça entre dans le cadre personnel et dans ce cas ça ne concerne pas le télétravail. Hors-sujet (attention, c’est un lien vers YouTube, plateforme de streaming vidéo, ne pas cliquer si vous êtes en situation de télétravail).

« 8. Utiliser le Wifi plutôt que la 4G sur les téléphones portables« 
Oui enfin ça semble être simplement du bon sens, ne serait-ce que parce que c’est souvent plus stable (et qui permet d’avoir une meilleur autonomie), le débit est généralement supérieur et surtout ça ne tape pas dans le forfait data. Rien à voir avec des question écologiques mais pourquoi pas.

« 9. Désactiver les transferts automatiques de données des téléphones portables« 
Je ne vois pas trop pourquoi spécifiquement les téléphones portables. A mon avis ça doit s’appliquer à tous les appareils.
Par contre quand ils disent « Désactivez … les mises à jour automatiques des applications mobiles » cela vient en contradiction directe de la recommandation donnée dans leur PDF La Face Cachée du Numérique disponible en bas de page : « Entretenez-les et installez des protections contre les virus et les malwares: vous éviterez des pannes et ferez des économies. » En terme de sécurité numérique, se maintenir le plus à jour possible au niveau des systèmes et des logiciels est l’une des précautions qui revient le plus. Laisser ces mises à jour se faire automatiquement semble le meilleur moyen d’avoir un système à jour, le plus sécurisé possible et donc le plus durable. A moins qu’ils estiment que c’est au télétravailleur de vérifier chaque demi-journée si des mises à jours ne sont pas disponibles ?

« 10. Et si vous aimez travailler en musique…« 
La plaisir de la découverte en écoutant la radio. Mais ils prennent vraiment les gens pour des abrutis ? Entre avoir le choix entre une dizaine de playlist majoritairement entrecoupées de dizaines de minutes de publicité, et une bibliothèque en libre accès de plus de 50 millions de titres, la découverte se fera à la radio ? Et quitte à jouer à l’idiot, devoir acheter un poste radio ça fait des ressources supplémentaires, pas bon pour la planète. Et il faut l’alimenter ce poste, alors que l’ordinateur tourne déjà. Alors ?
En soit c’est évident qu’écouter de la musique en streaming consomme plus de ressources qu’écouter la radio, mais l’argument fourni est pathétique et surtout je ne suis pas convaincu que forcer les gens à écouter RMC va en faire de bons citoyens respectueux de la planète. Et puis si on n’a même pas le droit de s’accorder ce petit plaisir d’écouter la musique de son choix pendant qu’on travaille, surtout si c’est pour s’isoler et garder sa concentration, autant faire une Xavier Dupont de Ligonnès tout de suite.

Au final on remarque que ces bons gestes n’ont rien de spécifique au télétravail mais s’appliquent tout simplement aux personnes dont l’activité nécessite l’usage régulier de ressources numériques. Hors-sujet global : 0/20.

Si vous avez bien suivi, j’ai sauté le cinquième point « 5. Limiter le poids des réunions en ligne » pour la simple et bonne raison qu’un bref passage sur leur compte Twitter permet de constater que s’ils demandent aux télétravailleurs de faire preuve de sobriété en terme de pratique de visioconférences, eux n’hésitent pas à en organiser à tour de bras.

Dans le fond je suis d’accord avec eux sur le fait qu’il est nécessaire de ne pas foncer vers la surconsommation de services numériques car le virtuel repose malgré tout sur une infrastructure et des ressources bien réelles et donc limitées. Pour autant je trouve leur communication très malvenue puisqu’elle fait porter sur le travailleur des charges qui ne sont pas les siennes et surtout faire cela en cette période de crise où rajouter de la culpabilité sur des sujets annexes n’est absolument pas la chose à faire. Surtout que tout ceci semble être basé sur des croyances personnelles plus que sur la réalité.

* Les données proviennent vraisemblablement d’un rapport de The Shift Project. Et la plupart des informations disponibles sur le sujet se réfèrent à ce dernier. Cela dit d’autres sources semblent tirer des conclusions bien différentes. En attendant d’en savoir plus, comme toujours, il est nécessaire de douter.

Le point blockchain

Sur Internet on connaît parfaitement le Point Godwin dérivé de la Loi de Godwin qui dit ceci :

Plus une discussion en ligne dure, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Adolf Hitler s’approche de 1.
[Loi de Godwin sur fr.wikipedia.org]

Par la suite est arrivé le Point Staline, « Point Godwin des gens de droite ».

Ces dernières années un autre phénomène similaire est apparu lié à la médiatisation de la bulle Bitcoin que l’on pourrait résumer ainsi :

Plus une discussion à propos d’un système numérique d’échanges de données dure, plus la probabilité d’y trouver une proposition de se baser sur une blockchain s’approche de 1.

La nuance ici est que cela est aussi valable IRL puisque régulièrement on voit surgir des articles parlant de grandes entreprises ayant décidé de lancer leur blockchain avec derrière une justification à la hauteur de l’idée.

Le dernier exemple en date a eu lieu cette semaine sur Twitter, où un internaute a suggéré à Jimmy Wales, co-fondateur de Wikipedia, de migrer la base de données de l’encyclopédie dans une blockchain :

It would be so cheap to record enough information about all @Wikipediainteractions on the $BSV blockchain that you could probably eliminate all possible child porn distribution on it for very low fees. Think of the savings!
[Daniel Krawisz sur twitter.com]

XKCD s’est déjà saisi du sujet.

En anglais ils parlent généralement de Godwin’s law, alors pour le cas présent Nakamoto‘s law est peut-être adapté ? Ou plus simplement blockchain’s law ?