Allo mon Ga ?

L’appel à Galilée (Galileo gambit en anglais) est un raisonnement fallacieux [qui] consiste à arguer du fait que la thèse de l’héliocentrisme de Galilée a été ridiculisée en son temps, puis réhabilitée et démontrée en tant que vérité scientifique, pour prétendre que telle ou telle théorie marginale, aujourd’hui rejetée par la science, sera jugée exacte dans l’avenir. Cet argument est souvent utilisé par les adeptes des pseudosciences et les partisans de l’« histoire alternative » : selon leur point de vue, l’avenir leur donnera raison comme il a donné raison à Galilée.
[Appel à Galilée sur wikipedia.org]

J’espère qu’il a mis son téléphone en silencieux car dernièrement ça vire au harcèlement.

La paille et la poutre

La semaine dernière, Arte diffusait un reportage intitulé La fabrique de l’ignorance (disponible jusqu’au 20/04 sur Arte.tv ou YouTube).
Ils y expliquent, exemples célèbres à l’appui, comment des individus, des groupements d’individus et des organisations, ont appris à utiliser la méthode scientifique à l’insu du progrès scientifique, dans l’unique but de protéger des intérêts économiques et/ou idéologiques.

Que ce soit en finançant des études servant de leurre, des études basées sur une méthodologie garantissant un résultat en leur faveur, des études sans objectif autre que de noyer la communauté scientifique sous les connaissances… ou de manière moins subtile, en s’offrant simplement l’âme de scientifiques, pour leur faire dire ce qu’ils souhaitent diffuser.

En faisant cela, ils arrivent ainsi à empêcher ou retarder la formation d’un consensus scientifique qui serait contraire à leurs intérêts, tout en jouant sur les connaissances et croyances de l’opinion publique. Permettant ainsi à leurs affaires ou leurs idées de prospérer.
Parfois, coup de chance, cela fait réellement progresser la science; mais ce n’était pas l’objectif initial.

S’il fallait essayer de tirer une conclusion de ce reportage, c’est que plus que jamais, la vérité est attaquée, il ne faut avoir une confiance aveugle en personne, surtout pas la communauté scientifique, et qu’il est primordial de toujours conserver un des principes fondateurs de la science : le doute.

Bien évidemment, il n’a pas été diffusé en ce moment par hasard, et la situation sanitaire que nous connaissons depuis maintenant un an explique globalement le succès exceptionnel de la vidéo sur YouTube (1.8 millions de vue à la rédaction de ces lignes) par rapport au reste du contenu publié sur la chaîne (en une semaine la vidéo est déjà la 12ème la plus regardée). Et d’ailleurs Arte ne s’y trompe pas puisque le sujet est brièvement abordé en fin de reportage.
Mais alors, est-ce que cela va réussir à éclairer les masses et convaincre certains que les idées qu’ils pensent avoir développées ne sont que le fruit de graines plantées dans leurs esprits par d’autres ?
Visiblement non.

Le problème avec ceux qui sont parfois qualifiés de complotistes, et qui se retrouvent potentiellement confortés dans leurs idées à la suite de ce reportage, est que contrairement à ce qu’ils affirment (…), ils ne doutent pas : ils sont persuadés de détenir la vérité; qui se trouve être opposée à celle plus ou moins admise par la majorité.
Et ça se voit également dans le reportage, quand est abordé le sujet du dérèglement climatique qui serait causé par l’activité humaine. Ceux qui n’adhèrent pas à cette théorie sont nommés climatosceptiques. Mais ce terme est clairement inadapté. Dans la majorité des cas les individus concernés ne mettent pas en doute la théorie globalement admise, ils la réfutent totalement.
Affirmer qu’une chose est fausse, ce n’est pas la remettre en cause, c’est la contredire. Le doute n’existe pas. J’ai raison, tu as tort.

Histoire de sel

Non, on ne va pas parler vélo, mais bien chlorure de sodium.

Si dans mon alimentation, surtout en cette période de canicule, j’utilise du Sel de Guérande, j’ai aussi dans ma liste de course du simple sel de table pour ma Rhino Horn – produit génial au passage; article à venir ?

C’est ainsi que depuis plusieurs années j’ai pour habitude d’acheter des boîtes de Sel fin iodé de 500g de la marque Cérébos.

En ouvrant la dernière boîte achetée, j’aperçois en bas de celle-ci une écriture bleu-verte avec laquelle mon cerveau ne semble pas être familier. Je peux ainsi lire Équilibre -33% de sodium* Tout le bon goût du sel. Intrigué, je regarde les ingrédients et constate qu’en plus du sel, du chlorure de potassium a été ajouté.

Étrange. Auraient-ils cherché à commercialiser du sel allégé, façon aspartame ?

Je goûte. Forcément c’est différent car je suis habitué au goût du Sel de Guérande. Finalement je procède à mon nettoyage nasal juste après avoir ajouté sel NORMAL dans ma liste de courses.

Fast forward quelques jours plus tard où je me rend dans mon Carrefour local, rayon sel. Avec l’indication NORMAL, je suis cette fois très attentif et décide d’investiguer.
Je retrouve bien le sel fin iodé que j’achète habituellement, mais celui-ci est collé au sel équilibre que j’ai pris par erreur la fois précédente.
Plus intriguant, les boîtes ont exactement la même taille et en dehors de la différence de couleur (bleu contre bleu-vert) il est quasiment impossible de les distinguer sans faire particulièrement attention.
C’est alors que je regarde les étiquettes de prix :

[Captures issues de lebondrive.fr pour le magasin en question]

Oui. Il n’y a pas d’erreur. Même si les boîtes font exactement le même volume, l’une contient 500g de produit quand l’autre n’en contient que 350g. Ce qui n’empêche pas la seconde d’être vendue 319% plus cher. Faisant une différence au prix au kilo de près de 500% !
Tout ça pour… -33% de sodium.

Mais alors, pourquoi ?

Si j’étais déjà bien renseigné sur la question de l’influence de la consommation de sodium sur la pression artérielle pour avoir mené quelques expérimentations personnelles sur le sujet, ce que je savais moins était le rôle qu’a le potassium dans ce marqueur physiologique.

Il semblerait donc qu’en soit ce sel équilibre soit un produit intéressant car non seulement à volume équivalent de poudre (dans la main) il permet de réduire la quantité de sodium ingérée, tout en apportant un apport supplémentaire en potassium, ce qui en théorie devrait amener à faire baisser la pression artérielle des consommateurs. Parfait, non ?

Pas tout à fait…

Tout d’abord car les emballages sont totalement trompeurs. J’estime être un consommateur attentif, je n’ai pas l’habitude de mettre n’importe quoi dans mon panier, j’analyse systématiquement les rayons pour savoir ce qui est nouveau, ce qui n’est plus là, ce qui a été déplacé… et pourtant j’ai fait l’erreur de prendre le mauvais produit. Alors les personnes faisant leurs courses de manière plus distraite tomberont forcément dans le panneau.
Et cela peut devenir problématique car, comme c’est indiqué sur la boîte, le sel équilibre est déconseillé aux personnes suivant un régime pauvre en potassium et dans le même temps il n’a pas été iodé. Non seulement il peut créer un excès nocif mais il peut aussi favoriser une carence.
Enfin il y a vraisemblablement une volonté d’arnaquer le consommateur avec un choix de contenants quasi-identiques pour des contenus totalement différents. Le chlorure de sodium a une masse volumique de 2,17 g·cm-3 quand le chlorure de potassium en a une de 1,98 g·cm-3. En sachant que le second est présent à 33% dans le sel équilibre, une différence de masse volumique de 8,8% ne peut pas expliquer une différence de contenu de 30%. Et encore moins une différence de tarif de 500% quand le chlorure de potassium de qualité alimentaire peut se trouver au détail à moins de 10€/kg.

Moralité, quand on achète du sel, il faut le prendre with a pinch of salt.

Oui mais les entreprises…

« Arrêtez de taper sur l’avion », stop au « matraquage des automobilistes », halte au « viande bashing »… Chaque fois qu’une mesure est proposée pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre (GES), responsables du changement climatique, la levée de boucliers est immédiate, avec toujours le même argument : la « »vraie » pollution viendrait d’ailleurs.
[…]
les voitures des particuliers sont responsables de près d’un sixième de la contribution française au changement climatique (15,7%)
[…]
Si l’agriculture est une source majeure de gaz à effet de serre (18,9 % des émissions françaises), l’élevage représente plus de la moitié de ce total à lui seul (9,0 %), principalement celui des bovins.
[Voiture, industrie, viande… Quelles sont les causes du réchauffement climatique en France ? sur LeMonde.fr]

Je n’ai jamais compris la distinction chez les réfractaires à l’effort, entre le fait qu’ils reconnaissent que consommer de la viande puisse être néfaste pour l’environnement, mais de l’autre prétendent ne rien pouvoir faire contre la pollution ayant comme source les entreprises.
Pourtant les consommateurs de viande ne sont pas les producteurs. Ce sont bien des tierces personnes, physiques et morales, qui produisent la pollution. Mais réduire sa consommation de viande permettrait de réduire son impact environnemental.
Alors pourquoi ne serait-il pas possible de faire de même en changeant sa consommation de biens et services produits par les entreprises polluantes ?

Lors de son explosion, la bombe libère des millions de particules fines dans l’atmosphère qui génèrent une importante pollution, bien plus élevée que celle due à la circulation automobile. En 2012, Airparif a analysé la concentration des particules fines dans l’air suite au spectacle dans la capitale et a observé une augmentation de plus de 3.000 % dans la zone de tir. Le niveau retombe ensuite rapidement à la normale, mais au niveau national, la concentration en particules fines demeure encore 42 % plus élevée durant les 24 heures qui suivent un feu d’artifice
[Les feux d’artifice sont-ils polluants ? sur Futura-Sciences.com]

Et pourtant l’obscurité règne

Il-y-a deux semaines, je lisais cet article dans lequel cinq expertes expliquaient que, non, nous n’avons pas besoin de dormir huit heures par nuit.

Etant en pleine lecture d’un ouvrage sur le sommeil, ces cinq non catégoriques m’ont fortement étonné.

En regardant leurs explications, une chose revient pour quatre des spécialistes : il faut dormir entre sept et neuf heures par nuit.
Alors je n’ai pas de doctorat sur le sujet mais j’ai suivi une scolarité normale jusqu’au Bac, et pour moi « entre sept et neuf« … ça fait huit.
La dernière interviewée indiquant « certaines personnes ont besoin de plus de huit heures et d’autres de moins« ; là encore, on constate que en moyenne, il faut dormir… huit heures.

Et le problème en indiquant que non, nous n’avons pas besoin de dormir huit heures par nuit car c’est une moyenne c’est que les gens ne retiennent pas que c’est une moyenne mais que dormir huit heures par nuit n’est pas nécessaire. Point.

L’humain étant faible par nature, il se dira donc que sept heures à sept heures trente de sommeil représentent la quantité parfaite de sommeil. Ce qui dans les faits se traduira par des nuits de six heures trente à sept heures puisque par définition la perfection n’est pas atteignable.

Résultat très négatif car cela conduira une majorité de personnes à dormir bien moins que leurs besoins réels.

C’est surprenant qu’une marge d’erreur ne soit pas appliquée ici comme on peut le retrouver par exemple avec la fameuse date limite de consommation présente sur certaines denrées périssables.

Quand la date indiquée est le 15/03, cela ne veut pas dire que le produit est consommable jusqu’au 14/03 23h59 et à minuit il devient immédiatement un danger. Non. En réalité dans la plupart des cas le produit peut être consommé sans aucun risque quelques jours après la DLC.
Mais la date choisie l’est après avoir déterminé la durée moyenne de conservation saine d’un produit, à laquelle on rajoute une marge de sécurité qui permet de garantir les qualités du produit jusqu’à cette date voire un peu plus.

Pour le sommeil en indiquant que huit heures minimum sont l’objectif, cela permet d’ajouter une marge et en visant cela les gens s’approcheraient plus de leurs réels besoin qu’ils ne s’en éloigneraient comme cela est le cas quand il est expliqué que sept heures sont admissibles.

L’autre point inquiétant dans les différents paragraphes concerne les fameuses personnes qui n’ont besoin que de six heures de sommeil par nuit, qualifiées de « rares ». La réalité semble être toute autre : extrêmement rare.
Malheureusement là encore l’humain est faible et s’imagine toujours exceptionnel, alors nécessairement il pense faire partie de cette élite du sommeil et a 99.9% de se tromper lourdement.

Ça c’était fin février.

Et hier l’agence Santé Publique France publiait les résultats d’une étude sur le sommeil avec comme observation :

Pour la première fois depuis que le sommeil est observé sur le plan épidémiologique en France, le temps de sommeil moyen nocturne est inférieur à 7 heures, en incluant les jours de repos (6h45 minutes). Le temps de sommeil par 24 heures est aussi inférieur à 7 heures (y compris le temps de sieste) : 6h55 minutes.
[Le temps de sommeil, la dette de sommeil, la restriction de sommeil et l’insomnie chronique des 18-75 ans : résultats du Baromètre de Santé publique France 2017 sur SantePubliqueFrance.fr]

Etonnant.

Le titre.