Un weekend pour tout changer

A quelques jours près, cela fait treize années que le blog est en ligne; lancé pendant l’Euro 2008.

Alors que l’édition 2020 vient de commencer, avec une année confinée de retard, et bien décidé à écouter les conseils, consistants à ne pas trop forcer sur le vélo pendant les soixante-douze prochaines heures, du médecin ayant supervisé ma première injection de mRNA-1273, je me suis dit que l’occasion était parfaite de rafraîchir un peu le blog.

A la base je l’aime bien StripedPlus Mod Elauhel. Il correspond à ce que je souhaite pour le contenu posté ici, et comme j’avais pas trop mal bossé dessus à l’époque, j’étais plutôt fier de la chose.
Le problème c’est qu’il date d’une époque où le mobile était encore très minoritaire. Par conséquent il n’était pas responsive et j’avais du installer un plugin qui prenait la main lorsqu’un utilisateur se présentait via son téléphone portable. Ce plugin, en plus de ne pas être maintenu (faille de sécurité bonjour), il affichait un style absolument ringard. Je savais donc que l’expérience mobile était horrible.
A côté, j’avais aussi la nécessité de passer par un autre plugin pour afficher les archives. Ce n’est pas que je suis un fana du vanilla (si), mais compte-tenu de l’intérêt très limité des plugins en question, de leur absence de support depuis de nombreuses années et du fait que les nouveaux thèmes apportent les mêmes fonctionnalités nativement, ce n’était qu’un argument de plus pour passer à autre chose.

Changer de thème pour quelque chose de plus moderne, d’accord. Mais quoi ?

J’ai les capacités artistiques d’une poubelle brûlée, des compétences en webdesign très limitées, et surtout ça m’ennuie, mais d’une force… Et puis WordPress a bien changé depuis, maintenant beaucoup plus de choses sont dynamiques, et j’ai ni le temps ni l’envie de monter en compétences sur le sujet uniquement pour ça.

Alors je suis parti à la recherche de quelque-chose de déjà réalisé, tout prêt. Et même là, ça s’est avéré être une vraie galère.
Vraisemblablement, avoir un blog pour poster du texte c’est complètement ringard, aujourd’hui tout tourne autour des images/photos. Résultat si je ne voulais pas devoir ajouter au moins une image d’illustration sur chaque article, 90% des thèmes s’avéraient inadaptés.
Finalement, je suis tombé sur Read WP qui comme son nom l’indique est fait pour présenter du texte. Joie !

Bon, $62 (TTC) ce n’est clairement pas ce que je comptais mettre dans quelques fichiers PHP et CSS, mais c’est vraiment le seul thème avec lequel j’ai immédiatement accroché. Et s’il me tient lui aussi treize ans, ça fera moins de $5/an ce qui est quand même plus raisonnable.

Évidemment, je n’ai pas pu m’empêcher de mettre les mains dans le code pour changer quelques couleurs (coucou le petit background sépia à la place du blanc) et quelques libellés (laissés en anglais pour l’instant, flemme).

On verra, je ferai peut-être quelques adaptations encore par la suite, mais pour l’instant je suis plutôt satisfait du résultat.

En 2034 !

Le titre.

C’est peut-être un détail pour vous…

Aujourd’hui je me suis rendu à la pharmacie pour y déposer un petit sac contenant des médicaments périmés.

Jusque là, rien d’incroyable… Et même ensuite c’est sans intérêt. Mais passons.

Dans ce sac, se trouvait entre autres du Paracetamol et du Smecta.

C’est important car c’est la première fois de ma vie d’adulte que je me retrouve à devoir me débarrasser de ces deux médicaments car périmés.

A une époque, une boîte de Paracetamol 1000mg (8 comprimés), me tenait moins d’une semaine. J’avais toujours mal ici (souvent au crâne) ou .

Pour le Smecta, c’est plus compliqué à estimer, mais je finissais systématiquement la boîte bien avant la date d’expiration.

Si au quotidien je me sens aujourd’hui bien mieux qu’à une certaine période passée, cette observation concernant ma consommation de médicaments rend les choses bien plus concrètes puisque je peux toucher les pilules et sachets périmés.

Une validation bien réelle de changements d’hygiène de vie.

Dorénavant, le Paracetamol me sert uniquement à traiter des douleurs provenant d’un évènement bien concret (une chute provoquée par une automobiliste, un coup de bistouri…) tandis que le Smecta ne m’est plus du tout nécessaire depuis que j’ai cessé de consommer certains aliments.

pour moi ça veut dire beaucoup !

Archives cyclables

Depuis que j’ai repris la pratique régulière du vélo, j’ai passé plusieurs soirées sur Google Maps et Google Street View pour essayer de reconstituer un circuit que j’avais l’habitude de faire au sud d’Amiens.

Pour les sorties au départ de Pierre-Rolin pour aller au Bois de Cagny ou au Bois Magneux, aucun problème.

Mais la boucle qui passait derrière Auchan, franchissait des bois, traversait Rumigny… Impossible. Je finissais toujours par me perdre. Pas aidé par la faible couverture Google Street View dans le secteur.

C’était un tracé qui m’avait été transmis par quelqu’un sur le forum de VéloVert.

A l’époque (~2005) Strava n’existait pas, et si les appareils de guidage/suivi par GPS pour vélo existaient probablement, je n’avais bien évidemment pas les moyens d’en être équipé. Alors les parcours se transmettaient soit via un scan de carte IGN surlignée, soit sous forme de feuille de route avec un ensemble d’instructions écrites.

J’avais souvenir que pour cette boucle-ci, ce n’était pas une carte que l’on m’avait fourni, mais du texte. Et Google ne m’aidait absolument pas. Même en ayant réussi à remettre la main sur mon compte VéloVert.

L’envie de retrouver cette trace s’est parfois fortement réveillée, par exemple lorsque j’assistais au lever du Soleil un 1er Janvier (de quelle année ?) au niveau du cimetière d’Hébécourt, où je me souvenais que l’itinéraire passait.

Malgré les efforts de mémoire, toujours impossible d’arriver à boucler la chose.

Et puis aujourd’hui, en parcourant mes archives afin d’enrichir la nouvelle page 10:10, je tombais par hasard sur un fichier Parcours.txt dont le contenu est le suivant :

Hop, un petit parcours varié au départ d’Amiens sud :

– départ du chemin situé juste derrière les maisons « Blockhaus » en face de décathlon (prendre la passerelle en bois pour y accéder)
– on monte ce chemin
– on passe le pont au dessus de l’A16
– tout droit sur un chemin bitumé jusqu’à couper une route provenant de Dury (à droite Dury, à gauche St Fuscien), aller en face sur le chemin
– prendre le premier chemin à gauche, direction un bois
– entrer dans le bois, toujours tout droit, faire la longue descente (attention quelques ornières en travers)
– on arrive en bas de st fuscien, toujours tout droit par le chemin et prendre à droite juste avant de rattraper la route
– le chemin monte dans les bois, on repasse à découvert en longeant un bois, puis on rentre dans un nouveau bois.
– à la sortie de celui ci, là ou le chemin devient d’une couleur plus claire, prendre le chemin à gauche le long du grillage
– continuer sur ce chemin qui monte légerement vers Rumigny
– arrivé à rumigny, laisser le chemin à droite, la rue à gauche et aller en face, on tourne à droite puis à gauche dans un chemin en herbe qui longe une maison (avec son potager dehors, c’est mignon mais zarb…)
– au bout de ce chemin aller à droite puis prendre l’épingle à gauche.
– on arrive ensuite à une genre de decharge pour déchets verts, couper la route et prendre le chemin en face qui la longe
– touner à droite ensuite.
– toujours tout droit, c’est quasi plat, jusqu’a une route recemment gravillonné (on trouve un genre d’emetteur radio sur la droite…)
– aller et descendre dans St Sauflieu, tourner à droite au cedez le passage puis de suite à gauche
– monter la cote sur la route puis à droite (épingle)
– on arrive à un chemin juste avant une maison en bois blanc actuellement en construction, prendre ce chemin, attentions gros cailloux au sol…pas stable
– joli petit chemin ensuite, au bout prendre à droite, petite cote un peu raide
– toujours tout droit apres la cote jusqu’a la route.
– prendre à gauche par la route (a droite c’est Hébécourt)
– ça monte légerement, prendre le chemin à droite juste avant l’A16 et qui la longe un peu
– le chemin descend ensuite et arrive sur une route… en face une maison avec les chiens qui vont aboyer
– prendre à droite par la route, passer le cimetiere, prendre le chemin à gauche (épingle)
– on passe dans un bois (attention des fois des ronces en travers) qui arrive apres une petite butte sur la N1
– prudence au croisement, prendre le chemin en face, là soit tu prends la premiere à gauche et tu rattrapes Amiens sud, soit tu continues tout droit pour descendre vers St Fuscien et remonter la longue descente de tout à l’heure…

Voila…ça doit faire une petite quarantaine de km…
[Parcours.txt]

Immédiatement je comprends de quoi il s’agit et une immense joie s’empare de moi.

J’ouvre un onglet sur Komoot, un autre sur Google Maps, et c’est parti.

A la lecture du texte, les souvenirs reviennent; le chemin en herbe, les déchets verts… Quelques hésitations sur les instructions; certains choses semblent avoir changé depuis; Google Street View est vraiment absent… Mais après un bon quart-d’heure, j’enregistre le parcours. Ça y est. Enfin. Elle est là !

Bon, sur le papier, enfin, l’écran, c’est tout sauf impressionnant. Surtout qu’avec 25km on est loin des 40 annoncés. A tel point que je me dis que si la situation le permet prochainement, je me vois bien prendre le TER direction Amiens avec mon Brompton, faire la boucle, puis reprendre le train direction Lille dans la journée.
Mais l’intérêt n’est pas sportif ici, il est purement sentimental. Maintenant je sais que je pourrai retourner pédaler dans mes souvenirs dès que l’occasion se présentera. C’est l’essentiel !

Au besoin, le fichier GPX de la trace est disponible ici directement.

Con comme une brosse à chiottes

En décembre 2017, lorsque je me rendais dans le Ikea le plus proche de mon nouveau domicile pour y faire l’acquisition, entre autres choses, d’une brosse pour WC, je me souviens de deux choses dans le rayon en question : il y avait une installation qui reproduisait le trône de Game of Thrones avec des brosses à la place des épées, et en dehors de l’aspect esthétique, je choisissais ma nouvelle brosse pour son côté durable; de l’acier pour le bac et le couvercle, mais surtout une brosse remplaçable.

Pourquoi tout jeter lorsque les poils de la brosse sont en fin de service si le reste est encore en parfaite condition ?

Trois ans et demi plus tard, l’inévitable est arrivé et il est grand temps de faire ses adieux à la brosse et d’acquérir une remplaçante.
Je me dirige alors sur le site de la marque pour vérifier que la référence existe toujours* et, situation sanitaire oblige, passer commande en click&collect.

Attiré par la note relativement basse (3.5 étoiles sur 5 pour 57 avis) du produit (Des gens notes des brosses à chiottes sur Internet ? Comment peuvent-ils être déçus par des recharges ? S’ils n’aimaient pas le produit à la base pourquoi acheter des recharges ?) je décide de lire les commentaires et la bêtise humaine se présente une nouvelle fois à nu devant mes yeux :

Je n’arrive pas à comprendre comment quiconque pourrait acheter ce produit sans réaliser qu’il ne s’agit pas d’un ensemble fonctionnel complet mais uniquement de pièces de rechange.
Sur le site, c’est parfaitement visible, et la description du produit indique clairement Brosse de rechange. En magasin, avec l’objet en main, impossible de se tromper, non ?

En plus d’avoir fait une erreur grossière, ces personnes sont tellement dénuées de toute humilité qu’elles considèrent que la faute repose totalement sur le commerçant; à tel point qu’il leur apparaît nécessaire de faire la démarche de partager cette critique au monde entier en postant un commentaire sur la page produit.

Incroyable. Vraiment.

En conséquence, si l’on connaissait déjà con comme un balai, je propose d’introduire cette nouvelle expression, à la fois plus sale et plus précise.

* Malheureusement, il semblerait que tant la brosse pour WC que les brosses de rechange ne soient plus produites et que la marque écoule actuellement son stock. Triste nouvelle pour le côté durable. Cependant, ayant fait l’acquisition d’un lot de deux brosses de rechange (le remplacement a été fait avec succès !), et à raison de quarante deux mois d’usage par brosse, cela signifie que je devrais quoi qu’il arrive pouvoir entretenir mes toilettes sans devoir racheter de brosse complète jusqu’en… 2028. Des bouleversements divers ont le temps de se produire d’ici là !

Exclure par l’inclusion

En début de semaine, je lisais l’édito du dernier numéro d’un magazine dédié au vélo de route autrement, dans lequel le rédacteur en chef expliquait le choix fait par la rédaction d’utiliser l’écriture inclusive dans leurs articles.

Par rapport au magazine, cette décision ne me choque pas. Au contraire. Et c’est d’ailleurs pourquoi j’avais vite compris que je n’étais pas la cible de ce titre et avais arrêté de le lire après quelques numéros.

Un tel choix, comme l’indique parfaitement Alain Puiseux dans son édito, c’est un acte militant. Cela exprime avant tout une position, plus qu’autre chose.

A titre personnel, l’écriture inclusive est quelque-chose qui m’interroge et avec lequel je suis tout sauf à l’aise :

  • Ce n’est pas clair, chaque communauté semble avoir ses règles et ses codes; parfois « ils ou elles » est inclusif, parfois il faut utiliser « iels », parfois ce n’est pas suffisant et il faut utiliser un pronom encore plus inclusif (que je ne retrouve pas présentement, désolé). Point m·é·d·i·a·n ou t-i-r-e-t ? Si on regarde les guides qui peuvent exister sur le sujet, c’est tout sauf une sinécure. Pour un informaticien, les normes sont primordiales, surtout lorsqu’il s’agit de communication entre programmes et/ou machines. Alors comment ne pas être perdu devant une proposition de langage entre humains qui n’est absolument pas normalisé ?
  • C’est dur à lire. Probablement une question d’habitude, mais « tou.te.s » je le lis « toutses », et ça n’a plus aucun sens dans mon esprit.
  • C’est encore plus dur à écrire. Déjà parce que ce n’est pas codifié, mais aussi parce que concaténer des mots par des points, lorsque j’écris du texte, ce n’est pas dans mon habitude; et quand je code, j’ai mon IDE qui m’aide.
  • Parce que je suis un vieux con réac. Après tout, on est toujours le pauvre, l’idiot ou le laid de quelqu’un. Alors, nécessairement, je suis le vieux con réac de quelqu’un.

Selon Wikipédia, il faut d’ailleurs distinguer langage épicène, qui vise à supprimer les discriminations sexistes (hommes/femmes et femmes/hommes), du langage inclusif qui vise à supprimer toute discrimination (de sexe, de genre, de physique…).

C’est donc tout sauf simple. Et il est alors très facile de gotcha quiconque, aussi bienveillant soit-il, voudrait s’essayer à l’inclusivité linguistique.

Dans cette situation, faire le choix militant de l’écriture inclusive, qu’est-ce que cela signifie ? Car le propre du militantisme, c’est de vouloir faire adhérer à ses idées ceux qui ne sont pas encore du bon côté. Et parfois, souvent, en particulier sur Internet où, hasard, la communication se fait majoritairement à l’écrit; militer se fait en reprochant à l’autre camp de ne pas suivre la bonne voie. Et lorsqu’il s’agit d’écriture inclusive, on reproche alors à ceux qui n’adoptent pas nos codes de faire usage d’une écriture qui exclue certains individus.

En 2021, il est globalement acté qu’à l’écrit, sur Internet, reprocher à quelqu’un de ne pas écrire correctement est un acte purement mauvais ne servant qu’à gonfler son égo. Mais alors, maintenant que les personnes avec un niveau moyen de maîtrise de la langue ne sont plus exclues et peuvent s’exprimer librement sur la toile; est-il raisonnable, au nom de l’inclusivité, de s’en prendre aux personnes qui n’emploieraient pas un neo-langage non codifié ? N’est-ce pas là une nouvelle forme d’exclusion ?

Je pense ne pas m’en sortir trop mal en terme d’écriture en français. Par contre, l’écriture inclusive, comme j’ai tenté de l’expliquer ici, et même si je suis tout sauf opposé à l’idée qu’il y a derrière, je suis totalement perdu avec et les quelques fois où l’on m’a reproché de ne pas l’employer, j’ai vraiment senti un malaise et une incompréhension. C’est peut-être le vieux con réac qui parle, mais je ne suis pas convaincu que l’adoption massive d’une pratique si dogmatique permette d’obtenir les profonds changements de société escomptés. Aujourd’hui, cela semble plus être une arme utilisée par certaines communautés afin de se distinguer. Faisant passer l’individu et son attachement à cette communauté avant le collectif.