Je me sens moins conne

Faubourg Simone, c’est une webradio de bobos parisiens financée avec l’argent de la mairie #HidalgoDemission #SaccageParis

En soit ceci est totalement vrai (sauf les hashtags), mais les apparences peuvent être trompeuses.

On y entend que de la bonne musique, et vraiment que de la musique. Pas de pub (merci les impôts des parisiens !), pas d’actualités/informations (sauf sur la culture de temps en temps), seulement des jingles, sous forme d’extraits musicaux un peu ringards ou d’extraits de films.

On y entend un peu de tout, peu importe l’époque, c’est plaisant, bien renouvelé et, je ne sais pas si je l’ai déjà dit, mais c’est gratuit.

Quelques créneaux particuliers programmés pendant la semaine, mais en dehors de ça ce n’est vraiment que de la musique en mode random.

Quand je ne sais pas quoi écouter de particulier et que je n’ai pas envie de me battre avec les suggestions personnalisées Spotify, c’est ma solution de replis. Jamais déçu.

Métro à grande vitesse

Le TGV […] c’est le métro des CSP +.
[…]
Les géomètres experts qui boivent un café au wagon-bar ne ressemblent pas à des colonisateurs : ils seront de retour par le train du soir et mangeront, avec tous le respect dû aux territoires, du sanglier en bocal avec un Médoc et des cannelés. Des romanciers rempliront leur déclaration AGESSA, la sécurité sociale des auteurs, en face de chorégraphes dispensant aux membres de leur troupe l’enviable statut de l’intermittence. Des architectes peaufineront des projets de médiathèques en région, des cadres des spiritueux ou du tourisme rempliront leur rapport trimestriel.

La nuit tombe autour d’eux sur la France mais la caste qu’ils forment assure collectivement l’agréable étanchéité du pacte social. […] C’est dimanche soir et la France a l’air de revenir éternellement du même mariage heureux dans un château lointain.
[La SNCF sur FranceCulture.fr]

Rarement lu un article décrivant si bien le ressenti que je peux avoir quand je me trouve dans l’une des rames de ce métro.

Violence ordinaire

Voila c’était samedi, je rentre d’un petite sortie shopping dans Paris par la piste cyclable voie Pompidou, le soleil commence à poindre et les reflets sur la seine sont magnifiques, je croise des cyclistes en famille avec leurs enfants sur la piste, bref, c’est une belle journée d’octobre.
[…]
Pas de bol 200m plus tard je tombe sur une manifestation de la #FFMC sympathique asso […] dont l’acronyme contient “colère” comme un poster de groupe de metal pour ado en rebellion contre le sytème
[…]
A un moment je vois arriver un scooter en face qui va pour me frôler en sens inverse, je sors ma main et pousse son retro […] le scooter est suivi d’une moto a qui je pousse aussi le rétroviseur. Je continue une centaine de mètres, j’ai juste le temps d’entendre se rapprocher un bruit de moteur lancé à vive allure, la moto me percute par l’arrière et me fais tomber au sol mon casque explose (merci à lui), le sac vole, le vélo est 3m devant, j’ai à peine le temps de comprendre ce qu’il se passe que le scooter viens de rejoindre le motard, les deux garent leurs engins et me foncent dessus à pied, je pars en courant il me font chuter et m’enchainent de coups de pieds et poings au sol.
[…]
Une voiture s’arrête, klaxonne et dégaine un portable pour filmer mes agresseurs, les coups stopperont ici.
[…]
La suite c’est à l’hôpital pour faire constater un inventaire à la Prévert : Trauma crânien sans perte de connaissance, contusions costale gauche, contusion au genou droit etc… le verdict des radios est réjouissant, rien de cassé, vraiment quelle belle journée !
[Bucolique mais pas trop sur Medium.com]

Décidément, la piste cyclable sur la Voie Georges-Pompidou semble attirer plus efficacement les cons qu’un meeting du Front National.

Panem et circenses

Non, ce n’est pas un rêve. C’est bel et bien l’incroyable réalité. On promettait pourtant l’enfer au PSG. Mais l’enfer, c’est bien le Barça qui l’a vécu mardi soir au Parc des Princes, en 8e de finale aller de la Ligue des champions (4-0). Une nuit magique pour Paris.
[Ligue des champions : le PSG écrase le FC Barcelone (4-0) en 8e de finale aller sur Eurosport.fr]

 

100
C’est, en pourcentage, les chances de qualification d’une équipe après avoir gagné 4-0 à domicile l’aller en Coupe d’Europe depuis la saison 1970-1971, sur 169 cas recensés.
[Les chiffres fous de PSG-Barça sur LEquipe.fr]

 

Malgré son exploit du match aller (4-0), le PSG a sombré à Barcelone (1-6), ce mercredi en huitième de finale retour de la Ligue des champions. Il est éliminé dès les huitièmes de finale.
[…]
À deux minutes de la fin du temps réglementaire, les Parisiens avaient encore pourtant de la marge. […] Mais de façon incrompréhensible, les joueurs d’Unai Emery ont continué de reculer. Et ce qui devait arriver, arriva. Ils ont été punis.
[Le PSG humilié à Barcelone et éliminé en huitièmes de finale de la Ligue des champions sur LEquipe.fr]

Que des dizaines de millions de personnes arrivent à croire à la régularité de ce genre de rencontre sportive m’aide à comprendre comment des millions de personnes peuvent continuer à soutenir un chantre de la malhonnêteté.

Certains se souviendront d’un exploit similaire réalisé par l’Olympique Lyonnais à un stade inférieur de cette même compétition en 2011 :

Lyon a arraché une qualification inouïe pour les 8es de finale de la Ligue des Champions, mercredi, en allant battre le Dinamo Zagreb (1-7) […] Incroyable.
[Au tour de Lyon d’être incroyable sur Eurosport.fr]

Patrick Mongol et Bernard Faible d’Esprit

Dimanche avait lieu la 40ème édition du Marathon de Paris, ou plutôt Schneider Electric Marathon de Paris 2016.

Comme chaque année l’évènement est retransmis en direct sur France Télévision.

Cette année, aux commentaires, Patrick Montel journaliste sportif est accompagné de Bernard Faure consultant, ancien champion de France de marathon.

Le départ est donné par Anne Hidalgo et là, c’est le drame.

Un coureur blanc prend rapidement la tête de la course avec un rythme bien supérieur au peloton des hommes noirs. Instantanément, M. Montel parle d’un « petit plaisantin« . Quelques secondes plus tard, le consultant Bernard Faure réagit « ça va un moment […] parce-que ça pollue […] parce qu’il faut rester à sa place et aujourd’hui, devant, la place c’est celle des kényans […] non, il-y-a des images à ne pas faire » et son comparse de lui répondre « c’est le mot respect, faut avoir le respect de ces garçons » puis de qualifier l’échappé de « fantaisiste« .

On pourrait qualifier de plaisantin un individu qui achète son billet pour un match de foot et va courir sur le terrain pour amuser ses copains. Avec le billet qu’il a acheté, sa place est dans les tribunes. Le terrain étant réservé aux joueurs et arbitres.

En cyclisme, si un petit du peloton décide de partir en échappée, personne ne s’en offusquera, au pire cela provoquera quelques sourires.

Mais pour M. Montel et M. Faure, une personne qui se qualifie dans le SAS Préférentiel en réalisant un marathon de 2h39 et qui décide de prendre la tête de la course dès le départ, c’est un plaisantin qui n’est pas à sa place et qui manque de respect aux élites. Rien que ça.

Plus tard dans la journée, le fantaisiste a réagit sur Facebook :

En réponse aux commentateurs (Messieurs Montel & Faure).
Dimanche dernier, j’ai eu le plaisir de parcourir 600 mètres en tête du marathon de Paris 2016. Moi l’amateur, le « fantaisiste » qui a couru près de 14 000 km ces 5 dernières années, enchainé jusqu’à 7 séances par semaine, sur piste, asphalte, lors de cross, trail, courses sur route, je me suis dit « et si t’allais taper la balle avec Federer, taper la lulu à Buffon, faire un round avec Mohammed Ali ». Bon ok le round avec Mohammed n’aurait peut-être pas duré 600m ! Par contre, dimanche j’ai tenu tête à Korir, Koech, Kiprotich et consort ! Ok ok que 600m, mais bon c’était un jour sans, je tenterai à nouveau la qualif pour Rio dans quelques semaines!
Messieurs Montel et Faure, quelle déception d’entendre vos commentaires. Je suis tombé de haut. Mais s’il ne s’agissait que de déception, je ne serais pas en train d’écrire ce message. Vos propos sont condescendants, irrespectueux, conservateurs et racistes.
Tout d’abord, je tiens à vous signaler que le « plaisantin pas connecté avec son corps », court le marathon en 2h39, temps qui m’a permis d’avoir un dossard préférentiel justement et de commencer à « ma place ». Pas d’entourloupe, aucune, sur la ligne j’avais mon dossard et mes jambes comme tout le monde et comme tout le monde j’ai commencé à courir. Vous savez, ce qui est beau dans ce sport, c’est justement que des amateurs, passionnés comme moi, puissent jouer le match… Je pensais que cette idée vous plaisait mais force est de constater que bousculer un ordre établi vous fait peur. Tiens donc un ordre établi ? Monsieur Faure, je suis sincèrement désolé d’avoir « pollué » ce début de course. Excusez moi d’avoir voulu vivre un moment intense, presque un rêve, en tout droit, avec mes jambes et mon dossard ! Excusez-moi de ne pas avoir « été à ma place », d’avoir fait de l’ombre « aux kenyans ». Je l’ai bien vu, les 600 mètres où j’étais devant les a perturbés. Ils tremblaient, ils s’en souviendront du fantaisiste du marathon de paris 2016 ! Pas à ma place? Hum…j’aimerais bien que vous développiez ce point s’il vous plait. A quelle vitesse j’aurais dû courir ? Mon prochain 10km je devrais partir à quelle allure ? Vous pourriez me dire mes futurs chronos svp ? et sinon qui a le droit de courir vite ? quelles sont les conditions ? s’agit-il de montrer son passeport pour mener une course? C’est ma couleur de peau qui n’allait pas ?
Aussi pourriez-vous faire le lien avec l’arrivée de Berlin dont vous parlez ? Non parce que là je cherche encore… Pour rappel, lors de l’ arrivée du marathon de Berlin 2013, un petit plaisantin (je trouve le terme sympa) avait coupé la ligne d’arrivée devant Kipsang. Le rapport avec mon départ ?
Mais je crois que la cerise sur le gâteau c’est lorsque vous dites qu’« il y a des images à ne pas faire » et que je « manque de respect ». Alors là…J’ai dû réécouter plusieurs fois pour le croire. Mes oreilles saignent encore ! Donc on reprend. Il y a un coureur amateur, français, en tête du marathon de Paris et il ne faut surtout pas montrer cela ! Ho hé ! ho hé ! Je ne suis pas un islamiste de Daesh en train de découper une tête ! Je courais juste, en tête du marathon, en ayant respecté toutes les règles. Je vivais, intensément ! De mon plein droit, j’ai pris le départ, et j’ai couru. J’ai le plus grand respect pour ces coureurs. Je sais ce qu’ils endurent pour arriver à ce niveau.
Voilà, j’ai trouvé votre intervention irrespectueuse envers moi mais également vis-à-vis des 57 000 amateurs et de tous ceux qui ne sont pas kenyans et qui n’ont pas le droit d’être devant. Vous avez condamné un acte sportif, un rêve. Chacun à sa place. Ne changeons rien, surtout. Ne tentons pas et ne rêvons pas.
Merci les gars.
[Alexis Valtat sur Facebook.com]

Réponse très intelligente et réfléchie, on aurait pu croire que M. Montel allait au mieux s’excuser lâchement, au pire se taire. Mais c’était sans compter sur la résistance du personnage qui ayant plus ou moins atteint l’âge de la retraite, continue de répandre sa bile sur l’antenne du service public avec la même ferveur année après année, JO après JO.

Et donc, il a décidé de sortir son clavier et de réagir de son côté sur Facebook.

Pour le coup, n’étant ni journaliste ni consultant en connerie humaine, je vais m’abstenir de tout commentaire.

C’est par contre avec plaisir que je vais rappeler quelques-uns des exploits télévisuels de Patrick Montel, que ce soit lors de JO de Sotchi où il fait part de son amour pour le surf des neiges ou lors des championnats d’Europe d’athlétisme 2014 où son expertise lui permet de prévoir avec brio l’arrivée du 4x400m féminin.

Concernant Bernard Faure, je me dis que c’est à cause de passer son temps avec le premier qu’il est devenu comme ça. Car Stéphane Diagana commence lui aussi à mal tourner. Et question consultants, on voit clairement la différence entre quelqu’un qui s’encroute sur France Télévision, et ceux sur l’Équipe 21 qui ne partagent que leur expertise et l’amour de leur sport avec le téléspectateur.