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BBC #4 : Le Lin

Une série dans la série. Au moins trois articles sur des matières sont à prévoir. Celui-ci est le premier. Les paris sont ouverts pour les deux autres.

Initialement ma rencontre avec le lin s’est faite un peu par hasard.

En effet, alors que j’étais à la recherche d’une paire de maniques et que je n’avais pas envie d’acheter un produit de grande production en coton/polyester dans une banale enseigne, je me suis tourné vers Etsy dans l’espoir de trouver quelque chose d’un peu plus unique et artisanal. C’est ainsi que, quelques semaines plus tard, je recevais deux superbes maniques en provenance de Lituanie.

En parallèle, je consommais assez régulièrement des graines et de l’huile issues de cette même plante, bonne source d’Oméga-3 végétaux; mais sans chercher beaucoup plus loin.

Quelques années plus tard, quand j’ai voulu remplacer mes torchons Ikea qui après huit mois d’utilisation présentaient déjà des trous, il est apparu que, là aussi, le lin était présent et faisait figure de matière haut de gamme, bien plus qualitative et durable que le coton. Non seulement cela s’est avéré véridique, mais en plus, pour essuyer de la vaisselle, c’est bien plus efficace !

Puis, quelques mois plus tard, par hasard, je tombe sur des serviettes de bain en lin. Cette fois ça m’intrigue réellement. Le site qui les vend est réputé, non seulement pour la qualité de ses produits, mais surtout pour leur côté pratique et innovant.
En quoi le lin est répond à ces critères ?

Je commence alors à investiguer. Et là, le miracle.

La première chose à savoir sur le lin, c’est qu’il est en majorité cultivé et transformé à proximité. En effet, une fois que l’on sait où regarder, on découvre des champs pas loin de chez soit. Lors de mes sorties à vélo, j’en ai par exemple trouvé à Wambrechies ou Messines.
La seconde c’est que ses besoins en eau, engrais et pesticides sont bien inférieurs à ceux du coton qui lui n’est pas cultivé en Europe.

Mais alors, pourquoi est-ce qu’on est inondés de coton et que le lin est rare ?
Comme souvent quand l’industrie pousse un produit plus néfaste pour l’humain et la planète que des alternatives, la réponse se trouve dans les intérêts économiques d’une minorité. Ce qu’il s’est passé avec le chanvre et DuPont de Nemours semble ainsi de plus en plus accepté. Oui, c’est un lien vers le Figaro. Si même les conservateurs le reconnaissent…

Le lin c’est donc une gentille plante qui pousse chez nous, fournit du textile et de l’alimentaire (même de manière indirecte, avec les œufs de poules nourries aux graines de lin).

Revenons aux serviettes.

Personnellement j’avais lâché les serviettes en coton il y a quelques années quand j’avais découvert les serviettes microfibre, généralement vendues pour le sport. C’est très fin, très léger, ça absorbe bien mieux que les tapis lourds en coton et ça sèche 100 fois plus vite !
Je sais que certains aiment s’enrouler dans une serviette épaisse après leur toilette, et y passer un temps conséquent. Certains poussent même le vice jusqu’à utiliser un peignoir; l’horreur. Ou ont un système pour faire chauffer leur serviette. Quelle hérésie.
Moi c’est tout l’inverse. Plus vite je me sèche en sortant de la douche, mieux je me porte. Résultat la microfibre est bien plus intéressante que le coton.
Me douchant généralement plusieurs fois par jour en fonction de mon activité physique, j’apprécie également de retrouver une serviette sèche à chaque fois, sans avoir besoin d’utiliser un système énergivore de sèche serviette.

Le problème avec la microfibre c’est que c’est du synthétique issu du pétrole. Non seulement son origine et sa fin de vie ne sont pas ouf, mais en plus à chaque lavage ça émet du microplastique dans la nature.
Et quand j’en utilise pour m’essuyer lors des séances d’entraînement sur le vélo, ça a tendance à m’irriter la peau du visage.
Bien mais peut mieux faire.

Avec ces informations en tête, je décidais de tenter l’aventure des serviettes en lin.
A réception, relativement surpris par l’aspect de la chose, qui me rappelais plus un sac de pommes de terre qu’un tissus fait pour s’essuyer.
Puis vient la première sortie de douche. Et là, le miracle (encore un) !

L’impression de ne m’être jamais séché correctement jusqu’à présent. C’est bluffant d’efficacité et la sensation sur la peau est énergisante; exactement ce dont j’ai besoin à ce moment de la journée !
Une fois accrochée pour sécher, c’est encore plus rapide que de la microfibre et il n’y a vraiment pas d’odeur.
Le seul point à noter c’est que comme c’est une matière naturelle traitée au minimum, pendant les premières semaines d’utilisation, des petits bouts de fibre s’échappent, qui peuvent s’accumuler sur le sol ou les meubles de la salle de bain et si en plus c’est de couleur, ça se voit beaucoup. Mais c’est normal, naturel, et une fois que la serviette est rodée, ça ne le fait plus.
Pour avoir du réutiliser des serviettes coton ou microfibre en déplacement depuis, à chaque fois je suis surpris par le côté absolument désagréable de la chose.

Suite à cette expérience plus que réussie, j’ai donc procédé à un remplacement total de mes serviettes. Y compris celles pour le sport.
Non seulement je n’ai plus de soucis d’irritations, mais en plus sur les longues sessions je n’ai plus ce problème de serviette qui finit par être gorgée de sueur et qui ne me permet plus de m’essuyer correctement. Ça sèche tellement rapidement qu’il y a toujours une zone sèche prête à absorber un peu de fluides corporels.

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Mais je ne pouvais m’arrêter-là. L’étape d’après fut de m’intéresser à la literie.
D’abord les housses de coussins (merci à la personne ayant tâché ceux de mon canapé, m’ayant fourni un parfait prétexte pour les remplacer) et puis les parures de lit. Cette fois malheureusement pas d’excuse, j’étais déjà bien équipé, mais j’étais tellement hypé par cette matière incroyable que je n’ai pas résisté. Et puis j’ai facilement trouvé preneur pour les anciens.
Ceux qui dorment couverts de vêtements n’y verront probablement pas de grand intérêt, même si la régulation de la température et de l’humidité est bien meilleure qu’avec du coton, par contre pour les autres, cette sensation incroyable en se glissant, chaque soir, dans des draps vivants, c’est tout simplement divin.
Quand je dis vivants, c’est par rapport à l’aspect naturellement irrégulier des fibres de lin. Là où un drap en coton sera lisse comme une feuille de papier, un drap en lin va présenter des centaines d’aspérités qui viendront éveiller les capteurs de la peau, tout en facilitant les échanges thermiques et hydriques. Pourquoi se contenter d’un verre d’eau tiède quand on peut, sans conséquence, profiter chaque jour d’une limonade bien fraîche ?

Bref, le lin c’est trop bien ! On peut même en faire dans son jardin.

La suite logique aurait dû être d’essayer les vêtements en lin. Mais, pour des raisons qui seront explicitées dans un prochain article de cette série (relire le début de l’article si nécessaire), je ne l’ai pas fait et ne prévois pas de le faire.

Pourquoi c’est bobo ?

C’est pas mainstream car certainement jugé contraire aux intérêts économiques des grands industriels.

C’est local, tant au niveau de la production que de la transformation.

C’est naturel, durable et avec un impact bien moins élevé sur la planète que les fibres textiles les plus utilisées.