Riding down memory lane

Si j’avais annoncé la couleur en mai dernier, mon plan a été plus compliqué à mettre en œuvre que prévu.

Idéalement je voulais m’y prendre un vendredi pour profiter des trains plus nombreux, mais surtout, il fallait que la météo sois non-seulement agréable le jour J, mais surtout qu’il ne pleuve pas les jours précédents. Car si l’idée de départ de faire une sortie VTT sur un Brompton pouvait paraître étrange, elle devenait tout simplement ridicule en cas de conditions boueuses. Rien que de l’herbe mouillée c’est une vraie patinoire, alors des chemins agricoles, c’est non. Et le fabricant ne s’y trompe pas avec un 2/6 sur en « Off-Road Grip ».

En juin et juillet, entre les conditions météo défavorables et les deux injections de mRNA-1273, ça s’est avéré impossible.
En août, seul le vendredi 13 était éligible. Mais superstition ou non, j’ai été pris eu dépourvu. Non seulement je n’avais pas réellement planifié la chose, mais en plus ma carte TER Hauts-de-France avait expiré quelques jours plus tôt…
Qu’à cela ne tienne, je profite de la soirée pour corriger mes erreurs : je me crée un itinéraire complet au départ et à l’arrivée de la gare d’Amiens, en incluant évidemment la fameuse trace, et je procède au renouvellement de ma carte TER.

Cette semaine, je constate qu’un temps très correct (presque superbe pour 2021…) est prévu sur l’ensemble de la semaine, avec un weekend de trois jours encore plus favorable. Le moment est-il enfin arrivé ?
Mais au fait, elle est où ma carte TER ? Ils annoncé une réception sous 15 jours mais toujours rien dans ma boîte aux lettres, et aucun email d’expédition… Vérification faite, je n’avais pas reçu d’email l’année dernière non plus. Soit.

Alors que les jours avancent, les conditions météo se confirment, et je m’inquiète de plus en plus sur l’absence de carte dans le courrier. 10€ la carte (contre 30€ en temps normal, merci la promotion d’été) qui permet d’économiser 22.2€ sur l’A/R Lille-Amiens (ou 12.2€ une fois le tarif de la carte déduit), c’est compliqué de passer à côté.

Finalement, mercredi soir, elle est là ! Et la météo annonce toujours le même programme ! Ma première action après m’être connecté au PC pro le jeudi matin consiste donc à poser la journée du vendredi, avant d’aller acheter les billets.

Comme un symbole, le train au départ de Lille-Flandres à 8h53 arrive à Amiens à… 10h10. Banco !

Dans la soirée, une petite révision du vélo pour éviter toute mauvaise surprise, préparations des affaires (ne pas oublier les masques) et au dodo.

Le départ du train est à 8h53, Google annonce 15mn de trajet à vélo, mais à 8h35 je suis encore dans la salle-de-bain à m’appliquer de la crème solaire. Envie de prendre des risques ? 8h40 en bas de l’immeuble, il est 8h51 lorsque je m’engage en trottinant sur le quai. Les feux ont été favorables, autrement ça aurait été totalement impossible malgré les raccourcis. Le temps de replier le vélo et de m’installer, le train démarre. Quel plaisir de démontrer l’efficacité du vélo en ville.

Arrivé à Amiens, le temps d’installer le Garmin sur le vélo, démarrer la trace et c’est parti !

Pour rejoindre le départ de la trace, j’avais décidé de passer par des endroits ayant eu une certaine importance dans mon passé. Alors c’est naturellement que les premiers coups de pédale me font passer derrière le cinéma Gaumont avant de… remonter la rue Vulfran Warmé. Ça attaque dur !

Au bout de cette rue, j’ai découvert, en préparant la trace, l’existence du Petit Chemin de Saint-Fuscien, accessible aux seuls piétons et cyclistes, qui permet de déboucher sur le Boulevard de Bapaume à quelques mètres du célèbre Mario’s Pizza. J’ai comme l’impression que ce chemin m’aurait fait économiser quelques paires de chaussures lorsque j’empruntais la Rue de Cottenchy pour aller ou revenir de la gare.

Entrée du Petit Chemin de Saint-Fuscien

Ensuite on descend la Rue Saint-Fuscien pour rejoindre la Rue Alexandre Dumas et découvrir avec un grand plaisir que le trottoir a totalement été réaménagé pour accueillir une belle piste cyclable. Sur cet itinéraire, emprunté certainement des centaines de fois, principalement sur un BMX, j’ai fini au moins deux fois au sol après avoir été percuté par un automobilistes, et j’ai évité de très nombreuses situations similaires. Alors savoir que les moi d’aujourd’hui peuvent se déplacer de manière bien plus sereine et sécurisée, ça ne peut que me réjouir.

On débranche vers la Clinique Victor Pauchet pour rejoindre la Vallée des Vignes. Cette fois c’est une mauvaise surprise qui m’y attend. A l’époque, c’était un espace sécurisé (comprendre sans circulation automobile) qui mélangeait verdure et mobilier urbain, parfait pour passer le temps à ne rien faire ou s’amuser avec un BMX ou un skateboard. Aujourd’hui, la végétation est toujours là, trop même, puisque le passage est parfois bloqué par celle-ci. Manque flagrant d’entretien. Mais surtout, l’artificiel a très mal vieilli. Les bancs sont couverts de mousse/saleté, les trottoirs sont emplis de trous, les murets fissurés/cassés… Ce qui était un lieu de vie accueillant est devenu une zone à l’abandon. Vraiment très étonnant. Surtout que j’y croise des agents d’entretien qui plutôt que de faire quelque-chose de vraiment utile, viennent assombrir le tableau en faisant vrombir le moteur de leur souffleur de feuilles qui ne fait que soulever de la poussière.

Arrivé en haut, c’est le moment de tourner à gauche pour rejoindre le départ de la trace.

C’est officiellement la fin de la ville et on attaque directement avec une montée en graviers/cailloux. Rappel immédiat de pourquoi je faisais cela avec un VTT. Pas grand monde là-haut. Des épandages récents font que l’atmosphère est tout sauf agréable. Passage du pont au dessus de l’A29, puis retour d’un revêtement un peu plus lisse avant d’arriver sur l’intersection séparant l’aller et le retour.

A gauche, descente vers Saint-Fuscien; en face, retour depuis Hébécourt

Certains passages, je les avais totalement oubliés, aucun doute. Et dès la première descente, j’en viens à me questionner sur mon choix de monture. Avec un VTT j’aurai pu descendre sans toucher aux freins, en allant presque tout droit. Là je suis contraint de rouler au ralenti, pour pouvoir négocier les meilleures trajectoires entre les racines, rochers, ornières… car le vélo ne pardonne rien. Fort logiquement les douleurs aux mains apparaissent rapidement. L’impression de rouler sur des secteurs pavés, les pavés en moins…
Malgré tout je progresse à un bon rythme.
Plusieurs passages sont couverts de végétation et fatalement moyeux, axe du pédalier et surtout pignons se trouvent couverts; m’obligeant à m’arrêter à plusieurs reprises pour faire du nettoyage sans quoi la chaîne se met à sauter et les roues refusent simplement de tourner. Problématique.
Le chemin secret à Rumigny, la zone à déchets verts, la montée en épingle à Saint-Sauflieu… Les souvenirs sont bien présents. Jusqu’à arriver au cimetière à Hébécourt, passer par un bout de forêt dont le sol est jonché de vilaines racines, traverser la D1001 avant de tirer quasiment tout droit pour rejoindre le départ.

La vraie surprise se sera présentée sous la forme d’un quasi-mur, entre Saint-Sauflieu et Hébécourt, aka Côte de la Chaussée Brunehaut que l’on peut apercevoir ici. Le segment de 500m annonce 6.7% de moyenne mais c’est parce qu’il inclus le pied en négatif et le replat au sommet. Il ne faut pas mettre de côté une bonne partie à ~14% constituée de silex et racines entre lesquelles l’eau a creusé en s’écoulant. Là encore, il est important de trouver la bonne trajectoire sinon c’est arrêt immédiat et pousser le vélo jusqu’en haut. Ça se passe mieux que prévu mais je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi je n’avais aucun souvenir de cette montée.

Finalement grâce au terrain sec le vélo est passé partout et je n’ai pas eu besoin de marcher/le pousser ce qui est une vraie source de satisfaction. Le parcours a tenu ses promesses et j’étais content de pouvoir jouer avec ma mémoire en même temps que mes jambes.

Concernant les 40km annoncés, ce sont finalement 25.2km et 200m de D+ que j’aurai parcourus en 1h14. Une belle marge de… 15km !

La plaine/clairière entre Saint-Fuscien et Rumigny, dont j’ai toujours gardé un souvenir très fort
La fontaine du cimetière à Hébécourt

La boucle terminée, retour vers la gare d’Amiens en commençant par un classique avec la descente de la passerelle de la Vallée des Vignes pour rejoindre la ZAC.

La passerelle piétonne reliant la Vallée des Vignes à la ZAC de la Vallée des Vignes

Si faire ça un jour de semaine pour profiter des horaires des trains était une bonne idée, revenir en ville vers midi, en particulier le premier vendredi de septembre, ensoleillé qui plus est, c’était moins bien senti. La circulation automobile est intense, les piétons sont nombreux, à commencer par les collégiens (qui sont nés approximativement quand je quittais Amiens pour Lille #ImOld) qui apprécient les voies de bus et autres aménagements cyclables pour se déplacer à pieds. C’est un peu plus compliqué qu’à l’aller, mais pas de stress, j’ai tout mon temps !

De retour à la gare, je jette un œil à Internet pour trouver où manger puis me dirige, en passant par la Rue Cormont, vers le Break pour repartir avec un chili (bof) et une part de leur gâteau chocolat/pistache (très bon, mais il m’aura fallu une bonne heure pour en venir à bout) avant de me diriger vers le Parc Saint-Pierre pour déjeuner au Soleil sur un banc, devant quelques foulques macroule bagarreuses et des enfants s’amusant à sauter sur les pontons flottants (les souvenirs et les émotions surgissant alors plus nombreuses que les vagues créées en réaction sur l’étang).

Le gâteau chocolat/pistache du Break

L’expérience est une réussite totale. La météo, le déplacement, le parcours à vélo, la voyage dans les souvenirs… Et surtout l’agréable sensation de voir que la ville semble avoir évolué dans le bon sens.

De par mon vécu, je m’attendais à arpenter un circuit automobile géant et force est de constater que ce n’était pas le cas. Les aménagements cyclables ont fleuri plus nombreux que les immeubles, les vélos de la ville, que ce soit ceux en libre service ou les VAE loués par la Buscyclette, et la cohabitation avec les automobilistes semble bonne. Coïncidence ou non, je n’ai eu aucun problème sur place, alors qu’il ne m’aura fallu parcourir que 300m depuis Lille-Flandres pour me faire couper la route par un automobiliste et éviter le choc de quelques centimètres alors que je circulais dans une voie réservée. Bon retour !

Bref, Amiens c’est aussi le tien.

JDMAI #68

La Línea: Shadow of Narco (Saison 1) : Avec un tel titre, je m’attendais à tomber sur un truc un peu bourrin se déroulant en Amérique du Sud. Grosse erreur. C’est au final un petit documentaire européen très intéressant car il ne cherche pas à aller dans le sensationnel et s’intéresse en réalité à l’impact des trafics sur la communauté, plus qu’aux trafics en eux-même. Le dernier épisode a également l’avantage d’être plein d’espoir. Bien.

Rizzoli & Isles (Saison 7) : Lors de ma révélation de juillet concernant Lorraine Bracco, je réalisais dans le même temps que je n’avais pas terminé la série dans laquelle elle joue la mère d’un des personnages principaux. Alors je m’y suis mis. Comme d’habitude, les enquêtes sont sans grand intérêt, si on regarde c’est pour le fil rouge entre les personnages. Là où Bones va surtout se concentrer sur les relations d’amitié entre les personnages, R&I va plus loin et adresse la notion de famille, même sans lien de sang. Et si c’est parfois (souvent) grossier, c’est très réel et prenant. Cette dernière saison a le mérite d’être construite pour conclure la série, alors on voit progressivement les personnages prendre des décisions ou réaliser des choses qui vont amener sur un dernier épisode plein d’émotion. Sans compter que l’empreinte de Lee « Barry Frost » Thompson Young reste très marquée. Satisfait.

The Last Dance (Saison 1) : La quantité d’archives, et en particulier toutes celles numérisées en HD, est incroyable. Ça paraît irréel tant ce qui s’est passé globalement avant 2010 est associé à une résolution type 480/576p. Les nombreuses réflexions sur ce que ça coûte d’être la personne la plus célèbre sur Terre, le sportif le plus accompli de son époque, la construction et la maintenance d’une équipe… en mélangeant archives et interviews de personnes impliquées à différents niveaux sont pertinentes et très intéressantes. Et la façon dont ils arrivent à mettre en avant le meilleur du sport entertainment est top.
Mais à côté de ça, la narration globale est catastrophique et rend l’ensemble interminable. On n’arrête pas de faire des aller-retours dans le temps, les thématiques sont mélangées entre les épisodes, certains sujets sont totalement survolés quand d’autres ont droit à des répétitions totalement imméritées… Résultat à chaque fin d’épisode on est épuisé, et plutôt que d’enchaîner, on préfère passer à autre chose pour récupérer.
Plutôt déçu au final. Et je ne regrette pas d’avoir attendu pour la regarder, plutôt que de risquer de me faire prendre par la hype qu’elle avait soulevée à sa sortie. Malgré tout, beaucoup d’émotions tout au long des épisodes; là dessus c’est une grande réussite.

Cocaine Cowboys: The Kings of Miami (Saison 1, Épisode 1) : La forme de l’introduction et du générique laissaient présager quelque-chose d’incroyable. Malheureusement ça n’aura pas duré. Je ne sais pas si ceux qui ont fait la série prenaient eux-même de la cocaïne ou si c’est moi qui suis un peu lent, mais c’est absolument incompréhensible. Ça va à toute allure, dans tous les sens. A la fin je n’avais toujours pas compris qui est qui, qui fait quoi… A un moment untel vends des pâtisseries dans la boutique familiale, trois secondes plus tard il brasse cinq millions par semaine. Puis retour en arrière, puis en avant. Il n’y a aucun suspens, tout défile à une vitesse insensée. Impossible de s’intéresser au moindre personnages tant ils défilent les uns derrière les autres. Infernal.

Catch 22 – Joseph Heller : A la base j’ai commencé à le lire en anglais mais j’avais l’impression d’être retourné en sixième, à ne rien comprendre à cette langue tant ça n’avait aucun sens. Suite au passage en français, il s’avère que non, je comprenais tout à fait ce que je lisais; simplement, c’était tout à fait absurde. La forme donc. C’est horrible. A répéter toujours la même chose, encore, et encore, et encore, et encore… Avec des dialogues interminables, qui se répètent, et se répètent, et se répètent… Sur le fond, c’est très propre et probablement très en avance sur son temps pour l’époque, mais là encore, la forme pêche. C’est tout sauf subtil tant on insiste et on insiste encore pour bien faire comprendre que c’est absurde, c’est problématique… L’un des derniers chapitres, destiné en totalité à décrire les atrocités de la guerre en dehors du front est dans la même veine : on avait compris. Inutile de dire ça maintenant. Soit il fallait en parler explicitement tout le long, soit considérer que le reste se suffisait. A la base j’avais voulu le lire pour mieux comprendre le sens et l’origine de l’expression catch-22. Autant dire que maintenant c’est tout à fait clair et je ne risque pas de l’oublier de si tôt !

The Innocent Man (Saison 1) : Yep yep yep. Encore un sacré travail d’investigation superbement mis en images. Beaucoup de négatif dans ces deux affaires, forcément, avec un système et des individus totalement corrompus. Mais aussi du très positif, avec les inconnus qui se démènent pour faire libérer des innocents, et surtout la famille de la première victime, Debbie Carter qui face à tout cela font preuve d’une humanité incroyable. Difficile de ne pas faire de parallèle avec Making a Murderer, même si ici ça a l’avantage d’être beaucoup plus clair et concis. Pour finalement arriver peu ou prou à la même situation.

Afghanistan, pays meurtri par la guerre : Suite aux récents évènements, j’ai rapidement constaté que beaucoup avaient un avis tranché (comme c’est surprenant !) sur la question tandis que de mon côté je devais reconnaître mon ignorance quasi-absolue. Alors cette série documentaire en quatre épisodes était la bienvenue. Comme d’habitude il faut faire preuve de sens critique, tant sur ce qui est présenté que sur le contenu des témoignages eux-même. Là encore, les histoires divergent. Mais globalement, ce que j’en retiens c’est que la réalité est beaucoup plus complexe que ce que de nombreux experts tentent de présenter et que la culture occidentale (films, séries…) sur le sujet est très, très biaisée. Volontairement ou non. A voir donc, pour quiconque souhaite obtenir d’autres points de vue que ceux qu’on a l’habitude de nous servir.

Kaboul Kitchen (Saison 1) : Toutes ces histoires d’Afghanistan m’ont rappelé que j’avais cette série sur ma watchlist depuis un certain temps… Passée la difficulté à s’adapter au jeu à la française et au personnage de Benjamin « Axel » Bellecour qui joue à merveille le loser égocentrique (et qui m’avait rendu absolument fou dans Les Invincibles); je dois reconnaître que c’est plutôt une réussite. Elle a une vraie personnalité, un style bien à elle, à commencer par son générique (désolé, pas trouvé les images) et sa musique de fin. C’est drôle, il y a une vraie harmonie entre les personnages, avec des seconds rôles excellents; en particulier Fayçal « Habib » Azizi qui propose de loin la meilleure performance de la saison, tant par son jeu que par ses répliques. Et l’arrogance des expats occidentaux, parfaitement illustrée, est très savoureuse. Le seul reproche que je pourrai faire c’est d’avoir choisi la facilité en faisant des locaux de très bons francophones et d’avoir fait appel à des acteurs maghrébins pour les interpréter. Résultat ça manque d’authenticité et frôlerait presque le racisme en pensant qu’il suffit de mettre des têtes d’arabes pour faire le job.

Je serai vigilant comme la tourterelle !
[Habib – Kaboul Kitchen]

Cheers (Saison 5) : Dans la lignée de la saison précédente, les personnages évoluent, le côté famille de potes se fait bien ressentir et c’est souvent drôle. Diane est plus insupportable que jamais mais le dernier épisode laisse présager de bonnes choses !
Au passage, c’est amusant comme la façon dont ils ont vieilli les acteurs à l’époque ne correspond absolument pas à ce qu’ils sont devenus réellement.

Ted « Michael » Danson (~2017)
Ted « Sam Malone » Danson (1986)

Veep (Saison 5) : Série totalement renouvelée, les personnages s’améliorent tous, les situations sont superbes et les dialogues frisent le génie. Punchline sur punchline. Et cette capacité à monter des gags progressivement sur plusieurs épisodes, dont un ultime sur toute la saison, magnifique !

Jonah: You gotta come get me.
Richard: Okay, just drop a pin in Apple Maps and…
Jonah: I don’t know how to drop a f**king pin.
Richard: Well, it’s a really intuitive feature. Do you have iOS 9.2.3?
[Veep – S05E09]

American Beauty : Propre, net et (presque) sans bavure.

ER (Saison 4) : Arrêtée en cours de route suite au confinement d’octobre 2020, je ne sais pas pourquoi je n’avais pas repris (comme le travail en présentiel…) plus tôt. Immédiatement remis dans le bain et happé. Ça marche vraiment très bien !

His Girl Friday : Incité par un article de The Gist (Plex) à découvrir le film derrière un Gif très célèbre; la découverte est excellente. Vraiment le genre de film que j’apprécie. Un scénario simple, des scènes et décors limités, un casting qui fonctionne et des dialogues délicieusement percutants. Ça défile à 200 à l’heure, c’est drôle, (toujours) pertinent et bien plus profond que ça en a l’air; en lisant des critiques après le visionnage, je découvre que j’ai manqué la majorité des subtilités des textes, c’est dire si c’est riche ! Et maintenant, je sais ce qu’il se passe avant mais surtout après cet extrait, ce qui ne me rend celui-ci que plus appréciable.

Le repos des braves : Simple, vrai, plaisant.

The Hunt : On comprend rapidement ce qu’il va se passer mais malgré tout on se laisse surprendre et ça prend aux tripes. Pour autant, le sujet semble survolé, tout arrive trop vite à chaque fois et surtout se termine beaucoup trop simplement. La fin est catastrophique. Le twist ne fait que le confirmer. Peut-être parce que le sujet a été abordé depuis de manière plus profonde, mais au final je suis assez déçu. Trop de facilités et un sentiment de déjà-vu quasi permanent. Dommage.

Nous le peuple – Collectif : A force d’entendre certains individus se référer à la Constitution des États-Unis et faire référence à des amendements alors qu’ils n’avaient, comme tout bons bigots, probablement jamais lu ces textes (comme tout bon bigot); je me suis dit qu’il était temps que je m’y intéresse de plus près. Ce n’est ni une déception, ni une révélation, mais c’est intéressant de voir ce que cela a pu engendrer par la suite, tant dans le positif que le négatif et comment cela a évolué (racisme, esclavagisme…). Résultat, même si ça reste majoritairement superficiel, ça tombe parfois sur des propos bien trop restreints pour être pertinents (et durer), comme c’est le cas du Dix-huitième amendement.

A Separation : Certes un peu long et un peu brouillon sur certains points, le reste est naturel, prenant et vivant. Et finalement bien plus subtils que le bruit et les cris, omniprésents, ne laissent paraitre.

#Playlist

C’est l’été (enfin d’après le calendrier, la météo ne semble pas du même avis) alors je me plonge plus volontiers dans les « tops ». Va pas falloir flancher.

DRIKS – TT Feat. Jahyanai King : A la base c’est le refrain français avec ses rimes un peu ridicules qui m’a amusé, puis finalement en réécoutant la musique dans son ensemble m’a plu.

DJ Sucré & Mauvais Djo Speak – PD PD : Les paroles complètement débiles, la musique entraînante… Simple.

DaPoule – Le sanglier : L’intro aux cors de chasse qui rappellera à certains de drôles de souvenirs de nuits passées devant TF1. Et l’idée de remixer tout ça dans un morceau électro simpliste, j’adhère !

Génies de première

Ces derniers jours, j’avais dans la tête une chanson pas particulièrement incroyable mais qui me posait un problème au niveau du texte et plus spécialement le début du refrain :

Faut qu’j’quitte la France, elle a fait la petite frange
C’est la kiffance, c’est la kiffance
Que je dépense, gros joint devant la Défense
C’est la kiffance, c’est la kiffance
[Naps – La Kiffance sur Genius.com]

Quel est le putain de rapport entre l’obligation de quitter la France et la frange de sa copine (ou sa mère ? sa sœur ?…)

Alors comme à mon habitude dans ce genre de situations, je me suis tourné vers le site genius.com et ses annotations :

Ici Naps fait référence à l’une de ses conquêtes qui aurait fait une petite frange. Le changement de coiffure est signe utilisée par les filles pour montrer leur volonté d’aller de l’avant et d’oublier leur ex. Naps ayant compris qu’il était impossible pour lui de reconquérir sa douce, il décide de quitter la France afin de se changer les idées et de “kiffer” loin de celle qui lui a tourné le dos.
[Annotation sur Genius.com]

Je ne serai jamais arrivé à cette conclusion et comme certaines réactions, je suis dubitatif quant à cette explication. Malgré cela je trouve ça génial et ça a le mérite de donner un sens à cette phrase.

Ce principe d’annotations chez genius.com je l’apprécie car sur la musique populaire récente je dois reconnaître que je suis complètement à la rue. Entre ceux qui inventent tout simplement du vocabulaire (pour combler leurs lacunes ?) et ceux qui parlent d’une culture qui n’est simplement pas la mienne, j’ai besoin d’aide pour m’y retrouver. Et ce n’est pas mon entourage, bien plus imperméable à tout cela, qui va pouvoir m’aider. Alors cette fonctionnalité tombe à pic.

Mais ce que j’apprécie le plus c’est la forme, très scolaire, utilisée pour rédiger les annotations bien souvent complètement alambiquées :

Booba emploie le terme “rêve” comme une métaphore pour désigner sa fille Luna, à laquelle ce titre est dédié. Indiquant ainsi qu’il préfère plutôt perdre la vie que celle de sa fille, qu’il fera tout pour protéger son enfant. On peut aussi noter un parallèle avec les dires de Luffy, le héros du manga One Piece, qui dit que tu peux le tuer mais tu ne pourras jamais tuer sa vision, sa volonté et son rêve qui se transmettra de génération en génération au delà de sa mort
[Annotation sur Genius.com]

Ça me ramène tout droit aux cours de français au lycée où l’on attendait de nous de faire ce genre de choses et avec lesquelles j’avais, une fois n’est pas coutume, beaucoup de mal.

Non seulement la forme souhaitée m’irritait, mais encore plus problématique, c’est que seule l’explication de texte approuvée par le professeur était considérée comme valide. Et bon, évidemment, je pouvais trouver des dizaines de sens à ce que j’analysais, ça tombait 9 fois sur 10 à côté de la vérité du professeur.

En plus d’avoir un impact négatif sur mes résultats scolaires, ça m’agaçait particulièrement de constater que le système éducatif considérait que l’art était quelque chose de froid et binaire : soit tu comprends le sens officiel, soit tu es une merde.

Le froid et le binaire, je connais, j’en ai fait mon métier. Mais l’art ce n’est pas ça. L’art c’est justement toucher les individus, chacun à leur manière, en ayant leur propre interprétation. Sinon ça s’appelle un exposé technique.

Alors même si la forme employée suit celle qui a été inculquée au lycée, je suis content de voir que des gens peuvent s’exprimer librement et débattre à propos du sens de leurs chansons préférées. C’est la kiffance.

Eat the rich

Pendant la majeure partie de ma vie, j’avais une vision simpliste du découpage de la population en termes économiques :

  • Les miséreux
  • Les pauvres
  • Les gens
  • Les riches
  • Les millionnaires
  • Les milliardaires
  • Au-dessus, c’est le Soleil

Si je devais essayer de détailler :

Les miséreux, ce sont plus ou moins les personnes sans revenus réguliers/fixes qui n’ont pas de véritable logement et pour qui chaque jour est une totale incertitude quant à leur capacité à survivre jusqu’au prochain.

Les pauvres, ce sont les personnes qui ont des revenus plus ou moins réguliers (salaires, pensions, aides de l’État…) et occupent un logement, mais qui survivent plus qu’elles ne vivent. Leur logement est à la limite de la salubrité, ils peinent à couvrir les dépenses vitales chaque mois et ne peuvent par conséquent se permettre aucun réel projet d’avenir.

Les gens, ce sont les personnes qui ont des revenus réguliers et occupent un logement, et qui vivent. Pour autant, ils ne peuvent se permettre de ne pas être attentifs à leurs dépenses. Ils peuvent se permettre d’avoir une petite épargne et de faire des projets d’avenir, mais ceux-ci doivent faire l’objet de réflexions approfondies car leur filet de sécurité reste très limité. Le terme gens fait référence ici au fait que c’était le profil de l’immense majorité des personnes de mon entourage et de ma propre famille. C’était donc la norme à mes yeux.

Les riches, c’est comme les gens, mais avec une bien plus grande aisance. Ce qui leur permet d’agir de manière bien plus spontanée grâce à un filet de sécurité conséquent. Le seuil de séparation se fait selon la capacité à pouvoir remplacer une machine à laver (de qualité, c’est à dire ~600€) de manière immédiate*. C’est à dire sans devoir faire un crédit ou piocher dans l’épargne. Cela ne veut pas dire que les riches ne vont pas souscrire un crédit ou utiliser de l’argent préalablement mis de côté car ce serait plus intéressant financièrement pour eux, mais simplement qu’ils ont la capacité financière de. Là aussi, c’est issu d’expériences personnelles.

Les millionnaires, ce sont les personnes qui non seulement possèdent un patrimoine, non constitué en totalité d’immobilier, supérieur à un million d’euros.

Les milliardaires, c’est la même chose mais supérieur à un milliard d’euros.

Et au-dessus, c’est le Soleil, ce sont les Bill Gates et autres Jeff Bezos.

Ça peut sembler très simpliste, et ça l’est sûrement, mais c’est une représentation que j’ai développée assez tôt, avec forcément un vocabulaire et des connaissances limitées. Ce qui explique aussi que ça peut sembler péjoratif, même si ça ne l’est pas.

Cette façon de voir les choses je m’y suis globalement tenu avec les années et ça me semblait correct. Oui, le monde est ainsi fait. Il y a des miséreux et il y a des milliardaires. Probablement que les seconds ont leur part de responsabilité dans la situation des premiers, mais bon. Après tout, certains ont de la chance, d’autres moins. Qui suis-je, en tant que gens, pour remettre cela en cause ?

Puis, en février 2019, Zwift a introduit le concept de Drops. Grossièrement c’est une monnaie virtuelle utilisée sur la plateforme qui permet d’acheter du matériel (des vélos ou des roues) et qui se gagne en pédalant (et sûrement en courant, mais je ne connais absolument pas cette partie). Contrairement à certains jeux, ici il n’est pas question d’en acquérir à l’aide d’une monnaie du monde réel. La seule façon d’en recevoir (et d’en accumuler) c’est en suant.

Il existe des façons d’en gagner plus rapidement : appuyer encore plus fort sur les pédales, rouler en montée, recevoir un Ride On (un sorte de like de la part d’un autre utilisateur) ou plus récemment de rouler avec l’un des Pace Partners pour profiter d’un multiplier. Mais globalement le taux moyen est de 39 000 Drops par heure.

Aujourd’hui, le SMIC horaire brut est de 10.25€, ce qui pourrait permettre une conversion à 0.00026€ le Drop.

Mais si on regarde le dernier vélo ajouté cette semaine au Drop Shop, le Van Rysel EDR CF, vendu complet 4050€ par Decathlon et 326 600 Drops sur Zwift on est plutôt à 0.012€ le Drop.

Ce qui reste une estimation généreuse car les roues qui sont incluses dans la version IRL ne le sont pas dans la version virtuelle. Mais c’est un détail.

A 0.012€ le Drop et 39 000 Drops par heure de moyenne, cela veut dire que sur Zwift, on gagne en moyenne 468€/heure. Soit 45 fois le SMIC horaire brut.

Autant dire qu’on est ici face à un sacré bon plan pour faire de l’argent facile et de manière tout à fait légale. Surtout qu’il n’y a aucun prélèvement d’impôts ou taxes et que les occasions de devoir dépenser ses Drops sont très rares. Même en tenant absolument à posséder tous les vélos et paires de roues disponibles. Ce qui n’a strictement aucun intérêt.

Ainsi, malgré quelques dépenses, dont un vélo à 1 065 000 Drops et une paire de roues à 1 508 800 Drops (respectivement 12 780€ et 18 105€, la grande vie, surtout que je dois les utiliser 10h/an à tout casser); j’ai aujourd’hui un peu plus de 12.5 millions de Drops sur mon compte. Soit environ 150 000€.

Somme accumulée en approximativement deux ans et demi.

A ce compte-là, 60 000€/an, il me faudrait près de 17 années pour accumuler un million d’euros. Et environ 16 667 années pour accumuler un milliard d’euros.

Oui. Malgré une mécanique déjà bien cheatée qui rapporte beaucoup et facilement, il me faudrait plus de seize mille années pour devenir milliardaire.

Maintenant, imaginons que j’en fasse mon activité à temps plein. C’est à dire 35h par semaine à raison de 52-5=47 semaines par an.

Cela nous fait donc 1 645h par an à 39 000 Drops ou 468€ l’heure, c’est à dire 769 860€/an. En moins d’une année et demie, me voilà millionnaire ! Magique !

Et pourtant, il faudra toujours pédaler à ce rythme pendant 1 298 années pour devenir milliardaire. Plus d’un millénaire !

Malgré un système généreux et performant.

Pourtant, on peut aller encore plus loin.

Arrêtons un moment la pseudo-conversion Drops/€ et faisons plus simple : un Drop = un €.

Déjà là, ça voudrait dire qu’à titre personnel, il me faudrait 200 ans pour devenir milliardaire en Drops sur Zwift.

1 645h/an à 39 000 drops l’heure. Là c’est cadeau : 64 155 000 Drops à la fin de l’année. Millionnaire, soixante-quatre fois. Les banquiers le détestent !

Ce qui finalement permettrait de devenir milliardaire en approximativement 15 années et demies.

Exprimé autrement : avec le système incroyablement généreux des Drops de Zwift qui permet de gagner 39 000 unités en consentant un effort moyen, il est possible de devenir milliardaire en travaillant 35h par semaine, 47 semaines par an pendant 15 ans.

Mais c’est pas fini ! La fortune de Jeff Bezos était estimée le mois dernier à 211 milliards de dollars.

Un nouveau petit calcul ? BIM : 3 288 années sur Zwift !

Voilà.

Une longue pseudo-démonstration pour illustrer une anecdote. Avant Zwift, je pensais que les milliardaires étaient des individus qui avaient combiné chance et talent et qu’ils étaient certainement nécessaires à l’avancement du monde.

Mais depuis, lors d’un entraînement relativement chiant qui me laissait le temps de divaguer mentalement, ça a fait tilt : sur Zwift je peux devenir millionnaire très facilement mais le statut de milliardaire m’est tout simplement inaccessible. Par voie de conséquence : le concept de milliardaire est la plus grosse anomalie de l’histoire du l’humanité et tant qu’ils existeront, il sera impossible d’imaginer une société juste et équitable.

TL;DR : En gagnant 39 000€ par heure, un salarié à temps plein aurait besoin de travailler 15 ans et demi pour devenir milliardaire. Et 3 288 années pour devenir la plus grande fortune du monde. Il est inconcevable d’imaginer une façon honnête et juste de réaliser un tel exploit.

* J’avais lu, il y a quelques mois, le résultat d’une étude qui disait qu’aux USA une majorité de foyers ne pouvait se permettre une dépense exceptionnelle de $700 ce qui est très similaire à ce principe; malheureusement je n’arrive pas à remettre la main dessus.