JDMAI #71

Dune : C’est un grand oui. Au delà de mes espérances. Le genre de blockbuster maîtrisé, qui arrive à construire l’histoire calmement mais avec suffisamment de détails pour que ça soit intéressant. Visuellement c’est magnifique, la bande son est géniale. Le seul point noir c’est Timothée Chalamet et sa tête de sale fils de bourge; mais le reste est suffisamment intense pour réussir à en faire abstraction…

Diamonds Are Forever : Intrigue complètement bordélique qui manque fortement de cohérence. Sean Connery a pris un sacré coup de vieux mais reste toujours aussi beauf. Vraiment pas terrible au final.

Les Routes de la Soie: L’histoire du cœur du monde – Peter Frankopan : Livre lu en audiobook. Extrêmement intéressant. La trame de base qui consiste à suivre l’évolution d’une région au cours de plusieurs millénaires pour expliquer son impact sur l’état du monde fonctionne parfaitement. Dans l’histoire habituelle qu’on nous raconte, à l’école, dans la majorité des livres, films… manquait toujours à mes yeux d’une explication : pourquoi l’Occident a si bien réussi par rapport au reste alors qu’intellectuellement il y a eu mieux, climatiquement il y a mieux, et en terme de ressources naturelles il y a largement mieux ? La réponse donnée : la violence institutionnalisée, peut paraître simple mais permet d’expliquer tellement de choses. Et encore plus aujourd’hui. Les huit mille milliards de dollars dépensés dans les guerres par les USA depuis le 11/09/2001 en sont une parfaite illustration. Plus généralement, comme ce qui est raconté est vraiment différent de d’habitude, on passe d’un point de vue extrêmement favorable à l’Occident à quelque chose de plus réaliste (ou à charge ?); et cela semble déranger logiquement un nombre non négligeable de lecteurs. Probablement que l’auteur a fait des erreurs, probablement qu’il se focalise un peu trop à mettre en avant les travers de l’Occident. Mais pour quiconque a été biberonné aux mêmes fables à trous depuis la naissance et qui a toujours trouvé cela suspect, c’est rafraîchissant et éclairant.

Killjoys (Saison 3) : J’avais oublié à quel point cette série est géniale ! Un délicieux mélange entre SG-1 pour la SF un peu nawak, Battlestar Galactica pour la qualité de l’image, Eureka pour le côté bienveillant, et IASIP pour le côté absurde. Et il me manque un exemple pour la qualité de la bande originale. Top; vivement la suite !

Hullen Soldier: Oh, no, watch out! He has a pepper grinder! What next? You toss our salad?
Turin: I don’t think that means quite what you think it means, ’cause this little baby means, « Kiss your ass goodbye! »
[Killjoys – 3×10]

Live and Let Die : Changement d’acteur pour incarner James, mais il est clairement trop mou le Roger Moore (lol ?). L’intrigue est encore très bordélique même si il y a pas mal de choses intéressantes. Clairement mitigé.

Jimmy O. Yang: Good Deal : Le fait que ça tourne uniquement sur les origines de Jimmy et donc se résume à du stand-up qui représente est le côté négatif du spectacle. En dehors de ça c’est très drôle et c’est plaisant de le voir plus authentique que dans le rôle qui l’a fait connaître.

The Man with the Golden Gun : Toujours un peu de mal avec Roger Moore mais sinon le film en lui même est top. L’intrigue tient la route, les personnages sont intéressants, c’est (vraiment) drôle et tristement vrai puisqu’il est question, en 1974 donc, de l’avenir énergétique du Royaume-Uni face à l’épuisement des réserves de pétrole…

The Spy Who Loved Me : Oui ! L’intrigue, les décors, les personnages, et la relation entre Bond et le Major Anya Amasova; top !

Accused (Saison 1) : Le genre de série dont les anglais ont le secret, ça paraît simple car très réaliste mais ça retourne la tête tant l’intrigue est maîtrisée.

Moonraker : Oh que c’est mauvais ! On prend les mêmes idées que les films précédents mais à la place on va dans l’espace. Incroyable, non ? Visiblement réalisé pour surfer sur une vague de tendance spatiale à l’époque; mais sans aucun talent sur le visuel et les effets spéciaux. Une production beaucoup trop orientée sur l’aspect commercial, avec des placements produits grossiers (7 Up, Marlboro…). Dommage car la scène d’introduction en elle-même est absolument incroyable, surtout pour l’époque.

For Your Eyes Only : Jusqu’à présent on est sur un format d’environ 125mn par film et ici, clairement, ils ont vraiment eu du mal à tenir la longueur. C’est rempli de scènes interminables sans aucun intérêt. Concernant l’histoire, elle est totalement perdue de vue pendant au moins une heure avec des délires qui n’ont rien à voir. Globalement pas terrible. Et puis voir un Roger Moore de 54 ans fricoter avec des jeunes femmes de 23 (Lynn-Holly Johnson) et 24 ans (Carole Bouquet), soit à peine plus vieilles que sa fille de 18 ans à l’époque), c’est clairement malaisant.

Octopussy : Cette fois c’est le contraire de Moonraker, l’intro est mauvaise, mais le reste est plutôt très correct. C’est suffisamment rythmé, ça suit son cours, c’est drôle… Rien d’exceptionnel, simplement correct.

A Young Doctor’s Notebook & Other Stories (Saison 1) : D’un côté, il y a des trucs intéressants, l’ambiance, l’esthétique, l’humour… mais de l’autre il ne se passe quand même pas grand chose et c’est assez compliqué de voir où ils veulent en venir. Cela dit, quatre épisodes de 25mn, ça passe vite.

Plus beau que moi, tu meurs : Regardé suite à une mauvaise recommandation sur Twitter, je… ne comprends simplement pas comment certains peuvent y trouver un quelconque intérêt. C’est parfois amusant et majoritairement affligeant. Symbole d’une autre époque, mais à l’image des comédies françaises qui déboulent à la pelle chaque année aujourd’hui encore.

The Last of the Mohicans : Propre. Le genre de production de qualité typique des années 90. Un vrai plaisir.

Un singe en hiver : D’un côté, la simplicité et l’humanité de l’histoire et des personnages est une réussite. De l’autre, j’ai détesté 90% des interventions de Gabin. Son physique, son jeu et sa diction ne correspondent absolument pas à ses répliques. L’impression de voir un collégien réciter des extraits d’une pièce de théâtre. Son jeu est bon, les répliques excellentes, mais les deux ne s’accordent pas ensemble. Ça sonne horriblement faux.

Master and Commander: The Far Side of the World : Du bien bel ouvrage.

The Imitation Game : Si on met de côté les clichés sur les génies et les autistes, c’est ma foi intéressant et fort bien mis en scène.

Nightcrawler : Propre, net. Les différents thèmes abordés (les médias, l’avidité, le capitalisme, la morale…) le sont avec subtilité, le tout avec une photographie superbe. Difficile de ne pas penser à Drive et sa bande son unique.

The Grand Budapest Hotel : Superbe.

The Shining : Un travail de qualité, sans le moindre doute. Mais ce genre de délire ce n’est vraiment pas ma tasse de thé.

Blade Runner : Esthétiquement et techniquement c’est incroyable, surtout pour l’époque. Probablement ce qui se fait de mieux car sans l’aide d’ordinateurs. Mais l’intrigue n’est quand même pas dingue, que ce soit par l’univers ou simplement ce qu’il se passe. Peut-être parce que depuis on a fait mieux (je pense en particulier à Äkta människor) ? D’autant plus qu’il semblerait que selon la version (originale, director’s cut, final cut…) d’importants changements apparaissent; et même si j’ai vu la dernière, il semblerait que ce que j’en ai compris est en réalité couvert dans la director’s cut… Ce qui m’aura le plus marqué est peut-être le texte d’introduction, qui est non sans rappeler une certainement notion de prélèvement (plutôt que tuer) chère à nos premiers écologistes de France.

Special police squads – BLADE RUNNER UNITS – had orders to shoot to kill […] any trespassing Replicant.
This was not called execution.
It was called retirement.
[Blade Runner Introduction]

Parasite : Totalement conquis, du vrai cinéma de qualité à tous les niveaux. Un petit regret concernant les deux dernières minutes cependant, qui gâchent un peu le tableau.

Limitless : Distrayant !

A Young Doctor’s Notebook & Other Stories (Saison 2) : Une première moitié complètement hilarante, une seconde bien plus sombre.

The Colonel : Oh, you wouldn’t believe what we’ve had to endure. The last two weeks we’ve been to hell and back.
The Feldsher : Well you made it in a remarkably good time!
The Colonel : …
The Feldsher : Oh, right. You didn’t mean the town of Hellenbach in Bavaria?
[A Young Doctor’s Notebook & Other Stories – 2×02]

A View to a Kill : Pas mal. Dommage que le plan machiavélique soit totalement absurde car le reste était plaisant. Et ce vilain interprété par Christopher Walken rappelle horriblement un certain vendeur de voitures électriques et voyages dans l’espace… Mention spéciale à la musique du générique par Duran Duran.

The Living Daylights : Un nouveau Bond, une nouvelle Moneypenny, une Bond Girl au top, une intrigue qui tient la route… Bien, bien, bien.

Licence to Kill : Pas mal mais un peu longuet tout de même…

GoldenEye : Les frissons en retrouvant les lieux et les bruits auxquels j’étais habitué en jouant à GoldenEye 007 sur Nintendo 64. On note rapidement de grosses évolutions sur la trame globale de la série, en particulier avec l’arrivée de Judi Dench en M qui met les pieds dans le plat en qualifiant Bond de vieux croûton machiste, Moneypenny qui parle de harcèlement sexuel… Clairement il est loin le temps de Sean Connery en gros beauf, et c’est tant mieux. Pour autant Brosnan avec ses regards charmeurs stupides, c’est compliqué. Le film en lui même est vraiment pas mal, même si encore une fois, un peu long. C’est dommage de vouloir rester sur les 130 minutes quand visiblement le contenu n’est pas là.

Tomorrow Never Dies : Vraiment pas mal du tout; c’est bien construit, carré, frais et en plus ça tient en 120 minutes, bien ! Et même si ça date de 1997, c’est horriblement d’actualité, surtout en France.

Avatar : J’imagine qu’au moment de sa sortie, quand la 3D faisait son arrivée sur le marché, ça a du être une sacré expérience pour ceux qui l’ont vu dans ces conditions. Mais aujourd’hui, en 2D, c’est vraiment pas terrible. L’histoire est affreusement classique, l’univers est vraiment fade (l’abus de couleurs flashy ne compense pas, au contraire) et c’est finalement beaucoup trop long pour raconter ce qu’on a déjà vu cent fois. Et ça manque un peu de subtilité dans la manière de vouloir faire passer des messages.

Mon oncle d’Amérique : Pas du tout ce à quoi je m’attendais, résultat je n’étais psychologiquement pas prêt à voir ce type de création et suis passé, au bas mot, à côté de 90% de ce qui y est proposé. Malgré tout j’ai pu réaliser son importance. Je vais m’y replonger, bien concentré cette fois, prochainement. C’est une nécessité.

Cheers (Saison 7) : Ça va, ça s’passe.

The World Is Not Enough : L’intrigue est vraiment pas terrible, l’action… passable et les dialogues mauvais voire complètement gênants.

Bond : Always wanted to have Christmas in Turkey.
[…]
Bond : I thought Christmas only comes once a year.
[James Bond, in Turkey, talking to Dr. Christmas Jones – The World Is Not Enough]

Die Another Day : Nous voilà arrivés au 21ème siècle ! Si je l’avais déjà vu, je ne sais plus si c’était au cinéma ou sur plus petit écran. Alors que l’on garde le même acteur, on sent malgré tout un renouveau et des choses qui malheureusement ne changent pas. L’intrigue tient plutôt bien la route (même sur la glace) et tout est bien mieux réalisé que précédemment (sauf quelques effets spéciaux qui pèchent encore un peu).

Casino Royale : Vu à sa sortie au cinéma, je me souviens même avec qui j’y étais allé. A l’époque, il y avait eu des reproches vis à vis du physique de Daniel Craig, bien trop musculeux par rapport à ses prédécesseurs et à l’image passe-partout qu’est censé avoir Bond. Et c’est effectivement assez perturbant, même si à l’image de l’époque des extrêmes. Cela se voit également dans sa façon très particulière de courir. En dehors de ce détail, c’est de loin la meilleure interprétation de 007. Certes il a ce côté séducteur, mais il n’en surjoue pas jusqu’à ressembler à un prédateur sexuel. Il paraît beaucoup plus joyeux et vivant. Le film est très propre, pas de bagarres ridicules ou de cascades mal finies, l’histoire est bien menée, avec de nombreux rebondissements qui ne paraissent pas tirés par les cheveux. Bien bien.

Louie (Saison 1) : Pas mal, pas mal.

Quantum of Solace : Oui ! Moins ça ressemble aux anciens films, plus j’apprécie. Beaucoup moins de délires de gentleman, beaucoup plus d’action réellement physique, c’est oui ! L’intrigue est un peu brouillonne, mais ça passe très bien.

Skyfall : Déjà vu, mais je ne me souvenais pas avoir noté ce caractère intéressant de l’évolution technologique dans l’espionnage, qui est probablement le seul vrai sujet pertinent du film, car à côté l’histoire est complètement absurde. Heureusement que l’image et l’action sauvent les meubles.

Spectre : Que c’est mauvais… L’intrigue est vraiment mauvaise, avec cet espèce de délire de faire le préquel des premiers films, et la faiblesse scénaristique qui est obligée d’utiliser de grosses ficelles pour tenir via le classique : Je ne tue pas directement un ennemi, ne m’assure pas de sa mort alors que j’avais parcouru la planète pour ça et, oh, surprise, il n’était pas mort et réapparait quelques minutes pour tard pour se venger, ça alors ! Et ce qui marchait bien avec Daniel Craig, à savoir les scènes d’action, même là c’est raté car ça a perdu de son élégance, on est dans la surenchère constante façon The Expendables. J’essaie de trouver un point positif mais non, vraiment, rien.

No Time to Die : Au contraire, j’aurai pu mourir cent fois tellement c’est long et mauvais. Interminable, pour la première fois on se retrouve devant un drama plus qu’un film d’action/espionnage et ça sonne faux. Comme sur le chapitre précédent, l’action est décevante. L’histoire est totalement ridicule, dénote complètement de la logique habituelle. L’utilisation à outrance de la technologie de façon absurde… Non, non et non !

Willy Wonka & the Chocolate Factory : Film pour enfants sans aucun doute, c’est moins niais que ce à quoi je m’attendais et il y a quelques notions morales intéressantes qui sont abordées. Dommage que ça reste une énorme pub pour le diabète et l’obésité; et pour les quelques scènes façon comédie musicale qui n’étaient probablement pas nécessaires.

Charlie and the Chocolate Factory : Pour pouvoir comparer plus facilement les deux adaptations, je m’étais dis qu’enchaîner la première et la seconde serait la meilleure façon de procéder. Effectivement, ça fonctionne, et le verdict est sans appel : la version Tim Burton est une énorme déception ! Elle est apparemment plus fidèle au livre mais ça ne suffit pas, au contraire. Les personnages déjà, le Willy Wonka est ici beaucoup trop bizarre, il a plus des airs de méchant qu’autre chose; tandis que les enfants ne sont pas du tout crédibles, tout aussi surjoués que leurs parents; et les Oompa Loompa ont perdu tout leur charme et là encore sont devenus effrayants. Les chansons fonctionnent beaucoup moins bien et de nombreuses scènes, inutiles, en dehors de la chocolaterie viennent rallonger l’ensemble sans raison. Contrairement à la première adaptation qui faisait dans la subtilité, ici la morale est totalement forcément, en insultant presque les mauvais personnages là où leur comportement et leurs actions se suffisaient pour les ridiculiser. Et sur l’ensemble, il y a nettement moins d’humour; les nombreuses subtilités de scènes et de dialogues ont laissé place à quelques répliques grossières. Finalement, cette version est beaucoup trop artificielle, tant par ses personnages, ses décors que par l’utilisation outrancière d’images de synthèse. Alors que la première est authentique ce qui lui procure un charme bien plus important. Je vous ai parlé de ma théorie des stries sur l’armature de la cheminée pour tenter de faire disparaître les câbles ?

Brokeback Mountain : Sans mauvais jeu de mot, je n’ai jamais réussi à rentrer dedans. Les dialogues, les intonations, les mouvements, la narration hachée… Impossible.

Ni juge, ni soumise : Incroyable ! Je suis passé par quasiment toutes les émotions possibles, avec des renversements de situation permanents. Difficile à décrire, même si le sous-titre « It’s not cinema, it’s worse » fait relativement bien le taf. Expérience intéressante après sa visualisation; je suis allé jeter un œil aux critiques et nombre de petits malins ont accusé les réalisateurs de racisme car la majorité (en fait, la totalité) des prévenus (ou un terme dans le genre) sont vraisemblablement issus de l’immigration. Alors que finalement, avoir noté cette particularité commune à ces individus, ça en dit beaucoup sur la personne qui l’a notée. Se prétendre tolérant et bien différencier les individus en fonction de leur origine, n’est-ce pas contradictoire ?

#Playlist

AREA21 – Time Machine : Ça marche plutôt bien. Bien mieux qu’une certaine La Quête sur le même sujet…

Presque dans les environs

Après l’avoir entendu une fois de trop, je me devais de parler de ce problème rencontré par de plus en plus de personnes et qui consiste à employer un peu près au lieu de à peu près.

Illustration : Mon travail est un peu près terminé.

Évidemment je ne peux m’empêcher de faire le malin en répondant quelque-chose du genre : A côté de la plaque, donc ?.

Surtout en cette période de pandémie, où l’une des consignes pour se protéger et protéger les autres est de garder une distance de sécurité d’au moins un mètre, il faut faire attention, ne pas faire les choses à peu près en étant un peu près les uns des autres.

Civilisation : une semaine plus tard

Depuis sa sortie, j’ai du écouter chaque piste au moins vingt fois, ce qui m’a permis d’enrichir quelque peu mon analyse initiale. Cependant j’ai décidé de ne pas aller plus loin car ça ne m’apporte pas grand chose. Au contraire.

En effet, au hasard de playlists, je suis tombé sur des morceaux de ses albums précédents et j’ai eu ressenti comme une sorte de dégoût. L’impression que tout ce travail était maintenant gâché, souillé. Que je n’écoute pas/plus Civilisation est une chose, que ça m’empêche d’apprécier des morceaux que j’ai écouté des centaines de fois auparavant, là ça ne va pas. Il ne faudrait pas lui donner raison : Mes ex-fans déçus cherchent le Orelsan du début.

La solution envisagée : tourner la page. Ne plus rien écouter, ne plus rien regarder, ne plus rien lire. Et quand j’en aurai l’envie, retourner vers les albums que j’apprécie tant.

Alors histoire de tourner cette page, je vais essayer de synthétiser brièvement.

Ça ne fait aucun doute qu’à mes yeux cet album est une immense déception. C’est totalement différent de ce que j’appréciais dans son travail et ce nouveau contenu ce n’est clairement pas ma tasse de thé. Je ne me retrouve pas dans ce qu’il raconte, les textes sont très faibles dans la forme et dans le fond c’est ou inintéressant, ou d’une affreuse banalité.

Il semblerait qu’OrelSan ait évolué et souhaite le faire refléter dans sa musique. Très bien. Mais l’absence de prise de position, la maladresse constante et la naïveté générale qui en ressort porte à croire que tout ça est bien trop immature dans son esprit. Il manque clairement de recul sur ce qu’il tente d’exprimer. C’est mignon tout plein mais pour citer un groupe qu’il apprécie : Quand tu allais, on revenait. Qu’il découvre à 39 ans la triste réalité du monde et de la société, ça me fait un peu de la peine. Surtout pour tenir un discours digne d’un lycéen dans une putain d’manif.
Si c’est ça l’album de la maturité, et que ça n’arrive qu’aujourd’hui, c’est vraiment triste. Ça veut dire qu’il a vécu dans une bulle jusqu’à présent et tout ce qu’il racontait jusqu’alors était forcément biaisé.
Surtout, ce qu’il raconte j’en suis parfaitement conscient, je n’ai pas besoin qu’il fasse trois chansons pour tenter de m’ouvrir les yeux. Au contraire, ce que j’appréciais c’est qu’en écoutant sa musique je pouvais un peu m’échapper de toute cette réalité en me retrouvant dans des problématiques bien plus légères et sur lesquelles il était possible de relativiser en blaguant. Là, c’est ni profond, ni subtil, ni sincère, ni drôle, ni… rien. En un seul morceau, Mickey 3D fait tout cela bien mieux avec Respire. Encore une fois, Quand tu allais, on revenait.

Quand dans La Quête il dit Maman est prof’ de maternelle, c’est même la maîtresse d’à côté; je devrai être fou, me dire « Waouh mais c’est exactement moi, j’ai vécu la même chose !« ; alors certes c’était en primaire et pas en maternelle, mais quand même ! Combien de gens peuvent dire j’étais à l’école dans la classe à côté de celle de ma mère ? Et pourtant, non, ça ne prend pas, tout le reste fait que je n’arrive pas à m’y retrouver. Ça sonne faux.

Pour continuer sur IAM, un groupe qu’il apprécie : [Gringe: Haha, bâtard ! D’ailleurs, j’ai jamais trop été fan d’IAM] Orelsan : Putain, alors que, moi, c’était ma came J’rêvais d’ressembler à A.K.H., « Ombre est lumière » : c’était ma Bible; on voit immédiatement la référence dans Shonen et Civilisation quand il répète ombre et lumière, mais on peut en voir d’autres, comme son Regarde dans L’Odeur de l’essence ou encore Tout s’transforme, rien n’se perd qui en plus de Lavoisier, pourrait rappeler un Une étoile s’éteint, une autre la remplace Il en est ainsi pour toute chose, c’est inévitable et je pourrai continuer surement longtemps. Mais quand on regarde les textes de Civilisation et ceux de Ombre est lumière ou L’école du Micro d’Argent, on se rend un peu plus compte du vide absolu du premier.

J’en parlais déjà il y a une semaine, mais j’insiste sur le fait que Skread aurait du sortir ses prods seules ou avec un autre artiste, car comme l’illustre Ganesh2, tu peux dire n’importe quoi dessus, ça passe. Sur Bébéboa ou Ensemble les instru sont folles, un gros goût de Random Access Memories. Quel gâchis.

Sur ce, je vais conclure en disant que c’était mieux avant, en tout cas ce nouvel album ce n’est pas du tout ma came. Pour autant, je vais continuer d’écouter les albums que j’aime dès que j’en aurai retrouvé l’envie et je garde espoir qu’il ressorte un jour un CD qui soit à la hauteur du talent qu’il avait pu démontrer par le passé.

Civilisation : à chaud

Réveil un peu avant 6h, je monte sur le vélo pour me diriger vers la toute nouvelle extension Neokyo de Makuri Islands, enfile mes écouteurs, démarre Spotify sur l’iPhone et lance le tant attendu Civilisation.

Quelques dizaines de kilomètres virtuels et deux écoutes plus tard, ma réaction à chaud. Déconstruite, comme l’album.

OrelSan l’explique très bien lui-même dans Casseurs Flowters Infinity : J’ai fait un album qui parle que d’ma meuf et d’la société. Voilà, donc résumé, on alterne les chansons sur sa copine et sur la société (française).
Mais aussi l’alcool.

Dans le premier single sorti mercredi, L’odeur de l’essence, il annonçait plus ou moins la couleur :

Les parents picolent, c’est les enfants qui trinquent
Accidents d’bagnole, violences conjugales
L’alcool est toujours à la racine du mal
Rien remplit plus l’hôpital et l’tribunal
On n’assume pas d’être alcoolique, c’est relou d’en dire du mal

Ensuite, dans l’ordre de l’album on a :

  • La quête : On boit des bières, on fume des joints, et j’raconte tout ça dans mes raps
  • Du propre : Cinq heures du mat’ sur le port, un dernier shot (dernier shot) […] Autopilote (autopilotе), encore un derniеr shot (shot, shot, shot, shot) […] Dernier shot (dernier shot), j’pète une clope (j’pète une clope)
  • Bébéoa (comprendre Bébé boit) : Tout le morceau est sur sa chérie [qui] préfère l’alcool que (sic) moi donc je pourrai tout citer…
  • Seul avec du monde autour : Ensemble comme alcool et clope, j’m’en branle, j’écoute que d’la K-Pop […] J’rejoins mon père au stade, on prend deux buts, on prend deux bières
  • Manifeste : Il a les poches pleines de grandes Heineken; M’en propose une, j’refuse vu qu’il est onze heures à peine […] Me propose une bière, treize heures, j’accepte de boire; Quinze minutes plus tard, j’commence à kiffer […] Ressort une minute plus tard à la Fort Boyard, les bras remplis d’grandes canettes […] Mickey lui tte-je une grande bière dans la bouche, on s’réfugie dans la foule […] J’me dis qu’la cannette dans la tête, c’était p’t-être pas la peine […] Ou juste il s’imagine rien vu qu’il a bu quinze Heineken
  • Baise le monde : Tout ira bien tant qu’mon verre est plein […] Whisky coca dans un gobelet en plastique […] Monte le son, monte le son pendant que je fais péter le Champ’
  • Casseurs Flowters Infinity : On éclate le champagne au ralenti […] On crache le feu, tes oreilles flambent, whisky coca, j’me brosse les dents […] Modelo à Mexico, Sapporo à Osaka
  • Dernier verre : Le titre se suffit à lui-même puisque le contenu (de la chanson comme du verre) correspond
  • Civilisation : J’connais qu’les mauvais alcools qui donnent l’alcool mauvais

Sur quinze morceaux on en a quand même neuf qui font référence à l’alcool, dont deux qui lui sont carrément dédiés. Impressionnant.

Concernant l’album au global, je serai plutôt tenté de le nommer Contradiction(s) plutôt que Civilisation. En effet, on a beaucoup de propos qui se contredisent au fil des morceaux.

Sur sa copine évidemment. Dans Bébéoa il semble dire qu’elle est alcoolique et parle des implications pour leur vie de couple et la sienne : Elle boit qu’le soir mais bon j’suis pas là d’la journée; J’stresse quand j’rentre, j’sais pas comment j’vais la r’trouver […] Une clope allumée dans la bouche, j’veux mourir.
Pourtant dans La Quête, il semble dire que son mariage est plutôt une bonne chose : Mon frangin filme quand j’mets la bague, ma frangine anime le mariage […] Maman est là, mon père est fier, et l’Univers n’est pas si mal.
Même chose dans Seul avec du monde autour : Faut croire que la vie est belle, j’vais pas t’cacher que la vie est belle […] En chausson dans mes crocs, j’emmène ma zouz’ au mini-golf; On vit avant d’avoir des gosses, ouais, ouais.
Dans Manifeste, sa situation sentimentale le pousse à ne pas chercher aller plus loin avec une inconnue : Donc pile le genre de meufs qui m’énerve et qui m’attire […] T’façon, j’ai une meuf.
Même s’il doute (à cause de l’alcool) dans Dernier verre, il dit bien ce qu’il ressent pour sa copine : Sinon qu’est-ce que j’peux faire à trois heures du mat’ avec une bonne meuf ?; À part peut-être niquer ma vie et celle de la fille que j’aime en lui brisant l’cœur.
Sur Ensemble, c’est une seconde déclaration d’amour (après Paradis sur La fête est finie) avec un peu de recul sur leur relation : Viens, on reste ensemble […] À notre âge, les couples tombent comme des feuilles, on tiendra jusqu’au printemps […] J’te promets d’avoir des doutes; Parce que douter, c’est l’contraire de s’en foutre, ouais […] Y a pas d’notice de l’amour, faut juste en faire un p’tit peu tous les jours, ouais […] Mais maintenant qu’je sais qu’j’pourrais t’perdre; J’ferai d’mon mieux pour te garder.
Et Athéna est dédiée à sa copine (maintenant femme) : Parce que j’aime mieux quand t’es là; Tu m’protèges et guide mes pas, Athéna […] Et crois-moi, je sais pourquoi je t’aime, dix ans m’le rappellent.

A propos de l’argent, dans Shonen il dit qu’il a su rester vrai et honnête : J’refuse des sommes, j’refuse des chèques avec plein d’chiffres, genre six ou sept; C’est mon intégrité qu’j’achète, c’est c’que j’appelle payer l’prix des rêves, hein.
Il insiste dans Seul avec du monde autour où il joue la carte de la simplicité : Mais j’viens de prendre une maison près d’Caen où ma famille passe les dimanches […] J’essaie d’apprendre à cuisiner, genre de faire autre chose que des pâtes; Une fois sur deux, j’rate mes plats donc en attendant, j’mange des pâtes; J’ai max une barre de 3G, lève le bras pour capter; Vingt minutes pour mater une vidéo qu’en fait quatre, ouais; J’rejoins mon père au stade, on prend deux buts, on prend deux bières; J’retourne chez moi j’allume Fifa, j’reprends Malherbe, j’continue d’perdre, ouais.
Pourtant dans Du propre il met en avant ses revenus conséquents : San, trente fois l’salaire de tes profs, bam, pour dire d’la merde à tes gosses (San); et finalement, toujours dans Seul avec du monde autour, quand il dit C’est fou, j’travaille tout le temps mais c’est les vacances dans ma tête Faut croire que la vie est belle, j’vais pas t’cacher que la vie est belle; ça ne trompe personne. Cette situation enviable il la doit à son succès, mais elle est très éloignée de la réalité des gens qu’il décrit dans Manifeste. C’est d’ailleurs peut-être le sens de Seul avec du monde autour ? Il vit dans une bulle ?

Concernant la religion, dans Shonen il dit : J’ai besoin d’quelque chose de plus grand qu’moi, besoin d’âme, j’suis qu’un fils de païen.
Puis dans La Quête : J’fais quelques cours de catéchisme mais j’suis pas sûr de croire en Dieu.
Dans Seul avec du monde autour : Ma grand-mère part à la messe pendant que ma nièce regarde « Les Anges ».
C’est quoi un païen ?

Sur le dernier morceau, Civilisation, il parle des méfaits des multinationales du numérique : Que d’la data pour les GAFA, bâtard, t’es rien d’autre qu’une donnée.
Mais il a lui-même fait une série avec Amazon comme il le rappelle avec Gringe dans Casseurs Flowters Infinity : Docu’ sur Amazon, on les Bezos (on les Bezos).
GAFA, si l’un des deux A est pour Apple, l’autre est pour… Amazon.


Dans Baise le monde, il semble critiquer la mode : Deux cents kilomètres jusqu’à la sérigraphie yeah, pour mettre le logo d’un designer méga riche, yeah; Qu’écoutent des mecs qu’ont payé une grande école; Qui réfléchissent à comment vendre cette merde à tes gosses; Comme ils ont pas d’idée ils paient une star des millions; Pour mettre une affiche en boutique avec son p’tit nom.
Pourtant il a lui même sa propre marque, Avnier, dont il fait la promotion en portant les produits dans ses clips, dans les médias et en concert; et qui coche toutes les cases de ce qu’il décrit ici.

Concernant l’environnement et l’avenir de la planète, il semble dire que c’est un faux sujet puisqu’il le met au même niveau que le grand remplacement dans L’odeur de l’essence : (Regarde) La peur les persuader qu’des étrangers vont v’nir dans leurs salons pour les remplacer […] (Écoute) La panique les pousser à crier qu’la Terre meurt et personne en a rien à branler. Il semblerait qu’il considère que ceux qui s’inquiètent de l’avenir de la planète et qui alertent les autres pour changer les choses ne font ça que par intérêt personnel (et plus précisément électoraliste ici). Il insiste un peu plus loin avec Certains disent « c’est foutu », d’autres sont dans l’déni où il semble sous-entendre qu’il n’existe pas de position intermédiaire sur la situation. Mais où se place-t-il alors ?
Et pourtant, dans Baise le monde, il indique clairement que la façon dont nous vivons actuellement nous fait courir à notre perte : Mentalité zéro lendemain […] Whisky coca dans un gobelet en plastique; Qui finira peut être dans l’océan Pacifique; Ou en particule toxique dans l’organisme […] Open bar, j’me sers un toast avec une grosse crevette; Pêché par un chalutier à l’est de Madagascar; Qui détruit la barrière de corail sur son passage […] Pour un SUV qui consomme énormément; Pendant que la pollution fait quatre millions de morts par an.
Il insiste d’ailleurs à la fin, dans Civilisation : J’sais pas comment sauver l’monde et, si j’savais, j’suis pas sûr qu’j’le ferais […] Quand il verra 2022, j’comprendrai qu’il s’mette à pleurer; Ils disent que tout va s’effondrer, qu’on va y passer dans trois degrés J’pensais qu’la science allait nous sauver mais j’ai d’moins en moins confiance au progrès […] Piégé dans notre propre système, prisonnier dans une sauvegarde bloquante […] Oublie l’futur, c’était avant, oublie l’futur d’avant; C’est pas sûr qu’on soit d’dans, apprends-moi l’pardon, la patience; Faut qu’on soit meilleurs qu’nos parents, faut qu’on apprenne à désapprendre.
Cela donne l’impression qu’il semble vouloir prendre position tout en ne se mouillant pas trop, pour éviter de froisser, pour éviter qu’on lui reproche de ne pas agir en cohérence avec ses propos… Il lance des évidences mais s’arrête-là. Un peu à l’image de ce qu’il dit dans Manifeste, d’ailleurs : Qu’est-ce que j’fous dans une putain d’manif’ ?; J’suis pas concerné par la société, j’suis un putain d’artiste.
Serait-il devenu exactement celui qu’il dénonçait dans Suicide social : Adieu ces pseudo-artistes engagés; Plein d’banalités démagogues dans la trachée; Écouter des chanteurs faire la morale ça m’fait chier; Essaie d’écrire des bonnes paroles avant d’la prêcher. Difficile de ne pas faire le rapprochement.


Artistiquement, j’ai surtout le sentiment que ça manque de punchlines dont il avait le secret jusqu’à présent. Et au delà du fond des paroles, la forme ne paraît pas à la hauteur des prods de Skread. Shonen et ses rimes en hein; Bébéoa et son refrain Bébé boit, bébé boit, bébé tise, bébé boit; Baise le monde et ses Nah, nah, nah, nah, nah; Casseurs Flowteurs Infinity et ses Bim badabim, bim badaboum déjà vus; Dernier verre et ses Oh na, nana, nana, nana, nana; Ensemble et son Viens, on reste ensemble répété vingt et une fois; et enfin Athéna et Pour de vrai, de vrai, de vrai, de vrai, de vrai, de vrai. On l’a connu (beaucoup) plus inspiré !

Après il y a forcément du positif. Manifeste, même si ça sonne un peu faux venant de lui, c’est un truc unique sur sept minutes, une vrai expérience auditive. La métaphore de la copine France qui est la société française, c’est stylé. Ça rappelle un Demain c’est loin version Wish. Dans les cases bleues du Monopoly on manifeste est le genre de punchline signature OrelSan, mais c’est probablement la seule malheureusement.
Même si c’est le bazar, c’est proprement construit puisque Shonen, le premier morceau, se termine comme Civilisation, le dernier : Bientôt, vous allez tous m’oublier, désolé mais j’vais d’voir vous quitter; Dis-toi seulement qu’on a kiffé, hier, c’était hier, aujourd’hui, j’efface les dettes, hein; J’échangerais pas c’que j’ai contre la jeunesse éternelle, hein; On a fait c’qu’on a fait comme on l’a fait mais on l’a fait, hein; Tout s’transforme, rien n’se perd, ombre et lumière d’abord et pour finir Désolé mais j’vais devoir vous quitter, dis-toi seulement qu’on a kiffé; Hier, c’était hier, aujourd’hui, j’efface les dettes, hein; J’échangerai pas c’que j’ai contre la jeunesse éternelle, hein; On a fait c’qu’on a fait comme on l’a fait mais on l’a fait, hein; Tout s’transforme rien n’se perd, ombre et lumière.
La note d’espoir vient de Casseurs Flowters Infinity, où ils laissent supposer un retour du groupe de rap le moins productif : Tu vois quand dans les films, il y a plus personne qui peut sauver le monde et ils sont obligés d’réunir une équipe d’experts qui a pas travaillé ensemble depuis longtemps ? […] Bim badabim, bim badaboum deux Bim badabim, bim badabadaboum deux Bim badabim, bim badaboum deux Avant ils étaient cool, maintenant ils sont cools deux.

Voilà où j’en suis pour le moment. Je reviendrai peut-être sur cet article. J’en ferait peut-être d’autres pour aborder d’autres choses sur l’album. Quand j’aurai écouté un peu plus. Analysé encore plus.


Ajout #1 : Dans Manifeste, est-ce que J’y pense en passant, au milieu d’un flash mob d’infirmiers est une référence à cette vidéo de soignants toulousains reprenant Basique ?

Ajout #2 : Une contradiction possible; ça commence sur Shonen avec Les années passent, même un peu trop, au point qu’j’ose plus chanter mon âge[…] J’échangerais pas c’que j’ai contre la jeunesse éternelle, hein mais dans La Quête : Aujourd’hui, j’aimerais mieux qu’le temps s’arrête; et pourtant dans Jour meilleur : Rien à faire sauf, d’avancer; On en rira quand on l’verra sous un jour meilleur et finalement dans Civilisation : Aide-moi à trouver l’équilibre, grandir n’est jamais fini. Alors, ce temps ?

Ajout #3 : Dans Seul avec du monde autour, je ne vois vraiment pas où il veut en venir. D’abord J’travaille mes sons, j’travaille mon shoot, j’travaille mon couple, j’travaille mes textes C’est fou, j’travaille tout le temps; puis J’me lève à huit heures pour écrire, j’suis clairement pas un vrai rappeur. Est-ce qu’il considère qu’un vrai rappeur est quelqu’un qui vit et donc écrit n’importe comment, qui travaille peu ? Pourtant habituellement quelqu’un de vrai c’est quelqu’un qui s’implique à fond dans ce qu’il fait. Veut-il dire qu’un vrai rappeur c’est un branleur qui s’en fout ? Et si c’est bien le cas, se lever à huit heures, par rapport aux vrais français dont il parle dans Manifeste, ça n’a rien d’incroyable. Au contraire, c’est même une situation privilégiée. Encore une déconnexion avec le monde réel ?

Ajout #4 : Dans La Quête, il sous-entend qu’il avait de mauvaises note J’descends les marches, la peur au ventre, pour intercepter mon bulletin; pourtant en 2013 dans 16h22 – Deux connards dans un abribus, Gringe lui rappelait qu’il était premier de sa classe; G : Du coup, j’en profitais pour m’en prendre au premier d’la classe; O : Héhéhé, j’ai jamais eu c’problème : j’étais deuxième; G : Mytho !

Ajout #5 : Dans Rêve mieux il critique (et établi) la cancel culture/un mouvement bien-pensant : T’as d’la chance d’être bien-pensant, j’suis un haineux; En vrai j’suis pressé qu’tu me cancel; Ta tolérance c’est juste une autre façon d’se mettre en scène; Chasseurs de sorcières, gratteurs de sales buzz; Menteurs faux prophètes, vendeurs de bonnes mœurs; Tellement contents d’pouvoir juger puis dans L’odeur de l’essence il critique ceux qui prétendent qu’existe cette bien-pensance : La méfiance les exciter, dire qu’on peut plus rien manger, qu’on n’a même plus l’droit d’penser.

Ajout #6 : Dans L’odeur de l’essence toujours : Génération Z parce que la dernière; Ça s’voit clairement qu’on n’a pas connu la guerre. Si je vois le lien entre Z, dernière de l’alphabet, que toute la chanson décrit une fin supposée de notre civilisation (?) et que la seconde phrase vise à introduire le conflit générationnel (qui est de moins en moins d’actualité puisque ceux qui ont connu la guerre sont de plus en plus… morts); je ne peux m’empêcher de tiquer sur l’emploi du on; comme-ci il se rattachait à cette Génération Z. Alors qu’en étant né en 1982 il appartient théoriquement à la Génération X, soit deux générations antérieures.
Et à proposition de cette fin de civilisation, plus tôt il dit : Entourés d’mongols, l’Empire mongol; On fait les mongols pour plaire aux mongols; On va tomber comme les Mongols; Comme les Égyptiens, comme les Romains, comme les Mayas, comme les Grecs. Et je suis confus. Car les civilisations qu’il cite ici elles sont relativement anciennes. Aujourd’hui, on vit dans un monde globalisé, d’où des guerres mondiales et des problématiques globales. Lorsqu’il parle de civilisation, à quoi fait-il référence ? A la civilisation occidentale (d’où le on) ? Mais dans ce cas, il est dans l’erreur. Le dérèglement climatique, les crises sanitaires… ça concerne absolument tous les êtres humains vivants sur la surface de la planète. Alors il parle de l’humanité toute entière ? Que notre espèce va disparaître du fait de nos activités destructrices ? Dans ce cas, pourquoi se comparer à des civilisations ? Si elles ont disparu, ça a été au profit (et du fait) d’autres cultures. Donc quel est le propos ici ?

La fête n’est jamais finie

Afin de patienter jusqu’au vendredi 19 novembre et la sortie de Civilisation, le nouvel album d’OrelSan, je réécoute sa discographie en boucle depuis bientôt trois semaines et je fais de nouvelles découvertes de textes qui me parlent particulièrement.
Bien que les ayant entendus de nombreuses fois, ce n’est que maintenant que je leur trouve ce sens personnel.

J’y ai pas cru quand tata m’a offert Mega Man
J’avais même pas la Mega Drive, j’kiffais rien qu’de r’garder la boîte
[OrelSan – La famille, la famille]

Assez bluffant de ressemblances, puisqu’à une période où les jeux vidéo étaient tout simplement bannis à la maison, l’une de mes tantes m’avait emmené pour mon anniversaire dans un magasin de jeux d’occasions Rue des Jacobins et m’avait offert Pokémon Bleu. Évidemment, je n’avais pas de Game Boy, alors pour y jouer je devais emprunter celle d’autres personnes. Jusqu’à ce qu’un cousin (par une autre tante) me donne sa Game Boy après s’être fait offrir une Game Boy Color.
Si je n’ai jamais eu de boîte, tant pour le jeu que pour la console, j’ai passé de nombreuses heures à m’imaginer y jouer, quand je n’avais alors que la cartouche à disposition.

Une sélection pornographique des plus raffinées
Tu peux t’branler dans ta poche sur… Wondercash
[Casseurs Flowters – Wondercash]

Dans le secteur où l’on avait nos habitudes étant enfants, il y avait un dépôt-vente La Trocante. Contrairement aux magasins de ce type que l’on trouve dans les zones commerciales, installés dans des bâtiments aseptisés et froids, celui-ci était installé dans un espèce de vieux hangar avec un étage/grenier. Ce qui, dans l’esprit d’enfants, se transforme rapidement en caverne d’Ali Baba, dans laquelle on aimait venir se réfugier les jours de pluie, pour y dénicher de nouveaux trésors avec lesquels on ne pouvait évidemment pas repartir puisque sans le sou. Cela se faisait sous le regard bienveillant du maître des lieux car il nous arrivait également d’aider des clients à trouver ce qu’ils cherchaient, ou porter des objets jusqu’à leur véhicule.
Devenus jeunes adolescents, nos intérêts ont un peu changé et nous nous sommes peu à peu intéressés à un rayon qu’on évitait jusqu’alors, celui des DVD pour adultes.
La stratégie employée par l’entreprise était de mettre en rayon les boîtes avec leurs jaquettes, mais de garder les DVD à la caisse, pour ne les fournir qu’après paiement, pour éviter le vol.
Mais nous n’étions pas équipés de lecteur DVD, ce qui nous intéressait c’était avant tout les jaquettes qui avaient le mérite d’être très explicites. Si bien que le défi entre nous fut alors de subtiliser la feuille de papier glacé avant de repartir, l’air de rien. Après quelques semaines et hésitations, nous fûmes tous les heureux propriétaires d’une jaquette que l’on gardait précieusement dans nos chambres respectives.

On a fait deux fois les 400 coups, on marche en crew, on part en couille
Tout raconter rendrait nos parents fous
[Casseurs Flowters – Dans la place pour être]

Voir l’anecdote précédente.
Si de temps en temps, avec ma grande sœur, on s’amuse à raconter certains de nos exploits passés pour voir la réaction de notre mère, on garde précautionneusement les plus salées car parfois il est bon de ne pas savoir.
Surtout que me concernant, j’ai pu tirer profit des erreurs commises par ma sœur pour m’en sortir, aux yeux de mes parents, avec un bilan bien plus propre. Alors que dans les faits…

Si les Hommes se tirent dessus, c’est qu’y’a des vaccins dans les balles
[OrelSan – Tout va bien]

Compte tenu de ce qu’il s’est passé depuis fin 2020, je pense que s’il avait écrit cette chanson pour Civilisation, OrelSan n’aurait pas écrit ce passage. Ou en tout cas en utilisant autre chose que des vaccins pour tenter de donner un sens positif aux balles; puisque pour une partie de la population, ces dernières semblent préférables aux premiers.