JDMAI #61

Fargo (Saison 4) : Les deux premiers épisodes sont un régal, le WTF habituel de la série, avec un casting dingue, une esthétique au cordeau… Puis derrière on change de réalisateur pour chaque épisode, résultat c’est très inégal, avec parfois du très banal qui se regarde mais sans cette touche savoureuse habituelle. Ça se termine plutôt correctement.

Fargo (1996) : Le film dont est tirée la série. Après quatre saisons, il était temps de le voir. C’est un excellent film et aucun doute qu’à l’époque ça devait être quelque chose de totalement inédit. Maintenant, on peut voir que la série est allée beaucoup plus loin dans le concept et on reste sur sa faim.

DES (Saison 1) : Propre.

Perry Mason (Saison 1) : Un grand n’importe quoi qui se regarde mais qui ne vaut pas la peine de s’y attarder. Ça mélange des heures de contemplation sur des personnages sans grand intérêt, avec d’énormes raccourcis illogiques pour faire avancer l’histoire comme voulu. Ça mélange une banale intrigue policière, à une tentative de reconstitution historique, à une tentative de réflexion globale, à de l’étonnant politiquement correct. Le tout passant de décors et costumes très travaillés, à des éléments beaucoup plus bâclés avec en tête la BO digne d’un film pornographique à budget restreint. Et c’est du HBO. Dommage. A côté le casting est plutôt convaincant.

Mystery Road (Saison 1) : Ça marche bien, avec une narration prenante, une photographie qui dépayse, et une intrigue plutôt correcte. Seule ombre au tableau, Judy Davis, qui n’est absolument pas adaptée au rôle qu’elle interprète, bien trop précieuse dans son uniforme de policière rude de la campagne, trois fois trop grand pour elle. Merci Arte pour la diffusion.

Don’t F**k with Cats: Hunting an Internet Killer (Saison 1) : En me basant purement sur le titre, je ne m’attendais pas à ça… Sacrée histoire que je n’avais pas vraiment suivie à l’époque. Et plus généralement à peu près toutes les personnes qui interviennent dans le documentaire ont des troubles psychologiques au même titre que le principal accusé. La question de la pertinence de ce documentaire se pose, forcément. Mais ne serait-ce que pour alerter la population de ce que peut signifier le comportement de certaines personnes de leur entourage; oui; c’est nécessaire.

Death to 2020 (2020) : Quitte à faire le bilan de 2020, autant être drôle pour ne pas perdre le téléspectateur. Et c’est réussi. Un choix d’acteur au cordeau, un montage bien ficelé et des dialogues particulièrement bien sentis. Ça ne plaira pas à tout le monde, mais si on adhère, on adore !

Staged (Saison 1) : C’est très particulier et le premier épisode est difficile à appréhender mais une fois qu’on a compris ce qu’on regarde, c’est simple, drôle et divertissant. Entourage en période de confinement.

Unsolved Mysteries (Saison 1, Épisode 1) : Suite au visionnage du reboot Netflix, j’ai été tenté de regarder l’originale. Comment dire. Ça a globalement très mal vieilli, la mise en scène et les reconstitutions font vraiment émission ringarde de la TNT. J’ai du me faire violence pour terminer ce premier épisode. Je ne pourrai m’en infliger plus.

Inside the World’s Toughest Prisons (Saison 1, Épisode 1) : Pas très inspiré à la base, j’ai décidé de regarder car on m’en a dis du bien. La réalisation façon Man VS Wild avec le présentateur qui parle à la caméra est tout simplement insupportable et absolument pas crédible. Non.

Inside No. 9 (Saison 1) : Un régal. La crème de l’humour anglais.

Zasada przyjemnosci (Saison 1, Épisode 1) : Je trouvais l’idée d’une enquête impliquant des policiers de trois pays différents intéressante. Et question dépaysement c’était parfait : Ukraine, Pologne et République Tchèque. Le résultat est plus que décevant. Malgré des moyens, une réalisation majoritairement réussie et une intrigue qui donne envie d’en savoir plus, les personnages et le jeu des acteurs viennent tout gâcher. C’est simple, parmi tous les policiers impliqués, il n’y en a pas un qui ne soit pas un semi-dépressif avec le poids du monde sur les épaules, apathique et se comportant comme un connard fini avec tout le monde. La palme revenant à Maria Sokolowska dont l’actrice dénote totalement avec le personnage et qui est une vulgaire copie absurde de Saga Norén dans Bron (ça alors, une série avec des policiers de deux pays !) avec même le délire de la conduite sportive poussée à l’extrême sans aucune raison. Vraiment déçu car ça semblait prometteur. Mais, non. Stop.

Night Stalker: The Hunt for a Serial Killer (Saison 1) : Assez particulier. Déjà parce que l’histoire racontée est suffisamment terrifiante et décrite avec tellement de détails narratifs et visuels qu’il est difficile de ne pas ressentir une terreur, même légère au fil des épisodes. Mais aussi parce que finalement on ne sait pas bien ce qui est documenté ici. Avant tout c’est l’enquête qui est racontée du point de vue des deux policiers de Los Angeles, en s’attardant longuement sur des détails personnels de leur vie personnelle et de leur carrière. Pour finalement découvrir qu’ils ne sont en rien responsables de l’arrestation du tueur. Non seulement les indices qui ont causé sa perte ont été recueillis par la police de San Francisco (j’ai d’ailleurs été particulièrement choqué par la façon dont le policier explique, sourire aux lèvres, la façon dont il a violenté un témoin pour obtenir l’identité du tueur; rien ne l’obligeait à révéler ces détails, encore moins sous cette forme…) mais en plus ce sont des civils qui ont coincé le suspect avant d’appeler la police. Tout ça pour ça ?
En parallèle, le montage est très bon, avec une superbe recréation de l’ambiance d’époque, une documentation très poussée et une part importante accordée aux victimes ou proches de victimes grâce à de nombreuses interviews.
Partagé, même si au global c’est positif.

Les voies parallèles – Alexis Le Rossignol : Quand on apprécie le travail d’une personne dans un domaine, il y a toujours la crainte de voir ce qu’elle peut faire ailleurs. Auditeur attentif de ses chroniques sur France Inter et adorateur de sa série Roue Libre, je ne savais pas à quoi m’attendre avec ce premier roman. Un peu de moins de quatre heures après avoir ouvert la Kindle, je la referme satisfait.
Ici il n’est pas question de faire rire, mais simplement de raconter des histoires et des gens, comme il peut le faire habituellement, mais cette fois en allant bien plus loin, avec une précision et un réalisme qui poussent à continuer la lecture.
On retrouve ça et là des réflexions et observations à la fois absurdes et pertinentes dont il a le secret.
Tout ça avec une écriture claire, concise et sans prétentions.
Mon seul regret ? Le titre.

Mandy (Saison 1) : A la base j’ai commencé la série pour l’accent de Diane Morgan, que l’on n’entend que trop peu dans After Life ou Death to 2020. Le résultat est génial. Complètement barré, drôle, gênant, absurde. En six épisodes de 15mn, impossible de construire des personnages très profonds, malgré cela Diane Morgan arrive à développer sa caricature réussie. Le tout accompagné d’une BO aux petits oignons (ou bananes ?).

Bir Baskadir (Saison 1) : Voir critique complète.

OVNI(s) (Saison 1) : Dernière création Canal+, les critiques étaient majoritairement positives. 12 épisodes de 30 minutes. Mon ressenti est majoritairement négatif.
L’histoire en soit est intéressante sans être particulièrement marquante. L’aspect comique est bien trop léger, en dehors de quelques superbes blagues, plus ou moins subtiles, réparties ça et là. Le jeu des acteurs est soit particulièrement mauvais, soit voulu et dans ce cas ça ajoute une couche terriblement oppressante à cette ambiance franchouillarde qui dégueule de chaque scène.
Heureusement, la bande originale vient sauver les meubles, grâce au travail de Thylacine, en particulier sur le superbe générique (9 chances sur 10 que Canal fasse striker la vidéo incessamment sous peu).
Mais le plus gros reproche que j’ai à faire à la série, c’est cette impression permanente d’amateurisme qu’elle renvoie, essentiellement sur l’aspect reconstitution historique totalement loupé. Cela commence dès la première scène, avec un enfant qui joue au milieu d’une rue d’un quartier pavillonnaire, avec en bas à droite l’inscription France, 1978, qui cherche à bien contextualiser les choses pour le spectateur. La route en assemblage de pavés, les bouts de murs oranges, l’absence de voitures, la teinte jaunie de l’image… Oui, ça peut paraître crédible pour une scène de la vie quotidienne de la fin des années 1970. Sauf qu’à quelques mètres à peine de l’enfant, à gauche de l’image, il est difficile de ne pas voir cette armoire fibre optique, plus volumineuse que le personnage, et qui n’a fait son apparition dans les rues de France que tout récemment. Est-ce que cela coutait trop cher de la déguiser en boîte aux lettres ou de la faire disparaître en post-production ?
Bien plus grave encore, alors que l’histoire est censée se dérouler en 1978 comme indiqué dès la première scène et rappelé via divers documents apparaissant à l’image; on peut voir dans l’épisode sept un personnage se lancer dans une reprise de la chanson Laissez-moi danser de Dalida sortie en… 1979.
Sur les séries historiques je n’ai pas pour habitude d’être particulièrement pointilleux (je me souviens avoir lu des thread sur Reddit parlant des modèles de photocopieuses dans Narcos qui m’apparaissaient délirants) mais là c’est beaucoup trop flagrant.
Au final ça aurait fait un excellent clip, mais 6h de comédie, non.

No Activity (AU) (Saison 1) : C’est simple, c’est drôle. C’est oui.

Spycraft (Saison 1, Épisode 1) : Confiant dans Netflix et son algorithme de recommandations j’ai foncé dans cette nouvelle production maison. Rarement été aussi déçu.
On n’y apprend rien de concret, ça assène des banalités à un rythme effréné, le tout entrecoupé de quelques exemples célèbres mais absolument pas approfondis et illustré en majorité avec des extraits issus de banques de vidéos, répétées plusieurs fois dans le même épisode.
La construction n’a aucun sens.
Le narrateur emploie un ton insupportable qui cherche à faire peur sans la moindre raison.
Les personnes interviewées racontent elles aussi des banalités assommantes.
Et tout ça pour balancer de la propagande américaine en mettant en avant les agences locales, tout en critiquant les actions des ennemis que sont la Russie, la Chine…
Aucun intérêt.

Remorques – Roger Vercel : N’étant absolument pas influençable, c’est donc par pur hasard que j’ai décidé de lire des romans de marins alors que la mode des sea shanty lancée par TikTok en ce début d’année fait rage sur Internet.
Au global c’est exactement ce que je cherchais alors je suis content et n’ai eu aucun mal à enchaîner les dix chapitres. A la réserve près que la fin se concentre sur des sentiments et des aventures un peu trop terriennes à mon goût.
Petite inquiétude à la fin du roman, il semblerait que Remorques soit considéré comme le meilleur ouvrage de son auteur et a même fait l’objet d’une adaptation cinématographique. J’espère que le reste arrivera à garder un intérêt décent. Ce serait dommage.

Fortitude (Saison 1) : Un début de saison totalement décousu (mais toutes les réponses seront fournies d’ici la fin; un choix narratif dont je ne suis pas fan mais soit) qui arrive malgré tout à parfaitement construire une ambiance de communauté isolée du monde. Des personnages tous plus étranges les uns que les autres, mais très prometteur.
Puis lentement, ça dégénère, tant du point de vue des évènements que de la façon dont ils sont racontés, avant d’exploser dans un feu d’artifice d’absurdité dans le dernier épisode (étonnamment de nombreuses sources n’attribuent que 11 épisodes à la série ?).
C’est vraiment dommage car ils avaient réussi à construire un vrai univers avec des personnages attachants, puis ils détruisent tout ça dans un délire horreur/fantastique qui voit mourir la moitié du casting.
La fin laisse une légère ouverture pour une seconde saison (il y en a trois) mais en soit cette saison est complète et ça ne m’intéresse absolument pas de continuer.

Petit Pays – Gaël Faye : Sur le fond, pas grand chose à dire. C’est une histoire globalement bien amenée et narrée.
Sur la forme c’est beaucoup plus compliqué. D’abord partiellement autobiographique, ça veut dire quoi ? Car l’un des moments les plus marquants pour le narrateur, bien qu’amené avec quantité de détails sur l’environnement et son ressenti, est quasi-immédiatement balayé dès l’acte commis. Aucune analyse postérieure. Alors, est-ce que l’auteur a écrit tout cela pour confesser un crime; ou est-ce pure fiction ? Dans les deux cas ça n’a pas beaucoup de sens.
Et la narration faite à la première personne du singulier par un enfant de dix ans manque cruellement de crédibilité tant le vocabulaire, les tournures de phrase et les réflexions sont en désaccord complet avec un être si jeune, même surdoué, alors qu’une grande partie de la valeur de l’ouvrage repose sur cette caractéristique du narrateur.
Et ce besoin permanent de décrire et nommer la végétation qui l’entoure, à moins d’être passionné par le sujet, seul un botaniste pourrait tenir ce genre de discours. Ça paraîtrait même extrême.
Finalement c’est beaucoup trop convenu et par rapport aux prix remportés et aux catégories de personnes qui encensent l’auteur et son œuvre, ça ne correspond que trop parfaitement à ce à quoi je m’attendais. Sans surprise. Dommage.

Posté le 1 février 2021 par Jacques Danielle

Bir Baskadir

Pour quelle raison j’ai décidé de regarder cette série ? Bonne question. Surtout que l’affiche présente sur Netflix, qui montre une femme voilée qui n’a pas l’air jouasse, ça puait à plein nez la série bien-pensante comme la plateforme s’en est fait une spécialité depuis quelques années.

Bien m’en a pris de ne pas m’arrêter là.

Ethos (le nom occidental ? de la série) c’est tout sauf du prosélytisme woke.

Si ça parle religion, c’est parce-que les circonstances l’imposent mais ce n’est pas dans le but de vouloir convertir le spectateur à quoi que ce soit.

L’idée de départ : dresser un portrait de la Turquie du 21ème siècle à travers différents personnages représentant chacun une facette du pays et les interactions entre ceux-ci.

Le résultat dépasse toute frontière, même celle du corps, et vient directement parler à l’humain au plus profond de soit.

L’écriture est magistrale, avec un récit superbement construit au sein de chaque épisode, dans l’enchaînement de ceux-ci et sur l’ensemble de l’œuvre. Car oui, Bir Baskadir ce n’est plus du divertissement, ici Netflix propos de l’art.
Des critiques faisaient référence à HBO et c’est tout à fait ça. C’est le (très)haut du panier, ce qui se fait de mieux question série.

La réalisation est à la hauteur, soignée, contemplative et surtout avec sa propre personnalité, ce qui rend l’ensemble d’autant plus unique. Certains plans sont totalement déstabilisants.

La bande originale, même tarif, avec un choix totalement assumé de rendre hommage aux grands artistes du pays. Récents comme moins.

Le casting vient enfin parachever le tout avec un Yasin incroyablement détestable, et Meryem (personnage principal et fille de l’affiche) qui provoque une explosion des nerfs optiques lorsqu’elle apparaît pour la première fois sans son voile à l’image.

Je pourrai continuer longtemps comme ça à faire l’éloge de ce chef d’œuvre mais il est probablement temps de s’arrêter là et de simplement recommander vraiment beaucoup de se faire un cadeau et de le voir au plus vite.

Petite note négative mais ce n’est pas lié à la série en soit : les sous-titres français sont désastreux et font à mon avis perdre une grande partie de l’intérêt des dialogues. Non seulement ils contiennent une quantité impressionnante de fautes de français, mais en plus ils sont parfois tellement incohérents qu’il est impossible qu’ils soient fidèles à ce qu’exprimaient les personnages. Honte à Netflix de saborder le travail des autres de cette façon.

Posté le 21 janvier 2021 par Jacques Danielle

L’autoroute de l’évolution

En discutant pour la millième fois avec des personnes d’un certain âge qui m’expliquaient à quel point les jeunes générations sont ingrates, sans ambitions et bien plus responsables de l’état actuel de la société et de la planète que les anciens, et alors que j’essayais de leur donner ma vision bien plus nuancée des choses, me vint alors l’image de l’autoroute.

Car si toutes les routes mènent à Rome, ce n’est pas le cas des autoroutes, tout du moins françaises.

L’humanité, tout du moins une grande partie de celle vivant dans le monde occidental, circulait métaphoriquement jusqu’à la première moitié du vingtième siècle sur des petites routes de campagne et pour certains chanceux, des nationales. Puis, bouleversement, la génération née entre 1946 et 1964 s’est insérée sur une autoroute de plus en plus large, de plus en plus lisse, au volant d’automobiles de plus en plus puissantes et confortables.
S’arrêtant à une station service pour faire le plein et accueillir un nouveau-né auto-stoppeur, ou ouvrant la fenêtre pour se débarrasser du corps d’un ainé sur la bande d’arrêt d’urgence, ils ont continué leur chemin à toute vitesse.
Les années passant, les bébés ont grandit et ont commencé à s’approprier le volant grâce à la conduite accompagnée.
Aujourd’hui, ces automobilistes plus jeunes et à la vision plus efficace aperçoivent au loin la gare de péage approcher. Ils savent donc qu’il est nécessaire de ralentir le véhicule mais aussi que la fête est finie, il va falloir passer à la caisse.
Ils se disent que, peut-être, il aurait été plus intéressant de sortir plus tôt, retourner sur des voies plus lents, en s’acquittant de frais de péage moins élevés. Mais impossible, entre la sortie et eux, des dizaines d’autres véhicules qui foncent.
Sur le siège passager, les vieux, malgré leurs lunettes, ne voient pas plus loin que la voiture devant eux. Et n’envisagent pas un seul instant de ralentir. Mourir, oui puisqu’il le faut. Mais qu’ils soient abandonnés sur le côté comme leurs ainés, hors de question de retourner sur une départementale !

Le conflit qui oppose les boomers aux générations Y et Z, pourrait se voir de la sorte : tandis que les jeunes ne peuvent que constater que leur avenir n’est absolument pas prometteur car la planète a été détruite par des dizaines d’années d’abus, que le monde est socialement plus déséquilibré que jamais, qu’ils savent que les vieux ont construit ce monde et ont profité à plein de ce que la vie sur Terre avait à offrir et qu’ils réalisent qu’eux-même n’auront pas ce plaisir et devront se contenter du désastre laissé par leurs aïeux; de leur côté les anciens affirment que les jeunes devraient les remercier car c’est grâce à eux qu’ils ont une vie si agréable aujourd’hui alors qu’à leur époque ils avaient des pantalons trop courts et n’avaient pas de smartphone et que s’ils s’activaient comme eux l’ont fait, ils pourraient peut-être, eux aussi, vivre une belle vie.

Ma vision plus nuancée ?

Les jeunes générations ont raison : on fonce droit sur un péage, il n’y a aucune solution pour le contourner et il va falloir payer pour avoir emprunté cette autoroute. Ce qui est derrière la barrière est totalement inconnu, mais une certitude : ce n’est pas une autoroute.
En tant que conducteur, quel est le sentiment le plus agréable ? Écraser la pédale d’accélérateur pour s’insérer sur l’autoroute tout en entendant le moteur monter dans les tours, ou bien devoir appuyer sur la pédale de frein tout en étant secoué par les bandes de ralentissement à l’approche de la gare de péage ?
Non seulement les Y et Z n’auront pu connaître cette sensation grisante de l’accélération, mais en plus c’est à eux que la tâche ingrate du passage du péage va être confiée.

Les anciens ont raison : les jeunes circulent avec eux, à la même vitesse, dans les mêmes véhicules, et c’est les vieux qui ont construit tout ça. C’est quand même bien mieux que de se traîner en calèche sur un chemin de terre, non ?!

Les deux ont tort : comment reprocher à quelqu’un d’avoir préféré une autoroute à vitesse illimitée et gratuite à une route cabossée ? Car oui, quand ils se sont insérés, à ce moment-là les autoroutes n’étaient pas payantes. Après tout c’était le monde de tous les possibles. Il aurait été absurde de préférer rester sur sa nationale. Et puis soyons honnête, si la question se posait aujourd’hui, nous sauterions sur l’occasion sans y réfléchir une seule seconde.
Dans le même temps, comment reprocher à quelqu’un de circuler sur l’autoroute alors que le volant lui a été confié sur une aire de repos et qu’avec le flux d’automobiles, tenter de rejoindre une sortie serrait quasi-suicidaire ?

S’il fallait parfaire cette image, la crise sanitaire que nous traversons, serait-ce un embouteillage ?

Posté le 21 janvier 2021 par Jacques Danielle

JDMAI #60

Vikings (Saison 4) : J’avais décidé d’attendre la fin de la série pour déguster les trois dernières saisons d’une traite. Finalement ce ne sera pas nécessaire car je vais m’arrêter là.
Jusqu’à présent je trouvais que Vikings avait une identité, une esthétique, une vision, une ambiance, un esprit, des personnages… c’était une vraie série unique, vraiment plaisante et de qualité.
Si je devais résumer cette quatrième saison, je dirai que j’ai eu l’impression de regarder une émission de télé-réalité sur une famille de cas sociaux. Avec le père alcoolique/toxicomane, le premier fils qui part dans la droite lignée, puis ses frères encore plus ravagés, hideux/handicapés, tout le monde se met à avoir des comportements sans aucune logique, a s’exprimer comme des attardés, à s’insulter sans raison…
Même dans Trailer Park Boys ils ne vont pas aussi loin. Et en plus c’est drôle.
Là c’est inintéressant, déstructuré, absurde… Bref c’est nul.

Room 2806: The Accusation (Saison 1) : Pas hyper convaincu. En seulement quatre épisodes de 50 minutes, c’est nécessairement très peu creusé. Surtout, à l’époque, je me nourrissais encore énormément de l’actualité alors j’étais très au courant de l’affaire. Résultat je n’ai globalement rien appris de nouveau. La série a l’avantage de rester neutre, en laissant la parole aux femmes relatant leurs expériences malencontreuses (…) avec DSK et aux avocats et amis de ce dernier. Et de ce côté, si le discours des avocats américain est tout à fait à la hauteur de ce que l’on pouvait attendre, celui de son avocat français et de ses amis français est tout simplement abject. A part une place en Enfer, je ne sais pas ce qu’ils espèrent gagner en tenant des propos d’une telle indécence.
A l’inverse, côté NYPD j’ai été particulièrement étonné de l’incroyable humanité dont font preuve Paul Browne et Michael Osgood qui ne se focalisent que sur la victime et la recherche de la justice.

A Perfect Crime (Saison 1) : Exactement le même format que le docu/série précédent et pourtant j’ai bien plus apprécié. Peut-être car cela s’intéresse à une période plus lointaine que je ne connaissais pour ainsi dire pas du tout ? Peut-être parce que c’est bien mieux documenté ? Peut-être parce que c’est bien mieux scénarisé ? Quoi qu’il en soit c’est passé incroyablement rapidement. Très bien.

Murder Mountain (Saison 1) : D’après le titre, je m’attendais à une mauvaise télé-réalité sur des cas-sociaux sur-armés comme on peut en voir en permanence sur la TNT. J’ai donc été très agréable surpris. Certes il y a son lot d’histoires abracadabrantes impliquant des simples d’esprit ayant la gâchette facile. Dont en partie celle qui sert de fil rouge. Mais autour de ça, la série creuse des sujets bien plus vastes comme l’histoire de cette région avec les hippies venus s’y installer en marge de la société, puis les conséquences désastreuses de la politique autoritaire de Nixon et sa War on Drugs et enfin la révolution attendue suite à la récente légalisation de la culture du cannabis. Tout en s’intéressant aux personnes qui y vivent. Au final une histoire très pertinente dont des dizaines de leçons, comme de balles, peuvent être tirées.

The Ripper (Saison 1) : On dépasse encore un niveau en terme de documentation, c’est tout simplement impressionnant la quantité d’éléments d’époque qu’ils ont réussi à réunir dans ces quatre épisodes. Narration et montage au cordeau; très bon. Et pour une histoire dont je ne connaissais rien, c’était passionnant.

Posté le 1 janvier 2021 par Jacques Danielle

Maîtres des briques

N’ayant pas pris la peine de brancher le décodeur TV fourni avec mon nouvel équipement Orange reçu en 2018, techniquement je suis un de ces je ne regarde pas la télé. Pour autant j’ai un compte Molotov, surtout pour suivre des évènements sportifs.
Tout ça pour dire que ce qui y est diffusé m’est totalement étranger et les rares fois où je zappe, je constate que je ne manque rien.
Jusqu’au mercredi 23 décembre.

Là où j’ai passé mes vacances de fin d’année il est de coutume de passer quelques soirées devant la télé. Et c’est ainsi que nous sommes tombés par hasard sur le tout nouveau programme de la chaîne M6 : Lego MASTERS.

Le concept suit un peu la même logique que les émissions vues et revues de cuisine comme Top Chef, Le Meilleur Pâtissier… Des anonymes viennent participer à une compétition où ils doivent réaliser des épreuves selon des thèmes imposés avant d’être jugés par un jury d’experts qui décide chaque semaine qui part, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un.
Mais cette fois, point de blanquette de veau ou de macarons, mais des constructions à base de Lego.

Des adultes qui jouent aux Lego à la télé ? Ça peut sembler très étonnant au premier abord. Et puis on se retrouve deux heures plus tard, complètement passionné par le déroulé de l’émission.

De la constitution des binômes à la réalisation, en passant par le contenu des épreuves et la qualité du plateau de tournage, tout est maîtrisé pour que le téléspectateur se prenne au jeu et ça marche. A tel point que je n’ai pu résister à regarder la seconde partie, bien que rentré chez moi entre temps. Et pour cause, le contenu était encore supérieur à celui du 23/12 !

Initialement c’est une série lancée en 2017 au Royaume-Uni, avant d’être abandonnée. Puis relancée début 2020 aux États-Unis avant d’autres pays.
Vraisemblablement certaines épreuves sont reproduites d’une nation à l’autre, ce qui explique selon moi que certains participants français semblaient tout à fait préparés, en particulier sur l’épreuve du pont.

D’une manière générale, tout ce qu’ils arrivent à produire dépasse de loin ce que le joueur moyen est capable de faire, peu importe la quantité et la diversité de pièces à sa disposition. Il faut dire que le temps qui leur est accordé n’est pas négligeable non plus. Avec respectivement quinze et onze heures, pour les deux premières épreuves.

Le seul point noir à mes yeux, en dehors des coupures pub aux moments cruciaux évidemment, vient des PNJ :

J’imagine qu’il est moins aisé de trouver des experts Lego que de grands cuisiniers reconnus, mais là ça donne vraiment l’impression d’une imposture. Il aurait mieux valu prendre un panel de jurés anonymes pour décider du sort des candidats. Au moins il n’y aurait pas eu cette espèce de jalousie constante. Et en plus les deux ont autant de charisme qu’une figurine Lego sans tête.

En dehors de cela c’est vraiment génial. Ça se regarde sur M6 le mardi soir à partir de 21h, ou en replay ici.

Posté le 31 décembre 2020 par Jacques Danielle

Page suivante »